‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 81 sur 107 · VERNIS 1)E LA CHINE · texte numérisé non relu

VERNIS 1)E LA CHINE

sino. Son nom vulgaire est Unis nok\. On fait à son .écorce des entailles transversales d’qù découle 1111 suc laiteux qui noircit à l’air, ejt que l’on recueille avec soin. Les bourgeons et les pétioles des feuilles en donnent aussi abondamment. On renouvelle les entailles jusqu’à ce que la tige ou la branche soit épuisée ; alqrs on coupe l’arbre à la base , et de nouvelles pousses sont propres , au bout de trois années , à fournir du vernis. Kæmpfer décrit et figure une autre espèce de Rhus ( Rhus succedanca ) , à laquelle il donne le nom, vulgaire au Japon, de Fasi noki, et que l’on ne cultive pas, parce que la quantité de suc qu’elle fournit est trop peu considérable. Il ajoute que le vernis du Japon ne suffirait pas même à la consommation du pays, si on ne lui substituait un vernis analogue nommé Nam Rak, et que le commerce y apporte du royaume de Siam. Déjà Kæmpfer avait attribué ce dernier vernis à un arbre du genre Anacardium.

Dans les 'Transactions philosophiques pour les années 1^55, j 756 et 1757 , une discussion s’éleva entre plusieurs naturalistes sur l’arbre qui fournit le vernis du Japon. Les uns , et particulièrement Miller, attribuèrent ce suc à une espèce d’Amérique septentrionale , qu’ils considérèrent comme identique avec YArbor vernicifera. de Kæmpfer. Ellis s’efforça de réfuter cette opinion ; il démontra que la plante d’Amérique n’était pas l’espèce cultivée au Japon et décrite par Kæmpferç, mais probablement celle que cet auteur a nommée Fa?i-Noki. La plupart des auteurs ont adopté l’opinion d’Ellis.

Ainsi que nous l’avons déjà dit plus haut, Kæmpfer avait clairement exprimé son opinion sur la diversité des arbres qui produisent le vernis noir , au Japon et dans le royaume de Siam. De nouveaux renseignernens qui appjuient l’opinion de Kæmpfer, ont été fournis récemment parM. Swinton de Calcutta, dans le n° de janvier 1828 du Journal de? Sciences d’ Edimbourg , dirigé par Brewstpr. On y apprend; que \e vernis de Sjlhct et celui appelé Tsi- Tsi ou -vernis Rangoon , sont produits par le suc; du Semecqrpus Anacardium, soit seul, soit mêlé avec le suc d’autres plante?.

3oo VERNIS DE LA CHINE.

Les vernis de Kheeoo et de Martaban proviennent d’un autre arbre qui a reçu le nom de Melanorhœa usitatissima. Ces vernis ont à peu près les mêmes qualite's ; mais celui de Rangoon paraît être plus pur que les autres, étant formé uniquement du suc du Semecarpus Anacardium ,

Ces vernis s’appliquent sur les divers objets de fer, de bois, de pierre, etc. Leur couleur ne devient d’un beau noir qu’après avoir été exposés à l’air pendant quelques minutes. A la température ordinaire, ils conservent leur siccité, mais ils deviennent fluides par la chaleur. Pour les faire sécher plus promptement , on les délaie dans l’essence de térébenthine avant de les appliquer.

M. Swinton a examiné, au microscope, le vernis de Rangoon, ayant eu soin de n’en prendre qu’une bien petite quantité renfermée entre deux verres, et il a vu que ce vernis était composé de particules extrêmement ténues, rangées par séries, comme celles que l’on trouve dans le sang , le lait et autres fluides organiques, mais qui offraient des stries de couleurs extrêmement nuancées. Quand il donnait accès à l’air, le suc était à l’instant désorganisé et ne présentait plus qu’une masse noire homogène.

Les qualités vénéneuses de l’arbre à vernis du Japon sont connues depuis long-temps. Kæmpferfait mention des dangers fie ses exhalaisons, et par son récit on reconnaît qu’il produit une action analogue à celle du Rhus radicans. Les vernis de l’Inde , quoique differens d’origine , produisent aussi de mauvais effets, qui ont été constatés de nouveau dans l’écrit de M. Swinton.

M. Macaire-Prinsep vient de publier, dans les Annales de V Industrie , mai 1829, p. 48° , une analyse du vernis de la Chine, faite sur un échantillon rapporté, en 1823, par M. Perrottet. Ce vernis est d’une couleur jaune, légèrement brunâtre, d’une odeur aromatique particulière, d’une saveur forte légèrement astringente, persistante et analogue à celle du baume de la Mecque ou de copahu. Sa consistance est semblable à celle de la térébenthine épaisse. Étendu sur les

VÉRONIQUE OFFICINALE. Soi

corps, il forme uu vernis continu, brillant, se'cbant facilement et d’un beau poli. Les couleurs s’y délaient très uniformément : ainsi , le minium , le cinabre et le noir de fume'e qu’on y mélange donnent naissance à de beaux vernis qui ne s’écaillent point par la dessication, avantage que ne présentent pas les térébenthines de nos pays ainsi que le baume de copahu qui , avec les couleurs , forment des vernis non siccatifs. L’analyse chimique du vernis de la Chine a donné pour résultats , i°. de l’acide benzoïque; 2°. une résine; 3°. une huile volatile particulière. C’est à l’heureuse proportion de ces principes et aux légères différences qu’ils présentent dans leurs propriétés avec leurs analogues connus , que le vernis de la Chine doit la supériorité qui a rendu son emploi si précieux dans les arts. Bouillie avec de l’acide sulfurique étendu, cette substance laisse dégager son odeur âcre, et le vase paraît teint sur ses bords d’une belle couleur rouge de sang que l’on peut enlever par écailles. Cette matière pourpre paraît être un composé de résine et d’acide sulfurique modifié dans sa composition élémentaire , et n’être par conséquent qu’une altération du tannin artificiel ; car on sait que l’acide sulfurique produit cette dernière substance par son action sur la résine ordinaire.

VERNIX ( RÉSINE ). V. Sandaraque.

VERONICA BECCABUNGA. V. Beccabdnga.

VÉRONIQUE OFFICINALE ou VÉRONIQUE MALE. Veronica officinalis , L. — Rich. Bot. me'd., t. I, p. 232. (Famille des Scrophularinées. Diandrie Monogynie , L. ) C’est une petite plante vivace qui es't commune dans les bois de l’Europe, où elle fleurit pendant une partie de l’été. Ses tiges sont étalées, rampantes, un peu velues, longues de \ à 5 pouces , munies de feuilles opposées, ovales obtuses , dentées et pufyescentes. Les fleurs sont petites , d’un bleu pâle , disposées en épis pédoncules dans les aisselles des feudles supérieures.,

Les feuilles et les jeunes tiges de la véronique ont une saveur légèrement amère et astringente ; elles contiennent, en petite quantité, de l’acide gallique et du tannin, car leur iu-

3o2 VERRE.

fufeiciti aqueuse passe au brun par le sulfaté dé fèr. Par l’effet de la dessication, leur odeur est presque nulle, ce' qui ne justifie guère le nom de thé d'Europe qu’on donnait autrefois à cette plante. Elle fait partie des espèces vulnéraires suisses; son infusion théiforme est légèrement excitante et diapliorétique. On l’administrait autrefois dans une foule de maladies différentes, telles que l’ictère, la gravelle, les catarrhes chroniques, etc. ; mais les médecins modernes en oitt a péü près abandonné l’usage. .1

Le genrè des véroniques est excessivement nombreux en espèces qui1 croissent dans les champs, les bois ét sur les montagnes de l’Europe. Parmi ces espèces, nous citerons, comme pouvant remplacer la véronique officinale , les Veronica anagtillis-,' Ohamœdrys et Teucrium , qui sont de fort jolies plantes à fleurs bleues, très communes dans les fossés et les Haies. (G... n.)

VERRE: On a donné le nom de verre à un composé de soude', dé potassé, et quelquefois d’oxide de plomb :et de1 niahr ganèsey qu’on obtient en soumettant à la fusion, dans des fours , divérs mélanges qui fournissent dés produits divers. Il n’eritré pas dans le cadre de notre ouvrage de donner des détails sur les divers procédés à suivre pour obtenir ces produits; mais nous avons cru qu’il serait agréable au pharmacien de connaître les formules des mélanges employés à la fabrication du verre. Nous- renverrons, pour les détails sur la vitrification, au Trdité dé V art de la verrerie , de Loisel; aux Annales de Chimie, t. L et LXII ; au X Annales des arts et manufactures, t. XXI , et au Bulletin de la Société Philomatique, bulletin 92, p. 25o.

Mélangé pour la fabrication du verre de bouteille. Sable , 100 parties; soude brute , 200 parties ; cendres, 5o parties; cassons' de vieilles bouteillès , 1 00 parties.

Mélange pour la fabrication du verre ordinaire . Sable , 1 00 ; soude brutéy tou; rogmmes ou verre cassé, 100. On ajoute quelquefois à ce mélange une petite quantité de peroxide de nVaitganèsé, pour décolorer le produit.

VERRE DE BORAX. 3o3

Mélange pour le cristal ou flint-glass. Sable blanc, 100; minium , 80 ; potasse du commerce, 5o; nitre brut, 2 ; peroxide de manganèse, 0,06. O11 ajoute quelquefois Une petite quantité d’oxide d’arsenic ou de sulfure d’antimoine.

Mélange pour la fabrication du verre à glace (Saint-Gobih). Sable blanc ,100; cliaux éteinte à l’air, 12 ; sel de soude desséché, 45 à 48; rognures de glaces, 100. Oh ajoute quelquefois à ce mélange une petite quantité d’oxidé de manganèse.

Mélange pour la fabrication du verre avec le sulfate et lè muriate de soude, Sulfate de soude sec, 100 parties ; muriate de soude, 100; silice, 656 ; chaux éteinte, 34p. Oii fait un mélange; on chauffe le four et les pots qui doivent le recevoir jusqu’au rouge-blanc. Lorsqu’ils sont à ce degré, on enfourne le mélange , peloté, par pellétées , juSqu’à ce que les pots soient pleins ; on bouche les ouvertures aussitôt qu’on voit que la matière s’affaisse ; on. continue d’ehfourner le mélange , jusqu’à ce que les pots soient pleins dé matière fondue; on entretient la chaleur pour obtenir une bonne fusion dans lè moins de temps possible. Lorsque les fumées diminuent , on tire de temps en temps des larmes d'essai ; et lorsque le produit est affiné, ce qui a lieu après un espace de 24 heures, on emploie le verre qui provient de ce mélange. On peut, par lé 'même procédé et en prenant un autre piélange, le suivant, obtenir de bons résultats. Muriate de soude desséché, Yoc ; silice , 123 ; chaux éteinte à l’air, 92. On peut donner au veçrë différentes nuances , en y ajoutant des oxides métalliques. Avec le peroxide de manganèse,, on obtient une belle couleur violette ; avec ceux de cobalt , une couleur bleu d’àzur ; avec l’oxide de chrome, un bleu verdâtre. On obtient une coüléur analogue avec les oxides de fer, de cuivre, d’antimoine ; le pourpre de Cassius uni à l’oxidç de manganèse donne du rouge.. Les pierres artificielles sont des verres colorés par les oxides métalliques. (A, C.)

ŸÉRRË D’ANTIMOINE, r. Oxide d’antimoine sulfuré > t. IV, p. 58.

VERRE DE BORAX. V. Borate de soude j't. Ier, p . 456.

3o4 VERT de scheèle.

VERRE D’ÉTAIN. Ou avait donne ce nom à l’oxide d’étain, la potée d'étain.

VERRE DE MOSCOVIE. Nom donné au mica en grandes lames.

VERRE DE PLOMB. V. Oxide de plomb.

VERRES A EXPÉRIENCES. Vases coniques en verre , soutenus sur un pied. Ils servent à examiner ce qui se passe lorsqu'on mêle ensemble des produits qui réagissent les uns sur les autres, et qui donnent lieu à des précipités ou à des phénomènes caractéristiques. S’il y a précipitation , les précipités deviennent plus sensibles , en se réunissant au fond du verre. Ces verres doivent être faits en verre blanc diaphane, afin de laisser apercevoir les précipités les plus légers, et même si la liqueur se trouble. (A. C.)

VERS. Classe d’animaux invertébrés que les naturalistes modernes désignent sous le nom d ' Annélides , et parmi lesquels on remarque la sangsue et le ver de terre , sur lesquels nous avons donné des articles particuliers. V. ces mots.

Les vers intestinaux ou Entozoaires forment une autre classe d’animaux dont l’étude intéresse à un haut degré le médecin pathologiste , mais qui est étrangère au pharmacologiste. Nous ne devons donc pas faire mention de ces êtres dans le présent ouvrage.- (G... N.)

VERT-DE-GRIS. V. Acétate de cuivre.

VERT D’IRIS. Couleur verte, que l’on obtient en pilant les pétales bleus du.gla'ieul avec de la chaux , exprimant le suc et le faisant dessécher sur une assiette.

VERT DE SCÏîEÈLE. Combinaison de deutoxide de cuivre

et d’oxide d’arsenic ; sa couleur est vert-pomme ; il est pulvérulent, insoluble dans l’eau. Exposé à l’action de la chaleur, il répand une odeur d’arsenic très prononcée ; chauffé dans un tube avec du charbon, on obtient de l’arsenic métallique et du cuivre mêlé au charbon. Pour obtenir ce vert, on agit de la manière suivante : on fait bouillir 352 grammes (i i onces) d’oxide blanc d’arsenic avec i kilogr. (2 liv.) de carbonate de potasse, pendant une demi-heure; on laisse reposer; puis on verse dans cette liqueur 17 litres d’eau , tenant en solution

VERVEINE. 3o5

i kilog. (2 liv.) de sulfate de cuivré ; on agite ; le vert de Scheèle se précipite; on le met égoutter sur une toile , et on le lave à plusieurs eaux pour le séparer du sulfate de potasse. On doit , en prenant les quantités indiquées et en opérant ainsi que nous venons de le dire , obtenir un produit d’une belle couleur verte.

M. Braconnot de Nancy a donné le procédé suivant, pour obtenir un vert aussi beau que celui de Schweinfurt. On fait dissoudre 8 parties d’oxide d’arsenic dans 8 parties de potasse du commerce. On décompose la solution par 6 parties de sulfate de cuivre , et l’on mêle le précipité avec 3 parties d’acide acétique. Ce vert est employé dans la fabrication du papier peint et dans la peinture à l’huile. Il y a quelques années, au 1" janvier , des confiseurs colorèrent des bonbons avec cette préparation vénéneuse ; l’autorité ayant eu connaissance de ce lait , prit des mesures pour en empêcher la vente. Tout récemment, on a adrèsse' d’Allemagne des bonbons colorés par le même produit, et d’autres colorés par le jaune de chrome , le chromate de plomb. Des démarches faites sur-le-champ, par ordre supérieur, ont eu pour but d’avertir les marchands des accidens qui pourraient résulter de l’usage de bonbons ainsi colorés. (A. C.)

YERT DE VESSIE. Produit ainsi nommé parce qu’il est contenu dans des vessies. On le prépare en mêlant 3 kilogr. (6 liv.) de suc de baies de nerprun mûres , -j5o grain 111. (1 liv. 6 onces) cl’eau de chaux , et 96 grammes (3 onces) de gomme arabique; faisant évaporer le tout en consistance d’extrait , mettant cet extrait dans des vessies, que l’on suspend afin de faire dessécher la matière colorante qu’elles contiennent. Ce produit est employé dans la peinture en détrempe. (A. C.)

VERTÉBRÉS. Premier embranchement des êtres qui composent le règne animal. Le nom de vertébrés indique suffisamment le caractère essentiel qui distingue ces animaux, et n’a pas besoin de plus ample définition. V. d’ailleurs l’art. Zoologie. (G.. .n.)

VERVEINE. Verbena officinalis , L. — Rich. Bot. méd. , Tome V.

3o6 YESCE.

t. I, p. a42- (Famille des Verbe'nace'es. Didynâmle Angiospermie , L.) Plante herbacée excessivement commune dans les lieux incultes et sur le bord des chemins. De sa racine , qui est bisannuelle , s’élève une tige d’un pied à un pied et demi, médiocrement rameuse, tétragone, striée, légèrement pubescente , portant des feuilles opposées, profondément incisées, surtout les inférieures, et velues ; les supérieures sont lancéolées, et simplement dentées à la base. Les fleurs sont très petites , d’une couleur violette pâle, et forment un long épi à la partie supérieure de la tige et de ses ramifications. Les fruits sont petits , tétragones, tronqués, enveloppés par le calice , à quatre loges monospermes et indéhiscentes.

Les qualités physiques de la verveine sont presque milles : une odeur- faible herbacée , une saveur faiblement amère et astringente, ne peuvent être les indices d’énergiques propriétés médicales. Cependant la verveine a joui de tous temps chez le vulgaire , d’une grande réputation continue plante médicinale. Les anciens lui donnaient le nom d’herbe à tous maux, parce que, dans leur crédule ignorance, ils lui attribuaient la guérison de toutes les maladies où ils l’employaient. Les habitans des campagnes préparent avec ces feuilles, bouillies dans le vinaigre , des cataplasmes rubéfions qu’ils appliquent sur le côté douloureux dans la pleurésie. On sent bien que ce n’est pas -à la verveine, plante inerte, qu’est dû l’effet de ce remède. La verveine était en vénération dans l’antiquité ; les Grecs lui donnaient le nom d ’ herbe sacrée , nous ne savons trop pourquoi , et la superstition s’en était emparée pour abuser de la crédulité des peuples.

Une autre espèce de verveine arborescente et originaire des climats chauds ( V. Iriphylla ) , a des feuilles douées d’une forte odeur semblable à celle de la mélisse. Quelques praticiens les emploient en infusion dans les mêmes circonstances que les feuilles de cette dernière plante. (À, R.)

YESCE. Vicia saliva, L. (Famille des Légumineuses. Diadelphie Décandrie, L. ) Cette plante est cultivée généralement en Europe, à cause-de ses graines noires, rondes , lisses et fa-

VIGNE. 3o7

rineuses , que l’on emploie principalement pour engraisser les pigeons. La farine de ces graines e6t résolutive , et on la substituait ordinairement à celle d’orobe qu’il était moins facile de se procurer. (G., .s.)

VESOU. On donne ce nom au suc exprimé de la canne à sucre. F. Sucre.

VETTIVER. On donne ce nom aux racines ou rhizomes d’une graminée exotique, qui sont employées, à raison de leur odeur forte, analogue à celle de certaines labiées , pour éloigner les insectes des sclials et autres tissus de laine. Elles ont l’aspect des racines de schoenanthe , mais elles sont douées d’une odeur plus forte. Elles proviennent, comme celles-ci , d’une espèce d ' Andropogon dont on a voulu faire, mais fort inutilement, un genre distinct sous le nom de Feltiveria. C’est Y Androp. muricaUmi de Retz, ou /Jgrostis verticillata de Lamarck.

Cette plante croît dans l’Inde orientale , où depuis longtemps ses racines sont employées aux usages que nous avons mentionnés.

M. Henry a publié ( Journal de Pharmacie , février 1828, p. 67) une analyse de la racine de vettiver, qui lui a fourni des résultats analogues à ceux que M. Vauquelin avait obtenus de la racine de schœnantbe , et particulièrement une résine identique avec la myrrhe. (G... N.)

VIF-ARGENT. F ■ Mercure.

VIGNE. Filis vinifera, L. — Ricb. Bot. méd., t. II, p. 71 1. ( Famille des Vinifères. Pentandrie Monogynie, L. ) La vigne est originaire de l’Asie-Mineure , d’où elle a été transportée successivement en Grèce et en Italie. Elle fut introduite dans les Gaules par une colonie de Phéniciens qui vint fonder la ville de Marseille. Sa culture a été ensuite propagée dans l’Europe tempérée , mais elle ne s’est pas é tendue au-delà de certaines limites ; en France , par exemple , 011 ne la rencontre pas à l’ouest , dans les départemeus qui forment les anciennes provinces de Bretagne, de Normandie et de Picardie, tandis que dans les départemens de l’est, elle remonte beaucoup plus haut vers le nord. On peut même tracer pour limite naturelle

3o6 VIGNE.

de la culture de la vigne en France, une ligne obliquement transversale depuis l’embouchure de la Loire ou un peu audessus, jusqu’à quelques lieues au-dessus du confluent de la Moselle. Si les contrées orientales de l’Europe sont plus convenables à la vigne que les pays voisins de l’Océan , ce n’est pas que leur température soit plus douce ; au contraire , les hivers y sévissent ordinairement avec plus de rigueur , mais en revanche les étés y sont plus chauds, et par conséquent le raisin y mûrit parfaitement. En Angleterre et dans les pays occidentaux, la température de l’hiver ne s’oppose pas à la culture de la vigne, mais les étés n’y sont pas assez chauds pour que ses fruits parviennent à leur complète maturité.

La vigne est une plante trop connue pour qu’il soit utile d’en donner une description. De même que la plupart des plantes cultivées depuis un temps immémorial, elle a produit un grand nombre de variétés, dont les caractères différentiels résident principalement dans les fruits. On sait à cet égard combien les vignobles diffèrent entre eux, et que c’est sur cette différence qu’est basée la richesse relative du sol de plusieurs pays. Nous avons décrit à l’article Raisin les variétés que l’on fait sécher pour les usages de la Médecine , ou pour les employer comme comestibles ; en conséquence , il serait superflu de revenir sur ce sujet, ainsi que de parler ici du vin , produit fermenté des raisins , et qui doit être traité dans un article particulier. Ce que l’on nomme verjus est le suc acide-astringent cl’une variété de vigne dont le raisin ne parvient pas à sa maturité. Quelquefois on fait prendre ce suc à l’intérieur comme vulnéraire ; il est plus souvent employé pour assaisonner les viandes et les légumes.

Les feuilles de la vigne ont aussi une saveur acide-acerbe qui les rend très agréables à la plupart des animaux herbivores. Les anciens en recommandaient l’usage dans les diarrhées et' les catarrhes chroniques; mais cet emploi est totalement abandonné depuis que l’on connaît une foule de médicamens dont l’action est plus certaine ou plus convenable pour ces maladies. L’acidité des feuilles de vigne dépend d’un principe dont

VIN. 3o9

les chimistes 11’ont pas encore enseigné positivement la nature, quoiqu’il soit permis de penser que c’est un sur-oxalate ou sur-tartrate de potasse ou de chaux. Ce sel acide existe en cristaux tout formés dans le tissu des feuilles ; nous les avons observés à l’aide du microscope , pendant l’année 1828.

La sève de la vigne a une grande force d’ascension , et découle, au printemps, en grande quantité des incisions faites aux tiges dont on retranche les rameaux inutiles. Cette sève est regardée par le peuple comme un bon médicament anti-ophthahnique; on l’a aussi vantée comme diurétique, mais l’une et l’autre de ces propriétés sont illusoires. M. Deyeux n’a trouvé, dans la sève de la vigne , qu’une matière végéto-animale , de l’acide acétique , et de l’acétate de chaux. (G ..N.)

VIGOGNE. Camelus Viconnia. Animal ruminant du genre des chameaux , du groupe des Lamas ou Llamas ,. et qui habite les montagues du Pérou et du Chili. Son poil, de couleur fauve, est renommé pour sa finesse et sa douceur. O11 en fabrique des tissus d’un prix fort élevé. (G. ..N.)

VIN. Le vin est un liquide alcoolique , qu’on obtient par la fermentation du suc exprimé du raisin. On a cependant donné, par extension, le nom de vins à toutes les liqueurs qui ont subi la fermentation spiritueuse (la bière , le cidre, le poiré , Yhjdromel vineux , les vins de fruits, etc. , etc.)

Quoique tontes les substances sucrées puissent fournir un liquide alcoolique ayant de l’analogie avec le vin , il s’en faut cependant de beaucoup que ces produits fournissent une liqueur vineuse d’une égale qualité; le suc du raisin même donne des résultats qui varient suivant le climat, le terrain, l’exposition, la température de l’année, le plus ou le moins de fruits qui existent sur les ceps, etc.,. etc. On regarde comme supérieurs les vins les plus riches en arôme et en alcool, et qui sont désignés sous le nom de vins généreux. Mais , en général , les vins les meilleurs sont ceux de France. On leur assimile ceux qui proviennent des raisins qui ont crû dans les pays qui sont à peu près situés au même degré de latitude , ou à la même température. Les raisins des pays plus* chauds

3io VIN.

et ceux des de'pavtemeus méridionaux de la France fournissent des vins qui ont. un goût plus agréable , c’est-à-dire plus sucré ; mais ces vins , quoiqu’ils aient assez de force , ne fournissent pas des eaux-de-vie d’aussi bonne qualité, ni ne donnent pas autant de vinaigre que les vins des départemens qui forment le centre de la France.

De la fabrication du vin. C’est avec le jus du raisin qu’on fait le vin ; ce jus est formé de beaucoup d’eau, d’une assez grande quantité de sucre d’une matière particulière très soluble dans l’eau, d’une petite quantité de mucilage, de tannin, de tartrate acide de potasse, de tartrate acide de chaux , de sel marin , de sulfate de potasse , et peut-être de sulfate de chaux. On l’obtient de la manière suivante : on cueille les raisins lorsqu’ils sont mûrs ; on lès met dans des tonneaux , on les foule; on les porte ensuite dans de grandes cuves où la fermentation s’établit. La masse s’échauffe après un certain temps ; les parties molles sont soulevées par le gaz acide carbonique qui se dégage , et elles se rassemblent à la surface du liquide, en une masse presque hémisphérique qui prend le nom de chapeau. La liqueur, de sucrée qu’elle était, devient vineuse ; elle se colore fortement si les raisins sont rouges, et se recouvre en partie d’une écume composée de ferment et de quelques matières étrangères au ferment. Plus tard, les signes de la fermentation diminuent d’intensité; on agite alors les matières contenues dans la cuve, soit àl’aide d’un instrument nommé fouloir, soit en descendant dans cette cuve et foulant avec les pieds (i) pour mêler toutes les matières et ranimer la fermentation. Lorsque la liqueur ne bout plus , qu’elle a pris une saveur forte et vineuse , et qu’elle est devenue parfaitement claire , on regarde le vin comme fait , et on le tire. On porte le marc au pressoir , et par la pression on en retire encore une grande partie du vin qu’il retient. Le vin ainsi obtenu n’a pas fermenté entièrement ; aussi la fermen-

(1) Cette dernière manière d’agir îûest pas sans danger, et souvent le fouleur est asphyxié par le gaz acide carbonique qui sc dc'gngc.

VIN. 3 n

tation se l'ait encore dans les tonneaux , et elle se prolonge pendant plusieurs mois d’une manière assez active pour que les premiers jours on aperçoive, tout au tour de la bonde, une écume e'paisse semblable à celle dont nous avons parle. Gette même écume continue à se produire tant que la fermentation dure ; mais au lieu de rester à la surface du liquide , elle se précipite au fond du vase dans lequel le vin a été introduit, en entraînant avec elle une certaine quantité de matière colorante , du tar tre peu soluble dans un liquide alcoolisé , enfin du tartrate de cbaux. Le vin est rouge s’il provient du moût des raisins noirs fermentés avec les pellicules ou enveloppes ; il est blanc s’il est retiré du moût des raisins blancs fermentés , ou encore du moût des raisins noirs fermentés après que les enveloppes ont été séparées.

Les vins mousseux s’obtiennent en mettant les vins en bouteille quelque temps^ après qu’ils sont tirés. La fermentation n’étant pas achevée, il se forme de l’acide carbonique qui, ne pouvant se dégager en raison de la pression à laquelle il est soumis, reste en dissolution dans le vin. Si l’on débouche le flacon contenant ce vin, l’acide reprend la forme gazeuse, il s’élance hors du vin en en entraînant une partie à l’état de mousse. Si le vin destine' à faire le vin mousseux n’était pas assez sucré , on y ajoute un peu de sucre candi. Les vins mousseux, qui se préparaient en Champagne, se font maintenant en Bourgogne (r) ; on a soin de tenir les bouteilles renversées convenablement , et de les déboucher dans les premiers mois pour en extraire la lie qui se dépose et qui s’accumule dans le goulot. Cette opération, que l’on nomme dépotage , demande une grande habileté de la part du manipulateur , et de cette habileté dépend la qualité du vin. Nous ne pouvons entrer dans tous les détails concernant la fabrication des vins; nous renverrons nos lecteurs au traité de M. Cbaptal et aux autres ouvrages spéciaux publiés sur cette branche d’industrie. Nous nous bornerons à donner des défi) On fabrique aussi du vin mousseux h Paris, et j’en ai vu qui, au <liie des gourmets, pouvait être confondu avec !e vin de Champagne.

3ta VIN.

tails sur les faits nouveaux qu’il importe aux pharmaciens de connaître. Ces faits se rapportent aux moyens à employer pour reconnaître les vins colorés naturellement ou artificiellement, les vins falsifiés ; les procédés mis en usage pour bonifier le vin ou remédier aux accidens qui lui arrivent. Nous renverrons, pour l’examen de la quantité d’esprit qu’ils contiennent, à l’article Alcool , t. Ier, p. 218.

Les vins que l’on trouve dans le commerce sont quelquefois colorés artificiellement. Des essais qui nous sont particuliers nous ont fait reconnaître que les vins naturels peuvent être distingués à l’aide de la potasse et de l’ammoniaque; enfin que d’autres réactifs indiqués jusqu’à présent comme convenables pour cette opération , ne le sont pas; en effet, il est résulté de nombreux essais qu’il serait inutile de rapporter ici :

i°. Que la potasse peut être employée comme réactif pour faire reconnaître la couleur des vins naturels, qu’elle fait passer de la couleur rouge au verl bouteille ou au vert brunâtre ;

2q. Que le changement de couleur produit sur les vins , par ce réactif, est différent lorsque les vins sont plus âgés ;

3°. Qu’il n’y a pas précipitation de la matière colorante par la potasse ; celte matière reste en dissolution dans la liqueur alcaline ;

4°. Que l’ace'tate de plomb ne peut ni ne doit être employé comme réactif pour faire reconnaître la coloration des vins, ce sel étant susceptible de donner, avec les vins naturels, des précipités de diverses couleurs ; v

5°. Qu’il en est de même de l’eau de chaux, du muriàte d’étain additionné d’alcali volatil, du sous-acétate de plomb;

6°. Que l’ammoniaque peut être employée pour faire recoinnaître les vins naturels, à cause des cbangemens de couleur qu’elle détermine dans ces liquides : la couleur rouge passe au verl brunâtre ou au brun verdâtre ; ces colorations ne varient pas d’une manière bien sensible ;

70. Qu’il en est de même de la solution d’alun, qui donne un précipité gris sale lorsque l’on y ajoute une certaine quantité de potasse en solution.

VIN

D’après divers auteurs , les vins colorés artificiellement donnent, parla potasse , les colorations suivantes :

Le vin coloré avec les baies d’bièble , un précipité violâtre , avec le bois d’Inde , id. rouge violacé ,

avec les baies de mûres , id. violâtre , avec le bois de Fernambouc, id. rouge , avec la matière colorante de *

la betterave, id. rouge,

avecletournesoleu drapeaux, id. violet clair, avec le troène, id. violet bleu ,

avec le pbytolaca , id. jaune.

Le vin est aussi quelquefois additionné d’eau-de-vie. Cette addition est facile à reconnaître pour ceux qui ont l’habitude de déguster les vins , surtout si elle a été faite récemment; si elle a été faite depuis un temps plus ou moins considérable , il est alors plus difficile de la constater, et il faut alors avoir recours à la distillation, afin de constater la quantité d’eau-devie obtenue à l’aide de cette opération (i). Les résultats que l’on tire de ces essais ne nous paraissent pas bien concluans ; car le vin d’un même pays peut, si l’année a été très chaude , fournir du vin plus généreux que celui obtenu les années précédentes.

Le vin est quelquefois travaillé dans le but de lui enlever son acidité et d’adoucir le vin. Plusieurs moyens ont été employés. i°. Cadet de Vaux a indiqué l’emploi du sucre , et ce moyen ne devrait pas être regardé comme une sophistication. a°. On sature une partie de l’acide par de la craie et par d’autres substances calcaires ; mais cette désacidification n’est pas toujours convenable, et le vin acquiert un goût particulier désagréable. 3°. Anciennement, on se servait du plomb, de la litharge, delacéruse, de l’acétate de plomb. Cette méthode pernicieuse, qui fut recommandée par l’inventeur, Martin

(i) On trouve (tes appareils portatifs pour faire des essais sur le$ vins , et apprécier les quantités d’alcool qu’ils contiennent , citez M. Chevallier, opticien dn Roi, Tour de l’Horloge, au coin du quai, vis-h-vis le Marché aux fleurs

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le bavarois , et qui causa de nombreux accidens, a été signalée, dès le XVIe siècle , comme ayant donné lieu à des empoisonnemens. En 1698, un homme fut condamné à mort (à Esslingen) pour avoir empoisonné du vin au moyen du plomb; cependant, dans le XVIIe siècle un ouvrage imprimé à Altona contenait le passage suivant ; pour conserver au vin sa saveur, il faut j mettre 3 à 4 livres de plomb.

Cet empoisonnement fut encore constaté en 1 804 , près d’Hartleben. L’emploi de ce moyen a été abandonné depuis, et de 1816 à 182g, dans un grand nombre de vins que nous avons eu à examiner , un seul contenait du plomb. Il appartient aux pharmaciens de tous les pays de faire connaître aux ignorans qui emploieraient encore ce moyen , les accidens qu’ils peuvent causer, accidens dont ils seraient responsables. Il faut, pour que la présence du plomb dans un vin soit bien constatée, obtenir le plomb à l’état de métal, et ne pas prendre , comme l’ont fait quelques personnes, du tartre en lames micacées pour de la litharge; à cet effet, on recherche le métal, non-seulement dans le vin lui-même, mais encore dans le dépôt qui s’est formé au fond du tonneau. On fait évaporer jusqu’à siccité une certaine quantité du vin dans une capsule de porcelaine; on mêle le résidu avec du charbon en poudre; on introduit le mélange dans un creuset auquel on ajuste un couvercle , puis on fait rougir : s’il y a du plomb , on le trouve réuni en culot ou divisé en grains qui sont mêlés au charbon et qui n’ont pu se réunir. On opère de la même manière sur le dépôt. On peut d’avance , à l’aide de réactifs , chercher à reconnaître la présence du plomb dans le vin sur lequel on opère. Pour cela, on décolore le vin, et on l’essaie. Les réactifs à mettre en usage sont le sulfate de soude , le chromate de potasse, l’hydriodate de potasse, l’acide hvdro-sulfurique, les hydro-sulfates, la liqueur de Hahnemann. Lorsque les vins contiennent du plomb , le sulfate de soude fournit un précipité blanc; le chromate et l’hydriodate dépotasse, des précipités jaunes; les autres réactifs indiqués, des précipités noirs. 4°. L’alun a aussi été employé pour donner au vin un goût

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d’astriction ; on constate ce moyen en précipitant l’alumine combinée à l’acide sulfurique par le sous-carbonate de potasse; on recueille le précipité, et l’on recherche si l’alumine existe dans le précipité. Ou détermine ensuite la présence et la quantité d’acide sulfurique par un sel barytique. 5°. Le vin peut contenir du cuivre qui proviendrait des robinets dans lesquels il aurait pu séjourner ; on constate la présence de ce inétal en plongeant dans le vin soupçonné contenir de ce métal , une lame de fer bien décapée qui sé recouvrira de cuivre métallique si le vin en contient. Parmi les travaux à consulter sur les vins et leur falsification , on peut citer les écrits de Wollin, Klaproth, Berthollet, Cadet, Parmentier, Rozier, Baumé, Lavoisier, Leonhardi , et ceux de MM. Deyeux , Cliaptal , etc. Une partie de ces travaux sont consignés dans les volumes formant la première collection des Ann. de Chimie.

Des moyens mis en usage pour bonifier les vins.

Parmi les moyens mis en usage, nous citerons, i°. la fei'mentalion en vase clos. Selon divers auteurs, ce mode d’agir fournit un vin plus généreux qui a retenu de l’arome et une partie d’alcool qui se volatilisent lorsque la fermentation se fait à l’air libre. Ce principe a été établi par M. Cliaptal dans son Traité des vins , et depuis, mademoiselle Gervais, qui s’occupa de vinification, indique l’emploi d’un appareil qui consiste , i°. en un couvercle de bois, luté sur une cuve avec du plâtre et de l’argile, et au milieu duquel est une Ouverture qui reçoit un grand chapiteau en fer-blanc enveloppé d’un réfrigérant ; 2°. en deux grands tuyaux qui partent du sommet du chapiteau et qui vont plonger dans un vase d’eau ou de vinasse ; 3°. en une soupape de sûreté adaptée à l’un des tuyaux. Cet appareil, qui n’est qu’une modification, a été construit sans doute d’après l’opinion émise par M. Cliaptal; ila été le sujet de nombreuses discussions qui avaient pour but d’apprécier la valeur de son emploi. Si l’on en croit de savans chimistes , ses avantages sont presque nuis; si l’on consulte des vignerons qui l’ont mis en usage , on peut en tirer un

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excellent parti. On ne peut donc trancher la question, qui se trouve aloi's re'solue de deux manières différentes. Notre opinion est que cet appareil a été et trop vanté et trop blâmé , et que son usage, s’il ne produit pas tous les avantages indiqués par mademoiselle Gervais, en produit quelquesuns qui méritent que l’on en fasse usage. Cette opinion est celle d’un grand nombre d’hommes recommandables qui se sont occupés de vinification.

2°. Divers auteurs ont indiqué l’addition d’une matière sucrée au moût de raisin ; de ce nombre sont : Juncker , Préfontaine, Macquer et Parmentier ; mais ce dernier dit qu’il convient de restreindre l’usage de ce moyen aux vignobles du nord, où le raisin n’arrive pas à maturité , et où le moût, plus acide que sucré, donne des produits faibles et imparfaits.

3°. L’emploi des tonneaux charbonne's pour conserver les vins a été indiqué. L’auteur de ce travail ( Berthollet ) pense que les vins qui sont contenus dans des pièces non cliarbonnées doit dissoudre de la partie extractive contenue dans le bois ; cette matière dissoute favorise probablement la fermentation acide qui s’établit dans le vin et particulièrement dans celui qui voyage. Il explique ainsi la détérioration de quelques vins qui ne peuvent supporter le transport.

4°. L’emploi de la glace a été recommandé par M. Bezu de Bourbonne pour empêcher le vin de se piquer: une petite quantité de glace doit être introduite dans le tonneau qui doit rester exactement bouche'..

5°. M. Gervais, frère de mademoiselle Gervais qui s’est occupée de la vinification , a proposé , pour bonifier le vin , de le faire passer entre des plaques de fer-blanc chauffées par de la vapeur d’eau ; mais ce moyen, examiné par une commission , détériore le vin plutôt que de le rendre meilleur.

Moyens de remédier aux accidens et maladies qui surviennent

aux vins.

Ces accidens sont nombreux. Le premier est le goût du fût. On a proposé de priver le vin de ce goût désagréable ou d’une

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partie tîe ce goût, i°. en tirant le vin à clair; 2°. en le mélangeant avec de gros vins; 3°. en le transvasant dans un tonneau récemment vidé ; 4°- en le passant sur de la lie de vin non vicié ; 5°. en le traitant par la chaux, l’acide carbonique, le chlore , l’huile ; ce dernier moyen, que nous avons examiné et qui est dû à M. Poumier , nous a parfaitement réussi.

2°. Le vin gelé. On a propose de séparer la partie liquide des glaçons et d’introduire cette partie dans des tonneaux propres , soufrés d’avance.

3?. Le vin qui a le goût de moisi. Le charbon , l’huile , sont indiqués pour détruire ce goût désagréable.

4°. Le vin trop vert. Il faut saturer une partie de l’acide , ajouter ensuite du moût concentré , du sirop ou des conserves de raisin.

5°. Vins qui se graissent. On a prescrit de cuver plus longtemps les vins qui tournent à la graisse, de les transvaser sur la lie d’un tonneau légèrement vidé, de-leur imprimer du mouvement, de les clarifier s’ils sont rouges, et de les coller s’ils sont blancs, enfin , de les additionner de crème de tartre dans la pi'oportion de 192 à 384 grammes ( de 6 à 1 2 onces ) pour un tonneau , faisant fondre la crème de tartre dans 4 litres de vin chaude jusqu’à l’ébullition , versant le mélange chaud dans le vin , bouchant le tonneau , agitant pendant .5 ou 6 minutes , remettant en place , tournant le bondon en-dessous , collant le vin à la manière ordinaire; après un ou deux jours de repos , au lieu d’agiter à bondon ouvert, on agite. le tonneau pendant quelques instans , et on le remet à sa place, le bondon placé en-dessus ; après 5 ou 6 jours , le vin; est clair , sec , liquide et absolument dégraissé , il faut alors le soutirer ou le mettre en bouteilles. Là se bornent ce que. nous croyons utile de dire sur le vin. Il eût été impossible dei traiter ce. sujet d’une autre manière, par la raison qu’il faudrait des volumes pour dire tout ce qui a été fait sur. le vin et discuter les améliorations et les procédés proposés ou usités pour préparer les vins dans divers pays. (A. G )

3i8 VINS MÉDICINAUX.

VINS CUITS. Ce sont des vins que l’on concentre après leur avoir fait subir une demi-fermentation. Dans les pays chauds, on les prépare avec des raisins séchés au soleil , en tordant la grappe sur la vigne. (A. G.).

VIN DOUX. On donne ce nom au jus récemment exprimé du raisin et qui n’a pas fermenté ; il est trouble ; sa saveur est agréable et très sucrée. Ce vin est très laxatif à la dose de 5oo à 1000 grammes ( i à 2 livres). (A. C.)

VINS MÉDICINAUX (1). On a donné le nom de vins médicinaux à des produits pharmaceutiques dont le vin est l’excipient. Ils résultent, ou d’une simple solution de la substance, ou d’une combinaison plus intime. Dans ces deux cas , le vin acquiert des propriétés bien différentes de celles dont il jouissait primitivement; propriétés qui proviennent des substances qui servent à le préparer. .w

Lorsqu’on prépare les vins médicinaux, on doit avoir. soin de bien choisir le vin qu’on emploie. Pour être de bonne nature, il faut que ce vin soit d’une limpidité parfaite, qu’il ait une couleur franche, une odeur suave, un goût agréable , être miscible à l’eau sans sc décomposer, se troubler; ni perdre de ses qualités.! , . . .irroi 1

Ces produits employés à la préparation des vins .médicinaux peuvent être divisés en deux classes : les vins étrangers et les vins français. On doit se procurer les premiers (ceux deMalaga, de Madère) naturels et de bonne qualité; les seconds doivent être généreux , c’est-îWdire. riches eu alcool. Plus ces vins sont aqueux, plus ils dissolvent de, parties extractives, par conséquent les principes fermentescibles sont en plus grande quantité dans la. préparation ; la décomposition est plus prompte. On donne, pour éviter cet inconvénient, la préférence aux vins du Midi, et Poreckoisit tantôt le rouge, tantôt le blanc. Ce dernier s’emploie surtout lorsqu’il peut ajouter quelque propriété au médicament. C’est ainsi que le vin rend plus diurétique le vin anti-scorbutique.

(1) Œnolïîs de M. Chereau. V. l’art. Nomenclature.

Pour bien se rendre compte de l’action que le vin peut avoir sur les substances avec lesquelles on le met en contact, il faut se rappeler la composition de ce liquide. Tous les vins son,t formés, mais dans des proportions qui varient pour chacun d’eux, de matières colorantes, de mucilage, de tannin, d’eau, d’alcool , de tartre et d’un peu d’acide acétique , et de quelques autres sels de potasse ou de chaux, dont les quantités dépendent du sol qui a fourni les raisins. De tous ces corps , l’eau et l’alcool agissent principalement comme dissolvans ; le premier pour l’extractif et les sels, le second pour les résines et l’arome. Les vins médicinaux ne peuvent contenir que des matières solubles dans l’eau et dans l’alcool. Lors de la préparation des vins médicinaux , leur matière colorante est exposée à de nombreuses altérations. Cette matière est précipitée par toutes les substances qui, comme le kina, l’écorce de chêne, de bouleau, etc., contiennent du tannin. Les vins médicinaux sont simples et composés. Les vins simples sont ceux préparés avec le vin et une seule substance ; les vins Composés sont ceux qui sont préparés . avec plusieurs substances. La préparation des vins médicinaux peut se faire de plusieurs manières : i°. en introduisant dans le moût nue certaine quantité de plantes médicinales; cette méthode, qui a été suivie par Baudevon, n’est pas employée, par la raison que les vins ainsi préparés ne jouissent pas de toutes les propriétés médicamenteuses désirables, ce qui s’explique par l’altération partielle qu’éprouvent les médicaments pendant la fermentation de la liqueur sucrée ;'a°, éri faisant infuser ou macérer les substances médicamenteuses dans des vins d’une qualité convenable; cette méthbfle est encore celle suivie de nos jours; 3°. en ajoutant au vin, au moment où on devrait l’administrer, une quantité convehabled’une teinture préparée d’avance ; cette méthode, qui a été recommandée par Parmentier, est i selon ce savant, la meilleure , et le conseil de santé des armées s’occupa, en 1799, de -son examen en ordonnant au chef delà Pltarmacie centrale des hôpitaux militaires du Royaume de préparer autant de teintures qu’il y a de vins médicinaux

dans le Formulaire des médicamens employés dans les hôpitaux militaires, afin de préparer des vins médicinaux, faire les essais convenables, et juger de l’efiét de ces préparations sur les organes et sur l’économie animale. Il paraît que ces essais ont été justifiés par des succès ; car les formules pour la préparation des vins avec la teinture ont été publiées dans le Code pharmaceutique à l’usage des hospices civils , publié par ordre de S. Exc. le ministre de l’intérieur.

Malgré l’opinion émise par Parmentier sur la préparation des vins par macération, cette méthode est suivie; et l’on a soin, lorsqu’on la met en usage, d’observer les règles suivantes : i°. on doit , lorsque l’on prépare les vins, employer des plantes ou des produits secs , les substances humides ajoutant de l’eau au vin et le rendant susceptible de s’altérer plus promptement. On fait cependant une exception pour les plantes anti-scorbutiques , qui perdraient de leurs propriétés par la dessication.

2°. Lorsque l’on emploie des plantes ou des substances humides ou fraîches, on compense par une addition d’alcool l’humidité qu’elles ont fournie.

3°. On agit par macération seulement.

4°. On doit opérer en vaisseaux clos, pour conserver l’arome des substances ( le bouquet ) et le principe spiritueux du vin.

5° . Lorsque la macération est terminée , on ne doit pas employer une trop forte expression, qui fournirait un vin chargé de matières mucilagineuses.

6°. On doit , autant que possible , filtrer les vins dans des entonnoirs fermés, et les conserver, lorsqu’ils sont filtrés, dans des flacons bien bouchés et toujours pleins : le vintconte'nu dans des bouteilles qui sont en vidange se trouble promptement et s’aigrit. Nous donnerons ici les principales formules pour la. préparation des vins médicinaux , indiquant les procédés du Codex et quelques-uns de ceux qui sont dus à de nos collègues. Nous ne publierons pas toutes les formules indiquées dans les Pharmacopées diverses , mais celles des préparations les plus usitées.

VINS MÉDICINAUX. 3ai

Vin d’absinthe. (Codix.) Feuilles sèches de grande et de petite absinthe, de chaque, 2j grammes (6 gros); vin blanc généreux, 2 kilogrammes ( 4 livres). Faites macérer pendant 24 heures; passez et filtrez.

Vik d’absinthe, Vin anlhelmintique. (Parmentier.) Vin rouge ou blanc, 1 kilogramme (2 livres); teinture d’absinthe, de 8 h 48 grammes (de 2 gros h 1 once et demie).

Vik d’absinthe. ( Formule de M. Boudet.) Sommités sèches d’absinthe, 32 grammes (1 once); vin do Chablis, 5oo grammes (1 livre). Ou triture les sommités sèches d’absinthe avec le vin blanc dans un mortier de marbre; on exprime et I on filtre. Ce vin , comme le précédent, se prend h la dose de 16 à 48 grammes (de demionce h 2 onces).

Vik Amer, Vin stomachique.

(Parmentier.) Teinture de gentiane.

^4 grammes (6 gros); vin rouge, 1 kilogramme (2 livres;. Mêlez. Ce vin sc prend h la dose de 32 gram. (i once).

Vik amer scillitique, Vin diurétique amer delà Charité. Ecorces de quinquina, de W inter, de citron, de chaque, 64 grammes (2 onces); racine de dompte-venin, squames de scille, tiges d’angélique, de chaque, 16 grammes (4 gros); feuilles d’absinthe, feuilles de mélisse, de chaque, 3a grammes (1 once); baies de genièvre, macis, de chaque, 16 grammes (4 gros); vin blanc de bonne qualité, 4 kilogrammes (8 livres). On pile les écorces, les racines, les fenilies, les tiges, le macis; on passe la poudre à travers un tamis de crin peu serré; on pile de nouveau le résidu de manière à ce que tout le produit soit réduit en

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