TAMARIN
dans laquelle sont nichées des graines noires, irrégulièrement cuboïdes, et dont le nombre varie d’une à douze, selon la longueur des gousses.
Le tamarin du commerce est cette pulpe que Ton envoie séparée de sa gousse et contenant encore les graines ainsi que les filamens qui y sont naturellement entremêlés avant de l’expédier en Europe. On lui fait subir une légère coction dans des bassines de cuivre , afin de l’empêcher de moisir. Elle est alors d’une couleur rouge-noirâtre , d’une consistance pâteuse, d’une odeur vineuse , et d’une saveur aigrelette sucrée et un peu astringente. La pulpe de tamarin , analysée par M. Vau— quelin ( Ann . de Chimie , t. V , p. 92 ) , a fourni les résultats suivans : acide citrique, 9,4°; acide tartrique, 1, 55; acide malique , o,45 ; sur-tartrate de potasse , 3,25>;sucre, 12, 5o ; gomme, 4>7°j gelée végétale, 6,25; parenchyme, 34,35; eau, 27,55. La grande quantité de sucre contenue dans la pulpe de tamarin ne paraît pas y être inhérente. Cette quantité n’est aussi considérable que parce que l’on y ajoute du sucre par couches alternatives,, pour la conserver; du moins c’est ainsi que l’on agit aux Antilles et dans diverses contrées de l’Inde.
La pulpe de tamarins étant préparée dans des bassins de cuivre, où probablement on la laisse séjourner pendant un temps plus ou moins long, il arrive assez souvent qu’elle renferme du cuivre ; on reconnaît la présence de ce métal vénéneux en y plongeant une lame de fer bien pRlie , sur laquelle le cuivre se revivifie. La falsification des tamarins est une des plus fréquentes de la droguerie : c’est surtout avec des pruneaux réduits en pulpe , à laquelle on mêle des fibres de racines de fraisier, et que l’on acidulé au moyen de l’acide tartrique et même de l’acide sulfurique. Cette falsification se reconnaît facilement par les sels de baryte, si l’acide employé est le sulfurique ; mais lorsqu’on s’est servi de l’acide tartrique , il n’y a guère moyen de reconnaître bien positivement cette fraude.
On emploie la pulpe de tamarins comme médicament pur-
i70 TAMINIER COMMUN.
gatif et rafraîchissant : on en fait bouillir une once clans une pinte d’eau , et Fon administre cette décoction convenablement édulcorée, dans les maladies aiguës qui réclament les antiphlogistiques. A une dose plus élevée ( 2 onces dans une pinte d’eau bouillie pendant un quart d’heure) , cette boisson devient laxative. Le tamarin est employé en Égypte et au cap de Bonne-Espérance , pour assaisonner les viandes. Les peuples de l’intérieur de l’Afrique en font des provisions pour les voyages qu’ils entreprennent dans ces contrées brûlantes : cette pulpe leur fournit des boissons acidulés propres à calmer la soif , et dont les effets n’ont rien de nuisible à la santé des voyageurs. (G...N.)
TAMARISC. Tamarix gallica , L. Plante de la Pentandrie Trigynie, formant le type d’une famille nouvellement établie parM. Desvaux, sous le nom de Tamaris ciné es . C’est un petit arbre qui croît dans les lieux humides du midi de l’Europe, et que Fon cultive pour l’ornement dans les jardins paysagers ; ses feuilles sont très petites et ressemblent à celles de la sabine ou du cyprès, mais elles sont plus pâles et non odorantes; ses fleurs forment, au sommet des rameaux, d’agréables épis d’un rose de chair. L’écorce de cet arbre est légère , d’un grisbrun ou verdâtre extérieurement , rouge à l’intérieur et s’exfoliant en un liber composé de lames réticulées , représentant fort bien la structure élémentaire des couches verticales.
La saveur de cette écorce est astringente , légèrement amère et nauséeuse: elle fournit, par l’incinération, une grande quantité de potasse, et de la soude quand la plante a crû dans les lieux maritimes. Le Tamarix germanica, L., est un arbrisseau très commun le long des torrens , des montagnes , dans le nord de l’Europe, et dont l’écorce jouit de propriétés analogues à celles du T. gallica. Dans le Danemarck , on remplace le houblon par cette écorce pour la labrication de la bière. (G...N.)
TAMINIER COMMUN Tamus commuais , L. — Rich., Bot. méd. , t. 1, p. 99. (Famille des Asparagées de Jussieu, Dioscorées de R. Brown, Hexandrie Monogynie , L. ) C’est