E4.UX MINÉRALES FERRUGINEUSES ACIDULES
Considérations générales. Dans ces eaux , le fer ajjparaît comme principe prédominant. Elles sont limpides , inodores, irn[)riment au goût une sensation de stypticilê et d'aslriction ; exposées à l'air, elles se troublent et laissent précipiter l'oxyde de fer et redeviennent ensuite transparentes, mais insipides. La plupart des eaux ferrugineuses sont froides ; l^;^ thcr-
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-maies ne possèdent pas de caractères aussi tranciiés que les froides.
Propr'iùlùs médicales. C'est principalement dans les maladies qui paraissent surtout résulter d'une diminution dans la quantité du fer normal du sang, que les eaux martiales manifestent leur efficacité; celle-ci cependant devient plus évidente quand on associe le fer à Tacide carbonique et aux carbonates alcalins, et c'est pour ccKc raison que les eaux minérales ferrugineuses donnent de si bons résultats qui ne paraissent pas dabord devoir être en rap{)ort avec la petile quantité de fer qu'elles contiennent.
Les eaux ferrugineuses augmentent l'appétit, facilitent la digestion, déterminent la constipation, im[»riment à tout Torgaliisme un caractère de force et de bienêtre, qui se traduit à l'extérieur par un teint plus clair , plus animé et par un accroissement de gaîlé, d'agilitéet de force. Transportées dans le sang, ainsi que Pont démontré les expériences de ïiedemann et Gmelin, les ])nrlicules de fer accélèrent le pouls qui devient pîijs fort, le sang plus \ermeil, et toutes les fonctions s'exécutent avec plus d'énergie et de régularité. Ces phénomènes sont surtout manjués chez îes jeunes filles chlorotiqucs , les individus faibles , à constitution molle, lymplialique , chez ceux dont la débilité tient véritablement <à un état anémique , dont le teint est pâle et la rirculalion lente.
« Les eaux martiales sont astringentes, condensent les tissus, épaississent les fluides, et par cette action augmentent la tonicité des organes : c'est ce qui les rend si salutaires aux personnes qui liabilent des pays froids, humides, marécageux; dans les maladies pnr relâchement, les llux muqueux ou sanguins par défaut de ton des vaisseaux, la faiblesse générale qui succède aux hemorrhagies , à l'abus des émissions sanguines; dans cerlaincs aireclions qui se rapprochent du scorbut, et qui sont caractérisées par des saignemens de gencives, le gonflement des veines dans la bouche , des ecchymoses souscutanécs, dans les longues convalescences, dans certains écoulemcns, tels (jue les flueurs blanches , les blennorrhées , les perles de semence trop continues à la suite de la masturbation et de l'excès des
plaisirs vénériens ; dans les catarrhes chroniques de la vessie , les diarrhées anciennes, les afl'ections scrofuleuses , la cachexie mercurielle , les hydropisies passives causées par l'usage excessif des boissons aqueuses et l'habitation dans des lieux bas et humides ; dans les engorgemens abdominaux indolens , sans fièvre , dans les fièvres intermittentes d'automne , dans la suppression des règles ou leur flux trop abondant , pourvu que ces maladies soient dues à une débilité générale , ou à un défaut de ressort de la matrice; dans la stérilité , la disposition aux avortemens , rim|)uissance virile , l'imperfection du liquide séminal , lorsque ces infirmités dépendent d'une faiblesse de constitution.
Les eaux ferrugineuses sont également utiles pour faciliter la digestion ; mais elles ne réussissent qu'autant qu'il n'y a point d'irritation à l'estomac, que la digestion se fait diflicilement par l'atonie du canal alimentaire , que la langue est pâle , qu'il n'y a point de fièvre ni de sécheresse trop grande de la peau. Elles ne réussissent dans les maladies nerveuses qu'autant que les organes digestifs ne sont point irrités , et que la grande susceptibilité pour toutes les impressions a dejrà été diminuée par une médication adoucissante. L'acide carbonique et les dilferens sels qu'elles contiennent donnant à ces eaux une action diurétique très marquée, on les a recommandées dans les coliques néphrétiques , la gravelle ; elles favorisent en elTet l'expulsion des graviers , mais ne les dissolvent pas . parce que la plupart d'entre elles ne contiennent pas assez de bicarbonate de soude pour saturer l'acide urique. » (Pâtissier, ouv. cit., p. 516-17.)
Les eaux martiales ne conviennent pas dans les maladies aiguës et on doit princii)alement les interdire aux sujets plelhori(pies , nerveux et irritables , à ceux dont la faiblesse n'est qu'apparente. On doit en mesurer l'emploi chez les personnes dont la poitrine est délicate , car elles produisent facilement le crachement de sang ; elles sont contraires aux femmes enceintes, surtout ta celles qui sont pléthoriques, qui éprouvent des douleurs vers l'utérus, car alors elles peuvent provoquer l'avortement. Enfin elles sont contre-indiquées dans les maladies de poitrine , la
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disposition à la phthisie pulmonaire, dans les maladies organiques du cœur ou des gros vaisseaux et dans les désorganisations commençantes de Testomac et du canal intestinal.
Mode d'administration. Les eaux ferrugineuses se boivent à la dose de deux ou trois verres le matin : quelquefois elles causent des étourdissemens et portent au sommeil à cause du gaz acide carbonique qu'elles renferment. Si elles déterminent de Tanxiété , des douleurs à l'épigastre , des nausées, des lassitudes générales , il faut les couper avec du lait ou une tisane adoucissante ; cette précaution est même nécessaire pour les personnes dont l'estomac est très irritable. Un fait bien remarquable, c'est que ceux qui habitent dans le voisinage des sources minérales ferrugineuses en font dans certaines localités un usage habituel en état de santé sans en ressentir la moindre incommodité, et que nonobstant cela ils en reçoivent les bienfaits lorsqu'ils sont malades, comme aussi ils en sont alors affectés , si les maladies dont ils sont atteints en conîre-indiquent l'emploi.
En Allemagne , dans plusieurs endroits où les sources ferrugineuses accidules dégagent une grande quantité d'acide carbonique, des médecins ont cherché à utiliser ce gaz en bains ; à Ischel en Autriche, à Marienbad , à Eger en Bohème , on a établi des bains gazeux.^ dont les effets ont été étudiés à IMarienbad par les docteurs Heidier et Scheu. Selon eux, ces bains excitent d'abord un sentiment de chaleur à la superficie du corps, principalement aux organes génitaux, ensuite une transpiration plus abondante, et quelquefois même une légère formication : le pouls devient souvent plus lent et plus petit. Ces bains, selon M. Pâtissier, doivent être considérés comme des agents stimulans, (jui peuvent être essayés dans les paralysies locales, les spasmes, pour rétablir le flux menstruel et hémorrhoïdal , pourvu que la suppression soit due à une débilité réelle ; mais il faut s'en abstenir s'il existe une disposition pléthorique ou inllammatoire,
C'e-it seulement .'lux sources qu'on peut prendre les eaux ferrugineuses dans leur puret(J : transportée au loin , gardée»
long-temps , elles déposent entièrement leur fer, et n'agissent plus qu'à raison des substances salines dont toutes sont plus ou moins chargées.