‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 13 sur 107 · SOUFRE · texte numérisé non relu

SOUFRE

SOUFRE. Le soufre est un corps combustible simple, dont ' la découverte remonte à l’antiquité la plus reculée ; il est solide, cassant, d’une belle couleur jaune particulière ; il est sans odeur, mais il en acquiert par le frottement. Sa saveur est faible , mais elle est sensible. Son poids spécifique est de 1990 lorsqu’il a été obtenu par des procédés des arts , et de 2,o332 lorsqu’il est naturel.

Le soufre 11’est pas conducteur de l’électricité, par conséquent il devient électrique par frottement; il n’est pas altérable à l’air; il 11’est pas soluble dans l’eau; il est légèrement Soluble dans l’alcool , mais il faut pour cela qu’il soit à un état de division extrême. Le calorique a une action marquée sur ce corps combustible. Si l’on tient dans la main un gros morceau de soufre, 011 entend bientôt un petit bruit qui précède la rupture de ce morceau. Chauffé à 770 centigrades, une partie de ce corps s’élève sous la forme d’une poudre très fine, à laquelle on a donné le nom de jlcurs de soufre, et que l’on recueille en agissant d’une manière convenable. De 107 à 109 degrés , le soufre se fond $ il devient liquide comme de l’eau. Si l’expérience se fait dans un vase où l’air n’ait pas d’accès , on peut volatiliser le soufre , qui se Condense dans les parties les plus froides de l’appareil. Quelquefois , lors de ces manipulations , le soufre acquiert des couleurs variées dont la cause n’est pas encore bien déterminée : Cependant , plusieurs chimistes attribuent ces phénomènes à la combinaison du soufre avec une petite quantité d’oxigène. Le soufre fondu, coulé dans l’eau, Conserve de la mollesse; On s’est servi de ce soufre semi-solide pour prendre des empreintes.

Si, lorsque le soufre est fondu, on le laisse refroidir, toutes les parties extérieures se solidifient d’abord ; si l’on perce la croûte supérieure et que l’on enlève, par la décantation , les parties intérieures qui sont encore liquides , le vase qui le contenait se trouve couvert d’une foule d’aiguilles cristallines. Parmi ces cristaux , plusieurs sont réguliers, ils affectent des formes qui se rapprochent de celles des cristaux que l’ont trouve dans la nature.

ao SOUFRE.

Le soufre s’unit à l’oxigène et forme les acides sulfureux , hjrpo-sulfureux , hypo-sulfurique et sulfurique. Il s’unit aussi à l’hydrogène et donne naissance à Y acide hydro-sulfurique ( l’hydrogène sulfure' ). Combine' aux corps combustibles simples, il donne naissance à des sulfures, etc.

Le soufre est très répandu dans la nature. On le trouve en masses translucides ou opaques qui forment des couches dans diverses sortes de terrains; souvent on le rencontre disséminé dans différentes pierres et particulièrement dans du sulfate de baryte. Le soufre natif se trouve aussi dans quelques roches quartzeuzes des terrains primitifs, au Brésil et dans les cordilières de Quito. On le trouve dans les terrains secondaires et tertiaires. Les principales mines de soufré existent près des volcans actifs. On compte de nombreuses solfatares ( soufrières ) dans le royaume de Naples , à la Guadeloupe, etc.

Le soufre se retire des sulfures naturels par la distillation. On l’a trouvé dans plusieurs plantes, et surtout dans les Crucifères. Sa présence dans les matières animales a été Constatée cl’une manière positive ; ce corps appartient donc aux trois règnes.

Le soufre est employé par le pharmacien sous deux états : le premier, à l’état de cylindres, le soufre en canon; le deuxième, ù l’état pulvérulent, la fleur de soufre. Autrefois, pour obtenir ce second produit , on sublimait le soufre dans un appareil formé de vases nommés aludels , placés les uns sur les autres; à la partie inférieure était le soufre, qui , par la chaleur , se réduisait en vapeurs , et se condensait dans les pots supérieurs. La méthode qu’on emploie aujourd’hui n’est plus la même; elle est plus économique. Employée en 1806 par M. Boffe de Marseille, elle consiste à sublimer le soufre dans une chambre voûtée faite exprès; la vapeur qui s’élève d’une chaudière placée dans la chambre , se condense par le refroidissement, elle se dépose sur les parois, d’où l’on peut l’enlever. Si l’on continue la sublimation pendant un long espace de temps, le soufre sublimé se liquéfie, et

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