TEMPERATURE
met par-dessus plusieurs couches de teinture balsamique du commandeur de Permes ( baume du commandeur).
Teinture de mauve. On prend les pétales secs de la mauve sauvage ( Malva sylvestris), on les pulvérisé, on les met en contact avec l’alcool à 36o; on porte h l’ébullition ; on filtre ; on fait évaporer ; on traite le résidu par l’eau qui dissout la matière colorante, et abandonne une matière grasse dissoute par l’alcool ; on filtre, et l’on conserve pour l’usage.
La teinture de mauve passe au rouge avec les acides, et au vert avec les alcalis. II çn est de meme de celle de Dahlia.
Teinture de noix de galles . On concasse les noix de galles; on les met en contact avec l’alcool h 36°, quantité suffisante (8 parties d’alcool sur 1 de nuis de galles ). On laisse en contact
l’on conserve pour l’usage. On p: épare une teinture aqueuse ou in fit - 51072, en traitant les noix de galles concassées par l’eau h ioo°, laissant macérer ensuite pendant quelques jours; filtrant ensuite.
La teinture de noix de galle sert J»
démontrer la présence des sels de fer, qu’elle précipite en noir. Elle précipite aussi les solutions
d’osmium, en bleu, de tellure, en jaune, d’argent , en blanc , de mercure, en orangé, d’urane, en brun.
Teinture de tournesol. On prend du tournesol en pain , 3a gram.
(1 once) ; eau bouillante, 260 gram.
( 8 onces ). On laisse infuser pendant 12 heures; on décante, on filtre, et l’on conserve pour l’usage.
La teinture dè f^airncsol est employée pour faire reconnaître la présence des acides, qui la font passer à la
pendant quelques jours; on filtre, et 1 couleur rouge.
TELLURE. O11 a donné ce nom à un métal découvert en 1 782 par M. Muller de Reichenstein dans les mines d’or de la Transylvanie. Ce métal a été rangé par Fourcroy dans la classe des métaux cassans et oxidables , et par M. Thénard dans la quatrième section. Le tellure est solide, d’un blanc bleuâtre , très brillant, lamelleux, fragile; son poids spécifique a été évalué à 6,1 1 5. Il est très fusible , très volatil , susceptible de s’oxider par le contact de l’air et de la chaleur. Il est soluble dans l’acide nitrique; sa solution est claire et transparente. Le tellure forme un alliage avec le mercure ; il s’unit au soufre et il fournit un sulfure d’une structure radiée. Ce métal , jusqu’à présent, n’a aucun usage. Quelques auteurs ont donné le nom à7 acide tellurique à l’oxide de tellure. (A. C.)
TELLXIRÉ. Se dit des substances qui contiennent le tellure.
TEMPERATURE. On a donné , en Chimie, le nom de tem -
TÉRÉBENTHINES. 219
pêralure , au degré appréciable de clialeur qui règne clans un lieu ou dans un corps. On dit basse température lorsque les degrés de clialeur appréciés sont peu considérables , et haute température , lorsqu’ils sont au contraire très nombreux. Les degrés de température peuvent être divisés en deux sections , ceux qui sont inférieurs à o°, terme de la glace fondante, et ceux qui s’élèvent au-dessus de zéro degré. {V . les ouvrages de Physique.) (A. G.)
TENACE. O11 dit qu’un corps est tenace lorsqu’il jouit de la propriété de s’attacher fortement aux corps avec lesquels on le met en contact.
TÉNACITÉ. Propriété dont jouissent certains corps , les métaux par exemple, qui jouissent de la propriété de résister efficacement aux puissances qui tendent à rompre la force de cohésion de leurs parties , en les écartant par l’extension.
TÉNU, TÉNUE. Ce mot est employé pour indiquer une substance très divisée; ainsi l’on dit une poudre ténue pour une poudre fine.
TÉRÉBENTHINES ou RÉSINES FLUIDES. Terebinihinœ. , Oleo-resinæ. On désigne par ce mot toutes les substances résineuses qui contiennent une quantité d’huile fixe ou volatile suffisante pour leur donner une consistance demi-fluide. Un grand nombre d’entre elles avaient reçu le nom de baumes, mais on a restreint cette dénomination aux résines solides ou fluides qui sont naturellement combinées à l’acide benzoique. Les térébenthines proviennent d’arbres appartenant à diverses familles de plantes ; elles se rencontrent plus fréquemment dans certaines familles où l’abondance du suc résineux odorant forme un des caractères les plus remarquables ; telles sont les Conifères, et particulièrement les espèces des genres Pin, Sapin et Mélèze. Nous allons mentionner les différentes sortes de térébenthines sous les noms qu’elles portent vulgairement dans le commerce de la droguerie.
Térébenthine d’Amérique. Ce nom assez vague s’applique à la térébenthine qui découle de plusieurs espèces de Pins ori™
TÉRÉBENTH1KES.
f- inaires de l’Amérique septentrionale. Le célèbre voyageur Michaux a publié sur ces arbres beaucoup de renseigneinens utiles à consulter. Leurs produits offrent entre eux une telle similitude , qu’on les substitue indifféremment les uns aux autres. Parmi les térébenthines d’Amérique , on distingue deux sortes principales , savoir :
i°. Térébenthine de Boston . Elle est produite par les P inus auslralis et P. Strobus j elle se récolte dans une grande étendue de l’Amérique septentrionale et à une distance considérable de Boston ; mais c’est dans cette dernière ville qu’est établi l’entrepôt , ce qui lui a valu son nom commercial. Cette térébenthine a une odeur suave , une amertume médiocre, et elle contient à peu près 17 pour 100 d’huile volatile. On la préfère à la térébenthine du pin maritime, vulgairement nommée térébenthine de Bordeaux ; par sa combinaison avec la soude, elle sert à composer un savonule presque liquide.
2Ù. Térébenthine du Canada. On la retire du Pinus Bal samea , L. , soit par des incisions pratiquées au tronc , soit en crevant les grosses utricules ou tumeurs qui se forment dans l’écorce du tronc et des branches. On reçoit le suc propre dans des bouteilles auxquelles on adapte de larges entonnoirs, et on les bouche exactement aussitôt qu’elles sont remplies. Celle qui découle par incision est peu colorée , transparente , tenace, d’une odeur forte et agréable, d’une saveur amère et un peu âcre. On lui donne le nom de baume du Canada. La térébenthine qui s’obtient en crevant les vésicules est presque incolore, transparente, d’une grande fluidité et d’une odeur suave , analogue au baume de la Mecque ou de Gilead , ce qui lui a valu, dans le commerce, le nom de faux baume de Gilead .
Térébenthine de Bordeaux. Terebenlhina pinea , Oflic. On donne encore à cette substance les noms de térébenthine commune et de térébenthine de pin , parce qu’elle est la plus répandue dans le commerce, et qu’elle découle de diverses espèces de pins, particulièrement du Pinus maritima et du Pinus y B es tris , qui croissent abondamment dans les landes de
TÉRÉBENTHINES. an
Gascogne. On la retire par le procédé suivant : lorsque l’arbre a atteint l'âge de 3o à 4° ans, c’est-à-dire quand il offre 4 pieds de circonférence, on fait à sa partie inférieure une entaille de 3 pouces de largeur sur i pouce de hauteur , de manière à ce que les couches corticales et le liber soient enlevés. On renouvelle la plaie tous les huit jours, depuis février jusqu’en octobre , par de nouvelles entailles pratiquées audessus de la première , de sorte qu’au bout de quatre ans, on a donné à la plaie une hauteur de 8 à g pieds. Alors on fait la même opération sur les autres faces de l’arbre, ce qui donne le temps aux plaies anciennes de se cicatriser, et de pouvoir produire de la térébenthine par de nouvelles incisions. Le suc propre est reçu , au pied de l’arbre , dans de petites auges , et on lui donne dans le pays le nom de gomme molle. On le purifie en le faisant chauffer dans une grande chaudière > et en le filtrant au travers de la paille ; ou bien , si la chaleur de l’été est assez forte, on se contente de placer la térébenthine dans des caisses de bois dont le fond est percé de petits trous, par lesquels s’écoule la portion liquéfiée, tandis que les impuretés restent dans la caisse. Ce dernier procédé fournit une térébenthine plus estimée, parce que n’ayant pas été exposée à une température trop élevée , elle conserve en grande partie l’odeur de la térébenthine vierge ; aussi la distingue-t-on sous le nom de térébenthine fine ou de térébenthine du soleil. L’autre sorte , que l’on purifie par le feu , n’est pas aussi transparente ni odorante ; elle est plus colorée , et on ne l’emploie que pour les vernis communs.
La térébenthine de Bordeaux est ordinairement blanchâtre, trouble, consistante, se séparant, par le repos, en deux parties, l’une claire et transparente , l’autre d’apparence mielleuse. Son odeur est forte , peu agréable , sa saveur très amère. Elle fournit 20 pour 100 d’huile volatile.
On l’estime moins , pour les préparations pharmaceutiques , que la térébenthine de Strasbourg.
Térébenthine de Boston et Térébenthine du Canada. V. Térébenthine d’Amérique.
TÉRÉBENTHINES.
Térébenthine i>e Chio. 'Tereb inthina pistacina , Offre. Elle est produite par le térébinthe ( Pislacia Terebinthus , L.), arbre qui croît abondamment dans la région méditerranéenne, particulièrement à Chio et dans les autres îles de l'archipel grec. On l’obtient par des incisions transversales que Ton fait, d’espace en espace, au tronc et aux branches de l’arbre; il s’en écoule aussi par des fissures naturelles , mais en très petites quantités , et elle ne tarde pas à se concentrer à l’air et à se convertir en véritable résine mastic, y. ce mot. Chaque arbre n’en donne que 8 à 10 onces; et comme on ne le cultive pas , la térébenthine de Chio est rare dans le commerce. Elle est plus estimée que les autres térébenthines , à raison de la suavité de son odeur, qui rappelle le citron et le fenouil, et de sa saveur, qui n’est pas amère ni âcre. Elle a une couleur citron pâle, tirant sur le verdâtre. Sa transparence est parfaite ; sa consistance glutineuse, devenant en vieillissant de plus en plus épaisse, par l’évaporation de l’huile volatile. On la mélange souvent avec la térébenthine du mélèze , qui se reconnaît à son odeur moins suave et à sa saveur amère et âcre.
Térébenthine des Conifères. V. Térébenthine de Bordeaux, de Strasbourg et de Venise.
Térébenthine de copaiiu , Baume de copalui, Balsamum Copaibœ , Offre. Substance résineuse, demi-fluide, obtenue par des incisions faites au tronc du Copaifera ojjicinalis, L., grand arbre de la famille des Légumineuses , qui croît au Brésil (i) , dans la république de Venezuela et en d’autres contrées de l’Amérique méridionale. On l’a- naturalisé dans les Antilles, particulièrement à la Jamaïque et à Saint-Domingue. Cet arbre a un tronc élevé , divisé au sommet en rameaux qui forment une cime touffue. Ses feuilles sont alternes, composées de trois
(i) Indépendamment du Copaifera ojjicinalis , on trouve encore au Brésil quatre autres espèces de Copaifera qui forment deux variétés de baume de copahu, différentes par la consistance, la saveur et la couleur. Elles ont été décrites par M. Auguste de Saint-Hilaire, sous les noms de Copaifera ce ali folia , C. oblongifolia , C. Sellowii, et C. Mardi.
TÉRÉBENTHINES. 2 *3
à quatre paires de folioles ovales, acumine'es, entières , glabres et un peu luisantes. Les fleurs sont blanches , disposées en grappes rameuses dans les aisselles des feuilles.
Chaque arbre peut donner, par an, 3o à 36 livres de suc résineux, c’est-à-dire 10 à 12 livres par chaque fois qu’on fait les incisions; car cette opération se renouvelle ordinairement trois fois dans Tannée. On reçoit le suc clans des calebasses ; il est d’abord très fluide , incolore, mais il ne tarde pas à s’épaissir et à prendre une teinte jaune. Telle que nous la recevons par le commerce , la térébenthine de copahu a une consistance d’huile d’olives; une odeur forte, particulière, désagréable ; une saveur amère, âcre, repoussante. Parla distillation, elle fournit le tiers, et même quelquefois la moitié de son poids, d’une huile volatile moins pesante que l’eau, et à laquelle le baume de copahu doit son odeur pénétrante. Le résidu de la distillation est une résine transparente d’un vert brun, à cassure plane, d’une odeur et d’une saveur presque nulleso Le baume de copahu se dissout dans l’alcool , et la dissolution reste pendant quelque temps laiteuse, à cause d’une petite quantité de matière insoluble qui finit par se déposer , et qui est analogue, par sa nature , à la résine animée. On parvient à rendre le baume de copahu miscible à l’eau au moyen de jaunes d’œufs , ou d’un mucilage de gomme arabique, et c’est de cette manière qu’on forme des émulsions fréquemment prescrites par les médecins.
Le baume de copahu est susceptible de falsification par son mélange avec de la vieille huile de ricin , qui a aussi la propriété de se dissoudre dans l’alcool. Cette fraude étant assez fréquente, il importe beaucoup aux pharmaciens de la reconnaître promptement. Voici les moyens qui ont été proposés par MM. Henry, Blondeau et Planche :
i°. O11 a conseillé de faire bouillir un gros de baume de copahu dans une pinte d’eau r jusqu’à ce que tout le liquide soit évaporé; le résidu est une matière résineuse d’autant plus molle, que la quantité d’huile de ricin mélangée a été plus considérable.
TÉRÉBENTHINES,
2°. Si l’on mêle 2 gros de baume de copaîiu pur avec 1 gros de potasse liquide contenant un quart de potasse caustique, le mélange a l’aspect et la consistance du cérat; niais, après quelques heures de repos, il se sépare en deux parties : la supérieure est le baume de copahu , l’inférieure est la solution alcaline. Mais lorsque le baume de copabu contient un quart, ou seulement un huitième d’huile de ricin, le mélange ne se sépare pas : il perd peu à peu son opacité , et se convertit en une masse gélatineuse. Si l’on a employé de la soude caustique (lessive des savonniers) au lieu de potasse, le mélange forme un savon d’autant plus homogène, opaque et consistant, qu’il y a une plus grande quantité d’huile de ricin.
3°. Quatre parties de baume de copahu pur et une partie de sous - carbonate de magnésie agitées dans une capsule, puis abandonnées au repos, se convertissent en une substance qui prend en quelques heures l’aspect et la consistance d’une forte dissolution de gomme arabique. Le mélange conserve au contraire son opacité lorsque le baume de copahu est falsifié avec l’huile.
4°. Enfin, lorsqu’on agite dans une bouteille une partie d’ammoniaque à 2 2U, avec deux à cinq parties de baume de copahu, le mélange devient en peu d’instans parfaitement transparent lorsque le copahu est pur; il reste , au contraire, opaque s’il y a de l’huile. On peut ainsi reconnaître l’addition d’un vingtième ou même d’un trentième de celle-ci. Il est essentiel que cet essai soit fait à une température de 10 à i5° centigrades; car, à une température de 20 à 2.5°, le baume de copahu qui contient un huitième d’huile redevient aussi transparent que le baume de copahu pur. À une basse température, comme de o à 5°, le copahu le plus pur, mélangé avec l’ammoniaque, conserve son opacité.
On falsifie encore le baume de copahu avec la térébenthine des Conifères. Ce mélange se reconnaît à l’odeur de celle-ci, qui est surtout très sensible lorsqu’on en projette sur un fer rouge.
La térébenthine de copahu est un stimulant fort énergique. Si on Tadministre à la dose de quelques gouttes, soit pure,
TÉRÉBENTHINES. 225
soit suspendue dans un véhicule aqueux à l’aide de la gomme arabique ou d’un jaune d’œuf, cette substance agit simplement comme un excitant utile pour activer les sécrétions. Son action est tout autre quand on l’emploie à forte dose, comme, par exemple, à i ou 2 gros et au-delà ; elle occasione alors une chaleur brûlante de l’estomac, des nausées, des vomissemens et des déjections alvines abondantes. 11 ne faut l’employer de cette manière que dans les inflammations chroniques de la membrane muqueuse intestinale, et lorsque celle-ci a besoin d’être excitée. Le bannie de copahu fait alors cesser la diarrhée, qui n’est qu’un symptotne de cet état. Mais c’est surtout contre la blennorrhagie uréthrale que les praticiens remploient avec le plus de succès, et il réussit non-seulement dans les dernières périodes de cette maladie , et lorsqu’il ne reste plus qu’un écoulement atonique , mais encore dès le début de l’inflammation. Ceunode d’action , dont le caractère est, pour ainsi dire, spécifique contre la gonorrhée, a été surtout mis en évidence par MM. Ribes et Delpech. Celui-ci Fa aussi administré avec succès dans le catarrhe chronique de la vessie.
La saveur âcre et repoussante du baume de copahu détournant beaucoup de malades de son emploi, on a cherché tous les moyens pharmaceutiques possibles de déguiser cette mauvaise qualité sans priver la drogue de ses propriétés. En conséquence, on Fa prescrite en potions ou émulsions diversement aromatisées et édulcorées , en pilules , en électuaires , etc. M. Miale a communiqué à l’Académie de Médecine un procédé pour solidifier le baume de copahu , et le rendre propre à être réduit en pilules. Il consiste à prendre une livre de baume de copahu bien pur, que l’on place dans une assiette , et sur laquelle on tamise une once de magnésie fortement calcinée ; on mélange exactement , et on laisse le tout en contact dans un lieu abrité du contact de l’air. Au bout de ï5 à 20 jours, le mélange acquiert une consistance piluiaire, et possède la même efficacité que le baume de copahu qui n’a pas subi de préparation. SMe baume de copahu que l’on emploie est falsifié avec de l’huile de ricin, la consistance du mélange 11’est que sirupeuse ou on- Tome Y. i5
226 TÉRÉBENTHINES^
guçntaire, par conséquent , impropre à la confection des pilules Enfin, on a proposé d’employer la résine de co~ pahu obtenue par l’évaporation totale de l’huile volatile. Cette préparation, qui a beaucoup d’analogie avec la térébenthine cuite, se donne à la dose de i5 à 24 grains, trois fois par jour , et elle fait cesser les écoulemens blennorrhagiques , même pendant la période d’acuité, dans l’espace de deux à trois jours.
Térébenthine de Dammara. Elle est fournie par le Pinus Dam m ara, Lambert; A gaihis Dammara , Rich., Conifères, tab. 19, arbre qui croit dans les îles de l’arcbipel indien. Son odeur est fortement résineuse, sa saveur très amère. Elle se convertit promptement en une résine dure, nommée par les Malais Dammara-Puii . On ne sait presque rien sur ses usages , qui doivent être les mêmes que ceux de notre térébenthine.
Térébenthine de Dombeya. Elle découle de l’écorce de V Araucaria Dombeyi , Rich., Conifères, tab. 20 et 21 , nommé primitivement Dombeya excelsa. C’est un des plus beaux arbres de la famille des Conifères; il en existe des forêts au Chili et dans les contrées adjacentes. La térébenthine de Dombeya est glutineuse, d’un blanc de lait, d’une odeur forte et d’une saveur âcre et amère.
Térébenthine de Eraylejon, Suc résineux , très odorant, qui suinte de Y Espeletia grandijlora , Humb. et Bonpl., Plant, équin. Il, p. 1 1 , tab 70. Cette plante croît dans la république de Colombie , où les habitans lui donnent le nom de f ray le j on . Elle appartient à la famille des Synanthe'rées , et se place près du Sylphium , dont une espèce ( Sylphium terebinthinaceum) , qu’on cultive dans les jardins de Botanique , donne également un suc très visqueux , qui peut nous donner une idée de cette sorte de térébenthine, d’ailleurs inconnue en Europe.
Térébenthine de Gii/eàd. V. Térébenthine de la Mecque. On donne improprement le nom de térébenthine ou baume de
1 Jî~
fàilëâd , à une variété de la térébenthine d’Amérique. V. ce
LU O f .
. TÉRÉBENTHINES. n27
Térébenthine de la. Mecque, Baume de la Mecque, de Judée, de Gilead, Opobalsamum , offic. Cette résine liquide est produite par le Balsamodendron Opobalsamum. , Kunth ; Am jri s Opobalsamum, L. (i), arbrisseau de la famille des Térébinthacées qui croît en Éthiopie et en Arabie. On extrait le baume de la Mecque par des incisions faites au tronc et aux branches, ou par la décoction dans T eau des jeunes branches et des feuilles. Le suc obtenu par incisions a une consistance sirupeuse, une couleur jaunâtre , blanchâtre et opaline à l’état récent, s’épaississant par la vétusté. Son odeur est vive et pénétrante, analogue à celle de la térébenthine de Chio. Sa saveur est aromatique , amère et âcre. Cette térébenthine, à un tel état de pureté , est rare dans le commerce , parce que les Orientaux se la réservent exclusivement. Cependant nous avons eu l’occasion de l’étudier sur une assez grande quantité contenue dans un flacon hermétiquement bouché, que M. le professeur Delile s’était procuré dans la Haute-Égypte , lors de la mémorable expédition française, et qu’il a eu la bonté de nous remettre. La térébenthine fournie par l’ébullition dans l’eau des branches et des feuilles est liquide , jaunâtre , trouble, acquérant de la solidité et de la transparence en vieillissant ; son odeur est forte , agréable , mais beaucoup moins que celle du baume obtenu par incisions.
La térébenthine de la Mecque se dissout dans l’alcool comme les autres résines fluides, mais, selon M. Yauquelin qui a publié un travail analytique sur cette substance ( Ann . de Chim. , t. LX1X, p. 221 ) , elle laisse un résidu peu abondant qui se gonfle et devient glutineux dans l’alcool. Cette matière est analogue à celle que contient la résine animée. V . ce mot. D’un autre côté, M. Bonastre lui trouve de l’analogie avec, la bursérine.
(1) Il est probable que le baume de la Mecque provient de diverses espèces du genre Balsamodendton. Le B . Gileadense, Kunth, ou Amyris Gileadensis, L., est egalement cité comme produisant cette substance. Au reste, l’histoire botanique de ces plantes n’est pas encore suffisamment débrouillée.
228 térébenthines.
Il est très rare de trouver du baume de la Mecque pur ; il est presque toujours falsifie' , soit avec la térébenthine de Chio , soit avec d’autres sortes de térébenthines. Cette falsification n’a heureusement aucunes fâcheuses conséquences, car ces substances sont douées au même degré de propriétés semblables. Nous ne sommes plus au temps où l’on attribuait, d’après les récits des Orientaux , les vertus les plus merveilleuses à cette résine fluide. Ainsi , tout ce qu’on a dit de ses propriétés vulnéraires, stomachiques et alexipharmaques est aujourd’hui totalement décrédite'.
Térébenthine de mélèze. / . Térébenthine de Venise.
Térébenthine de Strasbourg. 7 "erebenihina abietinci y officitl. Elle est produite par le Sapin ( Abies pectinala , D.C. , Flore française. Eich. Bot. méd, t. 1 , p. 1 4 r ) ? arbre delà famille des Conifères qui croit abondamment dans les Vosges, le Jurat et dans les régions septentrionales de l’Europe. Pour la recueillir , les paysans grimpent à la cime des arbres , et crèvent les utricules que la térébenthine forme au printemps et en automne sur le tronc , en filtrant à travers l’écorce ; ils la reçoivent d’abord dans une bouteille qu’ils ont à leur coté , et ils en remplissent de petites tonnes qui, dans le commerce, portent le nom de goudes (i). La purification de cette térébenthine se fait, chez les paysans des montagnes, d’une manière simple : un lambeau d’écorce de sapin roulé en hélice leur sert d’entonnoir-filtre , au fond duquel ils mettent des feuilles du même arbre. La térébenthine ainsi filtrée est parfaitement claire , presque incolore , moins consistante que les térébenthines de Bordeaux et de Venise, d’une odeur plus pénétrante, plus riche en huile volatile, et d’une saveur âcre et très amère. Ses usages sont absolument les mêmes , et elle est préférée pour les préparations pharmaceutiques. Elle entre dans les baumes de Fioraventi , cl’Arceus et de Lucatel , l’onguent di-
(f) On obtient aussi cette térébenthine, et en plus grande quantité, par de larges incisions faites an tronc de l’arbre, de même crue pour la térébenthine de Bordeaux.
TÉRÉBINTHACËES. y 229
gestif? les emplâtres agglutinatif , vésicatoire, diachylon gommé , de Yigo , les sparadraps, et une foule de inédicamens externes , dont elle rend les particules très adhésives entre elles et sur les corps auxquels on les applique. Privée de son liuile par l’ébullition dans l’eau , elle forme ce que l’on nomme en Pharmacie térébenthine cuite , dont on fait des pilules astringentes. Cette térébenthine , ainsi que les autres sortes, est encore employée à la confection de plusieurs vernis.
Térébenthine du térébinthe. V, Térébenthine de Chîq.
Térébenthine de Venise ou Térébenthine du mélèze. Tere ~ vinthina laricea , 7°. Venetianci , offic. Cette sorte de térébenthine provient du mélèze ( Pinus larix , L. ; Larix européen, D.C. : Abies larix , Rich. , Conif. , tab. ï 3 ) , arbre qui croît dans les Alpes de la France , de la Suisse , ainsi que dans le nord de l’Europe. Le nom de térébenthine de Venise, qu’on loi donne vulgairement^ vient de ce qu’on en faisait autrefois un grand commerce dans cette ville. Aujourd’hui , cette térébenthine est expédiée directement des lieux où on la recueille , et particulièrement des environs de Briançon, On l’obtient en pratiquant des trous au pied des mélèzes , et en faisant écouler le suc propre , dans des tonneaux , au moyen de gouttières de bois qui font communiquer ces tonneaux avec les plaies de l’arbre. Cette térébenthine se purifie en la faisant, passer à travers des tamis de cuir. Elle a moins de consistance que celle cle Chio , qui d’ailleurs présente avec elle beaucoup d’analogie; elle est plus transparente, d’une odeur forte moins suâve , d’une saveur chaude , âcre et amère. Ses propriétés et ses usages sont les mêmes que ceux de la térébenthine de Strasbourg. V. ce mot. (G...N.)
T ÉRÉB I JN TH ACÉES . Terebinthaceæ , Famille naturelle de plantes dicotylédones, polypétales, à étamines périgynes,, composée d’arbres ou d’arbrisseaux à feuilles alternes dépourvues de stipules , et ordinairement composées de plusieurs folioles terminées par une impaire. Les fleurs sont hermaphrodites ou unisexuées, petites et généralement disposées en
23o TÉRÉBINTH ÂGÉES,
grappes. Le calice est à trois ou cinq sépales quelquefois réunis par la base et soudés avec l’ovaire. La corolle manque dans plusieurs espèces; quand elle existe, elle se compose d'un nombre de pétales égal à celui des sépales. Les étamines sont alternes avec les pétales , en même nombre que ceux-ci, /ou en nombre multiple. Le pistil offre trois à cinq carpelles, tantôt distincts , tantôt soudés entre eux , environnés à leur base d'un disque annulaire. Les fruits sont secs ou drupacés , renfermant ordinairement une seule graine.
La famille des Térébinthacées offre des rapports intimes avec celles des Légumineuses et des’Rhamnées. Elle se distingue des premières par l'absence des stipules ainsi que par ses étamines toujours libres, sa corolle toujours irrégulière , etc., et des secondes par les étamines alternes avec des pétales , et par d'autrçs caractères. M. Kunth a publié, dans les Annales des Sciences naturelles , t. 11, p, 333 , un mémoire remarquable sous le rapport botanique, dans lequel il a partagé la famille des Térébintliacées en sept groupes, savoir: i°. les Anacardiées , qui renferment les genres Anacardium , Mangifira , Pistachia , etc. La noix d'acajou, la mangue, la pistache , qui appartiennent à ces genres , sont des fruits usités comme alimens ou comme médicamens , et dont il a été traité dans cet ouvrage. s°. Les Sumachinées , ayant pour type le genre Rhus , nommé en français sumac. 3°. Les Spondiacées , où l’on remarque le genre Spondias , dont une espèce fournit la prune îqonbin , qui a été considérée anciennement comme une sorte de myrobalan. 4°« Les Rurséracées, renfermant les genres Rursera, ïcica, Ganariam , et Roswelia. Une foule de substances résineuses balsamiques, telles que les résines de gomart , d'iciquier , tacamaque, l’encens de l’Inde , etc. , découlent des arbres qui constituent ces genres. 5°. Les Amyribées , ainsi nommées du genre Arnyris qui fournit quelques résines utiles, la myrrhe, la résine élémi, le baume de la .Mecque, etc. 6°. Les Connaracées , composées d’arbres exotiques peu remarquables par leurs produits. 70. Enfin, les Jüglandées , que l’on consi-
TERRES , a3i
«1ère généralement comme une famille distincte. V . ce mot et Noyer.
Le suc résineux et odorant qui découle d’une foule de plantes de la famille des Téréfointbacées , leur communique des propriétés médicales en général stimulantes et présentant beaucoup d’uniformité dans leur action. Il est facile de se convaincre de celte vérité, en examinant les substances balsamiques et résineuses que nous venons de mentionner. Plusieurs Térébinthacées Sont en outre caractérisées par l’abondance d’un principe astringent. Ainsi differentes espèces de sumacs sont employées au tannage des peaux. Les graines ou amandes de quelques espèces , comme la pistache, la noix d’acajou, etc., renferment une huile fixe, douce et agréable. Mais si les Térébinthacées sont en général douées de propriétés salutaires, quelques plantes de la même famille * sont vénéneuses à un très haut degré, puisque les simples émanations sont capables de produire une irritation suivie de pustules à la peau des personnes qui y sont exposées. V . Sumac vénéneux. (À. R.)
TÉRÉB INTHE. Nom vulgaire d’une espèce de pistachier ( Pistacia Terebinlhus , L. ) qui produit la térébenthine de Chio. V. ce mot. (A. R.)
TÉRÉNIABIN. Les Persans et les Arabes donnent ce nom à une sorte de manne produite par Y Alhagi Mauronim , D G. V . Manne.
TERRA MERITA. Un des anciens noms de la racine de curcuma. V. ce mot.
TERRE. La terre était regardée par les anciens comme un des quatre éie'mens. Les chimistes ont ensuite donné pendant long- temps le nom de terres salijiables , de bases terreuses ,'h divers oxides métalliques qu’ils regardaient comme des corps simples. Ces oxides avaient pour caractères principaux , d’être secs, fixes, inodores, insipides, insolubles dans l’eau ; exemple, la silice , Y alumine , Y yttria . Depuis, de nouvelles recherches ayant démontré la composition de ces combinés, on les a rangés parmi les oxides, V . ce mot.