‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 8 sur 119 · SORBIER · texte numérisé non relu

SORBIER

praticien qui ordonne un médicament compte sur son action. Si ce médicament est adultéré , non-seulement on n’en obtient pas les résultats qu’on était en droit d’attendre , mais encore le malade peut succomber. Les sophisticateurs n ontils jamais pensé quen faisant leurs mélanges ils pouvaient devenir homicides ?

Les fraudes de ce genre sont très nombreuses; et quoiqu’elles aient déjà été signalées à plusieurs reprises dans les journaux scientifiques , non-seulement elles sont encore mises en pratique, mais chaque jour en fait connaître de nouvelles. Le seul moyen que possède le pharmacien de se prémunir contre ces fraudes , est de soumettre les produits qu’il soupçonne à un examen sévère , et de s’éclairer pour le faire par la lecture des ouvrages publiés sur ce sujet, et surtout par un nouveau traité dû à MM. Boutron-Cliarlard et Bussy. Ce dernier a été fait avec un soin qui garantit la vérité des faits établis par ces savans (i). (A. C.)

S0P0RAT1F, Soporijéres. Synonymes de somnifère, d’hjpnotique.

SORBATES. V. Malates, p. 4<>4 du t. III.

SORBIER. Sorhus dôme s tic a , L. (Famille des Rosacées, tribu des Pomacées. Icosandrie Trigynie, L. ) Arbre des contrées méridionales de l’Europe, dont le fruit (sorbe) est charnu, presque arrondi ou turbiné , de la grosseur d’une pomme médiocre ou d’une poire , vert-jaunâtre d’un côté et rouge de l’autre, couvert à sa surface de points élevés, ombiliqué au sommet , ayant un parenchyme succulent, jaunâtre, contenant cinq graines. Les sorbes ont une saveur austère avant leur maturité ; elles acquièrent quelque douceur en mûrissant ,

(i) Essai sur les moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, i vol. in-8°, par MM. Boutron-Cliarlard et Bussy ; chez Thomine, libraire, rue de la Harpe, n° 78, et chez Béchct, place de l’Ecole de Médecine. L’ouvrage de MM. Boutron et Bussy a tellement fait trembler les falsificateurs , qu’ils n’ont pas craint, dans des lettres anonymes, de menacer ces auteurs; cette déplorable démarche ne mérite qu’un profond mépris.

ÏO SORGHO.

mais elles contiennent encore beaucoup de principe astringent. On y a de'couvert , ainsi que dans les fruits du Soi'bus aucu paria , L. , un acide qui fut d’abord nomme' sorbique, et que l’on reconnut ensuite pour être le même que l’acide malique. J7. ce mot, t. Ier, p. 123. Les sorbes non mûres sont astringentes ; elles deviennent comestibles lorsqu’elles ont atteint leur complète maturité'.

Le sorbier des oiseleurs ( Sorbus aucuparia , L. ) est un arbre originaire des contre'es septentrionales de l’Europe , et cultive' pour l’ornement dans les parcs et les promenades publiques; ses fruits forment des corymbes nombreux, et du plus agréable aspect ; ils sont de la grosseur d’une petite ce-* rise , d’une belle couleur rouge briquetée , et contiennent un parenchyme charnu succulent , dans lequel sont trois graines. Leur saveur est acide , acerbe, désagréable; par la fermentation, ils fournissent une assez grande quantité d’alcool, surtout après que la gelée a passé dessus. On les employait en Médecine, Contre les maladies des voies urinaires; aujourd’hui leur usage est complètement abandonné. (G...n.)

SORBIQUE. V- Acide malique , t. Ier, p. 128.

SORGHO. Holcus Sorglium , L. — Sorghum vulgare, Persoon. ( Famille des Graminées. Triandrie Digynie , L. ) Cette plante , une des plus belles de la famille des Graminées , est originaire des climats chauds de l’ancien continent , et particulièrement de l’Inde orientale et de l’Afrique ; on la cultive depuis fort long-temps dans nos contrées méridionales. Ses chaumes sont droits et s’élèvent à plus de 6 pieds ; ils sont remplis d’une moelle douce, surtout dans la jeunesse de la plante et près des nodosités. Ses feuilles sont grandes et rubanées ; ses fleurs forment d’agréables panicules au sommet de la tige. Les fruits, improprement nommés graines , sont arrondis , durs , rougeâtres , glabres ou velus , farineux intérieurement. Leur farine est amère, et ne sert point en Europe à la nourriture de l’espèce humaine ; on y emploie seulement les graines de sorgho pour engraisser les oiseaux de bassecour. Cette farine est une des principales substances alimen-

SOUCHET LONG. n

taires des peuples à demi civilisés qui habitent les vastes contrées de l’Afrique orientale. Le sorgho est nommé Dourah dans la Haute-Égypte, où Ton en voit des champs immenses. Il a reçu le nom de blé coffre, probablement parcequ’il est abondamment cultivé comme céréale dans le pays des CafFres. Les tiges du sorgho contiennent de la matière sucrée , mais non en assez grande quantité pour que son extraction puisse offrir du bénéfice. Sous ce rapport, il conviendrait mieux d’employer le Sorgho a sucre (Sorghurn saccharaium ) , espèce très voisine du sorgho commun, et dont les tiges sont pleines d’une moelle très sucrée. Le professeur Arduino a fait à ce sujet quelques essais , qui ont présenté des résultats satisfaisans.

Un des usages domestiques les plus remarquables du sorgho , est l’emploi de ses panicules après qu’on les a privées de graines, pour la fabrication de beaux balais d’appartement. C’est même seulement pour cet usage qu’on cultive le sorgho dans le midi et l’est de la France. Il réussit bien dans les terrains meubles, arénacés, mais néanmoins assez substantiels. Sa culture est à peu près la même que celle du maïs.

SOUCHE. Caudex. On désigne sous ce nom la base des végétaux ligneux. Tout ce qui est au-dessus du collet appartient à la tige , et ce qui est situé au-dessous à la racine ; mais il est presque toujours impossible , surtout dans les individus âgés , de distinguer extérieurement le point de séparation de ces organes. Ce que l’on nomme racines dans un grand nombre de plantes , comme , par exemple, dans les Fougères , les Iris, etc. , sont des souches souterraines ou rhizomes. V. ce mot. (G... n.)

SOUCHET DES INDES. Un des noms vulgaires de la racine de curcuma. V. ce mot.

SOUCHET LONG ou ODORANT. Cjperus Ion gu s , L. 1 — Rich. , Bot. méd., 1. 1 , p. 5 4. ( Famille des Cypéracées. Triandrie Monogynie , L. ) Cette plante croît sur le bord des ruisseaux , dans l’Europe méridionale et tempérée. Sa racine

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