‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 92 sur 107 · ZOOPHYTES · texte numérisé non relu

ZOOPHYTES

thérapeutistes , a fait justice de ces drogues dégoûtantes , tandis que les animaux et les produits vraiment utiles ont été scrupuleusement étudiés avec toute l’étendue possible. Ainsi nous avons consacré de longs articles aux abeilles, aux cantharides, aux cochenilles, aux sangsues, aux éponges, à l’ichtyocolle , au musc , au castoréum , :au sang , au lait , à la bile , à la cire , aux calculs vésicaux et biliaires , etc. ,

Les animaux ont été partagés en deux grands .embranchemens, caractérisés par la présence ou l’absence de la colonne épinière, c’est-à-dire d’un corps osseux central composé de vertèbres jointes les unes à la suite des autres. On les a nommés, à cause de cette structure , animaux vertébrés et animaux invertébrés ; mais parmi ces derniers on a observé des différences assez notables pour établir encore plusieurs embranchemens ou grandes divisions, auxquelles M. Cuvier, dont nous avons suivi la méthode dans ce Dictionnaire , a donné les noms d 'animaux mollusques , animaux articulés et animaux rayonnés ou zooplyles. , ;

Les VERTÉBRÉS forment quatre classes , savoir : 19. Mammifères, 2°. Oiseaux, 3°. Reptiles, 4°« Poissons.

Les MOLLUSQUES se subdivisent en six classes nommées Céphalopodes, Ptéropodes, Gastéropodes, Acéphales, Brachio-

PODES et ClRRHOPODES. ' ,

Les ARTICULÉS se composent dés quatre classes suivantes : Aejnélides, Crustacés, Arachnides et Insectes.

Enfin les RAYONNÉS ou ZOOPHYTES comprennent les

ÉCHINODERMES, INTESTINAUX, AcALÈPHES , PoLVPES et IiVFUSOIRES.

La plupart de ces classes ont fai t le sujet d’articles spéciaux auxquels nous renvoyons le. lecteur. (G. ..N.)

ZOONIQUE. V. Acide zoonique, t. 1er, page ig8.

ZOOPHYTES ou ANIMAUX RAYONNÉS. On nommé ainsi Les êtres organisés qui forment lé quatrième embranchement du règne animal. Le mot de Zoophyles, qui signifie animaux plaqtes , indique parfaitement la nature mixte de çes êtres ; leurs organes sont presque aussi simples que dans les plantes, et l’on peut diviser et multiplier ces animaux comme par bon-

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tures ; ils n’ont point de système nerveux bien distinct , ni organes de sens particuliers; la circulation est à peine visible dans quelques-uns ; leur respiration s’opère sur toute leur surface ; enfin , le plus grand nombre n’a pour tout intestin qu’un sac sans issue , et quelques-uns ne pre'sentent qu’une sorte de pulpe homogène mobile et sensible.

Les Zoophytes ont été' partagés en cinq classes, savoir : i°. Les Echinodermes , parmi lesquels figurent les oursins et les astéries , qui ont la peau couverte de pointes épineuses. 2°. Les Intestinaux , dont le corps est, en général, allongé ou déprimé, et dont les organes sont disposées longitudinalement ; ainsi que leur nom l’indique, ils se trouvent dans les cavités intestinales des grands animaux. 3°. Les Acal'ephes , ou orties de mer ; leur forme est circulaire et rayonnante , et ils n’ont qu’un seul orifice pour la bouche et l’anus. 4°- Les Polypes , petits animaux gélatineux qui se logent en nombre immense dans des tiges fixes et solides nommées polypiers, et que l’on a long-temps regardés comme des plantes marines; le corail , la coralline et les éponges appartiennent à cette classe. 5°. Les Jnjusoires, animaux les plus simples de tous, se développant dans les eaux où l’on a laissé séjourner des substances organiques et pour la plupart seulement visibles au microscope. C’est à cause de cette dernière circonstance qu’on leur a récemment conféré le nom de microscopiques. (G... N.)

ZUMIQUE. A. Acide zumique, t. Ier, pages ig8et i36.

ZYMOLOGIE. On a donné ce nom à la partie de la Chimie qui traite de la fermentation.

ZYMOTECHNIE. Synonyme de Zymologie.

ZYTHOGALA, Pesset. On a donné ces noms à du lait bouilli, auquel on ajoute de la bière, pour en faire une boisson rafraîchissante, que les médecins anglais prescrivent à leurs malades. (A. C.)

Sans prétendre donner une perfection absolue à un ouvrage dont le sujet est aussi vaste que celui qui embrasse toutes les commis sauces acquises sur les substances usitées dans la Pharmacie et dans les Arts , sur la Chimie , V Histoire naturelle médicale et la Pharmacie } nous avons à cœur néanmoins quil paraisse cligne de l’époque où il a été mis au jour. Mais , comme la publication des cinq volumes qui le composent a dû nécessairement s’opérer avec lenteur , nous avons recueilli, dans l'intervalle y une joule de renseignemcns nouveaux qu’il n’était plus en notre pouvoir d’insérer cl leur ordre alphabétique. C’est pour i épurer j en quelque sorte } ces omissions que 7ious ajoutons ce court supplément.

ABIES. V. Sapin.

ABUTA RUFESCENS. V. Paueira brava.

ACETOSA et ACETOSELLA. V. Oseille.

ACBILLÆA AGERATUM. V. Eupatoire de mésué.

ACHILLÆA MILLEFOLIIJM. V. Millefeuille.

ACHILLÆA PTARMICA. V. Ptarmique.

ACIDE CÉTIQUE. M. Chevreul avait donné ce nom à un acide qu’il avait obtenu en traitant la cétine par les alcalis, et qu’il croyait de nature particulière ; de nouveaux travaux faits par ce savant chimiste lui ont démontré que l’action de

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la potassç sur ce corps gras le convertissait en éthal et en acides margarique et oléique. ( Rech . ch. sur les Corps gras, p. 17t.)

ACIDE CYANIQUE. Le nom cl’acide cyanique a d’abord été donné par MM. Gay-Lussac et Liebig, à un acide qu’ils désignent. maintenant sous le nom d'acide fulminique. Depuis (le 1" septembre 1828 ), M. Sérullas nous a fait connaître l’acide cyanique, qu’il obtient de la manière suivante :

On fait dissoudre du per -chlorure de cyanogène dans l’eau distillée; on fait ensuite chauffer la dissolution jusqu’à volatilisation entière de l’acide hydro-chlorique. Dans cette réaction, le per-chlprure de cyanogène décompose suffisante quantité d’eau pour que l’hydrogène qui provient, en se portant sur le chlore, puisse se convertir en acide hydro-chlorique, tandis que le cyanogène en s’unissant à l’oxigène, passe à l’état d’acide cyanique.

L’acide cyanique, découvert par M. Sérullas, est solide, très blanc, insipide, cristallisable; il rougit les couleurs bleues végétales, est peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool. Nous renverrons pour les autres propriétés de cet acide au mémoire de M. Sérullas, imprimé dans les Annales de Chimie , pour 1828. (A. C.)

ACIDE PHOSPHOREUX. V. Acide iivpo-phosphorique.

ACIDE PBOCÉNIQUE. Acide résultant de l'action des alcalis sur la phocénine. O11 le prépare de la manière suivante : on saponifie par la potasse , l’huile .de marsouin ou de dauphin; on délaie la masse saponifiée dans une grande quantité d’eau. Ou obtient un sur-margarate qui se dépose avec un peu de suroléate; del’oléate , duphocénate et de la glycérine restent en dissolution avec uu peu de margarate et de l’alcali en excès. On laisse déposer , on décante le liquide clair , on l’additionne «l une petite quantité d’acide tartrique qui sépare les acides oléique et margarique, et inet à nu l’acide pbocénique. Ce dernier reste en dissolution; on décante la liqueur, on filtre et l’on soumet le liquide filtré à la distillation. Tout l’acide pbocénique passe à la distilla lion, et l’on obtient cet acide mêlé

35a ADDITIONS.

à une certaine quantité' d’eau qui s’est volatilisée en même temps que l’acide; on sature le produit par l’hydrate de baryte, et Ton obtient un pliocénate de baryte qu’on amène à siccité par l’évaporation. Le pliocénate obtenu, on en prend ioo parties, on le traite dans un tube fermé par 33,4 paT6es-' d’acide sulfurique à 66° étendu de 33,4 Pai't- d’eau ; ou agite le mélange etl’on obtient, i°. du sulfate de baryte insoluble; 2°. un liquide aqueux qui est de l’eau saturée d’acide phocénique.; 3°. un produit qui se rassemble à la surface de l’eau, et qui est de l’acide phocénique hydraté. En décantant l’acide avec une pipette et ajoutant 33,4 parties d’eau , on obtient une nouvelle quantité d’acicle hydraté qu’on décante comme le premier. 11 est impossible en ajoutant une nouvelle quantité d’eau d’obtenir de nouveau de l’acide, le pliocénate étant épuisé. L’acide phocénique a été trouvé dans les baies de la viorne ( Vibuvnum opulus).

L’acide phocénique est un liquide incolore, d’une odeur forte ; il ne bout qu’au-clessus de i oo° ; il reste liquide à g0 ; il se volatilise avec l’eau sans éprouver de décomposition ; sans ce liquide, il se décompose. Il y a des points d’analogie entre l’acide phocénique et les huiles essentielles. Comme ces huiles, il s’enflamme par l’approche d’un corps en combustion, se dissout en petite quantité clans l’eau, en toutes proportions dans l’alcool. Cet acide est formé de 9,89 d’eau pour 100 d’acide sec; en retranchant ce liquide, cet acide est formé

de 66,3go de carbone, de a6,o3o d’oxigène, de 7,580 d’hydrogène.

Cet acide s’obtient en très petite quantité ; il n’est pas employé. (A. C.)

ACIDE PURPURIQUE. La découverte de cet acide est due à Brugnatelli, qui, le 11 mars 1818, communiquaà l’Institut de Milan la connaissance d’un acide qu’il avait obtenu en traitant l’acide urique par i’acide nitrique ; il exposa alors les caractères qu’il avait reconnus à ce nouveau produit. Un travail sur

le même sujet lut présente à la Société Royale de Londres le 1 1 juin 1818, et la lecture de ce mémoire fit voir que l’acide annoncé par Brugnatelli n’était pas à l’état de pureté. Le docteur Prout lui donna le nom d 'acide purpurique, à cause de la propriété qu’il a de former avec les substances alcalines des composés d’une belle couleur pourpre. Depuis, divers chimistes se sont occupés de cet acide ; de ce nombre sont MM. Wollaston, Yauquelin, Lassaigne etQuenesville fils. M. Vauquelin, en examinant le travail des deux chimistes étrangers, reconnut que tous deux avaient e'té induits en erreur, et que l’acide pur était incolore et donnait, par sa combinaison avec les bases, des sels incolores. Cet acide, composé de 3^,34 de charbon; de 29,34 d’oxigène; de 1 7,22 d’hydrogène , et de 16,04 d’azote, est soluble dans l’eau et dans, l’alcool, cristallisant difficilement. Soumis à l’action d’une douce chaleur, il se fond, devient luisant comme de la gomme. Il n’est pas usité. (A. C.)

ACOUCHI (RÉSINE). Pour Alouclii. F. Résine ALOUCHI, t. IY, p. 4o3.

ADRAGANTINE. Substance immédiate particulière qui se trouve dans la gomme adraganthe. V. ce mot.

AGÉDOITE. Matière particulière trouvée par M. Robiquet dans la racine de réglisse. V. ce mot. Selon M. Plisson ( Annales de Physique et de Chimie, janvier 1828) , 'elle est identique avec l’asparagine.

AJAVA. Murray ( Appar . medic. , t. YI, p. 23g) a décrit sous ce nom des graines d’un arbre du Malabar, sur lequel aucun renseignement n’a été fourni postérieurement.

AJUGA REPTANS. V. Bugle.

A LH AGI. Nom d’un arbre d’Orient qui fournit une sorte de manne. V . ce mot.

ALISMA PLANTAGO. V. Flûteau.

ALLANTOIQUE. V. Acide allantoïque.

ALLÉLUIA. Nom vulgaire de VO.valis aceto sella, L. V. Su-

RELLE ACIDE.

ALLIUM CEPA. V. Oignon.

ALL1UM SATTYTJM. V. Ail.

** Tome V.

ALOEXYLUM AGALLOCHUM. V. Bois' d’ai.oès.

ALOUCHI. V. Résine alodchi.

ALTHÉINE. Substance particulière annonce'e clans la racine de guimauve, mais que l’on a reconnue commeayant beaucoup cTanalogie avec l’asparagine. V . Guimauve.

ALUfNE. Un des noms vulgaires de l’absintbe. V. ce mot.

AMÀNITA et AMANITINE. V. Champignons, t. II, p. 23.

AMBRÉATES et AMBRÉIQUE. V. Acide AMBRÉ1QUE.

AMNIOTATES et AMNIOTIQUE. V. Acide amniotique.

AMYGDALUS COMMUNIS. V. Amandier.

AMYGDALUS PERSICÀ. V. Pêcher.

AMYLUM. V. Amidon.

AMYRIS OPOBALSAMUM. V, Térébenthine de la Mecque.

AMYRIS ELEMIFERA. V. Résine élémi.

ANCIIUSA OFFICINALIS et ITALICA. V Buglosse.

ANDROPOGON NARDUS. V. Nard indien.

ANDROPOGON SCIIOENANTIIUS. V. SCHOENANTHE et YETTIYER.

ANGELINA (RACINE D’). Murray a décrit sous ce nom une substance que l’on croit être l’e'corce de 1 ' Andira racemosa, plante exotique de la famille des Légumineuses. Elle passait pour vermifuge et anti-dyssente'rique.

ANTHEMIS ARVENSIS. V. Camomille des champs.

ANTHEMIS COTULA. V. Camomille puante.

ANTHEMIS NOBILIS. V. Camomille romaine.

ANTHEMIS TINCTORIA. V. Camomille des teinturiers.

APTS MELLIFTCA. V. Abeille.

ÀPIUM GRAYEOLENS. V. Ache des marais.

APIUM PETROSELINUM. V. Persil.

AQUILARIA AGALLOCHA. V. Bois d’aigle.

ARAGOUCHINI. V. Résine alouctii.

ARCTIUM LAPPA. V. Bardane.

ARGILE. On a donné ce nom à un mélange d’oxides. Ce mélange est quelquefois blanc, quelquefois il est coloré en rouge ou en vert.

L’argile est principalement composée d’eau , d’alumine , de

silice, «le carbonate de chaux et d’oxide de fer. On l’appelle ordinairement terre glaise. Les terres argileuses e'taient autrefois très employe'es comme me'dicament ; mais leur usage est restreint. (A. C.)

ARILLE. Arillus. On nomme ainsi une expansion du cordon ombilical qui recouvre en totalité' ou en partie certaines graines. Cet organe est très remarquable dans la noix muscade , où il forme ce qu’on nomme Macis. V . ce mot.

ARMADILLE. Z7". Cloportes.

ARTEMISIA ABROTANUM. V. Aurone.

ARTEMISIA ABSINTHIUM. V. Absinthe.

ARTEMISIA CAMPESTRIS. V. Armoise.

ARTEMISIA CONTRA. V. Semen contra.

ARTEMISIA DRACUNCULUS. V. Estragon.

ASARINE. Antirrhinum Asarina , L. Plante de la famille des Scrophularinées , dont les feuilles ont quelques ressemblances avec celles de Y Asarum , et dont les racines ont e'te' substitue'es à celles de cette dei'nière plante Elles en sont pourtant très distinctes, et elles pourraient être plutôt confondues avec les racines de grande valériane ; mais on les distingue facilement à leur odeur tout-à-fait différente. L’asariue est une plante qui croît en certaines localités de l’Europe méridionale. . (G... N.)

ASPLENIUM TRICHOMANES et RUTA MUR ARIA. V. Do-

RADILLE.

ASPIDIUM FILIX FEMINA. V. Fougère femelle.

BIXA ORELLANA. V. Rocou.

BLEU DE MONTAGNE. On donne vulgairement ce nom au cuivre carbonate' bleu, lorsqu’il sje présente en concrétions ayant une apparence terreuse et mélangées de matières qui pâlissent leur coulepr.

BOIS D’ASPALATH. Aspalathi lignum. Leméry , Geoffroy et Linné, dans leurs Matières médicales, ont donné ce nom à un bois que la plupart des auteurs modernes regardent comme identique avec le bois d’aloès. Néanmoins M. Fée , dans son

Cours d’Histoire naturelle pharmaceutique, t. II , p. 96, pense qu’on peut l’en distinguer par quelques caractères particuliers. Mais comme ce bois est très rare , ou , pour mieux dire, qu’il ne se rencontre plus dans le commerce de la droguerie, nous nous bornerons à cette simple mention. V. Bois d’aloès. On a également donné le nom de bois d’aspalath au bois de Rhodes. V. ce mot.

L’aspalath ( Aspalathus ) est un genre de plantes de la famille des Légumineuses du cap de Bonne-Espérance , qui n’a aucuns rapports avec les bois que nous venons de citer.

BOLÉTATES. V. Acide BOLÉTIQUE.

BOMBYX MORI. Nom de l’insecte dont la chrysalide fournit la soie. V. ce mot.

BOSSYELLIA SERRATA. Nom d’un arbre do l’Inde qui produit une sorte d’encens. V . ce mot.

BRASSICA ERUCA. V. Roquette.

BRASSICA NAPUS. V. Navette.

BRASSICA OLERACEA. V. Chou.

BRASSICA RAPA. V. Rave.

BUBON GALBANUM. Plante de la famille des Ombellifères , d’où découle le galbanum. V. ce mot.

BUCCO et BUCHU. Noms vulgaires d’une espèce de Diosma usitée en Médecine. V. Diosma.

BUTUA. Racine analogue à celle du Pareira brava, et souvent mélangée avec elle. Elle est fournie par Y Abuta rufescens , V. Pareira brava.

BUTYRATES et BUTYRIQUE. V . Acide butyrique.

BUXUS SEMPERVIRENS. V. Buis.

CAINCA. Nom vulgaire de la racine de Chiococca racemosa , V. ce mot.

CALCAIRE. On a donné le nom de calcaire aux substances qui contiennent de la chaux. On appelle carbonate calcaire , terre calcaire, pierre calcaire, le sous-carbonate de' chaux. On appelle aussi sels calcaires , les sels à base de chaux. En Géo-

logie, calcaire se prend substantivement, et l’on en distingue de trois sortes: i°. le calcaire primitif qui est le marbre d’un grain égal, ne portant aucune empreinte de corps organisés, et dont les couches sont inclinées et très irrégulières; a0. le calcaire ancien ou de transition , le carbonate de chaux , d’un tissu compacte, disposé par couches horizontales, épaisses, régulières , ne contenant que très peu de corps marins; 3°. le calcaire coquillier, qui est ainsi nommé parce qu’il contient beaucoup de coquilles; ses couches sont beaucoup plus minces que celles des précédais. (A. C.)

CALCITRAPA. V. Chaussetrape.

CARET. Nom d’une espèce de tortue qui fournit la substance connue sous le nom à? écaille. F. Tortue.

CARAPA. F. Huile de carapa, t. III, p. iog.

CARDASSE. Un des noms vulgaires du Cactus Opuntia, L. F- Figuier d’Inde et Raquette.

CARYOPIIYLLINE. Substance cristalline trouvée par M. Bouastre dans, les clous de girofles. F. Giroflier.

CEBADILLIUM. M. Meissner donne ce nom à la vératrine. F. ce mot.

CÉVADATES et CÉVADIQUE. F. Acide cévadique.

CHAMOMILLA. V. Camomille.

CHENETTE. Un des noms vulgaires de la germandj^e ou petit chêne. V. ce mot.

CHENOPODIUM AMBROSIOIDES. V. Ambroisine.

CHENOPODIÜM BONUS HENRICUS. V. Bon-Henri.

CHENOPODIUM BOTRYS. V. Botris.

CHENOPODIUM YULVARIA. V. Ansérine puante.

CHIRONIA CENTAURIUM. Nom donné par Linné à la petite centaurée , maintenant désignée sous celui d’ Erjlhrœa centaui'ium.

CHLORURE DE PHOSPHORE ( PROTO- ) , Acide chlorophosphoreux. Ce composé a été découvert en 1808, par MM. Gay-Lussac et Thénard. Il est liquide, incolore , transparent, un peu plus pesant que l’eau , très fumant et très caustique; il rougit fortement la teinture du tournesol, mais il

ne rougit pas le papier bien sec ; son degré d’ébullition est très peu élevé. Mis en contact avec l’air, il y répand des vapeurs très piquantes : l’eau le transforme à l’instant en acide hydrochlorique et en acide phosphoreux. L’alcali volatil en précipite, tout-à-la-fois, du phosphore et du deuto- chlorure de phosphore ammoniacal; il se comporte d’ailleurs avec l’oxigène, l’air et les métaux, à peu près comme le deuto-clilorure.

Il peut dissoudre une certaine quantité de phosphore ; il acquiert i°. la propriété de mettre le feu au papier joseph qui en aurait été imbibé; 2°. celle d’être troublé par l’eau: sans doute que, dans ces deux cas, ces phénomènes doivent être attribués à du phosphoi’e en excès, qui se dépose.

On obtient ce produit en faisant arriver du chlore sec dans une petite cornue contenaht du phosphore sec ; on cesse de faire passer du gaz dans la cornue, lorsqu’on s’aperçoit que la liqueur qui se produit commence à se troubler, trouble qui provient de ce qu’une partie de deuto-clilorure formé se dépose. On sépare le proto-chlorure du deuto , eu faisant chauffer : le proto-chlorure se volatilise et va se condenser dans un récipient qu’on a adapté à la cornue. On peut aussi obtenir le proto-chlorure en combinant du phosphore à du deutoclilorure. Davy prenait 1 partie de phosphore sur 7 parties de deuto-chlorure. M. Dulonga indiqué la composition de ce produit comme étant le résultat de l’union de 100 de phosphore et de 327,6 de chlore. * (A. G.)

CHLORURE DE PHOSPHORE (DEUTO- ) , Acide chlorophosphorique . La découverte du deuto-clilorure de phosphore estdueàH. Davy; elledate de 1810. Ce chlorure, considéré par quelques chimistes comme un acide, est solide, blanc comme la • ( neige , très volatil, rougissant le papier de tournesol sec, mais moins que le proto-clilorure ; il cristallise en prismes transparens. Il est décomposé par l’hydrogène, par l’oxigène et par lés métaux. Traité par l’eau, il y a décomposition et formation d’acides phosphorique et hydro-chlorique. On peut le préparer de la même manière que le proto-chlorure ; mais . il faut faire arriver dans la cornue du chlore sec, jusqu’à ce J

ADDITIONS. 35g

que tout le phosphore soit converti en une matière blanche pulvérulente.

Ce chlorure se combine avec l’ammoniaque ; il en résulte un composé triple, blanc, insipide, fixe, insoluble dans l’-eau et indécomposable par les alcalis.

Ces produits ne sont pas employés en Pharmacie ; mais comme nous avions au mot Acide indiqué ces produits, nous avons dû les traiter. (A. C.)

CHLORURE DE SOUFRE , Acide chloro - sulfurique. Le chlorure de soufre a été découvert par M. Thomson ; il est liquide, brun-rougeâtre, très volatil à la température ordinaire , d’une odeur piquante désagréable , rougissant fortement la teinture de tournesol. En contact avec l’air, il répand des vapeurs épaisses ; mêlé avec l’eau distillée, il y a ébullition et dégagement de chaleur ; une petite quantité de soufre se précipite, et la dissolution contient des acides sulfureux, sulfurique et hydro-chlorique. Mêlé avec l’éther et l’alcool, il se comporte de la même manière. Versé sur le mercure , il ternit la surface de ce métal, et il y a formation de chlorure et de sulfure de mercure. On obtient ce produit en faisant passer, à l’aide d’un tube, du chlore sec sur de la fleur de soufre placée au fond d’une éprouvette. On continue l’opération jusqu’à ce que tout le soufre ait disparu. (A. C.)

CHRISTOPIIORIANE. Nom vulgaire de Y Aclæa spicata, plante annuelle de la famille des Renonculacées , ayant la tige rameuse , garnie de feuilles deux ou trois fois ailées , grandes, vertes et luisantes; les fleurs blanches disposées en épi court ; les baies noirâtres ; les racines fusiformes , fibreuses , noires extérieurement, et jaunes à l’intérieur. Cette plante est un poison tellement âcre , qu’on peut l’employer comme exutoire. Ses baies sont mortelles pour les animaux; elles donnent une belle couleur que l’on fixe par l’alun. Les racines ont été substituées quelquefois à celles de l’ellébore noir.

C1CLTIN ou CICUTINE. Principe actif découvert par Brande dans la ciguë maculée. V. ce mot.

36o ADDITIONS.

CLAY ALIER DES ANTILLES.. V. Zanthoxyle.

COLLE DE PEAU D’ANE. V . Hippocolla.

CONÉINE. La cicutine, principe actif de la ciguë , a aussi reçu ce nom. V. Ciguë maculée.

CORDIA SEBESTENA. F. Sérestes.

CRAMBE MARITIMA. Plante de la famille des Crucifères et de la Te'tradynamie siliculeuse , L. , originaire des contrées littorales de l’Océan et de la Méditerranée. On la cultive dans les jardins, surtout en Angleterre où l’on mange ses turions ou tiges étiolées. Celles-ci sont blanches, tendres, et ont la saveur des choux-fleurs ; ce qui a valu à la plante le nom de chou marin.

CYANURE ROUGE DE POTASSIUM. V. Prussiate rouge, tome IV.

CYNIPSj Nom de l’insecte qui, par sa piqûre sur les feuilles de chêne, fait naître la noix de galle. V . ce mot.

CYNODINE. Nom donné par le docteur Semmola ( Esculapis napolit. , t. I, f. i, p. 4^3 7) à un principe particulier qu’il a découvert dans le chiendent ( Cjnodon dcictjlori).

ÉCAILLES. Squamce. On désigne sous ce nom en Bota-nique les enveloppes scarieuses de divers organes des plantes. Ainsi l’on dit les écailles de l’involucre des Synanthérées , les écailles ou glumes des Graminées, etc. Le nom d’e'cailles a été encore appliqué aux coquilles calcaires des huîtres et aux carapaces des tortues.

ÉMULSIONS. A l’article Émulsion , t. II , p. 4 1 5 , nous avons donné la formule d’une émulsion avec les ricins, que nous avons souvent préparée et qui se prépare encore dans une des meilleures officines de Paris, sans qu’on fasse de reproches du médicament qui en résulte. Cependant l’un de nos confrères, depuis la publication de notre ouvrage, nous a transmis l’observation suivante sur cette préparation. Cette observation est due à notre savant collègue M. Calloud , pharmacien à Annecy.

« En 1 8 1 4 > à la suite d’une couche, le médecin ordonna i\

ADDITIONS. 3 Gt

mon épouse de l’huile de ricin en émulsion. Croyant faire mieux , j’eus la même idée que celle émise dans le IIe vol. du Dict. des Drogues. 2 onces et demie de semeuces récentes furent émulsionnées; je lui fis prendre le tiers de cette émulsion. Une heure après des envies de vomir furent si fortes et si longues, que j’en eus de l’ennui. Je tentai le même moyen sur un jeunè homme ; même désagrément. Je fis de l’huile, je donnai du gâteau , 1 quart d’once , à mon pileur ; même résultat. N’ayant rien à faire cette année , j’ai traité du pain de ricin choisi, venant de la Provence , épuisé par l’alcool froid de son huile, ensuite par l’éther, par l’eau froide distillée , l’eau bouillante ; chaque produit a été séparé. Nous en avons pris à jeun, mon jeune homme et moi ; vomissement. J’en ai pris un gros broyé avec du sucre, donné à un paysan, en trois doses à demi-heure de distance ; il vomit cinq fois et alla sept fois à la selle. Ayant quelques plantes de ricin qui mûrissent bien ici , je compte en faire une analyse exacte. » (Calloud.)

M. Calloud devant s’occuper de nouvelles expériences sur le même sujet, et il est à désirer qu’il le fasse promptement, nous attendrons ses observations , qui intéresseront vivement tous ceux qui s’occupent de Thérapeutique. (A. C.)

ENCRE DE LA CHINE. Substance noire qui nous est apportée de Chine sous forme de petits carrés longs, et que l’on délaie dans l’eau pour dessiner au lavis. On a cru qu’elle était produite par une espèce de sèche ( V . ce mot), mais on sait aujourd’hui que c’est un produit artificiel. Plusieurs recettes ont été publiées pour fabriquer de l’encre de Chine ; voici celle qui paraît la meilleure : borax , 1 ,3 ; résine laque, 6,5 ; eau, 1,24. Au moyen du borax, la laque se dissout dans 1 eau ; on ajoute ensuite du noir de fumée pour former une pâte que l on façonne à la manière de l’encre de la Chine.

ERGOT DU SEIGLE. V. Seigle ekgoté.

ÉTIÏAL. Substance grasse particulière , obtenue par M. Chcvreul , en traitant la cctine par la potasse. Le nom d 'éditai.

36a ADDITIONS.

donné à co produit par l’auteur delà découverte, est formé des deux premières syllabes éth étal, de l’éther et de l’alcool , par la raison que sa composition est analogue à celle de ces deux substances. Léthal est solide, incolore, inodore, insipide, semi- transparent, fusible à + 5o°, volatil à une température un peu plus élevée.

Ce produit se rapproche de la cholestérine: comme eux, elle n est pas attaquée par les alcalis ; elle diffère de cette subs— par sa composition et parce qu’elle ne fournit pas d’acide cholestérique lorsqu’on la soumet à l’action de l’acide nitrique. L’éthal n’étant pas employé dans la Thérapeutique , nous renverrons pour les autres renseignemens à l’ouvrage sur les corps gras , publié par M. Chevreul. (A. C. )

FILIX MAS. V. Fougère male.

GEUM URBANUM. V. Benoîte.

GOSSYPINE. Quelques chimistes considèrent le coton comme un principe immédiat particulier, auquel ils donnent le nom de Gossjpine.

GOUDRON. A l’article Goudron, nous avons oublié de mentionner les succès obtenus par deux de nos confrères; il est de notre devoir de citer M. Dupray, pharmacien honoraire de la marine, au port du Havre, et M. Dupray, son frère , pharmacien , qui ont découvert en r 8 1 1 , divers procédés d’épuration des goudrons destinés aux cordages. Le rapport contenant l’ensemble de leurs intéressantes opérations fut adressé dans le temps au département de la marine et des colonies ; le ministre témoigna à ces pharmaciens toute sa satisfaction sur leur désintéressement et sur la haute importance de leurs travaux pour la marine française. (A. C.)

GROSSULINE, M. Guibourt (. Journal cle Chimie médicale , t. I, p. 3i) a proposé de nommer ainsi la matière gélatiniforme improprement nommée gelée de groseilles. Cette matière jouit de propriétés particulières qui ne permettent pas de la confondre avec d’autres produits analogues des vé gétaux.

HÉDÉRINE ou HÉDÉRÉE. M. Fée (Cours d' Histoire naturellepharmaceutique , t. Il, p. 2*4) s’est servi de ces mots pour désigner la substance improprement nommée gomme de lierre. V. Lierre.

LIOCKIAK. V. Hippocolla.

IONIDIUM. Genre de plantes brésiliennes dont les racines sont vomitives et connues sous le nom d ipecacuctnha ( faux) du Brésil. H. ce mot.

LOMBRIC. V. Ver de terre.

MELON D’EAU. V. Pastèque.

MYRTILLE. V. Airelle.

NOIX D’ACAJOU. V. Acajou (noix d’).

OLAMPI. V . Résine ou Gomme olampi, t. IV, p. 4 1 1 -

PAMPELMOUSSE. Nom d’une espèce d’oranger épineux ( Citrus decumana , L.) dont les fruits sont de la grosseur de la tète d’un enfant, mais dont la pulpe est inférieure en qualité à celle de notre orange.

PANDANUS UTILIS. Vulgairement nommé vaquois. Plante monocotylédone qui croît aux îles de France et de Boui'bon , où les feuilles servent à fabriquer les nattes avec lesquelles on emballe le sucre de ces colonies.

PAPvMENTIÈRE. Synonyme de pomme de terre.

PETUNZÉ. L es Chinois ont donné ce nom à une roche de feldspath , au milieu de laquelle on trouve le kaolin en couches et en filons. (À. C.)

PLANTAIN AQUATIQUE. V. Fluteau.

PYRUS COMMUNIS. V. Poirier.

PYRUS MALUS. V. Pommier.

RHABARBARINE. Par une lettre de Milan, du 28 avril

1829, M. Nani de cette ville nous prie de faire entrer dans notre Dictionnaire son procédé pour l’extraction de la rhabarbarine, qu’il dit avoir signalée le premier. Nous avons cru devoir obtempérer à la demande de ce savant, qui, dans la même lettre , annonce que , le premier , il a obtenu du bleu de Prusse en fabricant le ferro-cyanure rouge de potassium.

Procédé pour obtenir le sulfate de rhabarbarine , par Antoine Nani, de Milan.

« Après avoir examiné plusieurs procédés pour obtenir les » nouveaux médicamens que l’on a fait connaître, je me suis » occupé , dans un moment de loisir , à rechercher si les vé- » gétaux qui jusqu’alors n’avaient point été examinés^ » donneraient les mêmes résultats que ceux qüi avaient été » analysés depuis plusieurs années ; tels sont la jusquiame , » la ciguë , la douce-amère et plusieurs autres desquelles j’a- » vais obtenu le sel en agissant avec la promptitude qu’il faut » apporter à cette opération. En cherchant dans les végétaux » qui n’avaient point été examinés par les chimistes, j’ai vu » que la rhubarbe n’avait point été traitée, et j’ai pensé » qu’elle devait contenir un alcali. J’ai su que plusieurs chi- » mistes s’étaient occupés de cette racine , et que les recher- « elles qu’on y avait faites avaient démontré la prése/ice de » l’oxalate de chaux , du tannin , de l’acide gallique et d’un » principe muqueux , mais jamais d’un alcali végétal. Après n divers essais sur la rhubarbe , je fis connaître le procédé » suivant : j’ai pris 6 onces de la racine de rhubarbe de Chine, » je les fis bouillir pendant 2 heures dans 8 livres d’eau com- » mune acidulée avec 4 gros d’acide sulfurique; j’ai filtré la » décoction et j’ai fait une seconde ébullition avec 5 liv. d’eau » acidulée par 2 gros d’acide sulfurique ; j’ai mis le résidu à la » presse, je l’ai fait sécher ; il 11e me donna en poids que 2 011c. » On voit que dans cette racine , il y a 4 onces de produit so- » lubie dans l’eau acidulée. La décoction étant refroidie , j’ai » projeté à diverses reprises 3 onces de chaux vive concassée

» fine , en agitant continuellement. D’abord , la décoction » avait une belle couleur jaune; par l’addition de la » chaux, elle fut changée en un rouge de sang; j’agitai le » mélange avec une spatule de bois de noyer qui se teignit » en rouge ; il se forma ensuite un précipité ; je laissai en repos » pendant un jour; à l’aide d’un filtre, j’obtins le précipité que » je fis sécher ; il pesait 6 onces. Je le mis dans un alambic avec » 4 livres d’alcool à 36°; je laissai digérer 2 heures à une haute » température ; je renouvelai deux autres fois la digestion avec » 2 livres d’alcool; je mêlai le produit des deux digestions, » je le filtrai à travers du papier, je distillai dans une cornue » en verre : j’obtins 5 livres d’alcool. Je versai le résidu dans » une capsule de porcelaine, et je le fis évaporer jusqu’à sic- » cité: ce résidu pesait 2 gros; sa couleur était d’un rouge « brun avec des parties transparentes , sa saveur était forte et » styptique ; il était soluble dans l’eau ; il avait une odeur » identique à celle de la rhubarbe. Je pris ces 2 gros de rha- » barbarine, je les fis dissoudre dans 3 onces d’alcool à une » douce chaleur; la solution refroidie se présentait sous la forme » d’une gelée. Cette gelée, mise sur un charbon chaud, se li- » quéfiait; ce produit fut ensuite traité par 1 once d’eau aci- )> dulée avec l’acide sulfurique pour la neutraliser. Lors de » cette addition, la couleur rouge vive passa à la couleur » jaune; le mélange fut évaporé jusqu’aux deux tiers, et mis » dans un lieu froid. Après deux jours, je recueillis du sulfate » de rhabarbarine cristallisé en aiguilles; sa couleur est » jaune ; il est soluble dans l’eau , rougit la teinture de » curcuma.

» On peut compter sur la vertu de la rhabarbarine, et l’a— » voir dans toutes les pharmacies, pour l’administrer aux 0 nouveau-nés, afin de les purger du méconium; elle est » d’une grande facilité d’administration; la dose est d’un ou » deux grains. En résumé, la rhubarbe , ainsi préparée, i> offre à la Médecine le grand avantage d’être privée de ses >) parties ligneuse et muqueuse qui , si elles ne sont pas nuisi- 11 hlos au malade, sont au moins inutiles. j>

SUIF. On donne ce nom aux graisses solides de certains animaux , et particulièrement à celles des ruminans. Ces graisses sont ordinairement insipides , presque inodores , blanches, de consistance ferme, insolubles dans l’eau , et presque insolubles dans l’alcool ; mais les suifs présentent entre eux beaucoup de variétés dans leur blancheur, leur consistance et leur combustibilité. La composition de ces corps gras est semblable à celle des autres graisses, c’est-à-dire qu’ils sont formés des memes principes immédiats dont les proportions varient. En général, la stéarine y est dominante sur l’oléine , et leur odeur dépend de la nature des acides volatils qu’ils contiennent et qui les caractérisent. Les suifs dont on fait le plus grand usage dans les arts sont ceux de bœuf, de mouton et de bouc. Dans ces deux derniers animaux , le suif est caractérisé par la présence de l’hircine. V . ce mot. M. Clievreul a x'etiré de cent parties de suif de mouton puri-' fié, "8,og6 de carbonate, g,3o4 d’oxigène, et 11,700 d’hydrogène.

Selon M. Braconnot , 100 parties de suif de mouton très ferme donnent, par la pression, 3o parties d’huile sur 100 de suif; le reste est, selon M. Braconnot, le suif absolu du mouton ; il est plus compacte, plus sec, moins ductile que la cire , il fait entendre sous le doigt le même cri. Il est moins soluble dans l’alcool que ne le sont le blanc de baleine et la cire. ( Journal de Pharmacie , t. I , p. 3g 1. )

La purification du suif s’opère comme celle de l’axonge. Son principal emploi est pour la fabrication des chandelles ; on y mêle de l’alun qui lui donne , dit— on , plus de blancheur et de consistance. On se sert encore du suif pour faire du savon, des préparations onguentaires et emplastiques ; en un mot , on l’emploie à tous les usages ordinaires des graisses. V . ce mot et Axonge. (G...n.)

THPiIDACE ou TRIDACE. Le docteur François a ainsi nommé le suc épaissi de laitue , préparation qui avait été désignée sous le nom dç Lactucarium par Duncan. O11 l’obtient

de la manière suivante. Lorsque la laitue cultivée ( Lactuca sativa, L.) est sur le point de fleurir , on fait avec une lame d’argent des incisions à la tige dépouille'e de ses feuilles. lien découle un suc laiteux qui se concrète très rapidement , brunit, devient dur et cassant, mais attire fortement l’humidité de l’air (i). La laitue doit être cultivée dans un terrain sablonneux et peu fumé. Ce procédé d’extraction est le même que celui qui est employé pour obtenir du bon opium ; mais comme il ne fournit que des quantités minimes de tliridace, on peut obtenir cet extrait en pilant, dans un mortier de marbre , la tige de laitue coupée par tronçons et cueillie après une forte insolation. On fait évaporer le suc jusqu’à consistance d’extrait, dans une étuve au-dessous de 4»°. M. Lalande fils, pharmacien à Falaise, a légèrement modifié le procédé deM. François. Il a observé, avec raison, que le suc de toute la tige de laitue contient une grande quantité de mucilage et d’eau de végétation , fournis par la partie médullaire des tronçons. Eu conséquence , il a recommandé d’enlever avec un couteau d’ivoire l’écorce dans laquelle réside le suc laiteux , et de piler seulement cette portion de la tige. De cette manière, on obtient un produit abondant et toujours identique. (V. Journal de Chimie médicale, t. II, p. 479-) Cet extrait est plus avide d’humidité que le suc obtenu par incision ; il est supérieur en qualité à celui qu’on obtient par décoction ou par expression du suc de la laitue qui a poussé dans les serres. Le premier est infidèle , et le second est presque inerte.

La tliridace est un médicament dont l’action sur l’économie animale paraît être semblable à celle de l’opium pris à petite dose, mais il ne donne pas lieu aux symptômes d’irritation qu’occasione quelquefois l’emploi de cette dernière substance.

M. Caventou, qui a fait sur elle quelques recherches chimiques, n’y a trouvé aucune trace de morphine ni de narco-

(1) Duncan indiquait de traiter par l'alcool le suc- concret de laitue, et de Je réduire par une évaporation lente en consistance d'extrait.

line. Son effet est toujours sédatif; elle provoque le sommeil sans déterminer de narcotisme. M. François l’a administrée avec succès dans les diverses affections du système nerveux. Elle ralentit et régularise les battemens de cœur, et diminue la chaleur animale , phénomène qui a été constaté avec un thermomètre sur plusieurs individus. La dose en est d’un à six grains à la fois. (G... N.)

VAQUOIS. V. Pandanus, aux Additions.,

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