TISANES
surmonte d’un style simple et d’un stigmate à cinq loges rapprochées. La capsule est drupacée, globuleuse, pubescente, à uue ou deux graines huileuses.
La seconde variété a été considérée comme espèce , et nommée Tilleul a GRANDES feuilles (Ti lia plaljphylla, Venteiiat). On la cultive dans les promenades et les parcs, sous le nom de tilleul de Hollande. Ses feuilles , et ses fleurs sont plus grandes que dans la variété précédente, et son fruit pyriforme, relevé de cinq côtes.
Les feuilles et l’écorce de tilleul sont mucilagineuses, et peuvent être employées , comme celles des Malvaeées, pour faire des décoctions émollientes. Les fibres corticales ayant une grande ténacité, servent à confectionner des cordages et divers tissus. On a conseillé d’employer les graines à la préparation d’une pâte analogue à celle que I on forme avec le cacao ; mais cet usage est loin d’être économique.
Les fleurs de tilleul exhalent une odeur suave qui se conserve assez long- temps par la dessication, surtout quand on a donné des soins à cette opération. On eu fait un fréquent usage en infusion théiforme, que l’on administre comme antispasmodique et légèrement diaphonique. L’eau distillée de ces fleurs est aussi journellement employée dans la Thérapeutique ; elle est le véhicule de la plupart des potions calmantes et anti-spasmodiques.
L’analyse des fleurs de tilleul ( Journal de Pharmacie ,
1 Sa5 , p. 5o-j) a donné les résultats suivaus : de la chlorophylle; une matière brune-jaunâtre , soluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool et l’éther , insoluble dans l’essence de térébenthine; une substance gommeuse avec un peu de tannin; une matière colorante d’un rouge foncé, retenant aussi un peu de tannin ; des sels à base île chaux et de potasse.
(A. fi.)
TINCKAL. On a donné ce nom au borax brut.
TISANE. Les tisanes sont des préparations liquides destinées il faire la boisson habituelle des malades. Elles ne tiennent en dissolution qu’une très petite quantité de substances, par la
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raison qu'elles sont destinées à préparer le malade à l’action de médicamens plus actifs.
Les tisanes données avant l’emploi de divers médicamens le sont encore pendant l’administration de ces médicamens, mais à des époques différentes de la journée ; alors , elles sont là comme auxiliaires, et souvent aident à l’effet. Ces boissons devant être continuées assez long-temps, on doit les faire les moins désagréables possible , et pour cela les obtenir claires , peu chargées. On peut encore corriger leur amertume , leur» odeur ou leur insipidité par des matières sucrées et par des aromates. On doit les clarifier en les faisant passer sans expression à travers une étamine ou un linge serré, puis les décanter; il est mieux de les filtrer. Dans les hôpitaux, où l’on prépare d’énormes quantités de tisanes, on doit avoir soin de décanter ces préparations, qui le plus ordinairement sont filtrées sur un tamis de crin qui ne relient que la partie la plus grossière de la substance épuisée, et qui laisse passer une très grande quantité de particules ténues, qui restent d’abord en suspension pendant quelques temps, puis finissent par former un dépôt considérable. Si Ton n’avait pas soin de séparer ce dépôt , chaque fois que Ton puiserait de cette boisson on remuerait ce dépôt, et Ton obtiendrait une liqueur trouble qui, se déposant de nouveau, donnerait au malade un liquide à peu près clair , puis très trouble lorsqu’il prendrait le dernier verre. Nous avons dit que, pour donner aux tisanes une saveur plus agréable et une odeur moins repoussante, on les édulcorait avec des matières sucrées , le sucre, le miel, la réglisse, les sirops divers, et qu’on les aromatisait. C’est le goût du malade qui le plus souvent fixe la quantité de sucre à ajouter ; c’est le médecin qui prescrit les doses de miel et de sirops , surtout lorsqu’elles doivent ajouter quelques propriétés aux boissons dans lesquelles on les fait entrer. La dose de réglisse à ajouter est à peu près fixée d’une manière précise: deux gros de ce produit suffisent pour édulcorer une pinte de tisane. Avant de l’employer, on la prive de 1 épiderme gris et acre qui la recouvre, on l’effile et on la cou-
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casse ensuite. On doit aussi avoir soin de ne pas la faire bouillir ; en bouillant , elle cède à l’eau un principe âcre irritant : pour cela, lorsqu’on fait une infusion, on la met avec les autres substances; lorsqu’on agit par décoction , on ne l’ajoute que lorsque la décoction est préparée.
Le mode de manipulation à mettre en usage pour la préparation des tisanes dépend de la nature, de la texture des substances qui doivent y entrer, de la saison dans laquelle on se trouve et du temps pendant lequel on veut les conserver. Ces manipulations doivent être assujetties à des règles générales, qui sont les suivantes : i°. on doit faire bouillir légèrement les substances vertes et inodores , telles que les racines de bardane, de chiendent, les feuilles de chicorée, de bourrache , la laitue , etc. Il en est de même des substances très dures, l’orge, le riz, le gruau, etc. 2°. On doit soumettre à l’infusion les fleurs sèches et toutes les plantes aromatiques. 3°. Pour obtenir une tisane contenant les principes extractifs et odorans des substances qui servent à sa préparation , on doit avoir recours à l’infusion, puis à la décoction. 4°- Lorsque les substances employées sont de nature à céder leurs principes à l’eau froide , comme la gomme, la guimauve, la rhubarbe, on doit employer la macération. . 5°. On doit les tenir dans des vases propres et lavés souvent. 6°. Ne pas se servir de pots de terre non vernissés qu’il est difficile de nettoyer et qui conservent l’odeur des substances aromatiques , ou une odeur fétide , si les tisanes y ont été abandonnées et ont fermenté. 7°. Ne pas se servir de pots de grès pour les bouillons ; ces pots retiennent dans leurs pores de la matière grasse qui se rancit par la suite. On a remarqué, x°. que les tisanes s’altèrent plus promptement en été qu’en hiver ; 2°. que celles obtenues par décoctioix s’altèreixt plus facilement que celles préparées par macération , etc. Il conviendrait donc , surtout dans les hôpitaux, que les tisanes qui se préparent en très grandes quantités, soient le résultat de la macération.
Les tisanes sont divisées, cl’après le mode de préparation, en tisanes par macération , par infusion, par décoction, par infu-
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sion et décoction. Dans les formules données pour la préparation des tisanes, nous suivrons l’ordre alphabétique, indiquant en tête le mode de préparation à suivre.
Tisane àpéritive. ( Par infusion et décoction .) Racines de petit houx, d’asperge, de persil , d’ache, de fenouil, de chaque , 8 gram. (2 gros); eau commune, 1 ia5 grammes ( 2 liv.
4 onces}. On soumet la racine de petit houx à la décoction ; au bout de dix minutes d’ébullition , on ajoute la racine d’asperge; on fait bouillir pendant un quart d’heure ; on verse ensuite le decoctum bouillant snr les racines odorantes , concassées et placées dans un bain-marie d’étain ; on couvre ce vase, et après trois heures d’infusion, on passe, on filtre, ou bien on laisse déposer et l’on décante.
y. Apozème apéritif, t, Ier, p. 3ig.
Tisane d’aünée. ( Par infusion.) F. Infusion de racine d'aunÉe, t. III, p. 238. On prépare de la même manière les tisanes de Feuilles de chicorée , de Feuilles de bourrache , de Buglosse, de Chàmædris.
Tisane de bourrache, y. Tisane d’aunée.
Tisane de buglosse. V. Tisane d’aunée.
Tisane de camomille. ( Par infusion. ) Fleurs de camomille mondées, 8 grammes (2 gros); eau commune, 1000 grammes ( 2 livres ). On verse l’eau amenée par la chaleur h ioo° centigrades ; on laisse infuser pendant nn quart d’heure ; on passe, on ajoute à la colature, sirop ou toute autre matière sucrée, quantité suffisante.
On prépare de la même manière les tisanes de Fleurs béchiques. de Fleurs de sureau, de Tilleul.
Tisane de capillaire. (Par infusion.) Capillaire du Canada mondé,
8 grammes (2 gros ); eau bouillante, 1000 grammes (2 livres). On fait infuser pendant une heure, on filtre et l’on édulcore convenablement. On prépare de la même manière les tisanes de Capillaire de Montpellier, de Doradille ou Cetérach, de Feuilles d’oranger, d'UvA ursi , de Fleurs de mauve , etc.
Tisane de casse, y. Décoction de casse , t. II , p 261 .
Tisane de chamædris. V. Tisane iVaunée.
Tisane de chicorée, y. Tisane d’aunée.
Tisane de chiendent. ( Par décoction. ) Racine de chiendent choisie , mondée et privée des petites fibrilles, 32 grammes (1 once). Faites-la bouillir pendant quelques minutes dans 125 grammes ( 4 onces ) d’ean, jetiez cette première eau , lavez la racine, et faites bouillir une deuxième fois la racine contusée avec eau commune, 1 a5o gram. (2 livres 8 onces).
Continuez l’ébullition jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que 2 livres de liquide; ajoutez snr la fin, réglisse privée de son épiderme et contusée, 8 grammes (2 gros). Retirez du feu , et lorsque le décoctum est froid, on le passe, on filtre, ou bien on laisse déposer, et l’on décante.