‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 8 sur 130 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

géant dans le liquide; ce tube est destiné à permettre la rentrée de l’air extérieur dans l’appareil, et par conséquent k éviter l’absorption qui pourrait avoir lieu lors du refroidissement du vase 011 se fait la décomposition du sel.

L’appareil étant disposé, on lute toutes les jointures avec un lut fait avec de la colle et de la fariné de lin, ou quelquefois avec du lut gras ou de l’argile; on laisse sécher. Lorsque les luts sont secs, on introduit par le tube en S, 3 parties et demie d’acide sulfurique à 66“, auxquelles on a ajouté en outre une demi-partie d’eau; on ajoute cet acide peu k peu et par petites portions. Lorsque tout l’acide est ainsi introduit dans la tourille, on laisse pendant quelque temps réagir l’acide sur le sel, et lorsqu’on s’aperçoit que la réaction se ralentit et qu’il n’y a pas de dégagement de gaz par les tubes, on chauffe modérément le bain de sable ; on élève graduellement la température, et on continue de l’entretenir jusqu’à ce que le dégagement dés gaz n’àlt plus Heu : ce phénomène indique que toute action a cessé; on retire le feu de dessous l’appareil, on le démonté , et on recueille l’acide contenu dans les deux derniers ilacons.’ L’acide du premier flacon, destiné au lavage , contient un acidé impur et mêlé d’acide sulfurique ; le deuxième côntient de l’acide pur ; le troisième contient de l’acide plus pur encore. L’acide liydro-chlorlque ainsi obtenu doit être conservé dans des flacons de verre fermés à l’émeri; on place ces flacons dans un lieu dont la température soit peu élevée.

Voici ce qui se passe dans cette opération.

1,’acide sulfurique, qüi a plus d’affinité pour l’oxide de soditiin que n’eu a l’acide hydro-chlorique , décompose le sel mariii , s’unit à la soude et forme du sulfate de soude; l’acide hydro-’chlorlque mis à nu se dégage, et est recueilli à l’état de gaz, puis en dissolution dans l’eau : en cet état , il forme l’acide hydro-chlorique liquide.

On peut rectifier l’acide hydro-chlorique du commerce et en obtenir de l’acide pur. L’appareil à employer est le même que celui que nous venons de décrire ; mais au lieu d’introduire dans la tourille ou dans le ballon le mélange de sel et

ACIDES. gg

d’acide, on y introduit de l’acide hydro-clilorique du commerce, et on chauffe le bain de sable : l’acide étant chaufie, le gaz hydro-chlorique se réduit en vapeurs, se lave dans le premier flacon, et se condense dans de l’eau placée dans les derniers.

L’acide hydro-chlorique gazeux est incolore; lorsqu’il est répandu dans l’atmosphère, il s’empare de l’eau qui s’y trouve en dissolution, et donne naissance à des fumées blanches; il est impropre à la combustion ; lorsqu’on le respire, il détermine une irritation des membranes muqueuses;. il produit alors un crachement de sang. Sous une forte pression et à une basse température, ce gaz devient liquide; exposé, dans un tube de verre, a un haut degré de chaleur, il n’éprouve aucune altération; soumis à l’action d’un courant d’air électrique, il est décomposé; il résulte de cette décomposition du chlore et de l’hydrogène. Mis en contact avec de l’eau, ce gaz s’y dissout avec rapidité à la température de 20» centigrades; l’eau dissout 464 fois son volume de gaz, et donne lieu à de l’acide hydro-chlorique liquide (i). L’acide hydro-chlorique, lorsqu il est pur , ne doit donner aucun précipité , ni par les solutions de baryte et de strontiane, ni par celles de potasse , de soude et d’ammoniaque. 1 00 parties de sel marin sec peu-

(i) D’après les expériences de M. Davy, à la lempérature de 8° centigrades et sous la pression barométrique de 76 centimètres de mercure, 100 parues d’acide hydro-chlorique liquide contiennent, d’après le poids spécifique du gaz hydro-chlorique, les proportions suivantes de ce gaz ;

auteur de l’acide.

Quantité de gaz.

a i, 21 il contient 4^,43

I , tfi

i,ii

Pesanteur de l’acide.

Quantité de gaz

à 1,10 il contient 20,20

vent fournir, par une opération bien faite et sans perte de gaz , 200 parties tVacide d’une pesanteur de i , i6o.

L’acide hydro-chlorique est indiqué dans la Thérapeutique comme stimulant antiseptique, diurétique-, on le donne à la dose de i o à 4^ et 5o gouttes par livre d’eau -, il entre dans quelques gargarismes, dans des injections contre les blennorrhagies. Uni au miel, il forme un médicament employé pour toucher les aphthes; il a souvent réussi dans les cas de scorbut. Pris à l’état de concentration , ce médicament serait vénéneux. Les premiers secours à porter contre son administration sont une solution légère de soude, de la magnésie divisée dans de l’eau, du lait, de l’albumine. Si l’on est incommodé pour avoir respiré de ce gaz , il faut passer légèrement sous le nez de l’eau dans laquelle on a mis de l’alcali volatil, et répéter ce traitement à plusieurs reprises.

Les réactifs qui servent à indiquer la présence de l’acide muriatique sont : 1°. le nitrate d’argent, qui donne lieu , lorsqu’on le met en contact avec cet acide ou avec une de ses combinaisons solubles, a uli précipité blanc caillebotté, insoluble dans l’eau, dans l’acide nitrique en excès, soluble, lorsqu’il est humide, dans l’ammoniaque liquide. Ce précipité, exposé au contact de la lumière , prend une couleur d’un rouge violet *, chauffé fortement, il acquiert un aspect particulier, et devient semblable à de la corne ( ce qui l’a fait appeler argent corné ). Chauffé dans un creuset avec un oxide alcalin , la potasse ou la soude, ce chlorure est décomposé, le chlore s’unit à l’alcali, et le métal mis à nu se déposé au fond sous foi-me de globule.

On détermine facilement la quantité d’acide hydro-chlorique contenue dans un liquide, par la quantité de chlorure d’argent obtenue par précipitation, loo parties de chlorure d’argent contiennent 24,26 de chlore-, ces 24,26 absorbent o,'ji2 dhydrogène pour produire 26,372 d’acide hydro-chlorique qui s’unissent avec 75,34 d’argent pour former 100 de chlorure.

Le proto et le deuto-nitrate de mercure sont encore employés pour reconnaître la présence de l’acide hydro-chlorique.

Le proto-nitrate, mis en contact avec l’acidc lijdro-cliloriquc, donne lieu à du proto-chlorure de mercure insoluble; le deutonltrateà du sublimé corrosif, deuto-chlorure de mercure soluble; le nitrate d’argent est cependant préférable pour c(instater la présence de l’acide bydro-cblorique, ainsi que pour déterminer quelle est sa proportion.

L’acide bydra7cblorique s’unit aux bases salifiables ; il forme des sels que l’on nomme hydro-chlorate s j muriates. Plusieurs de ces sels sont employés en Médecine. (A. C.)

Acide hydro-chdoro-nitrique , acide nüro-inuriaüque ^ eau régale. On a donné le nom d’eau, régale , d'acide nitro-muriatique, etc., à un mélange d’acide nitrique et d’acide hydro-cbloi-ique en diverses proportions. Ce mélange est destiné à dissoudre l’or, le platine.

On obtient l’acide bydro-chloro-nitrique en mêlant ensemble une partie d’acide nitrique à 33” et 3 parties d’acide bydro-chloïique à 20°. On conserve ce mélange dans des flacons bouchés à l’émeri, que l’on place dans un lieu frais.

Quoique les proportions que nous indiquons ici ne soient pas celles rapportées dans les divers formulaires, elles conviennent parfaitement pour préparer l’acide destiné à dissoudre 1 or, le jilatine et former les combinaisons employées par le pharmacien ( V. Chlorure d’or et de platine. )

L’acide bydro-chloro-nitrique est employé comme pédiluve dans le traitement des maladies du foie. Ce pédiluve se prépare •en acidulant l’eau ordinaire avec de l’acide nitro bydro-cblorique préparé dans les proportions de 2 parties d’acide nitrique sur 3 parties d’acide bydro-cblorique ; l’eau acidulée doit marquer de 3” à 6°.

L acide bydro-chloro-nitrique, pris à l’intérieur , est un vio lent poison; les secours à donner sont le lait de magnési. en abondance, l’albumine, le lait. On ne doit le délivrer qui es personnes bien connues, sur l’ordonnance de médecin, nu en remplissant les formalités exigées.

Ou reconnaît l’acide nitro-muriatique à l’odeur de chlore quil répand, à sa couleur d’un beau jaune d’or, et à la pro-

ï 02 ACIDES.

priété qu’il possède de dissoudre l’or et le platine. Cette dernière propriété est due au chlore qui , par la réaction des deux acides l’un sur l’autre, est misa nu. (A. C.)

Acide hydro- cyaniqüe , acide prussique . Qei acide est composé, d’après les résultats donnés par M. Gay-Lussac, de

Carbone 444»%

D’azote 5i,66

D’hydrogène 3,65.

Il fut découvert par Scheèle, qui indiqua le premier quel était le procédé à employer pour l’ohlenir. Cependant 1 acide obtenu par ce chimiste n’était pas l’acide pur, et nous devons au savant M. Gay-Lussac la connaissance de l’acide hydro-cyanique obtenu à cet état.

Un grand nombre de chimistes se sont successivement occupés de cet acide: parmi ceux qui ont fait les travaux les plus récens sur ce sujet , on compte MM. Berzelius , V auquelin , Proust, Porret, Rohiquet. Les résultats de leurs travaux sont consignés dans les divers volumes, des Annales de Chimie et des Annales de Chimie et de Physique; ils ont- éclairé les chimistes et sur la nature de cet acide et sur celle des combinaisons qu’il, est susceptible de former.

L’acide hydro-cyanlque étant employé dans l’art médical et ses propriétés étant très énergiques, le pharmacien doit le préparer avec le plus grand soin et par le procédé qui lui est indiqué, pour que le praticien puisse compter sur l’eJfet du médicament qu’il administre. Le praticien doit aussi savoir que l’acide hydro-cyanique médical peut être préparé par plusieurs procèdes indiques dans le (3odex Tti^dicaiiievitaï'iuSj i8i8. Nous avons cru devoir les décrire ici, et indiquer quelques-uns de ceux proposés par d’autres chimistes.

pROcÉné de Scheèle.

Ce procédé, qui fut d’abord décrit dans les Mémoires de l’Académie de Stockholm, est le suivant : on prend 4 onces de bleu de Prusse pur (hydro-cyanate de fer), 2 onces d’oxide

ACIDES. io3

rouge de mercure; toutes ces substances étant réduites en poudre fine, on lejümet avec i6 onces d’eau distillée dans une capsule, et on fait bouillir pendant vingt minutes en agitant sans cesse avec une spatule de bois; on laisse ensuite déposer, on tire à clair, on filti'e le liquide qui s’est séparé, ou recueille le précipité sur un filtre ; on le laisse égoutter d’abord ; on le lave avec 4 onces d’eau à ioo° centigrades.

Le filtre étant bien égoutté, tout le liquide étant réuni, on l’introduit dans un matras; on y ajoute 3 onces de limaille de fer porphyrisée et 6 gros d’acide sulfurique à 66'’ ; on agite le tout pour que toutes les substances soient en contact; on laisse réagir pendant une heure , en prenant la précaution de placer le matras dans de l’eau froide. Par le contact, la réaction s’opère; il eu résulte une décomposition : 1 acide sulfurique se porte sur le mercure et sur le fer; il oxide les métaux et se combine avec eux; l’acide hydro-cyanique, chassé de sa combinaison, est mis à nu, il reste en grande partie en solution dans le liquide ; pour l’obtenir , on décante la liqueur, on introduit le produit décanté dans une cornue tubulée, on place ce vase sur un bain de sable, ou y adapte une allonge dont l’extrémité est jointe au ballon tubulé qui supporte un tube courbé à angle droit et qui plonge de quelques lignes dans de l’eau; on lute toutes les jointures des pièces de l’appareil avec du lut de farine de lin; on recouvre le lut de bandes de toile enduites de chaux en poudre et de blanc d oeuf, et on procède à la distillation à un feu doux. On retire de la sorte 6 onces de liquide que l’on enlève, et que l’on enferme, s’il est bien clair, dans des flacons à l’émeri, couverts de papier noir ou bleu. On place ces flacons a la cave ou dans un lieu dont la température soit peu élevée. Si la liqueur qui a passé à la distillation était colorée, il faut ajouter aux 6 onces de liquide, 2 gros de craie ( carbonate de chaux ), et procéder de nouveau à une distillation dans la vue d obtenir 4 onces seulement de liquide: on conserve celui-ci de la meme manière que nous l’avons dit plus haut.

' o4 ACIDES.

L acide obtenu par ce procédé ayant été examiné par M. Ro-^ biquet, cet habile chimiste reconnut qu’il variait souvent par sa pureté et par son degré de force. Il résulte de cet examen que le praticien ne peut guère l’employer, puisqu’il ne peut prescrire, selon sa volonté, les mêmes doses d’acide.

PROcini DE M. Robiqüet (i).

On adapte à une cornue tubulée un tube de verre dont la dimension soit assez grande pour que le bec de la cornue puisse s y engager ; on place dans ce tube du marbre concassé et des fragmens de chlorure de calcium, en quantité convenable pour remplir le tube; on ferme la partie opposée du tube avec un bouchon : de celui-ci part un tube courbé dont une des branches va plonger dans une petite cloche renversée, dont les parois sont entourées d’un mélange réfrigérant.

Les parties de l’appareil étant ainsi assemblées, on place la cornue sur un bain de sable ; on lute les points de jonction delà cornue avec le tube , et celle du tube avec le bouchon; on introduit dans la cornue du cyanure de mercure, puis de l’acide hydro-chlorique , en ayamt soin que l’acide soit en quantité telle , qu’il puisse recouvrir d’un travers de doigt le cyanure de mercure ; on ferme la tubulure de la cornue ; on chauffe doucement le bain de sable afin que l’acide bydro-chlorique ne se volatilise pas sans avoir réagi sur le cyanure, et èn outre, afin que l’acide hydro-cyanique . mis à nu, puisse être quelque temps en contact avec le marbre et le muriate de chaux sec, et le dépouiller de l’eau et de l’acide hydro-chlorique qu’il aurait pu entraîner. L’acide hydro-cyanique, ainsi purifié, arrive dans la cloche, où il se condense et se réunit.

\ Cet acide, qui est d’une densité égale à 0,7, sert à préparer

l’acide médicinal : pour cela, M. Rdbiquet étend de 2 parties d’eau le produit obtenu , et il a pour résultat un acide semblable à celCi de Scheèle, et d’une densité de o,g.

(i) Ce procédé est celui de M. Gay-Lussacj il n’en diffère que parce que l’acide de M. Gay-Lussac, loisqu’on l’a obtcuii , est étendu d’eau.

ACIDES. io5

Cet acide , comme on le voit, s’obtient en étendant d’eau l’acide hydro-cyanique préparé par le procédé de M. Gay-Lussac ; il se consei’ve, comme le précédent, dans des vases recouverts de papier noir , placés dans une cave , etc.

Un procédé analogue à celui employé par M. Gay-Lussac donne de l’acide prussique, ordonné par M. Magendie dans son Formulaire. Pour obtenir cet acide, on prend : acide prussique obtenu d’après le procédé de M. Gay-Lussac , une partie; et au lieu de le mêler , comme le fait M. Robiquetj à 2 parties d’eau seulement, on l’additionne de 6 parties d’eau distillée pure; on mêle et on conserve pour l’usage. Ce procédé a aussi été modifié par le même praticien (M. Magendie), qui indique de mêler une partie d’acide de M. Gay-Lussac à 6 parties d’alcool pour former de l’acide prussique étendu et alcoolisé,

PROCÉDÉ DE M. VaUQUELIN.

Ce procédé, qui est simple et facile à mettre en pratique, donne toujours un acidfe au même degré de concentration. Pour 1 obtenir , on prend une partie de cyanure de mercure , on fait dissoudre ce composé dans 8 parties d’eau distillée, et on fait passer dans eette solution un courant de gaz aeide hydrosulfurique, jusqu a ce qu’il y ait un excès de cet acide. Par cette opération , le cyanure de mei’cure est décomposé , le mercure est converti en sulfure ; l’hydrogène s’unit au cyanogène, donne lieu à de l’acide hydro-cyanique , qui reste en dissolution dans le liquide , mêlé à de l’hydrogène sulfuré ; le sulfure de mercure insoluble se précipite sous forme de flocons , on filtre pour séparer le sulfure; on sépare ensuite 1 excès d’hydrogène sulfuré, en ajoutant au mélange des deux acides (hydro-cyanique et hydro-sulfurique) de la céruse (carbonate de ploml}) bien pure et bien divisée; on agite : l’acide hydro-sulfurique décompose ce sel , s’unit au plomb , forme un sulfure insoluble: l’acide hydro-cyanique reste en dissolution. On filtre la liqueur , et on obtient l’acide hydro-cyanique; on le conserve comme nous l’avons dit précédemment.

io6 ACIDES.

Une modification a été apportée à ce mode de préparation ; elle a pour but d’obtenir un acide prussicjue alcoolisé susceptible de se conserver plus long-temps. Cette modification est due à M. Caillot, pharmacien de Paris, qui l’avait pratiquée chez un de nos confrères , M. Guillaume , l’un des habiles pharmaciens de la capitale ; elle consiste à préparer l’acide hydro-cyanique de la même manière que nous venons de le dire (procédé de M. Vauquelin), mais de n’employer que 4 parties d’eau au lieu de 8, et d’ajouter Iprsque l’acide est préparé 4 parties d’alcool à , pour remplacer les 4 parties d’eau qui n’ont pas été employées.

Divers auti’es procédés ont encore été consignés dans les journaux scientifiques. Celui de M. Gea Pessina , publié dans le Giornale di Phisica ^ août 1822, consiste a décomposer l’hydro-cyanate ferruré de potasse par l’acide sulfurique (i) à laisser d’abord réagir le sel et l’acide pendant 12 heures en entourant la cornue de glace, qu’on renouvelle a mesure qu’elle se fond ; à distiller au bout de ce temps, et à continuer la distillation jusqu’à ce qu’il s’élève une vapeur bleue qui menace de passer dans le récipient ; a arrêter alors le feu, à laisser refroidir l’appareil, à recueillir en suite l’acide lorsqu’il est refroidi , et 'à le conserver convenablement.

D’autres procédés sont encore indiqués. Celui de TbJlNT- WElN, publié dans le journal allemand Repertfür die pharmaj a été regardé par le docteur Akating comme préférable aux auti’es. Quoi qu’il en soit, il ferait à désirer qu’un seul moyen de préparer l’acide hydro-cyanique ( le procédé de M. Vauquelin ,ou celui de M. Robiqufet) fût permis pour l’art médical; le praticien n’éprouverait aucune crainte sur l’efficacité des médicaraens dans lesquels il le fait entrer , et le pharma^ cien, à son tour, ne serait pas arrêté dans la préparation des médicamens , comme cela arrive quelquefois lorsque la pres-

(i) Proportions. Hydro-cyanaie ferruré, 18 parties; aride sulfurique k fifl», 9 parties fuêlces à ta parties d’eau distillée.

crlptlou porte acide hydro-cyanique, sans indiquer par quel procédé cet acide a dû être obtenu.

Malgré les précautions que le pliarmaoien prend pour conserver l’acide hydro-cyanique, il s’altère plus ou moins promptement : alors il ne doit plus être employé. Cette décomposition présente quelquefois des anomalies bien singulières , dont voici un exemple : de l’acide hydro-cyanique préparé dans la même opération, mais distribué dans différons flacons, était en décomposition dans quelques-uns de ces vases, tandis que dans d’autres il ne présentait aucune trace d’altération. Il est nécessaire que le pharmacien soit en garde contre ces décompositions; pour cela, il doit ne préparer cet acide qu’en très petite quantité à la fois, et le renouveler à la moindre marque d’altération.

L’acide hydro-cyanique pur est, à la température ordinaire ♦ de l’atmosphère, un liquide transparent, incolore, d’une odeur forte, pénétrante, qui étourdit et asphyxie; cette odeur, atténuée par une très grande quantité d’air, ressemble à celle des amandes amères. Son poids spécifique est de o,7o583 à 7°.

Cet acide est volatil, entre en ébullition à 26°, se congèle à une température de i5 à 16®. Si l’on verse quelques gouttes de cet acide sur du papier , une partie du liquide versé se volatilise avec rapidité en absorbant une partie du calorique de l’acide restant, celui-ci alors cristallise. Soumis à l’action de la pile, l’acide hydro-cyanique est décomposé; le cyanogène se rend au pôle positif, et l’hydrogène au pôle négatif. Cet acide est très soluble dans l’eau, et plus soluble dans l’alcool.

L’acide hydro-cyanique a été reconnu par plusieurs chimistes dans les végétaux ; de ce nombre sont ; l’écorce du merisier à grappes (Bergmann), les feuilles du laurier-cerise, les feuilles et les fleurs de pêcher , les fruits amers de l’amandier, les amandes de cerise, de prunes; M. Chevallier croit l’avoir reconnu dans les fleurs du sureau.

L’acide hydro-cyanique, selon qu’il est plus ou moins concentré, est un poison plus ou moins violent; l’acide concentré, préparé selon la méthode de M. Gay-Lussac, est d’une

io8 ACIDES.

horrible énergie ; c’est le plus actif de tous les ])oisons connus. Ses effets sont moins énergiques lorsqu’il est en dissolution dans l’eau que lorsqu’il est dissous dans l’alcool. Cet j acide, à cause de cette action, ne doit être délivré qu’à des ; médecins bien connus, et après avoir rempli toutes les formalités voulues par les lois.

Cet acide ne doit être donné intérieurement qu’avec les plus grandes précautions. On a administré contre la phthisie, à la dose de 3 à 6 gouttes mêlées à 4 onces d’eau distillée, l’acide préparé selon les méthodes de Schecle , de MM. Vauquelin et Rob^uet -, on prend une cuillerée à café de ce mélange. On a aussi administré l’acide prussique dans du sirop, dans des mélanges et potions peetorales ( Magendie). ( ces mots.) L’action médicale de cet acide et les avantages qu’on en a obteifus n’ont pas encore été constatés d’une manière bien exacte.

L’aeide hydro-cyanique étant vénéneux, ou a recours, pour combattre les accidens qui pourraient résulter de son emploi , à l’usage des médicamens excitans ( l’émétique , l’essence de térébenthine, etc.). Quelques personnes, parmi lesquelles on compte le savant Murray , conseillent l’emploi de l’alcali volatil comme antidote ; mais des essais qui ont été faits n’ont pas donné des résultats propres à constater cette assertion.

Le praticien pouvant être appelé à constater la présence de l’acide hydro-cyanique dans des cas d’empoisonnement, doit avoir recours aux réactifs suivans ; i®. au sulfate de fer, qui donne , avec cet acide saturé d’abord par un alcali , un précipité bleu ( bydro-cyanate de fer, bleu de Prusse), que sa couleur et ses propriétés chimiques font reconnaître (^voyez Bleu de Phusse ); 2°. au sulfate de cuivre, que M. Lassaigne a reconnu comme susceptible de démontrer la présence de J —6^ et même de ^ô:o6S d’acide hydro-cyanique en dissolution dans l’eau distillée. Ce jeune et savant ehimiste a reconnu que, dans les cas d’empoisonnement par l’acide prussique, on retrouvait toujours cet acide dans les viscères où cette sub- I

ACIDES. io(j

stance avait été primitivement ingérée, et qu’il était encore I possible de reconnaître cet acide dans les organes, quarantehuit heures après la mort du sujet. Les moyens que M. Lassaigne prescrit, et qui sont ceux qu’il a employés, sont : i°. l’incision des parties des viscères, leur ébullition avec l’eau, en ayant soin de recueillir la partie liquide distillée qu’on sature par une légère quantité d’alcali , et que l’on essaie avec une solution de sulfate de cuivre ; on ajoute ensuite assez d’acide hydro-chlorlque pour redissoudre l’excès d’oxide de cuivre précipité par l’alcali : à l’instant même , si la liqueur contient de l’acide hydro-cyanique , elle prend un aspect laiteux plus ou moins intense; il y a formation d’un précipité qui a pour caractère particulier de disparaître du liquide en quelques heures. Dans un cas de Médecine légale, ce précipité doit être isolé pour qu’on puisse constater son iden- ! tlté et reconnaître que ce composé .contient réellement de l’acide prussique, sans laisser aucun doute à cet égard.

On peut aussi reconnaître l’acide hydro-cyanique gazeux, en plaçant dans ce gaz un papier imprégné de sulfate de fer et que l’on a trempé ensuite dans une solution de potasse: ce papier en contact avec cette vapeur prend une couleur bleue ; si elle contient de cet acide , l’odeur de l’acide prnssique peut servir à indiquer sa présence ; mais il est ensuite nécessaire de la constater d’une manière exacte. (A. C. )

Acide hydro-sulfurique, hydrogène sulfuré j eau hydrosulfurée . gaz et acide hépatique j acide hydrothionique des Allemands. Scbeèle est le premier qui lit connaître l’acide hydro-sulfurique, sous le nom d’hydrogène sulfuré. Ce gaz fut le sujet de nombreuses recherches, dont les principales sont dues à Berthollet, à MM. Chaussier, Dupuytren, Davy, Gay- Lussac, Tbénard (i) , etc. Berthollet , le premier , considéra le gaz hydrogène sulfuré comme jouissant des propriétés des i acides , et il conclut de ses expériences qu’on pouvait obtenir I des acides sans le concours de l’oxigène; par conséquent, il

(>) Ces rcclierchcs sont consignées dans les Annales de

I lO

doit être regardé comme l’auteur de la découverte des hydracides. Ce gaz se trouve naturellement dans les trois règnes; il se ■ produit dans les fermentations, se, trouve en dissolution dans, les eaux minérales , se dégage de quelques minéraux par le simple frottement (i) , etc. , etc.

Cet acide, lorsqu’on veut le préparer pour l’usage médical, s’obtient par les procédés que nous allons décrire.

On introduit dans un matras à long col 4 parties d’acide sulfurique à i8° et 2 parties de sulfure de fer convenablement préparé ; on ferme l’ouverture du matras par un bouchon sur lequel est fixé un tube de sûreté courbé à angle droit. Ce tube va se rendre dans U4 flacon à deux tubulures , contenant de l’eau en petite quantité , ou , si l’on veut , une solution faible de sous-carbonate de soude; de la seconde tubulure de ce flacon part un tube courbé à angle droit, qui va se rendre dans un flacon .contenant de l’eau distillée. Ce dernier flacon doit être entouré d’un mélange réfrigérant, pour que la température de la solution ne devienne par trop élevée, ce qui empêcherait la dissolution du gaz. L’appareil étant ainsi' disposé, on lute exactement toutes les jointures; on fait! cliaufier jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de dégagement. Parl’ac-tjon delà chaleur, une partie de l’eau est décomposée; son' oxigène se porte sur le fer, le rédüit en oxide qui s’unit à' l’acide sulfurique pour former du sulfate de fer, lequel reste en dissolution. L’hydrogène mis à nu se combine au soufre qui se trouve libre , et donne naissance à de l’acide hydro-sulfurique qui se dégage, passe dans le premier flacon, où il se lave dans l’eau ou dans la solution de sous-carbonate de soude; ; de là il passe dans le deuxième flacon, où il se dissout eni partie dans l’eau , en donnant naissance à de l’acide hydrosulfurique liquide.

Si l’on veut obtenir l’acide hydro-sulfurique gazeux, au lieu i d’adapter au deuxième flacon un tube courbé à angle droit,

(1) Observations particulières qui n’ont pas encore été publiées.

ACIDES. 1 1 i

on le reraplace par un tube destiné à recueillir les gaz, et on fait passer ce tube sous un flacon rempli de mercure , ou môme rempli d’eau. Le gaz déplace le métal ou l’eau , et se substitue à sa place. Quand le vase est plein, on le ferme avec un bouchon. On a alors l’acide hydro-sulfurique gazeux.

Pour obtenir l’acide hydro-sulfurique en très grande quantité , on se sert de sulfure de fer préparé d’après le procédé de M. Gay-Lussac , et on agit de la manière suivante.

On introduit de ce sulfure dans un grand flacon à deux tubulures; on adapte à la première tubulure un tube en S; à la seconde, un tube de Welter, courbé à angle droit. Ce tube va plonger dans un flacon destiné au lavage du gaz. On décompose le sulfure de fer en versant par le tube en S de l’acide sulfurique étendu de 4 fois son poids d’eau , en prenant toutefois la précaution de n’ajouter de l’acide que peu à peu ; l’acide hydro-sulfurique produit passe dans le vase destiné au lavage , ensuite on le recueille soit à l’état gazeux, soit dans l’eau distillée pour l’obtenir en dissolution.

On peut aussi préparer l’acide hydro-sulfurique en traitant le sulfure d’antimoine, une partie, par l’acide liydro-chlorique, 6 parties, et en se servant du même appareil que celui que nous avons indiqué premièrement ; l’acide hydro-chlorique, à l’aide de la chaleur , décompose le sulfure d’antimoine ; il se forme un sel à base d’antimoine et un dégagement d’acide hydro-sulfurique , que l’on recueille comme nous l’avons dit plus haut.

On peut encore se procurer cet acide en décomposant les hydro- sulfates par les acides acétique, hydro-chlorique, sulfurique, etc.; mais ce mode d’agir étant plus coûteux, on doit préférer l’emploi du sulfure de fer préparé d’après' l’indication de M. Gay-Lussac, en ayant soin de ne préparer le sulfure qu’au moment où l’on veut l’employer.

L’acide hydro-sulfurique gazeux est incolore ; son odeur est celle qui s’exhale des œufs gâtés; sa saveur, qui, selon quelques personnes, est désagréable, nous parait supportable. Ce gaz éteint les corps en ignition qui y sont plongés subitement. Par

refroidissement et compression, il passe à Pétat liquide; il rougit faiblement la teinture de tournesol ; mêlé à l’oxigène et exposé à une haute température , il y a décomposition avec flamme et formation d’eau, d’acide sulfureux et d’acide sulfurique. Exposé à la flamme d’une bougie , il brûle lentement et couche par couche , avec une flamme d’un rouge bleuâtre , en laissant déposer sur les parois du vase du soufre hydraté. Mis en conk’ct avec le chlore, ce gaz est décomposé ; il résulte de cette décomposition de l’acide hydro-chlorique : du soufre se dépose sur les parois du vase dans lequel on fait la décomposition. L’iode en vapeur produit le même effet : il y a alors formation d’acide hydriodique.

Suivant les expériences de MM. Gay-Lussac et Thénard , ce gaz est d’une pesanteur de 1,1912 ; selon H. Davy, de 1,1967; enfin , selon Thompson , de 1 , 1 80.

Le gaz acide hydro-sulfurique est soluble dans l’eau; il prend alors le nom ^ acide hydro-sulfurique liquide ^ ou celui d’eaw hydro-sulfurée. L’eau dissout près de trois fois son volume de ce , gaz; elle est acide; elle possède l’odeur et la, saveur du gaz hydrogène sulfuré; elle présente alors les propriétés des acides. Exposé à l’air, le gaz hydro-sulfurique se dégage par degrés : on aperçoit souvent un précipité blanc, qui est du soufre hydraté. Soumis dans un tube de porcelaine à un feu de fourneau de réverbère , ce gaz se décompose en partie ; il y a séparation d’une partie de soufre qui reste à l’état solide, tandis que l’hydrogène gazeux se volatilise.

Le gaz acide hydro-sulfurique est plus soluble dans l’alcool que dans l’eau (Saussure) ; il est aussi susceptible de se dissoudre dans l’éther (HIggins).

L’acide hydro-sulfurique liquide est décomposé par le chlore (i), par l’acide sulfureux, et par l’iode. Il décompose la plupart des dissolutions métalliques. Les précipités qui ré-

(i) On doit profiter de cette proprie'te' pour désinfecter les lieux oîi l’air est alte'ré par ce gaz. On peut aussi employer le chlorure de chanx et de soude.

ACIDES. Il 3

sullent de ces ojjératlons sont des sulfures. Ces précipités varient de couleur; ils peuvent indiquer quels sont les métaux qui se trouvaient dans ces dissolutions. Les solutions d’or et de platine sont aussi décomposées par l’acide hydro-sulfurique, mais les métaux dissous sont ramenés à l’état métallique.

L’acide hydro-sulfurique s’uuit aux hases salifiahles; il forme avec celles-ci des sels particuliers nommés liydro' sulfate s.

Cet acide est composé en poids de loo de soufre

et de 6,1 3 d’hydrogène.

Lors de la préparation de ce produit, le pharmacien doit se préserver des vapeurs qui pourraient s’échapper de l’appareil. S’il ne prenait cette précaution, le gaz hydro-sulfurique pourrait agir sur lui avant qu’il ne s’en aperçût; il faut, dans ces circonstances, opérer, autant que possible, dans un lieu vaste et aéré , et si de l’acide en excès se dégageait des flacons destinés à le recueillir, il faudrait faire passer l’acide en excès dans du lait de chaux, ou le conduire dans un fourneau contenant du charbon allumé : là ce gaz se décomposerait.

Les premiers secours à porter dans un cas d’asphyxie par ce gaz, sont l’exposition au gi-and air du sujet indisposé, les lotions d’eau froide sur le corps, l’inspiration faite sur un flacon de chlorure de chaux solide, l’introduction dans les voies alimentaires de quelques gouttes de chlorure mêlé à de l’eau sucrée (de 20 à 3o gouttes pour 4 onces d’eau) . On peut , à défaut de chlorure de chaux ou de soude, se servir de chloremais il faut faire respirer celui-ci avec la plus grande précaution, et si on l’administre intérieurement, donner 20 gouttes de chlore dans 6 onces d’eau.

On doit aider l’action de ces agens (que nous avons employés avec succès) en frictionnant le malade sur les cuisses la poitrine , la colonne vertébrale et les bras.

Ces secours, qui ne sont que les premiers à administrer, doivent etre suivis de ceux qui sont ordonnés par les praticiens, qu’on doit se hâter d’appeler en ces circonstances (i).

(i) L’acide hydro-sulfurique dissous dans l’air est Tome I.

un des gaz les plus

ii4 ACIDES.

Les réactifs qui font reconnaître la présence de l’acide hydro-sulfurique, très reconnaissable d’ailleurs à son odeur, sont: I®. les solutions d’argent, de bismuth, de plomb , de mercure, qui donnent avec cet acide des précipités noirs (sulfures) qui jouissent de propriétés particulières;

2°. La solution d’acide arsenieus , qui donne lieu , avec cet acide, à un précipité jaune, sulfure d’arsenic, facile à reconnaître;

3°. Le chlore, qui le décompose, en précipitant le soufre, et donnant naissance à de l’acide hydro-clilorique en détruisant son odeur;

4°. L’iode, qui décompose cet acide, en donnant lieu à la précipitation du soufre, avec production d’acide hydriodique.

Acide hypo-nitredx. Cet acide est formé, selon M. Gay- Lussac,de loo d’azote et de i5o d’oxigène. Il n’a pu encore être isolé , et on ne l’obtient qu’en combinaison avec la potasse, à l’état d’hypo- nitrite de potasse. Lorsqu’on veut s’emparer par un autre acide de la potasse avec laquelle il est combiné , il y a de suite décomposition , transformation de cet acide eu deutoxide d’azote en acide nitreux ou nitrique. Ce dernier reste en dissolution, tandis que le premier se dégage.

L’acide bypo-nitreux se forme lorsqu’on laisse pendant longtemps en contact du deutoxide d’azote avec une solution de potasse concentrée. Il y a production d’hypo-nitrite de potasse qui cristallise dans la liqueur.

On obtient encore l’hypo- nitrite de la manière suivante : on emplit une éprouvette de mercure , l’on y fait passer 5 a 6oo

lères. L’air qui en contient tue les petits oiseaux; celui qui en contient ^ suffit pour asphyxier un chien de moyenne taille; enfin, celui qui en contient — î-j suffit pour faire pe'rir un cheval.

Cet acide se conserve dans des flacons de verre bien bouciie's et places dans un endroit frais; an bout d’uq certain temps, il est décomposé'.

Comme médicament, il entré dans la préparation des eaux minérales sulfurées; on l’a donné avec succès en potion contre la gale; il sert au traitement des maladies cutanées, des dartres, ete., etc. (A. C.)

ACIDES. jj5

parties de deutoxide d’azote , un peu d’eau alcaline et i oo par- ■ lies d'oxigène. L’absorption qui a lieu ayant été mesurée, elle a été reconnue être de 5oo parties. Il en résulte un composé formé d’oxigène et d’azote, et qui est l’acide bypo-nitreux de M. Gay-Lussac. (Voyez Annales de Chimie et de Physique j t. I,p. 399.) (A. C.)

Acide hypo-phosphoreux. Cet acide fut découvert par M. Dulongen 1816. Il n’existe pas dans la nature; mais il est le résultat, d’opérations chimiques, et se forme toutes les fois qu’on traite un phosphore alcalin par l’eau.

Pour l’obtenir, on délaie dans l’eau distillée duphosphure de barium. Ce combiné se décompose en donnant naissance à de l’acide hypo-phosplioreux, à de l’acide phosphorique et à de l’hydrogène phosphore. Ce dernier se dégage à l’état de gaz , tandis que l’acide hypo-phosphoreux et l’acide phosphorique s’unissent à la baryte pour former deux sels, l’un soluble (l’hypophosphite), l’autre insoluble (le phosphate). On sépare le liquide qui contient l’hypo-plîosphite, du précipité, par le filtre; et on décompose ce sel, par de l’acide sulfurique étendu d’eau.

! On ajoute de cet acide jusqu’à ce qu’il ne forme plus de préi cipité dans la liqueur ; on doit avoir soin de ne pas ajouter un excès d’acide sulfurique ; et si on dépassait le. point de ' saturation, il faudrait, par une solution de baryte, précipiter l’excès d’acide sulfurique qu’on aurait ajouté.

La saturation étant faite exactement, on filtre la liqueur qui ne contient plus, lorsqu’elle est filtrée^ que de l’acide hypopliosphoreux ; on la fait évaporer à une douce chaleur. On tel mine 1 évaporation dans le vide , en plaçant la capsule qui le contient sous une cloche qui a reçu un autre vase contenant de l’acide sulfurique concentré, et on fait le vide.

L’acide hypo-phosphoreux est liquide, sa saveur est acide; il rougit fortement le papier de tournesol; il n’est pas susceptible de cristalliser. On peut 1 obtenir en consistance sirupeuse, mais on ne, peut le dessecher ; si on pousse trop loin l’évaporation, on en opère la décomposition. II est soluble dans l’eau en toute proportion; il s’unit à un grand nombre de bases sa-

ii6 ACIDES.

lifiables, et donne naissance à un nouveau genre de sels nommés 7iypo~phosphites, Chauffé dans une cornue de verre, il se décompose et il est converti en phosphore , en hydrogène phosphoré et en acide phosphorique.

Cet acide est composé, selon M. Dulong, de loo parties de phosphore et de 3,744 parties d’oxigène. Suivant M. Davy, il ne contient que 33, 1 5 d’oxigène.

Les propriétés médicales de cet acide ne sont pas encore connues : elles doivent participer de celles du phosphore et de l’acide phosphorique. Il serait utile de l’étudier sous le rapport thérapeutique. (A. C. )

Acide hypo-phosphorique , acide phosphatique (i) , acide phosphoreux. Cet acide, selon M. Thénard, est composé de loo de phosphore et de i io,3g d’oxigènej et, selon M. Dulong, de log d’oxigène seulement. Il est peu connu. Tel qu’on l’a obtenu jusqu’à présent, il présente les propriétés suivantes: il est liquide, incolore, de consistance sirupeuse; son odeur est légèi’e et ressemble à celle du phosphore ; sa saveur est aigre; il rougit le papier de tournesol ; sa pesanteur est pU)s considérable que celle de l’eau. Exposé à l’action de la chaleur dans un petit matras à long col, il se convertit en acide phosphorique en donnant lieu à un dégagement de gaz hydi’ogène phosphoré qui brûle avec le contact de l’air (2); il est soluble dans l’eau en toutes proportions. Si l’on ajoute l’acide concentré à ce liquide, le mélange se fait avec une élévation de température bien marquée.

L’acide hypo-phospliorique n’a pas encore été rencontré dans la nature : on l’obtient par la combustion lente du phosphore, en prenant des précautions convenables pour sa préparation.

Pour se procurer cet acide, i“. il faut faire brûler lente-

(1) On a décrit dans le Codex, sous ce nom, l’acide phosphatique.

(a) Une portion de l’eau qui contient en solution l’acide hypo-phosphoriqne est de'compose'e ; son oxigène se combine avec l’acidc hypo-phosphorique, et forme de l’acide phosphorique ; l’hydrogène s’unit à une portion du phosphore de l’acide bypo-phosphorique et se convertit en hydrogène phosphore qui se dégage.

ment du phosphore avec le contact de l’air renouvelé «cuvent;

2°. On doit placer le phosphore destiné à la combustion dans une atmosphère humide, afin d’empêcher l’acide formé de prendre l’état concret, de recouvrir le phosphore et de ralentir la combustion ;

3". Il faut placer isolément les cylindres dans de petits tubes de verre, afin d’empêcher l’élévation de la température, la fusion et la combustion rapide du corps combustible destiné à être acidifié.

Le procédé de préparation suivant, du savant chimiste Pelletier, présente toutes les conditions convenables pour obtenir avec succès cette préparation. On prend un plus ou moins grand nombre de tubes de verre longs de quelques centimètres, et dont^l’une des extrémités est effilée à la lampe; on introduit dans chacun de ces tubes un petit cylindre de phosphore. Quand tous ces tubes sont ainsi remplis , on les pose sur un entonnoir placé sur un flacon à col droit; on met ce flacon sur une assiette dont les parois sont recouvertes d’eau, et on couvre le tout d’une cloche munie de deux ouvertures à la partie supérieure et latérale : le phosphore se réduit en vapeur, a])sorbe l’oxigène , brûle peu à peu, passe à l’état d’acide, s’empare de l’eau qui est en dissolution dans l’air , forme de l’acide phosphatique qui se rassemble en petites gouttes qui se réunissent et tombent dans le flacon sur lequel est placé l’entonnoir qui supporte les tubes.

L’acide ainsi obtenu est très étendu d’eau. On peut le concentrer en l’exposant à une douce chaîeur ou, ce qui vaut mieux , en le mettant dans une capsule sous le récipient de la machine pneumatique , à côté d’une autre capsule contenant de l’acide sulfurique concentré, et faisant le vide. Ce mode de préparation donnant lieu à une très petite quantité d’acide à la fois, le phosphore devant brûler lentement, on est obligé de multiplier les appareils lorsqu’on a besoin de s’en procurer une certaine quantité.

Le caractère le plus saillant de l’acide hypo-phosphorique , caractère qui peut le faire reconnaître , est celui qui résulte de

n8 ACIDES.

son exposition à l’acllon de la ehaleur, en le plaçant dans un petit matras, c’est-à-dire sa eonversion en aeide phosphorique, avec dégagement de gaz hydrogène phosphore , qui brûle au contact de l’air avec une odeur d’ail.

Les propriétés médicales de cet acide n’ont encore été déterminées par aucune expérience qui nous soit connue ; elles mériteraient cependant un examen approfondi. (A. C.)

Acide iiypo-sulfuheux. Cet acide, qui est composé de loo parties de soufre et de 5o parties d’oxigèue , n’existe qu’à l’état de combinaison avec les bases salifiahles. Il se décompose en donnant du soufre et de l’acide sulfureux, lorsqu’on essaie de le séparer par l’intermède d’autres acides. N’ayant pas été obtenu séparé de ses combinaisons, on n’a pu étudier ses propriétés physiques et chimique?.

Uni aux bases saliliables, il forme des sels, hypo-suljitesj qui sont aussi appelés sulfites sulfurés. ( A. C.)

Acide iiyro sulfurique. Cet acide fut découvert par MM. Gav- Lussac et Welter. Il est formé de loo parties de soufre et de 1 aSparticsd’oxigène et d’une quantité d’eau nécessaire à son existence; il est incolore, Inodore, même lorsqu’il est très concentré; •sa saveur est acide; il rougit fortement le papier de touimesol. Soumis à l’évaporation dans le vide, il peut être amené sans subir d’altération à une densité de 1,347 i i^als, passé ce terme, il se décompose, en donnant pour produit de cette réaction de l’acide sulfureux qui se répand dans la cloche ,et de l’acide sulfurique qui reste dans le vase ou était l’acide hypo-sulfurique.

A l’état liquide et très affaibli, lorsqu’on le soumet à l’action de la chaleur, il ne se volatilise d’abord que de l’eau, et l’acidQ ne se décomposé que quand il. a perdu une grande partie de ce liquide : il présente alors les mêmes phénomènes que ceux que nous avons indiqués précédemment. II est su.scrptible de s’unir aux bases saliliables; il forme alors des sels nommés liypo-sulfates

On prépare l’acide hypo-sulfurique de la manière suivante. On fait passer dans un flacon contenant de l’eau distillée, tenant en su.spension du pcroxidc de manganèse, un courant de

gaz acide sulfureux pur et lavé. Ce gaz , en passant dans le mélange d’eau et d’oxide, se décompose ; il en résulte des acides hypo-sulfurique et sulfurique qui s’unissent à l’oxide de manganèse pour former un sulfate et un hypo-sulfate : on filtre la liqueur et on y ajoute un excès de baryte en poudre. On facilite l’action de cet oxide par la chaleur et par l’agitation : par cette opération, l’oxide de manganèse est précipité, on obtient une liqueur contenant de l’ hypo-sulfate de baryte en dissolution et un précipité de sulfate de baryte et d’oxide de manganèse. Comme la liqueur contient un excès de baryte , on précipite cet excès d’oxide en faisant passer un excès de gaz acide carbonique qui forme un carbonate. On chauffe ensuite pour chasser l’excès de gaz carbonique qui pourrait tenir en dissolution du carbonate, on filtre , on fait évaporer, et on obtient par cristallisation un sel qui est l’hypo-sulfate. Ou le purifie par une seconde cristallisation ) puis on le traite par l’acide sulfurique, en quantité convenable pour ne décomposer que le sel. Si l’on ne prend pas cette précaution, on obtient, au lieu d’acide hypo-sulfurique, un mélange d’acide, et d’acide sulfurique (1). Si l’on est parvenu à séparer tout l’oxide de barium , sans cependant ajouter d’excès d’acide , on filtre : le sulfate reste sur le filtre, et l’acide hypo-sulfurique passe dans la dissolution. On concentre cet acide sous le récipient de la machine pneumatique, en ayant soin de ne pas pousser trop loin l’évaporation, de peur de décomposer cet acide.

Les propriétés médicales de l’acide hypo-sulfurique n’ont pas encore été examinées j elles doivent être analogues à celles des autres combinés formés , comme cet acide , de soufre et d’oxigène ; dans des proportions différentes. (A. G.)

Acide igasürique. Cet acide, sur l’existence duquel plusieurs

(0 Si on avait ajouté un excès de cet .acide, il faudrait, au moyen de c|uclqac8 gouttes d’eau de baryte, le séparer de l’acide bypo-sulfuriquc, en ayant S'dn de ne pas ajouter d’excès de baryte, mais la -juantilé nc'cessaire k la saturation de l’acide sulfurique seulement.

cliimistes élevent des doutes qui seront confirmés ou détruits par la suite , a été découvert par MM. Pelletier et Caventou , qui l’ont trouvé en combinaison avec la strichnine dans des plantes du genre strichnos et particulièrement dans la fève de Saint-Ignace.

Cet acide peu connu a été obtenu par les moyens suivans : on divise la fève au moyen de la râpe; on la traite dans le digesteur a soupape, au moyen de l’éther sulfurique qui dissout une huile concrète et un peu d’igasurate de strichnine. Lorsqu’on a épuisé par l’éther la fève râpée , on traite le résidu par l’alcool bouillant, qui dissout, i°. l’huile échappée à l’action de l’éther ; 2°. de la cire qui se dépose par refroidissement; 3°. de l’igasurate de strichnine; 4"- de la matière colorante. On réunit toutes les décoctions alcooliques, on les filtre lorsqu’elles sont froides, et on les fait évaporer; elles laissent pour résidu une matière d’un jaune brunâtre. On délaie ce résidu dans l’eau; on ajoute de la magnésie, et on fait bouillie le tout ensemble pendant i2 à i5 minutes. Par cette ébullition, l’igasurate est décomposé ; on obtient delà strichnine libre et un sous-igasurate magnésien qui est presque insoluble dans l’eau. On recueille ce sel sur un filtre, et ou le lave avec de l’eau froide pour enlever la matière colorante; on le traite ensuite par l’alcool bouillant pour séparer la strichnine qu’il peut contenir : celle-ci se sépare de l’alcool par refroidissement ; on fait ensuite dissoudre l’igasurate dans une grande quantité d’eau distillée bouillante; on précipite par l’acétate de plomb qui décompose le sel et donne lieu à de l’igasurate de plomb. On recueille ce sel sur un filtre, on le lave bien , on le délaie ensuite dans de l’eau distillée, et on fait passer dans ce mélange un courant d’hydrogène sulfuré. Ce gaz décompose l’igasurate, il convertit le plomb en sulfure, et met à nu l’acide igasurlque, qui reste eu solution dans la liqueur. On filtre, et on fait évaporer en consistance sirupeuse ; l’acide cristallise au bout de quelque temps en petits cristaux durs et grenus.

Cet acide est soluble dans l’alcool et dans l’eau; sa saveur est styptique et acide; il rougit fortement le papier de tournesol ; il

s’unit aux bases salifîables, et forme des sels nommés igasurates. Le sel formé avec l’ammoniaque (l’igasurate d’ammoniaque) a pour caractère particulier de décomposer les sels de cuivre. Par son contact avec ces sels, 15 solution du sel de cuivre passe de suite au vert, et il y a formation d’un dépôt salin d’un blanc verdâtre. (A. C.)

Acide kinique. La découverte de l’acide klnique est due à M. Vauquelin , qui obtint cet acide en décomposant le kinate de chaux J sel que M. Deschamps jeune, pharmacien à Lyon, avait obtenu de l’évaporation d’un macératum de quinquina, et qu’il avait purifié par des cristallisations répétées.

Cet acide s’obtient de la manière suivante f on fait infuser à plusieurs reprises du quinquina réduit en poudre j on réunit les infusions et on les fait évaporer jusqu’à ce qu’elles soient réduites en consistance d’extrait; on traite alors cet extrait par l’alcool, qui dissout toute la partie résineuse et qui laisse un résidu visqueux , brunâtre , formé de mucilage et de kinate de chaux. On dissout ce résidu dans l’eau, on filtre la liqueur et on la soumet à une évaporation spontanée dans une étuve: en se concentrant, elle laisse déposer un sel d’un brun rougeâtre, qui varie dans sa forme cristalline; on sépare ce sel des eaux mères, on le purifie par des dissolutions et des cristallisations répétées, et plus facilement encore en ajoutant à sa solution une petite quantité de charbon animal lavé , fab sant bouillir, filtrant et faisant évaporer. Lorsqu’on s’est procuré le kinate de chaux, on le fait dissoudre dans dix à douze fois son poids d’eau, et ou le décompose par une solution d’acide oxalique que l’on ajoute par petites portions et jusqu’à ce que l’addition d’une nouvelle quantité de cet acide ne donne plus lieu à aucun précipité : le kinate est décomposé; la chaux s’unit à l’acide oxalique, forme un oxalate de chaux insoluble; l’acide kinique reste en dissolution dans la liqueur : on fait évaporer celle-ci jusqu’en consistance de sirop, puis on l’abandonne à elle- même; elle fournit alors des cristaux d’acide kinique.

Cet acide a une saveur acide qui n’a rien d’amer; il l’ougit

la teinture de tournesol; il cristallise en lames divergentes dont la forme n’a pas encore été déterminée jusqu’à présent. Introduit dans une cornue et soumis à l’action du feu, l’acide kinique entre en fusion, bouillonne, se décompose et donne des produits semblables à ceux qui résultent de la décomposition des matières végétales, et de plus, à un peu d’acide pyro-kinique, selon quelques cliimistes. L’acide kinique est inaltérable à l’air; il est soluble dans l’eau : la solution ne précipite pas les nitrates d’argent, de mercure et de plomb. Ce caractère ne permet pas de le confondre avec un grand nombre d’acides végétaux. L’acide kinique s’unit aux bases sallliables ; il forme des sels particuliers nommés kinates. (A. C. )

Acide kramérique. M. Pescbier, pharmacien à Genève, a annoncé avoir trouvé dans le rhatania un acide particulier, qu’il a nommé kramérique. Cet acide, selon l’auteur, a une saveur vive et styptique; 11 est incristallisable. Il forme, avec la chaux, la magnésie, la potasse et l’ammoniaque, des kramérates cri.staHisables. Ces sels décomposent les sels à base de strontiane et de baryte. Il forme avec ce dernier oxide un sel avec excès de base, et qui est insoluble. Les sels solubles qu’il forme avec la baryte ne sont point décomposés par l’acide sulfurique, et l’affinité de l’acide kramérique pour la baryte est plus grande que celle de l’acide sulfurique pour cette base.

Des essais que l’un de nous a tentés sur de la racine de ralhania, dans le but d’obtenir l’acide kramérique, décrit par M. Pescbier, n’ont pas été suivis de succès. Cela tient peutêtre à ce que nous avons mal opéré, ou à ce que la racine que nous avons employée n’était pas la même que celle examinée par ce chimiste. (A. C.)

Acide lacciqüe. L’acide laccique a été annoncé par John, qui l’a trouvé dans la laque dite laque en bâton. Cet acide est peu connu : sa couleur est jaune de vin très clair ; il rougit la teinture de tournesol; il a une saveur acide ; il est soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther; il précipite en blanc la dissolution de plomb et de mercure; il ne fait éprouver aucun trouble à l’eau de chaux; il ne précipite pas le nitrate d’argent ni celui de baryte.

ACIDES. ia3

Les sels qu’il foroie avec la chaux, la soude el la potasse sont déliquescens. (A. C.)

Acide litiiiqüe. V- Acide uriqüe. (A, C.)

Acide xialiqüe , acide sorbique. La découverte de cet acide, qui date de 1785, est due à Sclieèle , qui, le premier, le fit connaître. Il existe dans presque tous les végétaux, et particulièrement dans les fruits (les pommes) , les poires, les prunes, les baies du sorbier, le sureau , l’épine-vinette : il est quelquefois seul, quelquefois mêlé à l’acide citrique, dans les groseilles, dans les fruits de l’alisier, du merisier, etc. , etc. Les plantes grasses en contiennent aussi, et on le trouve en assez grande quantité dans la joubarbe, le pourpier, et dans une foule d’autres plantes de diverses familles, etc., etc. ( V. Thomson, Système de Chimie J t. IV, p. 6 et suiv. )

L’acide mab’que n’a été obtenu à l’état de pureté que depuis peu d’années; ses propriétés, qui avaient été prises sur l’acide impur, ont donné lieu à un travail publié en i8i5, par M. Donovau. Ce chimiste annonçait qu’il avait découvert un acide particulier dans les baies du sorbier; ses expériences ayant été répétées par MM. Vauquelin et Braconnot, ces savons confirmèrent les assertions avancées par M. Donovan , et l’existence de l’acide nommé sorbique fut reconnue. En 1818, MM. Braconnot et Labillardière ayant l’cconnu, par des expériences faites séparément, que les propriétés de l’acide du sorbier ne différaient en rien de celles de l’acide malique pur, ils en tirèrent la conclusion que l’acide sorbique et l’acide malique étaient un seul et meme acide. {^jLnnales de Chimie et de Physique ^ t.VIlI.)

Plusieurs procédés peuvent être rais en usage pour obtenir 1 acide malique. Nous croyons devoir donner quelques détails sur ces procédés.

Pbocédé de m. Bhaconnot.

On prend les fruits presque mûrs, du sorbus aucupana, sorbier des oiseleurs ; on les pile dans un mortier de marbre, on en sépare le jus au moyen de la pression, on le fait bouillir

dans une bassine, on le filtre, puis on y projette peu à peu du carbonate de chaux pulvérisé ; on continue d’ajouter de ce sel jusqu’à ce que l’addition d’une nouvelle quantité ne donne plus lieu à aucune elFervescence -, on évapore jusqu’en consistance de sirop , en ayant soin pendant cette évaporation d’enlever l’écume qui se forme. Lorsque la liqueur est arrivée à l’état sirupeux, il s’y forme un dépôt abondant, grenu, qui est du sorbate ou malate de chaux. On laisse précipiter ce selj au bout de quelques heures, on décante les eaux mères, on lave le sel avec un peu d’eau, on le détache de la bassine et on le dessèche en l’exprimant fortement entre des morceaux de linge usé. En cet état, ce sel est légèrement coloré en jaune fauve; on le traite avec un poids égal au sien de sous-carbonate de soude cristallisé, dissous dans une certaine quantité d’eau; on fait bouillir pendant un quart d’heure. Le malate de chaux est décomposé : il résulte de cette décomposition un malate de soude coloré par une matière rouge ; on précipite celle-ci par un petit excès de chaux, en aidant à la réaction par la chaleur. On laisse déposer, on filtre; la liqueur passe incolore; on la soumet à un courant de gaz acide carbonique pour séparer l’excès de chaux qui peut rester en dissolution; ensuite on fait bouillir pendant quelques minutes, pour chasser l’excès d’acide carbonique qui pouri’ait se trouver dans la liqueur; on filtre de nouveau, puis on verse dans la liqueur filtrée de l’acétate de plomb. Ce sel décompose le sorbate de soude , donne naissance à de l’acétate de soude et à du malate de plomb; on recueille ce sel sur un filtre, on le délaie dans l’eau, et on verse en quantité convenable, dans ce mucilage, de l’acide sulfurique afîaibll. Cet acide décompose le sorbate de plomb. L’acide sulfurique s’unit à l’oxide, forme un sulfate de plomb qui se précipite. L’acide sorbique reste dans la liqueur; on filtre pour séparer le sulfate de plomb, puis on fait évaporer la solution acide jusqu’en consistance sirupeuse; on abandonne la liqueur à elle-même ; l’acide cristallise en mamelons. On peut aussi traiter le malate de plomb par l’acido hydro - sulfurique , qui décompose ce sel, forme un sulfure de plomb insoluble. L’acide sorbique mis à nu reste en dis-

solution , on fait évaporer , et on obtient l’acide cristallisé.

On peut aussi obtenir cet acide par le procédé de M. Lablllardière : on traite le suc de joubarbe par le lait de cbaux , filtrant ce suc lorsque l’excès d’acide est saturé, en faisant évaporer jusqu’aux trois quarts, puis laissant en repos. Le malate de chaux se précipite , on le sépare du liquide dans lequel il a cristallisé, on le traite par de l’alcool à i5° qui enlève la matière colorante qui le salissait. On le dissout dans l’eau, on le décompose par une solution de nitrate de plomb; on recueille le malate sur un filtre, on le lave et le décompose comme nous l’avons dit plus haut.

On peut encore obtenir l’acide malique en traitant une partie de sucre par 3 parties d’acide nitrique à 25° à l’aide de la chaleur ; mais ce procédé ne donne jamais un acide aussi blanc et aussi pur que celui obtenu des procédés que nous venons de décrire.

L’acide malique pur est blanc, cristallisé en mamelons; il est Inodore ; sa saveur est fortement acide ; il est d’une densité plus grande que celle de l’eau , mais cette densité n’a pas encore été déterminée. Exposé à l’air, il attire bientôt l’humidité et il se résout en liqueur. Il est très soluble dans l’eau et dans l’alcool. Soumis à l’action du feu dans une cornue de verre, il se fond, laisse dégager de l’eau, se décompose en laissant un résidu qui est du charbon impur, en fournissant deux acides pyrogénés , l’un liquide , l’autre solide ayant la forme d’aiguilles, d’une belle couleur blanche. Traité par l’acide nitrique, l’acide malique est facilement converti en acide oxalique. La dissolution de cet acide ne précipite pas les solutions nitriques de plomb et d’ai^ent.

L’acide malique s’unit aux bases salifiables, et forme avec elles des sels appelés malates ou sorbates.

Les propriétés médicales de l’acide malique n’ont pas encore été examinées. 11 est probable que ces propriétés sont analogues à celles des acides citrique et tartrique, et qu’il pourrait être donné dans les mêmes circonstances et aux mêmes doses que ces acides. (A. C.)

»2fî ^ ACIDES.

Acide margaiiiqüb, nutrgarine. Cet acide gras fut olitenu pour la première fois en i8i i , par M. Chevreul. Ce chimiste le fit connaître en i8i3, sous le nom de margarine^ et il lui donna ce nom a cause de sa couleur blanche et de son aspect nacré qui le fait ressembler à la perle. En 1816, M. Chevreul lui donna le nom ^ acide margarique , sous lequel il est connu aujourd’hui.

Cet acide existe tout formé dans le gras des cadavres. Depuis peu, MM. Lecanu et Casaseca l’ont découvert dans la coque du Levant. Pour se le procurer, on saponifie de la graisse, et on isole l’acide qui se forme, des acides oléique, stéarique, et de la glycérine qui l’accompagnent.

On peut préparer l’acide margarique par deux procédés : celui que nous allons indiquer ici est le plus simple et le plus facile à mettre -en usage.

On prend 100 parties de savon préparé avec la graisse humaine et aussi sec que possible, on le traite par 200 parties d’alcool à 43°; on laisse macérer à froid pendant vingt-quatre heures, en agitant de temps en temps; on filtre : l’alcool passe, tenant en dissolution de l’oléate de potasse ; le résidu qui reste sur le filtre est du margarate de cette base; on lave ce résidu avec de l’alcool, et on le laisse égoutter.

Lorsque le mai’garate est bien égoutté , on le traite par 200 parties d’alcool bouillant. Par le refroidissement de ce liquide, on obtient un dépôt salin, qui est du margarate de pot^isse. On recueille ce sel , on le fait égoutter , on le traite de nouveau par de l’alcool bouillant; on répète la même opération jusqu’à ce que ce sel soit assez pur pour fournir un acide qui soit fusible à 60°.

On peut séparer une certaine quantité de margarate de potasse de l’alcool qui est resté en macération sur le savon , et qui contient l’oléate : pour cela, on fait évaporer cet alcool à une douce chaleur; le margarate se précipite; on le recueille et on le purifie comme nous venons de le dire.

On décompose le margarate à base de potasse en le faisant chauffer dans une capsule avec de l’acide hydro-chlorique faible;

cet acide s’empare de la potasse, forme un hydro-clilorate de potasse soluble. L’acide margarique mis à nu vient surnager au-dessus du liquide. Aussitôt que cet acide est solidifié, on le sépare du liquide et on le lave avec de l’eau; on continue ce lavage jusqu’à ce que l’eau qui a passé sur l’acide ne précipite plus le nitrate d’argent. On met alors l’acide à sécher, et on J’enferme lorsqu’il est sec. SI cet acide était mêlé de substances étrangères , on peut l’en séparer en le faisant fondre et en le faisant passer, lorsqu’il est fondu, à travers un filtre lavé à l’acide bydro-chlorique d’abord , puis à l’eau bouillante, jusqu’à ce que l’eau ne contienne plus de traces d’acide bydrochlorique. Cette opération a pour but d’enlever tout le carbonate de chaux que le papier pouvait contenir, et qui nuirait à la pureté de ce produit.

L’acide margarique est insoluble dans l’eau, Il est soluble dans l’alcool et l’étber ; il rougit la teinture de tournesol , décompose à l’aide de la chaleur les sous-carbonates de potasse et de soude; il dégage l’acide carbonique, et s’unissant aux oxides de sodium et de potassium , il donne naissance à des sels nommés margarales. Soumis à l’action de la chaleur, il est fusible à 6o° lorsqu’il est pur; Il se prend, par refroidissement, en aiguilles entrelacées, plus rapprochées enti’e elles que ne le sont celles qui résultent de la cristallisation de l’acide margarique. Chauffé dans une cornue, il entre en ébullition; il laisse dégager une vapeur élastique, liquide d’abord , puis qui se solidifie; ce produit solide est chargé d’huile empyreumatique. Le fond de la cornue , après l’opération , contient une petite quantité de charbon.

Selon M. Chevreul, l’acide margarique est hydraté; il contient alors :

Acide sec g6,6

Eau 3,4

Cet acide hydraté décomposé donne pour produits de la décomposition ,

Oxigëne. .

Carbone . .

Hydrogène.

Sec, il donne,

Oxigène . .

Carbone . .

Hydrogène.

Depuis peu de temps, MM. Bussy et Lecanu d’un côté , M. Dupuy de l’autre, ont reconnu que l’on pourrait tirer, par la distillation du suif, des liuiles de pavot , etc. , de l’acide margarique mêlé à d’autres acides gras, etc. Cette belle découverte, qui promet de grands résultats, permettra sans doute l’emploi de cet acide dans les arts. Nous ferons remarquer ici que Perkins a reconnu que dans les cbangemens qu’éprouve la graisse employée dans les macbines à vapeurs , pour lubréfier le piston, il se formait un produit analogue aux acides gras. Cette remarque peut faire conclure que les corps gras sont encore susceptibles de subir diverses modifications d’où peuvent résulter des produits utiles pour les arts.

L’acide margarique entre dans la composition des savons ; uni à l’oxide de plomb, il forme un sel qui est une des parties constituantes des emplâtres. (A. C.)

Acide méconique. L’acide méconique n’est pas encore bien connu. Il a été découvert par Sertuerner pharmacien d’Eimbeck, qui le trouva dans l’extrait d’opium j il n’a encore été signalé dans aucun autre produit.

Cet acide est blanc ; sa forme cristalliné^ varie : quelquefois il est en aiguilles , d’autres fols en lames carrées ou en ramifications formées par des octaèdres très allongés. Il est fusible à une température de 120 à 125®. A peine fondu, il commence à se sublimer ; cette sublimation peut avoir lieu sans qu’aucune portion d’acide soit altérée ; il suffit pour cela d’appliquer la chaleur avec ménagement et de la continuer de même jusqu’à ce que tout l’acide soit volatilisé. Cet acide est

soluble dans l’eau, dans l’alcool; il rougit la teinture du tournesol ; il s’unit aux bases salifiables, et forme des sels nommés méconates. Mis en contact avec les solutions de peroxide de fer , il donne naissance à une couleur rouge des plus intenses , sans causer de précipité ; avec-les sels de cuivre, il y a changement de couleur, celle-ci passe au vert émeraude, ensuite il y a précipitation d’une siAstance pulvérulente de couleur jaune pâle.

Le meilleur procédé à suivre pour obtenir l’acide méconîque est celui donné par M. Robiquet : il consiste à faire bouillir pendant i5 à 20 minutes une infusion d’opium avec une petite quantité de magnésie caustique; filtrant la liqueur; lavant à l’eau distillée froide la matière qui s’est déposée sur le filtre ( le méconate de magnésie impur ) ; le traitant par l’alcool faible, puis' par l’alcool concentré ; la décomposant ensuite par l’acide sulfuriqim très affaibli , à l’aide de la chaleur; précipitant par la solution de raurlate de baryte 'la liqueur acide, qui donne un précipité coloré composé de méconate et de sulfate de baryte. Ce précipité, lavé, est ensuite mis en macération avee de l’acide sulfurique faible, qui décompose le méconate de baryte en s’unissant avec l’oxIde de barium; on filtre on lave le résidu , l’on fait évaporer la liqueur et les eaux de lavage: lorsqu’elles sont concentrées convenablement l’acide meconique se sépare du liquide à l’état solide et sous' forme de petites boupes rayonnées d’un jaune rougeâtre. On sépare cet acide du liquide ofi il a cristallisé, on le lave dans une petite quantité d’eau froide, on le fait sécher, on le sublime ensuite a une chaleur convenable et que l’on continue jusqu’à, ce que tout I acte so.t volatilisé. Cet acide , par cette opération perd sa partie colorante qui rcs(e dans le fond du vase oi. l’on I opéré la sublimation.

L’acide meconique n'est point emplojé dans la Tliérapeu- .que, mais comme il existe dans l’opium en combinaison avec

scienras'’nûi'’ , '«

ences qui sont en rapport avec la Médecine. (AC)

CIPE MiNisPEBMiQur. Cd acidc fut annoncé par M. Boul- Toate I.

i3q acides.

lay , qui l’obtint du menispermiim cocculus. Son existence n’ayant pas paru démontrée à M. Thénard ( Traité de Chimie, tome III , page 664 ) , M. Casaseca fit à ce sujet des expériences qui le conduisirent à reconnaître que \ acide ménif spermique n’existait pas. Ce travail, lu à la» société de Pharmacie de Paris , porta M. Boullay à fair>e de nouvelles recherches qu’il a soumises au jugement du savant professeur de Chimie M. Vauquelinj il est résulté de ces recherches que l’acide retiré de la coque du Levant était un mélange d’acides sulfurique et malique colorés par un. peu de matière végétale d’un goiit amer. ( A. C. )

Acide méphitique. V. Acide cabbonique,. (A. C.)

Acide molybdeux, oxide bleu de molybdène. Cet acide est le résultat de la combinaison de l’oxigène avec le molybdène dans les proportions de 100 parties de métal et de 33, 5n d’oxigène. Il est sous forme d’une poudre de couleur bleue, il possède les propriétés des acides; il rougit les couleurs bleues végétales; il est soluble dans l’eau; il se combine aux bases salifiables , et forme des sels.

L’acide molybdeux est peu connu; mais il serait peut-être utile de l’étudier sous le rapport de ses propriétés médicales. Il s’obtient par le procédé suivant, indiqué par, liuchola^-

On prend une partie de molybdène métallique , on le réduit en poudre très fine; lorsqu’il est en çet état ? on le mêle, à 2 ■ parties d’acide molybdique , on triture dans un mortier de verre; on y ajoute une petite quantité d’eau bouillante; on continue la trituration jasqu’à ce que le mélange devienne bleu; on verse de nouveau dans le mortier 8 à lo parties d’eau ; on introduit le tout dans une fiolCi^ et on fait bpulllir, pendant quelques minutes ; on filtre , et on fait évaporer dans le vide ou à une chaleur de 4o à î*o degrés centigrades la liqueur filtrée; l’acide molybdeux reste à l’état d’une poufirn de couleur bleue; on le recueille, et on le conserve dansr un flacon* bien desséché.

Si le mélange de, molybdène et d’acide n’était: pas entie,rement dissous, il faudrait faire bouillir de nouveau, arec

ACIDES. i3i

de l’eau le résidu, filtrei', et faire évaporer comme nous l’avons déjà dit. ( A. C. ).

Acide molybdiqtte. L’acide molybclique est le résultat cle la combinaison du molybdène avec l’oxigène dans les pro-

portions suivantes :

Molybdène loo

Oxigène 5o.

Cet acide fut découvert en 1778 par Scbeèle; il fut ensuite examiné par MM. Bucbolz et Hatcbett, qui nous firent connaître plus particulièrement tes propriétés de cet acide.

L’acide molybdique est sous forme de poudre , d’un gris blanchâtre; il est soluble dans 960 parties d’eau bouillante;, sa solution est légèrement colorée ; elle rougit le papier et la teinture de tournesol: traitée par les acides sulfurique, nitrique et bydro-cblorique l’acide en est précipité. Chauffé dans un creuset fermé, l’acide molybdique se fond, cristaL lise : si le creûset est découvert , on aperçoit l’aelde qui se volatilise sous forme de vapeurs blanches qui se condensent en écailles sur les corps froids qu’on place au milieu de ces. vapeurs.

Cet acide est susceptible de s’unir aux bases salifiables et, de former des combinaisons salines nommées molybdates. Mis. en contact avec le métal divisé, à. l’aide de la chaleur et de l’eau , il passe à un état moindre d’oxidation , et se convertit en acide molyhdeux.

Prèparatiojh. On prépare cet acide par deux procédés di£férens : le premier consiste à traiter du sulfure de molyhdène natif réduit en poudre, par l’acide nitrique, et mieux en-r core par un mélange d’acide nitrique et d’acide hydEo-chlorique; on distille jusqu’à slccité; on ajoute de nouveau de raoidè., et on répète 1 opération jusqu’à ce que tout le mélange soit cjopr verti en une masse blanche. On lave cettè masse avec de l’eau distillée bouillante , pour enlever l’acide sulfurique foi‘mé et les autres acides qui pourraient encore rester dans le résidu; opsquede lavage est- terminé j on fait sécher le: résidu qui est de hacide molybdique.

i32 acides.

On peut aussi obtenir l’acide molybdique en opérant de la manière suivante ; on calcine dans un creuset ouvert le sul-fure de molybdène réduit en poudre, en ayant soin de renouveler les surfaces pendant la calcination lorsque le résidu est entièrement privé de soufre, on le pulvérise et on le met en contact avec une solution aqueuse de soude ou avec de l’ammoniaque liquide. Au Lout. d’.un certain temps le molybdène séuaré du soufre et qui a absorbé l’oxlgène est passé à l’état d’acide celui-ci se combine à la soude ou à 1 ammoniaque, et forme des sels. On dotante la partie liquide claire, qui contient les molybdates de soude ou d’ammoniaque ; on décompose par l’acide hydro-cblorique qui s’unit à la base et met à nu l’àcide molybdique. Cet acide se précipite sous forme d’une poudre blancbe ; on sépare cette poudre, et par le lava-e fait avec l’eau distillée bouillante, on la prive des substances solubles qu’elle peut encore retenir. ^

Les réactifs qui peuvent servir à faire reconnaître 1 acide molybdique sont : i». le papier blanc. Trempé dans ^ h solution de cet acide et exposé è la lumière du soleil, la partie immergée prend une belle couleur bleue, a”- L ^ade sulfu rloue. Cet acide dissout l’acide molybdique a laide de la chaleur; cette dissolution, lorsqu’elle est chaude est inco lore mais elle prend en se refroidissant une lielle couleur bleue, qu’on peut rendre plus intense encore par 1 addition d’une solution de soude. La solution sulfurique soumise a l évaporation , laisse pour résidu de l’acide molybdique. 3 . La LaiUe d’élain : mise dans la solation de mol, Mate dé potasse en même temps qu’une petite quantité d acide bydro-cblo riaue elle donne lieu à une belle couleur bleue.

L’action du molybdate d’ammoniaque a été examinée par M. Gibelin; ce chimiste a reconnu ; i°. que ce molyidate, lorsqu’il est introduit, chez le chien , dans l’estomac ou tans le système de la circulation, agit en déterminant le vomissement et la diarrhée; 2“. que lorsque ce sel est ingère dans les vaisseaux sanguins dont il ne^peut s’échapper promptement, il occasione des symptômes de paralysie qui durent

long-temps j 3“. que lorsqu’il est <lounG à haute dose aux lapins (îgros) par l’estoraac, il excite dans ce viscère une violente inflammation , diminue les mouvemens du coeur et huit par causer la mort au milieu des convulsions. (Voyez Journal de Chimie médicale , tora. I , page 553 et suiv.)

Kcid'B ’s^o'saQV'S. , acide moroxilique. En 1802 M. Thompson ayant x-emarqué que l’écorce d’un mûrier hlanc qui se trouvait dans le jardin botanique de Palex'me était recouverte d’une exsudation saline sous forme de petits grains d’un brlùn noirâtre, recueillit ce produit et l’adressa à Klaproth. Ce chimiste en fit l’analyse, qu’il publia en i8o3 .; il annonça en même temps la découverte d’un nouvel acide qui était combiné avec la chaux dans le produit examiné. ■;

Cet acide a une saveur analogue à celle de l’acide succinique’, il est soluble dans l’eau et dans l’alcool; sa solution rougit le papier de tournesol ; mise à évaporer , elle fouimit de petits cristaux aiguillés d’une couleur jauüâtrq.; mais elle peut être privée de cette couleur qui lui est com muniquée par des substances étrangères. Chauffé dans une cornue , l’acide morique se décompose eu partie ; il résulte de cette décomposition ; 1° un acide qui se sublime sur les parois de la coimue et qui est sous forme de cristaux prisroatiques transpai’ens ; 2°. une liqueur acide empyi’euinatique qui a epeore la saveur de l’acide morique ; 3°. du charbon qui reste dans la cornue et des gaz qui se dégagent. L’acide .moriquq uni à Ip chaux forme, un jsel ( le morate de chaux ) soluble dans vingt-huit fois son poids d’eauT bouillante, dans soixante-six fois sou poids d’qau l^roide. Uni à la soude , à la potasse, il forme des sels,; très solubles {^morales de soude et de potasse ), V,

Le procédé à employer. , pour obtenir l’acide morique est le suivant ; ,

On traite par une grande- quantité d’eau distilée bouillante, l écorce du mûrier , ou l’exsudation saline qu’on a séparée de cette écorce; on fait bouillir la solution aqueuse de mo-

i34 ACIDES.

rate de chaux avec un excès d’acétate de pîonab. CeS sels sé décomposent mutuellement) il résulte dé cette déUomposition , du morate de plomb insoluble, et de l’acétate de chaux qui reste en dissolution; on filtre; on lave le précipité; puis on décompose le sel de plomb par l’acide sulfurique qui forme un sulfate de plomb insoluble, et met l’acide morique à nu; on fait évaporer l’acide, qui cristallise. Il vaut mieux, an lieu d’acide sulfurique , employer l’acide hydro-sulfurique ; pour cela, on délaie le morate de plomb dans de l’eau distillée ; on fait passer dans ce mélange un courant d’hydrogène sulfuré. Lorsqu’il y a un excès d’acide hydro-sulfurique dans la liqueur, on filtre; puis on ajoute du charbon animal lavé à l’acide hydro-chlorique (le cinquième du poids de la liqueur); on fait bouillir pendant quelques minutes; on filtre de nouveau, et on fait évaporer : on obtient par l’évaporation l’acide cristallisé.

L’acide morique n’est pas encore bien connu ; il n’y a guère que M. Klaproth qui- ait travaillé sur cét acide.

Nota. Une petite quantité d’une exsudation à peu près ■gemblable à celle décrite par Klaproth , mais dont l’origine n’était pas bien certaine, nous ayant été remise , par l’expérience, elle nous a donné des résultats qui s’éloignaient un peu de ceux de ce savant chimiste ; mais le peu dé matériaux que nous possédions nous a forcé à ne rien publier dë ce travail. ( A. C. )

Acide mitçiqüe, acide eacchalaclique j acide' sachlacti^UBj 'acide dit sucfe de laitj acide inuquèux. Cèt aride j cjüi h^efiisfe pas dans la nature, est Un des produits de î’aét ; sa découverte date de 1780; elle est due à Scheèle. “

L’acide mucique est sous forme d’ Une poudre blanèhë, érâquant sous la dent; sa saveur est faiblement - abîde , cependant il rougit la teinture et le papier de toürnesol. Soumis à l’action de la chaleur dans un vase distillatoire, on voit cët acide Sé gonfler , noircir, Se fondré , se’ décomposer et dônher naissance par cette décomposition à dès produits semblables à ceux que l’on obtieryt de lU' déèoihposltfiort des'iVlatièrés végé-

ACIDES. i35

taies , et ea outre à un acide qui passe d’abord à l’état de vapeurs qui se condensent par refroidissement dans le col de In cornue. Cet acide, regardé par ïrommsdorf comme de l’acide ^ucoinique mêlé d’acide pyro-tartrique , a été nommé acide pyro~mucique par M. Houton Labillardière, qui a fait connaître ses propriétés.

L’acide mucique, soumis à l’action de l’air atmosphérique, n’éprouve aucun changement \ mis en contact a^ec l’eau bouillante, il est soluble dans ce liquide dans la proportion d’une partie d’acide pour 64 parties d’eau à 100". Cette solution aqueuse, par refroidissement, laisse déposer une petite quantité d’acide muoique* cristallisé. Selon les auteurs, l’acide mucique est absolument insolul^le dans l’alcool j nous sommes cependant parvenus à dissoudre de petites quantités de cet acide dans ce liquide. '

La solution d’acl4e mucique précipite les dissolutions dechaux , de baryte, de strontiane', elle opère aussi la précipitation des nitrates de mercui'c, d’argent; il en est de même lorsqu’on la met en contact avec le nitrate, l’acétate et l’hydro-chlorate de plomb.

L’acide mucique a été nommé acide du sucre de laitj parce que Scheèle l’obtint, pour la première fois, en traitant le sucre de lait par l’acide nitrique. Cette dénomination fut .remplacée par celle de saccholactique, puis sachlactique; elle fut encore changée par Fourcroy, qui lui donna le nom d’acide muqueux, parce que l’on obtient cet acide en traitant de la gomme arabique et d’autres substances mucilagineuses par l’acide nitrique.

On prépare cet acide de la manière suivante : on prend trois parties d’acide nitrique, une partie de sucre de lait, ou bien deux parties d’acide nitrique et une partie de gomme ; on introduit 1 un des deux mélanges dans une 'cornue d’une capacité quadruple de celle du volume du mélange; on adapte un matras tubulé à long col au bec de la cornue; on lute • la partie où la cornue se joint au matras; on place la cornue sur un triangle supporté par un fourneau, puis on chaulTe

modérément : la réaction de l’acide sur la matière végétale a lieu avec vivacité; il en résulte un dégagement de vapeurs nitreuses.

L acide mucique produit se précipite sous forme d’une^ poudie blanche; lorsqu’il n’y a plus d’eEPervescence ni de dégagement de gaz, on arrête l’opération, on démonte l’appareil ; on veise dans une capsule le produit (|ui reste dans la cornue, on le lave avec une grande quantité d’eau ; par ce lavage , on le sépare de 1 acide nitrique qu’il pourrait retenir.

Pour obtenir l’acide mucique, il est préférable d’employer le suere de lait, à la gomme. Selon M. ^Laugier, l’acide mucique préparé avec la gomme contient toujours une petite quantité d osalate ou de mucate de chaux. Ou peut cependant débarrasser cet acide de ces sels, en mettant en digestion avec de l acide niti ique ftiible l’acide mucique impur; l’acide nitrique dissout ces sels , et les sépare de l’acide qui reste insoluble.

Les propriétés médicales de l’acide mucique ne sont pas connues, et cet acide n’est pas encore employé dans la Thérapeutique. (A. C.)

Acide muiiiatiqüe. ’K. Acide hydro-chlohiqtte.

i^CIDE MURIATIQUE DÉPHLOOISTIQUÉ. V. ChLORE.

Acide muriatique oxioéjiÉ. /^. Chlore. (A. C.)

Acide muriatique hyper-oxigéné. V. Acide ciiloriqde.

Acide nancéique, découvert par M. Braconnot dans les substances qiii ont acquis l’acescence , le riz aigri, le Jus de betterave putréfié, les pois et les haricots bouillis, puis devenus acides. Veau suYe, préparée avec le levain de boulanger J' etc. *

Cet acide, selon M. Braconnot, se développe en même temps quie l’acide acétique, dans toutes les substances organiques qui deviennent aigres.

Le procédé suivant est celui qu’il emploie pour séparer cet

acide du suc de bellerave aigri. On concentre ce suc à une douce chaleur, et on continue la concentration jusqu’à ce qu’il soit amené à l’état d’extrait presque solide; on traite cet extrait par l’alcool ; on fait évaporer dans un alambic la solution alcoolique jusqu’à ce qu’elle soit en consistance de sirop; on traite cette liqueur sirupeuse par une certaine quantité d’eau distillée; on y projette ensuite du carbonate de zinc. Ce sel'se décompose,, l’acide carbonique se dégage, l’acide nancéique s unit à l’oxide de zinc, et forme un nancéate. Lorsque tout 1 acide est séparé et qu’il n’y a plus de dégagement d’acide carbonique, malgré l’addition d'une nouvelle quantité de carbonate, on jette le tout sur un filtre.: le sel de zinc passe en solution dans la liqueur; on fait évaporer cette solution jusqu à pellicule, puis on laisse refroidir le sel qui se trouve dans la dissolution cristallisée; on le sépare des eaux mères ; on le fait dissoudre et cristalliser une seconde fois; ensuitemn le fait dissoudre de nouveau dans l’eau, on le décompose par l eau de baryte qui s’unit à l’acide et forme un sel que l’on décompose par l’acide sulfurique; cet acide s’empare de la baryte, et forme une sulfate insoluble qui se précipite : l’acide mis à nu reste en solution dans la liqueur; on Eamène par 1 évaporation a I état de concentration convenable.

Cef acide est incolore, incristallisable; sa saveur est fortement acide ; chauffé dans une cornue , il >se décompose complètement en fournissant des produits analogues à' ceux ‘que Ipn obtient de la décompo.sition des matières végétales. L’acide nancéique dissout 1 oxidc id’ argent; il ne pi’écipite aucune dissolution métallique ( excepté la dissolution de zinc ) lorsqufelle est concentrée. :> ! !■ cil»

Çet acide s unit aux bases salifiables, et- forme des sels nommés nancéa/es. -1. , '

. §elon quelques auteurs , 1 acide nancéique a beaucoup d’analegie avec 1 acide lactique. La remarque en a été faite par

M. Thénard; M. Vogel, ensuite, a confirraé'ien partie cette a.ssertion. , , , , , ,

L acide nancéique est encore peu connu : nous ne croyons pas

i38 ACIDES.

devoir eu parler davantage, nous renverrons aux ouvrages saivans. .( V. le t. LXXXVI des Annales de CliiTnie et le t. Hï du Journal de Pharmacie. ) (A. C.);

Acide nitreux, esprit de nitre,j acide rutilant j acide fu-mantj acide nitreux phlogistiqué. La découverte de l’acide nitreux est due à Sobeèle., qui le premier, en 17 74? établit une différence entre les acides nitreux et nitrique. Cet acide -fut ensuite examiné par d’autres chimistes, au nombre desquels on doit citer, parmi ceux de notre époque, MM. Berzelius, Davy, Dulong , Gay-Lussac. M. Dulong a démontré que ‘cet acide, regardé jusqu’alors comme substance gazeuse, peut être amené à l’état liquide, sous la pression et à la températu're Ordinaire de l’atmosphère, et qu’il est, à 0°, d’une couleur jaune tirant sur le fauve, presque incolore à 10°, et jaune orangé de i5 à a8“. M. Houton Labillardière a annoncé que cet acide, soumis à un froid de '^0°, se prenait 'en une massé blanche solide.

L’acide nitreux .a une saveur caustique; isa densité edt de il agit fortement sur le tournesol; mis en contact avec la peau, il la tache en jâune et la désorganise instantanément. A 28°, sous une pression de 76 centimètres, il bout et se réduit en gaz rutilant; il répancLalors des vapeurs rouges daiA l’atmosphère. Mis en contact avec l’oxigène pur et sec , ^cet acide colore seulement ce gaz; si l’oxigèné est humide, il y a combinaison et formation d’une certaine* quantité d’acide nitrique. L’acide nitreux se conduit avec les corps combustibles à peu près de la même manière que le fait l’acide nitrique avec ces mêmes corps ; mis en contact avec lacide hydro-sulfurique, il décompose cet acide, et donne liéù ^à la précipitation du sou&re ; versé 'dans une grande quantité d’eàu , il est décomposé avec dégagement de deutoxide d’azote 'et'fôt*juation d’acide initrique qui se dissout. Si la quantité d’eau ajoutée esft.peu considérable , la décomposition n’a pas' Heu et d'acide prend une belle eouleur vert-émeraude. On peut obtenir divers degrés de coloration, le bleu verdâtre, le' vert foncé, le jaune orangé: pmi^ cela, on ajoute à une quantité don-

ACiDES. 189

née d’eau des quantités plus eu inoin^ gt-àndès d’acidfe ïiîtrèux.

L’acide nitreux, b la température ordinaire, se combine avec l’acide sulfurique. Cette combinaison donne naissance à un produit cristallin , susceptible d’être décomposé par l’eau.

Cet acide s’unit aux bases saliliables, et forme Un genre de sels que l’on a appelés nitrites.

L’acide niticux s’obtient de la rnauière suivante : on introduit dans une cornue de verre du nitrate de plomb sec et neutre; on adapte au bec de la cornue un petit récipient tubulé; on entoure ce vase d'un mélange de glace et de sel; on chauffe la cornue ; le nitfHté de plomb se décemposè; une Vapeur rouge passe de la cmmliC dans le ‘récipient, elle s’y condense et donne naissance à un liquide jaune orangé qui est 1 acide nitreux. Berzelius est le premier qui ait remarqué la production de ce liquide lors de la distillation du nitrate de plomb ; mais l’examen en fut fait par MM. (jaÿ-Lussac et Dulong. L’acide nitreux est, selon M. Dulon'g, composé de 44 > ^5 d azote et de 1 00 d’oxigètie; sa 'couleur, son odeur, «a maniéré de se comporter iavec l’eàu , Sont des caractères suffisans pour faire Tcconnaître l’àcide nitreux.-

On peut décomposer l’acide nitreux en le faisant passer à •l’état de vapeurs sur des fils dè ffer ou de Cuivré cbauffés au rouge; dans ce cas, 1 oxigène de l’acide s’unit au métal et l’a- 2ote passe à l’état de gaz 5 on recueille celui-ci pôur reconnaître la quantité.

L acide nitreüx est peu usité dans l’art médical, cependant On la. emplc»yé aVee succès -, mêlé à l’alco'ôl, jbour toucher des uleeres cliTOttiques et déterminer par Cette 'ajiiplioalion la cicatrisation de ces ulcères. (A. C.)

AcIob nitbique , esprit dè hitre j èàu forte j 'aùîde azôtique. L’acide nitrique est le résultat dé la combinaison de l’azote avec l’oxigèùe, dans la proportion ( en pôids ) de 35,4o d’a- *ute et de 100 d’oxigètie. (DaVy, Gay-LussaC. ) Cét acide fut ■découvert par Raymond Lülle, qüi l'obtint en soumèttâut & la distillation un mélange de nitre êt d’argile. La connaissance des propriétés et la détermination des éléméUS dé l’acidé

*4o ACIDES.

nitrique sont dues aux nombreux travaux de Cavendisch, de Priestley, de Lavoisier, et à ceux de MM. Gay-Lussac, Davy, Dalton. Ces derniers étudièrent plus particulièrement ses propriétés; ils déterminèrent son emploi dans les arts et dans les essais chimiques.

L acide nitrique se fabriquait , il y a quelques années encore, de^ la manière sulrante ; on introduisait dans des cornues de grès nommés cuines, un mélange de nitre et d’argile; on soumettait ensuite à l’action de la chaleur les cornues contenant ce mélange ; il résultait de l’action de la chaleur une décomposition du nitre; l’acide nitrique, mis à nu, passait à l’état de vapeurs et était recueilli dans des vases destinés à servir de récipient. Ce moyen n’est plus mis en usage aujourd’hui , et le procédé suivant est celui des arts; il sert à fournir de grandes quantités d’acide.

On a un fourneau en. maçonnerie qui contient trois ou quatre cylitidres de fonte ; les extrémités des cylindres se ferment par des bouchons de métal; à l’un de ces bouchons est une ouverture qui reçoit un tube recourbé qui va se rendre dans une tourille degrés placée dans un vase plein d’eau, facile à renouveler; de cette tourille, qui a trois tubulures, part un tube qui communique avec une autre tourille, et‘ ainsi de suite avec autant de ces vases qu’il est nécessaire d’en mettre. La troisième tubulure sert a supporter un tube qui est destiné a empeclier 1 absorption, en permettant à l’air de renti’er au besoin pour que l’acide soit condensé. On lute les points de jonction des tubes avec les, tourilles, puis on introduit dans les cylindres, par l’extrémité opposée à celle .qui reçoit le tube, du nitrate de potasse, loo parties, ide l’acide sulfurique à 66 , 6o parties; on ferme, et on lute l’extrémité du cylindre avec de 1 argile ;jOn laisse réagir pendant quelques instansjipuis on allume le feu dans le fourneau .où sont placés les cylindres^ L affinité de l’acide suif urique, pour, la potassé étant plus grande que celle de l’acide nitrique du nitrate , ce sel; est décomposé ; l’acide sulfurique s’ unit avec l’oxide de potassium, i forme un sulfate de potasse-; l’acide nitrique mis à nu et à, l’état gazeux^

passe dans les tubes, se rend dans les tourilles, où il rencontre de l’eau, et se condense. On continue le feu sous le cylindre jusqu’à ce que l’on reconnaisse que les vapeurs, devenues plus rouges, cessent ensuite de se faire apercevoir; on donne un dernier coup de feu, on ari'ête, on laisse refroidir, puis avec une pince on enlève le sulfate de potasse , résultat de la décomposition du nitrate par l’acide sulfurique.

L’acide qui a été recueilli dans la première bouteille est moins pur que celui recueilli dans les suivantes; il contient de l’acide sulfurique et quelquefois des sels entraînés par les vapeurs. On destine cet acide à la fabrication de l’acide sulfurique, ou bien on le rectifie en lui enlevant les substances étrangères qu’il tient en solution ; l’acide contenu dans les bouteilles qui sont à la suite de la première est plus pur. Cet acide, pouv ctré livré au commerce, doit porter 36° à l’aréomètre deBaumé. Pour obtenir l’acide saturé, on met à la place de la première bouteille, celles des bouteilles qui étaient les plus éloignées de l’appareil , et on remplace ces dernières par des bouteilles contenant de l’eau destinée à condenser d’abord l’acide qui s’échappe des bouteilles précédentes. Ce procédé est celui des fabriques : celui mis en usage dans les laboratoires est le même, si ce n’est qu’au lieu de cylindres de fer et de tourilles de grès, on emploie des cornues de verre et des flacons de Woulf.

Description de V appareil. On prend une cornue tubulée, on adapte à ce vase une allonge qui se rend dans un ballon lubulé; on place sur la tubulure de ce ballon un tube de verre très long qui se rend dans une cheminée où il porte les vapeurs nitreuses qui se dégagent pendant l’opération; on lute parfaitement les parties de l’appareil , et on introduit par la tubulure de la cornue loo parties de nitrate de potasse (i) et 6o parties d’acide sulfurique concentré; on ferme la tubulure de la cornue; ou chauffe graduellement le mélange

(O La pureté du nitrate de potasse employé dans la fabrication de l’acide nitrique influe sur la pnretc de ce produit; si cc sel contient des hydro-clilo'

ï^a. ACIDES.

q^ui entre eij; fusion. La, réactioni s’opère', l’acide sulfurique s’empare de la, potasse; l’acide nitrique mis à nu se dégage et va se condenser dans le ballon que l’on doit avoir soin de rafraîchir par un mélange réfrigérant , ou en faisant tomber sur ce vase un filet d’eau continu, comme dans l’opération en. grand. On s’aperçoit que l’opération est terminée lorsque le mélange se boursoufle au point de s’élever jusqu’au col de la cornue, en laissant dégager une assez grande quantité de vapeurs rutilantes. Ces vap.eurs sont dues à la décomposition d’une certaine quantité d’acide nitrique qui ne trouve plus d’eau pour rester à l’état liquide, et qui*en outre se trouve élevé à une haute température. Lorsqu’on est arrivé à ce point, on arrête l’opération, on démonte l’appareil et on recueille l’acide qui s’est condensé dans le ballon. On peut, au lieu d’uné cornue employer une cornue non tabulée ; lieu d’in-

troduire le nitre par la tubulure de la cornue, on le fait entrer par le ool , et on fait arriver l’acide sur le sel en se servant d’un entonnpir à long tube. On a soln,,en. t^e tirant oet entonnoir , dcr ne pa? laisser tomber d’acide dans le col de la cornue ; un pareil manque de précaution augmenterait l’ampureté de l’apide nitrique obteuu.

Purification de V acide nitriqm,'id o,c\à.Q obtenu (soit en grand, soit en petit), par les moyens que nous venons d’indiquer n’est pas à l’état de pureté; il contient du chlore, de l’acide hydrochloriqu,e,^de l’acide sulfurique. Faut priver cet acide de toutes ces substances et l’-obtenir à un état de pureté convenable à divers emplois, on agit de la manière suivante : on verse goutte par goutte dans un flacon contenant une certaine quantité ^ acide nitrique du commerce y dte la solution concentrée de nitrate acide d’argent,; on remue, on laisse' déposer: quand le dépôt est fait , on ajoute deinouseau de la solution d’argent jusqu’à, çe. que cette splution ne produise plus de précipité dans, l’açldc j oîj laisse en, repos. Lorsque le liquide est' parfal-

rates, cep splç, sftnt decçnipopcp,ça mêmn temps que le nitrate, l’aeide liydrp-chloftquç passe à-la dijuillaûon et se trouve mélii h l’aoide nihique;

temeut clair, ou décaote, on iuti'oduit te produit décanté dans une cornue-; on emplit ce vase jusqu’à moitié ; on faittomber dans ce liquide un fd de platine tourné en spirale, destiné à s’opposer à l^effet des soubresauts pendant le temps de l’ébullition, on place la cornue sur une grille posée sur un fourneau; on adapte au bec de la cornue une allonge, et à celle-ci un matras tubulé dont la tubulure est surmontée d’un bouchon portant un long tube effilé. On ne met point de bouclions pour joindre la cornue avec l’allonge, ni celle-ci avec le matras; ces bouchons, en se corrodant, pourraient tomber dans l’acide et le jaunii*.

Lorsque l’appareil est placé, on chauffe doucement la cornue,, on augmente ensuite le feu pour porter à l’ébullition: l’acide nitrique s,e réduit en vapeurs, passe de la cornue dans l’allonge et de là dans le récipient; on rafraîchit ce dernier vase en dirigeant sur lui un lilet d’eau qui doit tomber tout le temps, de l’opération; on fixe ce récipient dans une terrine percée dans, le fond, et qui laisse écouler l’eau qui a servit à rafraîchir le matras.

Lorsque la. distillation est assez, avancée, on laisse refroidir l’appai-eil, onle démonte. On enferme Tacide obtenu danst un flacon bouché à l’émeri et qui d’avance a été lavé à l’eau distil* lée et mis à égoutter ; qu place ensuite ce flacon à l’abri des rayons lumineux, dans un lieu dont la température soit peu élevée. Cette précaution est utile pour pouvoir conserver' cet acide sans qu’il éprouve de décomposition.

L’acide, nitrique pur est un llqnlde hlftOQ; son odeur est particulière; sa saveur est forte., corrosive; mis em contact! avec la peau , il la tache en j^iune et la désorgfmise. Sa pesanteur' spécifique est de i,5i3 ( Gay-Eussac ). Il a une très grande affinité pour l’eau; on n’a pas encore pu l’obtenir privé de ce liquide. A l’état de qoncent ration , il attire l’humidité de l’air ; mêlé à l’eau, d donne lien à un dégagenieut de chaleur; exposé! à l’air , il ex^le des Tapeurs blanches„qu,i, sont nuisiblesià l’économie animale. A 54° centigrades au,-de5soufi de 0°; l’aoidè nitriq^e commence, à se congeler; si l’on agite le vase.qui leconfient, on le convertit en une masse épaisse qui a l’appa-

rence du beurre. Un grand nombre de corps combustibles ont de 1 action sur l’acide nitrique ; ils le décomposent en donnant lieu à des produits nouveaux, et en donnant naissance à du deutoxide d’azote. Parmi ces corps combustiblès , il en est qui, au moment du contact, donnent lieu à des pliénomènes particuliers. Parmi ces phénomènes, on remarque l’inflammation qui est produire par 1 action de l’acide nitrique versé sur le zinc, le bismuth, l’etain, ces métaux étant à une température elevée; le meme efl'et a lieu lorsqu’on met cet acide en contact avec de la limaille de fer bien sèche.

L’acide nitrique absorbe avec rapidité le deutoxide d’azote; par cette absorption, il change de couleur, et il devient jaune ou brun, selon les quantités de ce gaz qu’il a dissoutes.

Cet acide s unit aux bases saliliables ; il forme avec ces bases des sels nommés nitrates.

L’acide nitrique marquant à l’aréomètre de Baumé 26°, est appelé eau forte; étendu d’eau et amené à 20°, on le nomme eau forte seconde.

Cet acide sert aux pharmaciens , dans la fabrication de l’acide oxalique, dans la préparation de l’acide hydro-chloronitrique, du précipité rouge, etc., etc.

Dans l’art médical, on l’emploie dans des pédiluves, étendu d’eau de manière à marquer à l’aréomètre de i à 3°; on le donne dans de l’eau sucrée et en limonade , à la dose de i gros pour 2 livres d’eau; on l’emploie à l’extérieur comme escharotique pour toucher les dartres, les ulcères', etc., etc.

Cet acide a été employé en fumigation , et son emploi comme désinfectant a eu du succès. M. Menzies, docteur anglais , a prouvé par des expériences faites en Angleterre par ordre de l’amirauté , que la contagion qui s’était manifestée abord du bâtiment VUnioUj à ceux du Ravetsdn et de la frégate la Revel, avait cessé par l’effet des fumigations d’acide nitrique. Ce moyen, qui n’est pas aussi facile à employer que le chlore et le chlorure de chaux, peut cependant être mis en usage , en cas de besoin , en opérant de la manière suivante :

On place dans une capsule de porcelaine ou dans une petite

terrine, du nitrate de potasse réduit en poudre fine (12 parties), on verse sur ce sel de l’acide sulfurique concentré à 66'^ ( 1 8 parties)-, on fait un mélange du tout, et on place la Capsule sur un petit fourneau. On met ce fourneau dans le milieu de la pièce que l’on veut désinfecter : l’acide gazeux se répand dans l’air, et désorganise les miasmes qui se trouvaient mêlés à ce gaz. On doit éviter de respirer le gaz acide nitrique, et on doit tenir la chambre bien fermée.

Les réactifs qui peuvent servir à démontrer la présence de l’acide nitrique sont :

I . La chaleur qui, appliquée a cet acide, le décompose en partie, et donne lieu à un dégagement de gaz acide nitreux et d oxigène ; 2°. la saturation par l’oxide de potassium ; cette opération donne lieu à un sel particulier, le nitrate de potasse j dont les caractères sont faciles à reconnaître; 3°. la tournure de chivre, mise en contact avec l’acide nitrique, donne naissance à un sel coloré en bleu et à un dégagement de vapeurs rutilantes.

Des falsifications que Von fait subir à V acide nitrique. Quelques personnes emploient le niti'ate de baryte pour faire 1 essai de l’acide nitrique et pour reconnaître sa pureté; cette méthode demande des précautions ; il faut que l’acide soit très étendu : sans cette condition, le nitrate de baryte ne trouvant pas d’eau pour être tenu en dissolution, ce sel se précipite; on peut attribuer mal à propos ce précipité à des substances étrangères, a de 1 acide sulfurique, par exemple.

L acide nitrique du commerce contient assez souvent de l’acide

sulfurique, de l’acide bydro-chlorlque, du fer et des sels contenus dans 1 eau qui a servi à condenser l’acide ; ou détermine es quantités d’acide bydro-chlorique en précipitant 100 grammes dac.de nitrique par du nitrate d’argent, recueillant le chlorure forme, le lavant, le faisant sécher, le pesant, puis cherchant par le calcul quelle est la quantité de chlore contenue dans le chlorure, et la quantité d’hydrogène susceptible de s unir a ce corps pour former l’acide hydro-clilorique.

Un détermine la quantité d’acide sulfurique contenue dans Tomi I,

I /j,G ACIDES.

loo grammes d’acule nitrique, par le muriate de baryte; on étend d’eau distillée l’acide nitrique, puis on verse dans l’acide étendu de la solution de muriate de baryte, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité ; on laisse déposer ; on recueille sur un filtre le sulfate de baryte formé, on le lave à grande eau, on le fait sécber, puis on le pèse: de la quantité de sulfate de baryte oliteim on déduit la quantité d’acide sulfurique existant dans l’acide.

On peut déterminer la quantité de fer en faisant évaporer l’acide , recueillant le j”ésidu , le calcinant à une liante température, dissolvant dans l’eau et recueillant l’oxide de fer provenant du sel de fer décomposé par la chaleur.

Quelques falsificateurs augmentent la densité de l’acide nitrique en ajoutant à cet acide des sels solubles. On détermine les proportions de sel ajoutées en faisant évaporer loo grammes d’acide, desséchant le résidu qu’il laisse et prenant le poids de ce résidu. J’ai trouvé dans des acides du commerce jusqu’à 7 pour 100 de sels qui y avaient été ajoutés.

L’acide nitrique , pris à l’état de concentration , est un poison des plus violens. Les premiers secours à donner dans lesaccidens qui sont la suite de l’introduction de ce poison dans l’économie animale sont: i". l’eau chargée de magnésie ou de craie ( le lait de chaux ou de magnésie ) ; 2°. les solutions alcalines légères ; 3°. l’eau chargée de beaucoup de blancs d’œufs. L’emploi de la magnésie délayée dans l’eau a parfaitement réussi dans un cas d’empoisonnement que j’ai pu suivre à l’hôpital de

laPiti'é. (A. G.)

Acide NiTKO-nvDRo-cHLORiQüE. V. Acide hydro-chloro-ni- THIQÜE. (A. G.)

Acide nitro-muriatique. V. Acide hydro-chloro -nitrique.

Acide olÉique. Get acide fut découvert par M. Ghevreul qui le signala en i8i3 , et le fit connaître à la même époque sous le nom de graisse fluide. Le nom d’oléique lui a été donné du mot ÿüleumj à cause de sa ressemblance avec l’huile. Il existe dans les savons préparés avec les graisses de porc, d’homme, etc.

acides.

L’acide oléique hydi’alé a l’aspect d’une huile incolore; à 19”, sa densité est de o,8g8; à quelques degrés au-dessous de zéro, il se prend en masse formée d’aiguilles blanches. Il a une légère saveur et une légère odeur de ranci. Dans le vide, il est volatil sans éprouver d’altération. Il est insoluble dans l’eau , soluble en toutes proportions dans l’alcool à 0,822 de densité. Sa solution alcoolique mêlée avec l’eau, l’acide en est précipité. Mis en contact avec les bases salifiables , il forme des savons oit sels nommés oléates; il rougit le papier de tournesol; il décompose les sous-carbonates à l’aide de la cbaleur. Il est souvent uni avec les acides margarique et stéarique ; mais on peut le séparer de CCS acides au moyen de l’alcool. Soumis à la distillation dans une petite cornue avec le contact de l’air, il donne pour résultat de cette opération : 1°. une huile presque incolore ; 2°. une huile colorée en jaune citrin ; 3°. une huile colorée en brun ; 4°. du gaz acide carbonique de l’hydrogène carboné ; 5°. du charbon en petite quantité : ce dernier produit reste dans la cornue.

L’acide oléique se prépare de la manière suivante : on traite la graisse de porc par la potasse, comme nous l’avons dit à l’acide margarique {F. ce mot); on sépai-e le savon formé, composé de stéarate, de margarate et d’oléate; on le traite à froid par de l’alcool à 0,821 : ce liquide dissout l’oléate sans presque dissoudre des autres sels. On fait éva porer l’alcool à une douce chaleur; on recueille le résidu, on le laisse refroidir, on le traite de nouveau à froid par de l’alcool à la même densité ; on filtre, on fait évaporer; on reprend une tioisième fois par l’alcool, on filtre, et lorsque l’oléate a été ainsi purifié, on le décompose par l’acide tartrique. Cet acide s’unit à la potasse, forme un sel soluble qui reste dans la liqueur; l’acide oléique séparé vient nager à la surface du liquide ; on le sépare au moyen d’une pipette; on l’agite avec de l’eau chaude poulie débarrasser des substances étrangères qu’il contient; on l’e.\posc ensuite dans un vase à une température assez froitle pour ne congeler qu’une partie de la masse; on libre; on reprend le liquide filtré, on le soumet de nouveau à une basse température. Chaque fois que l’on expose l’acide au froid , on le

i48 ACIDES.

filtre (i) : on le sépare ainsi de l’acide margarique qui y éiait encore mêlé, et qui se congèle plus facilement; enfin, on enferme l’acide oléique ainsi obtenu, dans un flacon à l’émeri.

Cet acide entre dans la composition des savons faits avec la graisse, dans les emplâtres, etc.

L’acide oléique hydraté contient

96,2 d’acide sec et 3,8 d’eau.

A l’état sec il est composé, en poids,

D’oxigène 7 ,66g

De càrbone 80,942

D’hydrogène 11, SSg (M. Chevreul).

L’acide oléique n’est pas employé comme médicament.

Acide oxalique, acide sacchariiij acide du sucre j acide de l’oseille J acide oxalitij acide oxi-sachariquej acide rheumique de M. Henderson. La découverte de l’acide oxalique est due, selon quelques auteurs (Westrumb, Hermstad, Ehrart ) , à Scheèle; selon d’autres, on l’attribue à Bergman, qui le premier a décrit un procédé pour sa préparation. •

Cet acide existe tout formé et à l’état de combinaison dans différentes parties des végétaux (les racines, les écorces, les feuilles, les fruits ). Parmi les végétaux qui en contiennent le plus , on peut citer les herheris, les oxalisj les feuilles de la rhubarbe J les rumeXj etc., etc.

C’est en 1776 que Bergman découvrit que le sucre était converti par l’acide nitrique en un acide particulier. En 1784, Scheèle reconnut que l’acide que Bergman obtenait par la réaction de l’acide sur le sucre était le même que celui qui formait avec la potasse le sel d’oseille, et qu’en outre on pouvait obtenir cet acide en dissolvant le sel d’oseille dans l’eau.

(i) Les filtres doivent avoir été lave's h l’acide hydro-chlorique, puis .“i l’eau bouillante.

saturant l’excès d’aciJe par l’ammoniaque, décomposant le sel de potasse et d’ammoniaque ( V oxalate de potasse et d'ammoniaque) par une solution de nitrate de baryte, recueillant sur un filtre le précipité formé ( l’oxalate de baryte ) , le lavant è l’eau bouillante, et le décomposant ensuite par l’acide sulfurique qui s’unit à l’oxide de barium , forme un sulfate insoluble qui se précipite, en mettant ainsi à nu l’acide oxalique qui reste en dissolution dans le liquide, filtrant j faisant évaporer en consistance convenable et recueillant les cristaux, les lavant avec un peu d’eau et les mettant à égoutter sur du papier à filtrer.

On peut obtenir l’acide oxalique de la manière suivante ; on dissout dans l’eau le sel d’oseille, ou encore on traite le suc des plantes qui contiennent cet oxalate par l’acétate de plomb. Ce sel décomposé l’oxalate acide de potasse ; l’acide s’uni t au plomb , forme un oxalate de plomb insoluble qui se précipite; l’acide acctique s unit à la potasse, et forme un sel qui reste en solution dans la liqueur. On filtre: l’oxalatedu plomb reste sur le filtre; on le lave, et lorsque l’eau qui en sort n’est plus sap.lde, on délaie ce sel dans l’eau et on soumet ce mélange à un courant d’hydrogène sulfuré qui convertit l’oxide^de plomb en sulfure et met 1 acide oxalique a nu; on filtre de nouveau, et par l’évaporation on obtient l’acide cristallisé; on le lave avec un peu d’eau, puis on le met d’abord à égoutter sur un entonnoir, et ensuite sur des papiers; on renferme, lorsqu’il est bien sec, dans un flacon bouche. Ce mode d’extraction , qui pourrait être ernpioyé avec avantage en France, n’est pas suivi; on se sert du procédé suivant: on introduit dans une cornue 25, parties de sucre ou d’amidon et 75 parties d’acide nitrique. La réaction jient t ieu; le sucre est dissous; la décomposition commence, et il y a dégagement de gaz deutoxide d’azote qui , avec le contact- de l’air, passe à l’état de gaz nitreux : on entretient i action au moyen d’une douce chaleur. Lorsque la réaction est terminée, ou ajoute de nouveau , et à plusieurs reprises, 24 parties d’acide nitrique; on chauffe doucement : les vapeurs J atlantes repaiaissent et se dégagent de nouveau; 011 conti-

i5o ACIDES.

nue de cliauITer doucement la cornue jusqu’à ce que l’on s’aperçoive qu’il n’y a plus de dégageto.ent de gaz nitreux et que la réaction est terminée; on retire le vase du feu, et on verse la liqueur dans des capsules où l’acide cristallise. On obtient ordinairement de cette première cristallisation une quantité d’acide oxalique qui équivaut au cinquième des produits employés. On place l’acide sur des entonnoirs de verre pour qu’il puisse s’égoutter; on réunit les eaux mères, on les introduit dans la cornue, et on les traite de nouveau par 2.5 parties d’acide nitrique. Ce second traitement donne lieu à la formation d’une nouvelle quantité de cristaux ; on les sépare du liquide, on renouvelle deux ou trois fois le traitement des eaux meres par de l’acide nitriq«e, et après chaque opération, on sépare l’acide oxalique qui cristallise. Le produit obtenu en acide cristallisé équivaut, lorsque cet acide est purifié, à un peu plus de la moitié du poids de la fécule employée. Ce procédé ne serait pas économique si l’on ne trouvait un moyen d'utiliser les produits gazeux. Les Anglais se servent du gaz qui provient de celte opération ])oür convertir l’acide sulfureux en acide sulfurique; à cet effet, ils l’introduisent dans les chambres de plomb. Déjà ce mo)en est rais en usage par plusieurs de nos chimistes manufacturiers, et je l’ai vu employer avec succès dans le bel établissement de M. Cartier fils. Cet emploi permet alors de donner l’acide oxalique à un prix moins élevé.

L’acide oxalique que l’on obtient- à l’aide de l’acide nitrique retient toujours de cet acide; pour , le séparer, on lave les cristaux d’acide oxalique avec un peu d’eau, on les met a égoutter, et lorsqu’ils sont presque secs, on leur fait subir plusieurs dissolutions et cristallisations.

On peut obtenir l’acide oxalique en traitant par l’acide nitrique, la gomme, le miel et la plupart des substances végétales. Trorasdorff a reconnu que l’huile volatile de valériane, traitée par l’acide nitrique, donne naissance a l’acide oxalique. M. Bonnastre a observé le même fait en traitant l’buile volatile de géroÜes.

L’acide oxalique qui se trouve dans le commerce est qucl-

ACIDES. i5i

quefois en aiguilles, quelquefois il est en gros cristaux. Quelques auteurs ont attribue cette dllférence de cristallisation au mode de préparation suivi pour l’obtenir; nous nous sommes assurés que cette dilFérence dépend des soins apportés lors de la puriCcation et de la cristallisation de l’acide. Pour obtenir l’acide oxalique en gros cristaux , on peut employer deux procédés : x”. on dissout dans l’eau bouillante, et dans des terrines de grès placées sur un bain de sable , autant d’acide que l’eau peut en dissoudre; quand la solution est faite, on arrête le feu, on couvi-e les terrines avec d’^autres vases et on laisse l’efroidir lentement; ce refi'oidissement permet à l’acide de cristalliser régulièrement, et les cristaux que l’on obtient sont d’autant plus gros que la masse d’acide dissoute est plus considérable.

2°. On prépare une dissolution saturée d’acide oxalique; on met cette dissolution dans un Aase de plomb carré à fond plat; on place ce vase dans une étuve cbauffée de 20 à 25°. L’évaporation lente donne lieu à des rudimens de cristaux qui augmentent chaque jour si l’on a soin de remuer les cristaux et d’ajouter de la solution d’acide axalique propre à remplacer le liquide qui s’est évaporé.

L’acide oxalique, à l’état de pureté, est un solide cristallisant en longs prismes blancs transparens; sa saveur acide est très forte; il rougit fortement le papier et la teinture de toiu’iliesol ; cbaufFé dans une cornue , il se fond dans son eau de cristallisation : si l’on continue de chauffer , il se divise en deux parties; l’une se décompose et donne lieu à des produits semblables à ceux qui proviennent de la décomposition des matières végétales en laissant du charbon pour résidu; l’autre se volatilise sans se décomposer , et se dépose sur les parois de la cornue sous forme de cristaux.

L’acide oxalique est plus soluble dans l’eau à chaud qu’à froid; il cristallise par refroidissement : lorsqu’on le met en contact avec l’eau froide , scs cristaux laissent entendre un bruit assez fort qui pourrait servir à le faire distinguer des autres acides végétaux qui ont de l’analogie avec lui. Cet acide

est soluble dans Talcoolj ce liquide bouillant en dissout 56 parties pour loo, et seulement 4o lorsqu’il est à une température deio°.

L’acide oxalique est composé, selon MM. Berzelius , Gay- Lussac et Thénard, ^

De carbone 26,556 33,35 (Berzelius) (Gay-Lus. et Thén.) D’oxigène 70,689 66,41 (1). D’hydrogène 2,745.

Selon M. Berzelius, l’acide oxalique est un acide hydraté formé

D’acide réel Sa et

^’eau ^8

L’acide oxalique a été trouvé dans la rhubarbe par MM. Vogel et Henderson : ce dernier le considéra comme un acide particulier qu’il nomma acide r/ieumique.M. Lassaigne prouva d une manière évidente que ce nouvel acide n’était que de l’acide oxalique.

Les réactifs qui peuvent faire reconnaître l’acide oxalique sont: 1°. l’eau de chaux, l’eau de baryte; cet acide forme avec ces solutions des oxalates qui jouissent de propriétés particulières; 2°. la potasse avec cet acide forme plusieurs sels; le plus connu est celui vulgairement appelé sel d’oseille.

L’acide oxalique s’unit aux bases salifiablcs, il donne naissaAce à un genre de sels nommés oxalates.

L acide oxalique est mis en usage comme médicament. A de faibles doses , il est rafraîchissant, légèrement diurétique; on en a tiré de grands secours comme antiscorbutique; on le donne mêlé au sucre sous forme de pastilles; on l’administre en limonade: on prépare cette boisson en ajoutant de la solution d’a- Cide oxalique dans de 1 eau sucrée, jusqu’à ce que cette eau ait

(i) On voit que M. Berzelius n’admel pas d’hydrogène dans la composition de cet acide; ce résultat infirme celui qu’il avait annonce .à la page 38o du tome XLIV des Annales de Chimie.

acquis une acidité agréable. On aromatise cette limonade avec un oleo-saccharum de citron.

Cet acide. Introduit à haute dose dans l’économie animale, y cause du désordre et olfre des symptômes d’empoisonnement. Les premiers secours à donner dans ce cas, sont des liqueurs alcalines légères, le lait de magnésie, les solutions albumineuses.

Il est employé dans les arts, pour aviver la couleur, enlever les taches d’encre, détruire les taches de rouille, etc.

L’acide oxalique du commerce est quelquefois falsifié. La plus commune de ces falsifications consiste dans un mélange d’acide et de sel d’oseille: on s’assure de la présence de cet oxalate, en calcinant une quantité donnée d’acide et en incinérant le charbon, qui ne doit pas fournie de potasse si l’acide est pur, tandis que le contraire a lieu si l’acide en contient. On détermine par la quantité de potasse obtenue la quantité d’oxalate qui existait dans le mélange.

Lorsque l’on veut reconnaître si l’acide oxalique que l’on examine contient de l’acide nitrique, on dissout de cet acide dans l’eau, on sature par la potasse, lorsque la saturation est faite, on trempe dans le produit des morceaux de papier, on les fait sécher et on les allume; si l’acide contient de l’acide nitrique, cet acide, en se combinant avec la potasse, donne naissance à du nitre qui, avec le papier, brûle avec des scintillations. On peut aussi traiter la solution d’oxalate évaporée par l’acide sulfurique, qui décompose le nitrate et qui met l’acide à nu; cet acide se dégageant à l’état de vapeurs, peut facilement être reconnu. (A. C.)

Acide phosphorique , acide ourètiquej acide de r urine. L’acide phosphorique est le résultat de la combinaison de l’oxigène avec le phosphore , dans les propoi’tlons de 127,61 d’oxigène, et de 100 de phosphore (Berzelius), ou, selon Davy, de 100 de phosphore et de 132,76 d’oxigène (i). MargrafF fut le premier

.(') M. Dulong a donne les résultats snivans :

Phosphore... loo

Oxigène

i54 acides.

qui le fit distinguer des autres acides, et jusqu’en 1740, sa nature était restée inconnue ; Sthal l’avait même considéré comme de l’acide hydro-clilorique.

Cet acide existe dans la nature, dans les trois règnes : en Espagne, dans la province d’Eslramadure, on le trouve combiné à la chaux, formant des montagnes entières; dans d’autres contrées, on le trouve combiué au fer, au plomb, etc. Dans le règne végétal, on l’a trouvé, non-seulement à l’état de combinaison avec la chaux et la potasse, mais encore à l’état libre. Au nombre des chimistes qui ont constaté sa présence dans les parties des végétaux, ou doit citer Meyer, Thuren, Bergman, Fourcioy, Vauquelin, etc., etc. Dans le règne animal, il existe à l’état de combinaison: avec la chaux, il forme la chafponte osseuse de l’homme et celle des animaux ; uni à la soude, on le trouve en dissolution dans les urines et quelquefois dans la vessie; il constitue des concrétions formées d’atîide phosphorique et de chaux, ou d’acide phosphoriqùe , d’ammoniaque et de magnésie, etc.

On peut obtenir l’acide phosphorique : i°. en combinant directement le phosphore avec l’oxigène; 2“. en se servant de l’intermède des corps qui contiennent l’oxigcne et qui peuvent le céder au phosphore; 3°. en le retirant des substances qui le contiennent tout formé.

On peut opérer la combinaison directe du phosphore avec l’oxigène de plusieurs manières : premièrement, on place dans une soucoupe un petit cylindre de phosphore plus ou moins long, on place la soucoupe sur un bain de mercure, on allume le phosphore, et on recouvre le tout d’une cloche d’une grande capacité. Le phosphox’e brûle; il laisse dégager une grande quantité de lumière et de chaleur; il absorbe l’oxigène de l’air contenu dans la cloche ; il se convertit en acide phosphorique qui se présente sous forme de flocons blancs très légers. L’air étant absorbé, le mercure monte dans le vase. Lorsque la combustion est achevée, on fait entrer tout doucement de l’air sous la cloche pour faire descendre le métal , et l’on retire la soucoupe recouverte d’acide phosphorique con-

ACIDES. i55

crct • mais cet acide sc liquéfie promptement en absorbant l’eau contenue dans l’atmosphère; on lave les parois de la cloche avec de l’eau distillée, et l’on recueille l’eau qui a servi à ce la- Ya’^e; c’est l’acide phosphorique. Cette opération demande l’emploi de quelques précautions : il faut que la cloche qui sert a recouvrir la soucoupe soit très grande; sans cela, l’intensité de la chaleur pourrait la faire casser. Si l’on veut obtenir d’acide à l’état solide , il faut que l’air soit très sec ; sans cette précaution, l’acide absorbe l’humidité de ce corps, et il se liquéfie.

On peut encore opérer la combinaison directe de l’oxigène avec le phosphore en agissant de la manière suivante ( procédé de Pelletier ) : on emplit de gaz oxigène un flacon ayant deux tubulures; l’une de ces tubulures reçoit un tube droit terminé , en entonnoir à sa partie supérieure; ce tube descend au fond du flacon et dans une couche d’eau de 2 centimètres de hauteur ; la deuxième tubulure porte un tube courbe à angle droit , dont la deuxième branche se rend au fond d’une éprouvette ou l’on a mis quelques bâtons de phosphore. On verse de l’eau chaude sur le phosphore, de manière à remplir le tiers de la capacité de l’éprouvette. Lorsque le phosphore est fondu, on verse de l’eau dans le tube à entonnoir ; ce liquide arrive dans le flacon contenant l’oxigène , et déplace un volume d’oxigente égal au sien. Ce gaz passe par le tube , vient se rendre au fond de l’éprouvette et se trouve en contact avec le phosphore fondu ; il y a combustion et formation d’acide phosphorique qui se dissout dans l’eau. On continue l’opération ]'usqu’a ce que tout le phosphore contenu dans l’éprouvette soit converti eu acide phosphorique.

On peut modifier l’appareil de manière à pouvoir introduire à volonté de l’oxigène dans le flacon. Cette modification consiste à employer un flacon à trois tubulures à la partie supérieure et une quatrième à la partie inférieure; la troisième tubulure supérieure sert à supporter un robinet de cuivre a vis, sur lequel on adapte, à volonté, une vessie pleine d’oxigène, destinée à remplacer l’eau qui s’écoule par la tubulure

inférieure. Au moyen de cet appareil , on peut , i Tolouté , aeldiher de grandes quantités de phospliore.

Préparation de V acide phosphorique par V intermède d’un corps susceptible de céder de Voxigène au phosphore. ( Emploi de 1 acide nitrique. )

On introduit dans une cornue de verre une partie de phospioie civise (i) en petits fragmens. On verse sur ce corps combustible 6 parties d’acide nitrique à 22° ; ou adapte à la cornue une allonge et un Récipient dont la tubulure porte un ube de Velter, qui se rend dans une éprouvette contenant de leau; on place la cornue sur une petite grille supportée par un fourneau ; 011 cbaulTe modérément et on continue d’entretenir une douce chaleur jusqu’à ce que la liqueur prenne une consistance sirupeuse. Si tout le phosphore n’est pas acidifie, il faut ménager l’évaporation; si le liquide était trop concentré, le phosphore viendrait brûler à la surface; il pourrait faire casser l’appareil. Si la quantité d’acide ajoutée n’était pas suffisante pour acidifier le phosphore , il faudrait recoliohcr 1 acide qui s’est volatilisé, ou ajouter du nouvel acide si l’on n’employait pas le produit provenant de la distillation. Lorsque tout le phosphore est acidifié, on le débarrasse de l’excès d’acide nitrique qu’il peut contenir; pour cela, on verse ce qui reste dans le fond de la cornue, dans une capsule de platine , et on fait évaporer convenablement pour chasser l’acide nitrique qu’il pourrait encore contenir; on introduit ensuite l’acide dans un flacon fermé, et on le conserve pour Pusac^e.

On prépare encore l’acide phosphorique en "^décomposant dans un creuset de platine, à l’aide de la chaleur, le phosphate d’ammoniaque; l’ammoniaque se volatilise, l’acide qihosphorique fixe reste dans le creuset ; on le conserve comme nous l’avons dit précédemment.

^ En 1809, M. Laudet, de Bordeaux, a conseillé de préparer l’acide phosphorique en traitant par l’alcool à 38», le phos-

(i) On divibt Je phosphore sous l’eau, crainte d’accidens d’inüaniiuaiion).

phate acide de chaux provenant du traitement des os calcinés par l’acide sulfurique, en décantant la partie liquide, la faisant évaporer, reprenant par de nouvel alcool le produit de l’évaporation , et faisant évaporer de nouveau la dissolution, traitant une troisième fois le résidu par l’alcool, l’amenant ensuite par l’évaporation en consistance convenable.; Selon M. Laudet , l’acide phosphorique obtenu par ce procédé est à l’état de pureté. On voit que ce mode de préparation est basé sur la propriété que possède l’alcool concentré, de dissoudre l’acide phosphorique et de ne pas dissoudre le phosphate acide de chaux.

L’acidc phosphorique pur est un solide d’aspect vitreux; sa saveur est très acide; il rougit fortement les couleurs bleues végétales; étendu d’une grande quantité d’eau, il jouit encore de cette propriété, qu’il communique à l’eau qui ne contient qu’un dixième de milligramme de cet acide (i).

Cet acide, lorsqu’il est sec, attire fortement l’humidité de l’air; il se convertit alors en un liquide de consistance oléagineuse; en le chauffant de nouveau dans un creuset de platine, cette eau s’évapore , l’acide prend l’apparence d’une gelée : si on continue de le chauffer, il entre en fusion. De liquide qu’il est a cet état, il prend, en refroidissant, la forme vitreuse ;'il ressemble alors à un cristal blanc et transparent: à eet état, ond’appelle verre phosphorique. Ce produit n’est autre chose que de l’acide phosphorique privé d’une portion d’eau; il est déliquescent , soluble dans l’eau et dans l’alcool.

L’acide phosphorique est soluble dans l’eau; en se dissolvant dans ce liquide, il donne^lieuà une élévation de température. Il est décomposé par le charbon à l’aide de la chaleur, et ramené à létal de phosphore; il est décomposé par le sodium, par le potassium.

L’acide phosphorique s’unit aux bases salifiables; il donne naissance à un genre de sels particuliers que l’on a nommés phosphates. ^

(t) L’acide lotalernent prive d’eau.

i58 ACTDES.

Les réactifs qui peuvent faire reconnaître l’acide phospliorique sont ; i°. le cliarLon, qui à l’aide de la clialeur le décompose en donnant naissance à du phosphore qui hrùle, à des gaz oxide de carbone et à de l’acide carbonique qui se dégagent. 2°. L’eau de chaux détermine dans sa solution un précipité blanc, floconneux, ayant un aspect demi- transparent. Ce précipité recueilli sur un filtre, lavé et séché, est indécomposable par la chaleur; mais par l’action d’un feutres violent, il se change en un émail blanc. Le phosphate de chaux est soluble sans elfdrvescence dans les acides nitrique, hydro-chlorique ; la solution est précipitée de nouveau sous forme de flocons par l’ammoniaque. 3®. Le nitrate d’argent donne avec l’acide phosphorique , saturé d’avance par une base ( la soude ^ la potasse ) , un précipité de phosphate d’argent; ce précipité, de couleur jaune, lavé, séché et soumis à l’action du feu à l’aide du chalumeau sur un charbon, se décompose en donnant un globule d’argent métallique et en laissant dégager du phosphore qui brûle avec une odeur d’ail. 4®- Le nitrate de mercure donne avec l’acide phosphorique combiné à une base , un phosphate de mercure qui est blanc, soluble sans elfervescence dans l’acide nitrique. Ce sel, chaulfé au chalumeau, se volatilise sans laisser de résidu.

L’acide phosphorique est peu employé comme médicament, cependant on le donne étendu dans de l’eau sucrée à l’état- de limonade, à la dose de lo à 3o gouttes; on regarde cette préparation comme convenable pour rétablir les forces vitales. Introduit dans l’économie animale; à l’état de concentration, l’acide phosphorique agit comme poison : les premiers secours à apporter contre les accidens qu’il peut causer, sont le lait de magnésie , les solutions alcalines légères de soude, de potasse , l’eau de chaux étendue d’eau.

L’acide phosphorique peut être falsifié ou rendu impur par des acides sulfurique, nitrique, phbsphatique, par de la silice, par des sulfates et phosphates , enfin paj^- (du fer, du cuivre, du plomb. On reconnaît si l’acide phosphorique est falsifié par de l’acide sulfurique, en saturant l’acide par de la potasse à l’ai-

ACIDES. 1 5c)

cool, et en versant dans la solution saturée du nitrate de baryte. Ce sel détermine un précipité entièrement soluble dans l’acide nitrique lorsque l’acide pbospborique est pur, et qui n’est soluble qu’en partie quand cet acide est mélangé d’acide sulfurique : dans ce dernier cas, cette expérience étant faite sur un poids donné, la quantité de sulfate de baryte qui reste en résidu indique dans quelle proportion l’acide sulfurique était mélangé à l’acide que l’on examine.

Si l’acide pbospborique contient de la silice ou de l’alumine on précipite les terres qui sont contenues dans cet acide, en saturant l’acide dissous par une solution de potasse à V alcool. On peut déterminer la quantité de ces substances qui existaient dans l’acide et qui ont été précipitées: pour cela, on pèse le précipité. Lorsque l’acide est soupçonné contenir du pbospbate ou du sulfate calcaire, on traite cet acide par l’alcool à 40” qui dissout l’acide et ne dissout pas ces sels. ( V. le procédé de M. Laudet. )

Si l’acide pbospborique contient du cuivre, on étend cet acide d’eau , et on y plonge une lame de fer bien décapée ; cette lame se recouvre de cuivre métallique ; ou détache ce métal du fer et on détermine son poids.

On reconnaît que l’acide pbospborique contient du fer et du plomb en le dissolvant dans l’eau, et saturant par la potasse qui précipite les oxides métalliqiies : on peut encore se servir de l’hydrogène sulfuré pour le plomb, ou de l’Iiydro-cyanate de potasse pour le fer.

En cbaulFant l’acide 'pbospborique dans un areuset de ])latine, on reconnaît s’il contient de l’acide nitrique ou de l’acide phosphatique ; s’il contient de l’acide nitrique, cet acide, se dégage, son odeur le fait reconnaître; s’il contient de l’acide phosphatique, il y a dégagement de phosphore. ( V. Acide

fhospitatique. ) . (A. C.)

Acide ouRéTiQUE. V. Acide piiosphohiqde. (A. C.)

Acide prüssique. V. Acide iiydro-cyaniqüe. (A. C ) Acide riiéumique. Acide oxalique. (A. C.)

Acide rosacique (sédiment latèritieux des médecins). L’a-

i6o ACIDES.

cicle rosaciqne se rencontre clans Vhypostase ou sédlnieut des Tirines, et particulièrement dans ces licjuides provenant de sujets attaqués de fièvi’es intermittentes , de fièvres nerveuses, de la goutte 5 il existe aussi dans l’urine de certains sujets .sanguins , mais bien portans. Le sédiment des urines, examiné par Scheèle, fut considéré par ce cliimiste comme étant un mélange d’acide urique et de phosphate de chaux. En 1 798 , le célèbre chimiste Proust y reconnut un acide particulier qu’il nomma rosacique, et cet acide fut le sujet de travaux que firent M. Vauquelin en 181 1 , et M. Vogel en 1816. Ces travaux, qui avalent pour objet l’examen de l’acide découvert par M. Prous{confirmèrent son existence.

On obtient l’acide rosacique de la manière suivante : on recueille le dépôt coloré en rouge que l’on trouve dans quelques urines, on, le lave avec de l’eau distillée; on le traite par l’alcool bouillant, on filtre la solution alcoolique, qui fournit l’acide par l’évaporation.

Cet acide est solide; sa couleur est d’un beau rouge vifj sa saveur est très faible; cependant il rougit le papier coloré en bleu par la teinture de fleurs de mauves ou de tournesol ; soumis à l’action de la chaleur, il se décompose, et donne lieu à une vapeur d’odeur piquante, qui n’a pas été examinée (i).,.

L’acide rosacique est peu soluble dans l’eau; il est très soluble dans l’alcool; il est susceptible de s’unir aux bases salifiables et de former des. sels particuliers.

Cet acide n’est pas usité j cependant comme il se rattache à l’élude de l’urine, nous avons cru devoir en faire mention, en renvoyant pour ses détails aux ouvrages qui en traitent spécialenjent. ( V. le t. XXXVI des Annales de Chimie, le t. III du Bulletin de Pharmacie et le t. XVII des Annales du Muséum. )

Acide saccho-lactique. V. Acide muciqüe. (A. C.)

Acide sohbique. V. Acide maijqüe. (A. C.)

(1) On n’a pas constaté la présence de l’azote dans l'acide rosaciijuc.

Acide stéarique , acide margareux. Cet acide fut découvert parM. Cherreul,c[ui le nomma stéarique, du mot irrUf , suif, parce qu’il est le produit caractéristique de la saponification de ce corps. M. Chevreul le décrivit cfabord eu 1816; il lui donna en 1820 le nom d’acide margareux ; enfin , depuis il l’appela acide stéarique. Cet acide existe dans les savons préparés avec les graisses de bœuf, de mouton, de porc. Il n’existe pas tout formé dans la nature, on l’obtient par la saponification des corps gras que nous venons de citer.

Pour l’obtenir, on prend 100 parties de graisse de porc, privée de substances étrangères, 25 parties dépotasse caustique et loo parties d’eau, on expose le tout à l’action du feu, dans une capsule de porcelaine : on remue de temps en temps, et on continue de chauffer jusqu’à ce que la masse soit parfaitement homogène, demi-transparente, susceptible de former avec l’eau une solution limpide, c’est-à-dire jusqu’à ce que la saponification soit complète. On recueilie.le savon formé, qui est compose de stéarates, d’oléates, de margarates et de glycérine; on le sépare le plus possible de l’eau qu’il retient, et on le met à froid en contact avec deux fois son poids d’alcool deflegmé ; ce véhiculé dissout l’oléale de potasse, et attaque à peine le margarate et le stéarate; on laisse en macération pendant l’espace de 2.4 heures; on jette le tout sur un filtre, et on lave les sels, résidus, par de l’alcool jusqu’à ce que ce liquide ne se chargé plus d’aucune substance.

Le margarate et le stéarate de potasse retenant un peu d’oeate, étant isolés, on les sépare l’un de l’autrê eu les traitant par une assez grande quantité d’alcool bouillant; ce véhicule issoutces sels, mais par refroidissement il laisse précipiter le stéarate. On recueille le précipité qui se forme, on le traite de nouveau par l’alcool et on répète plusieurs fois cette opération; on obtient de cette manière du stéarate pur. On reconnaît que ce sel est a l’état de pureté lorsqu’il peut fournir par su décomposition de l’acide stéarique fusible à 70'’.

décompose lesteaiate de potasse pur en faisant chauffer ce sel dans une capsule de porcelaine avec de l’eau aiguisée d’a- Tome 1,

i62 acides.

clcle hydro-chlorique. L’acide hydro-chlorique s’empare de la potasse, forme un hydro-cMorate de potasse qui se dissout dans le liquide; l’acide stéarique Tient se réunir à la partie supérieure liquide, où il se concentre par refroidissement. Lorsqu’il est à l’état solide, on le sépare et on le lave avec de l’eau distillée jusqu’à ce que l’eau de lavage ne précipite plus la solution de nitrate d’argent. Si l’acide est mêlé de substances étrangères, après l’avoir fait fondre , on le filtre sur un papier joseph lavé par l’acide hydro-chlorique d’abord, puis par l’eau distillée bouillante.

L’acide stéarique est blanc , insipide, inodore, d’une densité moindre que celle de l’eau. Soumis à l’action de la chaleur, il entre eq fusion à 70°; il se présente alors sous forme d’un liquide incolore , limpide ; mais par refroidissement II prend la forme d’aiguilles entrelacées, brillantes, d’une belle couleur blanche.

L’acide stéarique , lorsqu’il est froid , n’a aucune action sur la couleur du papier de tournesol ; à chaud, il rougit fortement celte couleur.

Cet acide, soumis à l’action de la chaleur sans le contact de l’air, se volatilise sans être altéré; avec le contact de cet agent, il se divise en deux parties, l’une qui se décompose et qui donne du charbon pour résidu et des produits analogues à ceux que l’on obtient de la distillation dçs corps gras ; l’autre qui se volatilise sans se décomposer. Cet acide est sali par les produits qui provienuent de la décomposition d’une partie de l’acide.

L’acide stéarique est très soluble dans l’alcool ; il est insoluble dans l’eau ; il est soluble dans la plupart des corps gras. La solution alcoolique d’acide stéarique soumise à l’évaporation, donne l’acide sous forme de belles écailles d’un blanc brillant. Cet acide brûle à la manière de la cire; l’acide nitrique le convertit en un acide analogue à celui qui provient de l’action de l’acide nitrique sur le suif.

L’acide stéarique, à l’état de stéarate, fait partie des emplâtres ; il est composé

d’oxigène 7’^77

de carbone 8o,i45

d’hydrogène i?-,47?-

L’acitle cristallisé hydraté contient

Acide sec

Ea U . . .

Acide süccinique, cicide de succin j sel volntil de succinj acide de Vambre jaune, sel d'ambre. Cet acide existe tout formé dans Je succin ( GelliCn et Funck), dans les térébenthines ( Lecanu et Serhat ); son examen et sa distinction, comme acide particulier, sont dus à Boy le; il fut ensuite le sujet des recherches chimiques. Parmi les savans qui se sont occupés de ce sujet, on doit citer Pott , Richter, Spielman, Guyton- Morveau , Berzelius , Stochar , Roux, Planche, Lecanu et Serhat.

L acide succin:que s’obtient de la manière suivante : on introduit dans une cornue de grès lutée à l’avance , i kilogramme de succin en petits fragmens (i); on adapte au col de la cornue une allonge, et on fait suivre celle-ci d’un ballon tubulé recourbé, d’un tube de sûreté à angle droit ; l’extrémité de ce tube va plonger dans un flacon contenant' de l’eau distillée; on ferpie toutes les jointures de l’appareil avec du lut de graine de lin, on recouvre celui-ci d’un parchemin mouillé et enduit de blanc d’œuf, saupoudré de chaux, Lorsque l’appareil est ajusté, on met la cornue sur un triangle placé dans un fourneau, on recouvre ce fourneau d’un laboratoire et d’un dôme, et on met quelques charbons allumés sur la grille du fourneau; lorsque la cornue est échauffée, on augmente la chaleur et on place un linge mouille sur le ballon; on fait tomber sur le ballon un filet d’eau destiné à rafraîchir ce vase et à condenser les vapeurs qui s’y accumulent; on continue de cliaulFer jusqu a ce qu il n y ait plus de dégagement de vapeurs.

Par 1 action de la chaleur, le sucein se décompose; il résulte de cette décomposition de l’eau, de l’huile volatile, de l’acide

(i) On SC sert ordinairement des morceaux qui se dctaclient lorsqu'on travaille le sucein pour en faire des bijoux.

acétique, de l’acide si\ccinique et des gaz qui se dégagent; il reste dans la cornue du charbon. On recueille tous les produits, on les met en contact avec de l’eau bouillante dans un flacon aj’ant deux tubulures , dont une à la partie inférieure ; on agite à plusieurs reprises, puis on laisse déposer : l’acide succinique se dissout dans l’eau et se sépare de l’huile qui vient surnager le liquide. On sépare la solution aqueuse de l’huile par la tubulure située à la partie inférieure du flacon; on lave avec de nouvelle eau l’huile restante , et on sépare l’eau du lavage que l’on réunit au liquide déjà séparé. On sature l’acide par la potasse (i), et on décolore par le charbon animal le succina te de potasse formé. On décompose ensuite ce sel par le nitrate de plomb, qui donne lieu à la formation d’un succinate de plomb insoluble, et d’un nitrate de potasse soluble; on recueille le succinate formé sur un filtre, on le lave à grande eau, on le fait sécher, on le traité ensuite par de l’alcool bouillant, pour lui enlever une certaine quantité de matière colorante qu’il retient encore; lorsqu’il a été ainsi lavé, on le délaie dans six fois son poids d’eau; on traite par l’acide sulfurique , ou mieux encore par l’hydrogène sulfuré, qui décompose le succinate de plomb, convertit l’oxide métallique en sulfure, mot l’acide à nû. On filtre: le sulfure reste sur le papier, et l’acide passe en dissolution; on fait évaporer, et on obtient des cristaux qui quelquefois sont colorés. On les fait alors dissoudre dans l’eau distillée, on ajoute à la dissolution un cinquième du poids des cristaux de charbon animal, privé, par l’acide hydro-chlorique, de tous les sels qu’il contient; on fait bouillir pendant quelques minutes, on filtre et on fait évaporer : on obtient l’acide pur.

M. Guyton de Morveau a reconnu que l’on pouvait purifier l’acide succinique obtenu par l’évaporation du liquide qui le contient, en employant le procédé suivant : ou fait dissoudre l’acide succinique obtenu par l’évaporation des eaux de lavage qui le tiennent en dissolution, dans le double de son poids d’a-

(i) J'ai remarqué que lors de la saturation de l’acide succinique liquide par la potasse, il y avait toujours dégagement d’ammoniaque. (A. C )

eide nitrique ; on fait ensuite évaporer la dissolution apres l’avoir introduite dans une cornue. L’huile qui salit est décomposée, l’acide succinique reste intact, et pour l’obtenir à l’état de pureté, il suffit de le laver d’abord avec de l’eau à o°, pour lui enlever l’acide nitrique qu’il retient, de faire dissoudre l’acide restant dans l’eau bouillante, puis de faire évaporer et cristalliser.

Notre confrère M. Plancbe a reconnu que l’on pouvait recueillir l’acide succinique lors de la ffibrication du vernis d’ambre : dans cette opêi-ation, l’acide vient se sublimer à la partie supérieure de l’appareil; cet acide recueilli peut, à l’aide d’une nouvelle dissolution et cristallisation, être amené à l’état de pureté.

L’acide succinique pur est blanc, transparent, cristallisant en prismes ; il rougit la teinture de tournesol ; il est soluble dans 5 parties deaua io°, et dans 2 parties d’eau bouillante :

1 alcool le dissout aussi , et si ce liquide est bouillant , il en dissout une plus grande quantité que lorsqu’il est à la température ordinaire de l’atmosphère.

La saveur de l’acide succinique est légèrement aigre, elle est suivie d’un sentiment d’âcreté. •

Cet acide est inaltérable à l’air : soumis à l’action de la chaleur, il se fond d abord, puis il offre les résultats suivans : une partie de l’acide se décompo.se en donnant des produits' semblables à ceux que l’on obtient de la décomposition des matières végétales; une autre partie se sublime sans se décomposer.

L acide succinique s’unit aux bases saliliables, et forme avec ces bases des sels que l’on appelle succinates. Les succinales à base de potasse, de soûde ou d’ammoniaque, sont de bons réactifs pour séparer le fer du manganèse. (V. le Traité des réacdfsj p. 21^.) Klaproth a conseillé l’usage du succinate d’am— monjaque pour opérer cette séparation.

^ L acide succinique étant d’un prix élevé, il est souvent mêlé à des sub.stances étrangères qui altèrent sa pureté. Les auteurs qui ont parlé de ces falsifications ont indiqué l’altération de oefe acide par sofi mélange avec du sucre, du muriate de soude, div

i66 ACIDES.

carbonate d’ammoniaque; ces mélanges peuvent nous paraître douteux d’après quelques expériences que nous avons faites. Le goût ou sucré ou salé que prend l’acide succinique mêlé au sel et au sucre , l’odeur que lui comuninique ( le sel de corne de cerf) le sous-carbonate d’ammoniaque, sont trop faciles à reconnaître pour que les falsificateurs osent employer ces substances.

Le sulfate acide de potasse, l’oxalate et le tartrate acidulé de la même base, sont employés, selon M. Ebermayer, pour falsifier cet acide. Il est facile de l’econnaître cette falsification ; il suffit, pour cela, de traiter l’acide p’ar quatré fois son poids d’alcool : ce véhicule dissout l’acide et laisse ces sels. On peut aussi, par la calcination, reconnaître ces mélanges. Le tartrate et l’oxalate de potasse se décomposent à l’aide de la chaleur , on obtient pour résidu delà potasse; le sulfate ne se décompose pas, et en faisan t dissoudre le résidu salin et l’essayant par un sel de baryte et par le muriate de platine , on reconnaît la présence du sel de potasse à base d’acide sulfurique.

L’acide citrique, l’acide borique, l’acide tar trique, l’acide oxalique, suivant le même auteur, sont aussi mis en usage pour le même objet. On reconnaît que l’acide succinique est mêlé à des acides oxalique ettartrique, en vex’sant dans une solution saturée d’acide succinique {^supposé falsifié') une solution de potasse qui détermine la précipitation d’un sur-oxalate ou d’un sur-tartrate de potasse, si l’acide succinique est mêlé d’acide oxalique ou tartrique.

On reconnaît, par la calcination, si l’acide borique est mêlé à l’acide succinique : l’acide borique reste dans le creuset , et l’acide succinique se décompose ou se volatilise.

On s’aperçoit facilement de la présence de l’acide citrique dans i’aclde succinique par l’acidité de la solution, qui est beaucoup plus considérable que s’il ne contenait que de l’acide suc^ cinique, et aussi parce que cette solution précipite l’eau de chaux, ce que ne fait pas l’acide succinique qui forme des sels de chaux solubles, tandis que l’acide citrique eu s’unissant avec cette base donne lieu à un précipité insoluble de citrate calcaire.

Si la falsification de cet acide a lieu à l’aide de l’hydro-chlo-

rate cVammoaiaque ( Ebermayer ) , on reconnaît cette falsification en traitant *1°. une partie de l’acide falsifié par la chaux qui dégage l’ammoniaque; 2°. une autre partie par de l’acide sulfurique qui décompose l’hydro-chlorate d’ammoniaque, met à nu l’acide hydro-cldorique qui se dégage sous forme de vapeurs blanches. On peut recueillir ces vapeurs dans l’eau et essayer le liquide qui les a dissoutes par le nitrate d’argent, afin d’obtenir un chlorure dont les caractères sont bien tranchés.

Selon M. Berzelius, l’acide succinique est formé

d’oxigène . . . . 4? >7^

de carbone . . . 47)99

d’hydrogène. . . 4)23.

- Le pharmacien ne prépare pas directement l’acide succinique j mais il doit le séparer de l’huile lorsqu’il opère la distillation du succin pour obtenir l’buile (i) de succin.

Acide suLFO-siNAPiQUE. Cet acide fut découvert en 1826 par MM. Henry fils et Garot , dans la semence de la moutarde; il est composé, selon ces auteurs, de

Carbone 49*)^

Hydrogène 8,3

Soufre 1 7 1 33

Azote 12, g6

Oxigène ^1)9^

L’acide sulfo-slnapique s’obtient de la manière suivante :

On prend 6 parties d’huile de moutarde jaune; on traite cette huile par l’alcool à 36° ; on laisse en contact les deux liquides pendant plusieurs jours , en ayant soin de remuer de temps en

(i) Fnnck a reconnu que l’addiiion d’an acide 'raine'ral donne lieu i la production d’une plus grande quantité d’acide, en favorisant la décomposition de la résine qui masque l’acide.

teaips; l’alcool se colore en jaune, il acquiert une saveur piquante, une odeur analogue à celle des plantes de la famille des crucifères. On sépare ce liquide de l’huile, on l’introduit dans une cornue et on le soumet à la distillation pour retirer une partie de l’alcool employé; on pousse la distillation jusqu’à ce que les deux tiers de l’alcool aient passé à la distillation; on verse ensuite le résidu dans une capsule, et on fait évaporer à une douce chaleur. On traite le résidu de l’évaporation par de l’eau froide à plusieurs reprises; ce liquide dissout la matière acide sans toucher à de l’huile fixe qui a été dissoute; ou filtre et on fait concentrer : l’acide cristallise sous la forme de mamelons qui sont d’une couleur jaunâtre; on traite à plusieurs leprlses par 1 éther sulfurique qui s’empare d’une matière colorante qui l’accompagne, et lorsque l’acide a été traité par plusieurs lavages à l éther et que ce véhicule ne se colore plus, on dissout dans 1 eau distillée, on filtre et on fait évaporer, soit à une douce chaleur, soit en employant la machine pneumatique. L acide placé dans l’une de ces circonstances cristallise; on le séjiare des eaux-mères, et ou le fait sécher.

L acide sulfo-sinapique, obtenu par le procédé que nous venons de décrire, est sous la forme de petits mamelons; il est ciistallin; sa saveur est légèrement amère et piquante; son odeur est un peu sulfureuse; il est entièrement soluble dans 1 eau et dans l’alcool, peu soluble dans l’éther sulfurique; il décolore ]dutôt qu’il ne rougit la teinture de tournesol; il semble rougir la teinture de mauves; il n’a pas d’action sensible sur la teinture de curcuma ; il se desseche a la température de 110°, en exhalant l’odeur qui lui est particulière ; à une températui’é plus elevée , il se fond et se décompose en donnant lieu, entre autres produits, a de l’hydro-suîfate d’ammoniaque et à du gaz acide carbonique : une portion de l’acide se sublime et se condense ensuite sans avoir perdu de ses propriétés.

Parmi les caractères particuliers que présente l’acide sulfosinapique^ on peut se servir des suivans pour le reconnaître : 1°. l’acide sulfo-sinapique mis eu contact avec une dissolution de fer au maximum, donne lieu au développement d’une belle

couleur pourpre cramoisie; 2°. mis en contact avec les solutions d’argent et de plomb, il donne lieu à des précipités blancs qui, Torsqu’ils sont mis en contact avec de l’eau, à l’aide de la chaleur, deviennent noirs par l’action du soufre qui les transforme en sulfures; 3°. en dissolution, il forme sur les parois des vases dans lesquels on le fait évaporer, des zones concentriques et nacrées qui donnent au verre un aspect moiré.

L’acide sulfo-slnapique s’unit aux bases salifiables ; il forme avec ces bases des combinaisons salines que les auteurs ont nommées sulfo-sinapates. L’étude de ces sels a été faite par MM. Henry et Garot. ( V. Journal de Chimie médicale, t. I®’’, page 467. )

L’acide sulfo-slnapique étant connu depuis peu , il n’a pas encore été employé en Médecine; ses propriétés sur l’économie animale ne sont pas connues. (A. C.)

Acide sulfueeux, esprit de soufre par la cloche j acide sulfurique phlogistiquéj acide vitriolique phlogistiquè j acide vitriolique volatil. Cet acide est le résultat de la combinaison du soufre avec l’oxigène dans les proportions suivantes ;

Soufre 100

Oi^ène 99,44.

( Berzelius. )

La nature de cet acide , que l’on trouve quelquefois autour des volcans , dans les solfatares et dans quelques eaux qui avoisinent ces lieux, fut recherchée dans le i6® siècle par Stahl ; mais elle ne fut bien connue qu’à une époque plus éloignée.

Les chimistes s’occupèrent de cet acide. Scheèle donna le premier le moyen de l’obtenir en grande quantité. Priestley 1 obtint sous iorme gazeuse, et étudia une partie de ses propriétés. Eerthollet en fit le sujet d’intéressantes recherches. Fourcroy et M. Vauquelin l’examinèrent et publièrent une suite d’expériences qu’ils avaient faites sur ce sujet. Enfin, MM. Gay-Lussac et Berzelius déterminèrent ses élémens par 1 analyse chimique. Malgré ces travaux, les chimistes ne sont pas tout-à-fait d’accord sur les proportions exactes ; il est à

désirer que de nouvelles expériences soient tentées pour reconnaître la cause de cette différence. L’acide sulfureux , suivant qu’on le destine à des fumigations , au blanchîmen’t ou à l’usage médical, se prépare de diverses manières ; nous croyons devoir indiquer ici ces divers modes.

Préparation de V acide pour le blanchiment et pour la désinfection. acide se prépare de deux manières; i°. parla combustion du soufre à l’aide de l’air atmosphérique : 2°. par la décomposition de l’acide sulfurique à l’aide d’un corps combustible, la sciure de bois, les copeaux, la paille bâchée. Pour obtenir l’acide sulfureux par la combustion seulement, on place au milieu d’une boîte ou d’une chambre bien close un fourneau contenant des charbons allumés; on met sur ce charbon un plat de terre contenant du soufre en quantité plus ou moins grande , selon la capacité de la chambre; on dispose sur des cordes les objets que l’on veut blanchir , ou encore les habits provenant de personnes qui ont été affectées de maladies contagieuses ( la gale , la variole, la fièvre d’hôpital ) , en ayant soin d’humecter d’abord ces objets. On ferme la porte de la chambre et on se retire: le soufre brûle, à l’aide de l’air atmosphérique, il se convertit en acide sulfureux mêlé d’une petite quantité d’acide sulfurique, et il se condense sur les objets humides, il les blanchit ou les désinfecte. On laisse quelque temps ces objets en contact avec l’acide, on leur fait subir ensuite quelques lavages, et on les fait sécher.

La quantité de soufre à convertir en acide sulfureux dépend de la grandeur de la chambre, et de la plus ou moins grande quantité d’objets que l’on soumet à la vapeur du soufre.

Préparation de V acide sulfureux employé contre la gale et les dartres. La manière de préparer l’acide sulfureux , pour l’administrer comme antipsorique , etc. , est la même que celle que nous venons d’indiquer. On fait brûler dans une boîte, ou le malade se trouve placé , à l’exception de la tête qui sort au dehors, du Soufre qui se convertit en acide sulfureux : cet acide est absorbé par les pores de la peau , et il donne lieu à la gué-

rison du malade qui se soumet un certain nombre de fois à ces fumigations. ( V. ce mot. )

Préparation en grand de V acide sulfureux^ liquide ou gazeux. On prend une tourille de grès à deux tul)ulures , on la met dans un bain de sable placé sur un fourneau; on adapte, au moyen d’un bouchon, à l’une des deux tubulures, un tube de plomb. Ce tube va se rendre dans une boîte ou dans une chambre close, si l’on veut obtenir l’acide à l’état gazeux; il plonge dans l’eau si l’on veut obtenir l’acide liquide. On introduit dans la tourille, par la deuxième tubulure, de la sciure de bois et de l’acide sulfurique (i); on ferme exactement l’ouverture, on lute avec de la terre glaise, on chaulFe doucement le bain de sable, et on élève successivement la température. L’acide sulfurique en contact avec la sciure de bois est décomposé; il y a formation d’acide carbonique et d’acide sulfureux, celui-ci se dissout dans l’eaü, tandis que le premier se dégage. On continue de chauffer j usqu’à ce qu’il n’y ait plus de dégagemènt de gaz ; et si la solution n’est pas assez chargée d’acide sulfureux , on peut la charger de nouveau de cet acide en faisant passer une seconde fois de l’acide.

L’acide ainsi préparé peut être emplo)^é au blanchiment des chapeaux de paille; on s’en sert aussi en lotion contre la galle; on l’aromatise avec un peu d’eau de lavande. Cette préparation qui n’a pas, comme la plupart des onguens antipsoriques, l’inconvénient de graisser les habits, et de communiquer une odeur sulfureuse au malade, a été employée avec succès contre cette maladie.

Préparation de acide sulfureux pitrj liquide ou gazeux. On prend un matras, on introduit dans ce vase 225 parties de mercure métallique, et 875 parties d’acide sulfurique, d’une pesanteur spécifique de 1,842 (66°). On “place ce matras sur une grille posée sur un fourneau , on le ferme avec un bouchon supportant un tube de Welter, dont l’extrémité inférieure va

(i) La qnantiic d’atidc à ajouter est celle convenable pour former avec 1.» sciure une pitc demi-liquide.

plonger dans un flacon à deux tubulures , contenant une petite quantité d’eau destinée à laver l’acide ; de la seconde tubulure part un tube qui va plonger dans un flacon contenant l’eau distillée destinée à condenser l’acide sulfureux, lavé dans le flacon qui précédé : ce deuxieme flacon peut être suivi de j)lusieurs autres, si ces flacons sont nécessaires pour condenser tout l’acide produit.

L appareil étant monte, on ferme les jointures avec un lut de farine de graine de lin réduite en pâte à l’aide de la colle. Quand le lut est bien sec, on place sous le matras quelques charbons allumés, et on augmente graduellement le feu jusqu’à ce qu il n’y ait plus de dégagement de gaz. On démonte l’appareil, on ferme les vases qui contiennent l’acide et on les place dans un lieu dont la température soit peu élevée ; on verse ensuite le résidu de l’opération qui se trouve dans le ballon ,

( le sulfate acide de mercure ) dans une capsule de porcelaine.

Dans cette operation, une partie de l’acide sulfurique en contact avec le mercure est décomposée; il cède une partie de son oxigene au mercure : par cette perte d’oxigène , cet acide passe a 1 état d’acide sulfureux; il se dégage et va se rendre dans le premier flacon, où il se lave d’abord et où il se dissout en partie ; l’acide lavé qui ne s’est pas dissout passe dans les flacons suivans qui composent l’appareil, et se dissout dans l’eau qu’ils contiennent^ L’oxide de mercure formé s’unit à une autre partie de l’acide sulfurique non décomposé, et forme le sulfate de mercure qui reste dans.le.ballon.

L’acide sulfureux gazeux est permanent, invisible, d’une pesanteur spécifique de 2 , 234 (Thénard) , son odeur est piquante, bien connue ; cette odeur est celle qui se développe lorsqu’on enflamme le soufre qui se trouve placé aux extrémités des petits fragmens de bois qu’on nomme allumettes} sa saveur est forte et désagréable. Ce gaz détruit les couleurs bleues végétales; il excite l’éternuement, resserre la poitrine, suffoque les animaux qui le respirent. Exposé à une forte chaleur, il ne se décompose pas ; séparé, au moyen du chlorure de calcium, de l’eau qu’il retient, il peut se liquéfier par un refroidissement du à un mélange

ACIDES. i'j3

de deux parties de glace et d'une partie de sel marin. On l’obtient alors liquide, limpide, incolore, jouissant de la propriété d’entrer en ébullition à une température de lo® au-dessus de zéro. Versé sur la main, il se volatilise complètement, en produisant un froid des plus vifs.

M. Bussy, professeur de l’Ecole de Pharmacie, l’un des jeunes savans sur lesquels la science peut fonder de justes espérances, est le piremier qui fit la découverte de cette propriété; Il eut l’heureuse idée d’examiner quel était le degré de froid produit par la vaporisation de cet acide; il reconnut que ce degré était tel , qu’il pouvait déterminer presque instantanément la congélation du mercure métallique.

L’acide sulfureux est soluble dans l’eau à laquelle il communique ses propriétés. Ce liquide, à la température de 20® et sous une pression de 76 centimètres, dissout trente-sept fois son volume d’acide sulfureux. L’eau ainsi chargée de ce gaz est Y acide sulfureux liquide.

On emploie cet acide pour blanchir la soie , pour enlever les taches de fruit, sur les tissus; il est mis en usage pour muter les sucs, les sirops, les vins et surtout la préparation connue sous le nom de cirage anglais. Le procédé consiste à ajouter à ces divers produits une certaine quantité de cet acide qui arrête la fermentation. On s’en sert dans le traitement de la gale, dans le blanchiment des chapeaux de paille , etc. , etc.

L’acide sulfureux gazeux, respiré en quantité (i), cause des accidensqui peuvent être calmés par l’emploi de l’ammoniaque que l’on fait respirer avec précaution et que l’on administre intérieurement à la dose de 5 à 6 gouttes dans un verre d’eau sucrée. Cette médication répétée plusieurs fols, donne de bons résultats.

L’acide sulfureux est reconnaissable à son odeur. Ou peut encore employer quelques réactifs pour reconnaître sa présence. Ces réactifs sont : le fer, que cet acide dissout sans effervescence.

(i) Cet accident arrive particnlièrement dans les fabriques d’acide sulfurique.

L’acide iodique; cet acide mêlé à l’acide sulfureux, donne lieu à une décomposition et à la formation d’acide sulfurique et à la précipitation d’iode.

L’acide sulfureux s’unit aux bases saliliables; il forme un genre de sels que l’on a nommé^ sulfites. (A. C.)

Acide suuurique, acide vitriolique^ huile de vitriol. Cet acide, dont l’usage est plus répandu que celui des autres acides dont nous ayons déjà parlé, est le résultat de la combinaison du soufre avec l’oxigène, dans les proportions suivantes :

Oxigène i49,i6

Soufre I oo .

L’acide sulfurique se trouve abondamment dans la nature, le plus souvent à l’état de combinaison avec les bases formant des sulfates que l’on rencontre dans les trois règnes.

L’existence de l’acide sulfurique à l’état libre , dans la nature , est encore un sujet de controverse, malgré que M. Baldassari ail annoncé avoir trouvé cet acide en 1776, à l’état solide et cristallisé dans une grotte du mont Âmiata, au-dessous des bains de Saint-Philippe, et que M. Pictet l’ait vu tomber de la voûte d’une grotte située près de la ville d’Alx en Provence. Cette existence, tout incompréhensible qu’elle puisse être, doit cependant être regardée comme exacte , puisque de nouveau on l’a reconnue en d’autres endroits. Lucas fils, jeune minéralogiste que les savans regrettent, a pu facilement remplir plusieurs bouteilles de cet acide qui découlait de certaines cavités existantes dans les fentes du cratère des volcans. M. de Humbold a annoncé la présence de cet acide mêlé à l’acide hydro-cblorique dans les eaux du Rio Vinagre^ présence qui a été confirmée par M. Rivero, qui a trouvé que ces eaux contenaient

par litre :

Acide sulfurique 1 ,080

Acide bydro-cblorique. . . 0,184

Alumine 0,240

Chaux o,i6o.

M. Vaiiquelin a aussi reconnu ces deux acides dans des eaux prises dans le lac d’une montagne de l’île de Java.

L’acide sulfurique fut découvert dans le moyen âge : cette découverte est attribuée par les uns, aux chimistes arabes, par les autres, aux alchimistes} ce qu’il y a de certain , c’est qu’on ignore précisément l’époque où elle fut faite. Basile Valentin,, qui écrivait au commencement du i5® siècle, en fait mention, et depuis cette époque, des travaux nombreux , entrepris par des savans de diverses nations, ont fait connaître cet acide et ils ont donné des procédés divers de préparation. Parmi les chimistes qui se sont occupés de cet acide , on doit citer Berthollet, Berzelius , Bucholz, Chaptal, Clément Désormes, Chénevix , Gould , Klaproth , Keir , Lavoisier, Morveau , Neuman , Ilichter, Roebuck, Thénai’d, Tromsdorf, Vauquelin, etc. (i).

L’acide sulfurique fut d’abord extrait du sulfate de fer par distiUation } on le prépara ensuite en faisant brûler dans de grands ballons de verre du soufre mêlé à du nitrate de potasse } mais ces procédés donnaient, ou de l’acide coloré, ou n’en donnaient qu’en très petite quantité : on a donc abandonné ces modes de préparation, et aujourd’hui on prépare cet acide dans de grandes chambres de plomb, et par des procédés qui acquièrent tous les jours de nouveaux degrés de perfection. L’un de ces procédés, dû à M. Cartier fils, fabricant distingué, est du plus grand avantage par les quantités d’acide qu’on (Atient.

Préparation en grand. Cette opération, qui n’est pas pratiquée par le pharmacien, eskdu ressort de la Chimie toxicologique. On fajt brûler dans des chambres recouvertes de jîlomb (2) le

(1) Nous voudrions pouvoir donner les noms des manufacturiers qui ont donne des observations pratiques. Parmi ceux qui sont à notre connaissance, nous citerons MM. Pelletan, Chamberlain, Dizé, Cartier, Ador, etc.

(2) Ces chambres sont de grandeurs dilTc'rentes , les proportions les plus convenables sont les suivantes :

Longueur Hauteur. , Largeur .

5o pieds i5 pieds 27 pieds.

soufre, soit seul ( en remplaçant le nitre par du gaz nitreux provenant de la décomposition de l’acide nitrique au moyen de quelques corps combustibles, des métaux, par exemple, pour préparer des nitrates métalliques, de la mélasse, du sucre ou de la fécule, pour convertir ces substances en acide oxalique) , soit mele au nitre dans la proportion de 7 à 8 pour 100 de ce sel sur 100 de soufre. Dans les deux cas, on condense les vapeurs acides formées, en faisant jaillir avec force dans la chambre, de la vapeur d’eau au moyen d’une machine destinée a cet effet. On introduit aussi dans la chambre une quantité d’air nécessaire à la formation de l’acide sulfurique.

Dans ces opérations, le soufre brùlej il se convertit en acide sulfureux qui se trouve en contact avec le gaz acide nitreux (1) et avec delà vapeur d’eau. Ces acides étant en contact, réagissent l’un sur l’autre; il résulte de celte réaction, de l’acide sulfurique et du deutoxide d’azote : l’acide sulfurique , par de l’eau injectée en plus grande quantité, est séparé de la combinaison ; il se condense et tombe en gouttelettes sur le sol de la chambre. Le deutoxide d’azote qui s’en sépare reste dans la chambre. Ce gaz absorbe une partie de l’oxigène de l’air qui existe ou qui entre dans la chambre; il passe de nouveau à l’état d’acide nitreux qui convertit l’acide sulfureux nouvellement formé en acide sulfurique qui se sépare de nouveau. Ces réactions se continuent dans les chambres, jusqu’à ce qu’il y ait épuisement total du gaz sulfureux, et de l’oxigène de l’air contenu dans les chambres ou qu’on y fait entrer par des ouvertures pratiquées exprès. Quand l’opéi'ation est terminée, on ouvre une trappe placée à la partie supérieure de la chambre et une porte à la partie inférieure : de cette manière les gaz se dégagent; on renouvelle l’air avant de commencer une nouvelle opération.

Ij’acide sulfurique condensé, recueilli comme nous l’avons

(i) Théorie de M. Clément Désormcs. Cette théorie avait été conçue par M. Plnvinetqui avait écrit à M- Chaptal h ce sujet. ( V- Dictionnaire technologique. )

acides.

tlit sur la partie inférioiire de la cliauibre qui supporte une couche d’eau acidifiée. L’acidification de cette eau par des opérations successives, est augmentée et portée de 3o à 4o“; mais l’acide sulfurique obtenu à ce degré ne peut être mis dans le commerce, puisque l’on exige qii’il-sdit d’une densité indiquée parle 66« degré de l’aréomètre; il faut donc le séparer d’une certaine quantité d’eau pour l’amener à ce degré. Pour cela, on emploie deux procédés de concentration : le premier consiste à introduiie 1 acide dans des cornues de verre, a le placer sur des bains de sable et à le soumettre à l’action de la chaleur; le deuxieme est la distillation dans un alambic de platine : l’eau passe la première, et l’acide concentré reste ou dans les cornues ou dans l’alambic. Dans ces deux cas, les petites eaux qui passentà la distillation contiennent encore de l’acide sulfurique, elles doivent être recueillies pour être introduites de nouveau dans la chambre, et servir à condenser l’acide qui doit se former dans des opérations suivantes.

L’acide sulfurique à 66° peut être employé à cet état pour la plupart des opérations des arts : ou le nomme alors acide sulfurique du commerce; il contient des substances étrangères, des sulfates de chaux, de fer, de plomb, provenant, ou des matériaux qui composent la chambre , ou des eaux qui servent à condenser l’acide, etc. Pour l’employer à l’analyse ou à des opérations qui exigent l’emploi d’un acide privé de ces substances, on procède à une nouvelle opération que nous allons décrire,

parce qu’elle est du nombre de celles qui se pratiquent dans les officines.

Purification de Vacide sulfurique du commerce. On introduit, au moyen d’un entonnoir à longue tige, dans une cornue de verre lutée et non tabulée (i), de l’acide sulfurique concentre, et on a soin de ne la remplir qu’aux deux tiers de sa capacité ; on fait entrer dans la cornue quelques petits fragmens

(i) Les cornues non Uibnlées étant plus égalés dans leurs parties que ne le n ce es qai portent une tabuinre, elles sont moins sujettes h se rompre,

Tomf. I.

de verre ou des fils de platine tournés en spirale ; on adapte aa col de la cornue un récipient dont le col soit assez large pour que le bec de la cornue puisse arriver jusque dans le milieu de ce vase ; on met dans ce ballon une petite quantité d’acide sulfurique pur, on joint la cornue au ballon; on place ensuite le vase distillatoire sur une grille de fil de fer posée sur les Ixn’ds d’un fourneau garni d’un laboratoire. La cornue étant placée sur le fourneau , on recouvre le tout du dôme , et on place quelques charbons allumés sous la cornue pour l’échauffer; lorsque l’appareil est chaud , on continue le feu de manière à porter l’acide à l’ébullition; on entretient convenable-* mentla distillation dans la cornue, en se précautionnant contre les accidens qui peuvent arriver, et surtout contre sa rupture (i).

Quand la distillation de l’acide est amenée aux trois quarts, on laisse refroidir l’appareil , on le démonte , on retire du ballon l’acide pur qui a passé.

Le but que l’on se propose en recommandant de placer un peu d’acide sulfurique au fond du ballon, est d’empêcher la rupture, accident qui arriverait si l’acide sulfurique distillé tombait immédiatement sur ses parois (2).

L’introduction, dans la cornue, de fragmens de verre ou de fils de platine tournés en spirales, est faite pour éviter les soubresauts qui pourraient faire casser ce vase; ces substances accélèrent en même temps l’évaporation.

L’acide sulfurique pur doit être conservé dans un flacon fermé à l’émeri : si le flacon restait ouvert , l’acide s’affaiblirait en absorbant une portion de l’eau qui est en dissolution dans l’atmosphère ; il se noircirait en même temps , ce qui serait dû

(i) Ott place autour du fourneau une masse de sable en pondre, destinée à absorber l’acide , qui sans cela pourrait se rcpaiidre et tomber sur l’ope'rateur.

(a) On pourrait simplifier l’appareil en se servant d’nnc cornue et d’nn récipienten platine; on n’aurait nulle crainte pour la rupture des vases ; il serait facile de rafratebir le récipient en faisant tomber sur ce vase un filet d’eau continu.

à la carbonisation de quelques substances organiques qui se trouvent répandues dans l’air. On ne peut pas conserver cét acide pur dans un flacon fermant avec un bouchon de liégej le bouchon se corrode : l’acide est ainsi noirci et altéré (i).

L’acide sulfurique pur est un liquide blanc, d’une consistance oléagineuse; il rougit fortement la teinture de tournesol; il cbarbonne les matières végétales et animales en les désorganisant. A une température de ro à 12° sous zéro, il se congèle ; à une température élevée, il bout et passe à la distillation; à une chaleur plus élevée encore , et dans un tube de porcelainé d’un très petit diamètre, il se décompose et se transforme en acide sulfureux et en gaz oxigène. La pesanteur spécifique de 1 acide pur est de i ,842 ; à cet état , il retient encoi’e une quantité assez considérable d’eau qu’on n’a pu, jusqu’à présent, lui enlever ; il est soluble dans l’eau en toute proportion.

Comme il est utile pour le pharmacien de connaître les quantités réelles d’acide sulfurique à 66°, contenues dans un mélange d’eau et d’acide, nous croyons devoir rapporter ici une table dont les divisions sont dues à M. Vauquelin-, et les subdivisions à M. D’Arcet. Cette table peut indiquer de suite quelles sont les quantités d’eau à ajouter à l’acide sulfurique à 66° pour le faire passer aux divers degrés marqués par l’aréomètre : elle indique en outre le poids spécifique de l’acide préparé par les divers mélangés.

(1) Lorsque 1 acide sulfurique du commerce a pris une couleur brune, on penl le priver de cette couleur en l’introduisant dans une cornue et eu chauffant jusqu’à ce que la couleur ait disparu et cpie l’acide ait pris une couleur blanche : dans ce cas, il y a dégagement d’acide sulfureux.

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