‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 189 sur 193 · GENÉVRIER COMMUN · texte numérisé non relu

GENÉVRIER COMMUN

ployées à des usages économiques. Le G. scoparia, L., porte le nom vulgairé de Genet à bablais ; il est très commun dans les Lois des environs de Paris. Le G. juncea est cultivé dans les jardins comme plante d’ornement , sous le nom de genet d'Espagne. En faisant macérer son écorce dans l’eau , on peut en retirer une filasse de bonne qualité. (À. R.)

GENEVRIER COMMUN. Juniperus communis , L. — - Ricli. Mém. sur les Conifères, tab. 5. (Famille des Conifères. Dioecie Monadelphie , L. ) Arbrisseau fort commun dans les lieux incultes et rocailleux de l’Europe, surtout dans les pays septentrionaux. Ordinairement il est petit et rabougri , mais quelque-» fois il acquiert un grand développement et forme un petit arbre de 2 à 3 mètres de hauteur. Ses feuilles sont ternées , verticillées, linéaires-aiguës , glauques inférieurement, raides, sessiles et étalées. Les fleurs sont dioïques , disposées en chatons très petits, solitaires et axillaires; les mâles sont sessiles et de forme globuleuse ; les femelles , portées sur de courts pédoncules , sont au nombre de trois dans chaque cône ou capitule ; celui-ci est recouvert d’écailles imbriquées soudées entre elles et constituant uninvolucre épais. Le fruit qüi résulte de ces trois fleurs femelles est agrégé , simulant une baie de la grosseur d’un très petit pois , ombiliquée à son sommet , et renfermant trois osselets très durs. Il est, à sa maturité, d’un brun noirâtre , couvert d’une poussière glauque ; il contient autour des osselets une pulpe aromatique , térébenthinacée , d’une saveur amère , et un peu sucrée.

Le bois du genevrier est léger , d’un blanc veiné de rouge , susceptible d’un beau poli , exhalant une odeur aromatique due à une sorte de térébenthine qui en suinte dans les grandes chaleurs de l’été, et que pendant long-temps on a cru être la même que la sandaraque qui découle du l'huja arliculata. Ce bois était autrefois usité comme médicament sudorifique et diurétique, sous forme d’infusion; aujourd’hui on ne s’en sert plus que pour des ouvrages de tour et de boissellerie. Le genévrier est cultivé pour faire des palissades contre les murs dans quelques jardins paysagers.

64 o GENIÈVRE.

Les fruits du genévrier , vulgairement nommés baies de genièvre, contiennent un principe extractif, de la résine et une huile volatile. C’est surtout à cette dernière substance qu’ils doivent leurs propriétés stimulantes , toniques et diurétiques. On les prescrit pour relever les forces digestives de l’estomac; et comme ils exercent une action spéciale sur l’appareil sécréteur de l’urine, on a souvent eu recours à leur usage dans certaines hydropisies ; mais il faut s’en abstenir lorsque la vessie et les reins sont affectés d’une inflammation chronique; quelquefois on a vu des hématuries survenir à la suite de leur usage trop long-temps prolongé. On donne les baies de genièvre en infusion que l’on prépare dans des vases clos, avec une once de ces fruits pour 2 livres d’eau bouillante. L’extrait ou rob de genièvre , dont la préparation doit être faite avec soin ( V. l’art. Extraits ) , s’administre comme stomachique, à la dose de 1 à 2 gros. Il forme la base de plusieurs électuaires usités surtout dans la Médecine vétérinaire. La teinture alcoolique se donne à la dose d’une à deux cuillerées à café dans une tasse d’infusion théiforme d’une substance tonique quelconque. Mélangée avec du vin blanc, cette teinture constitue le vin de genièvre, que l’on prépare aussi en faisant infuser directement les baies de genièvre dans le vin.

Dans le nord de l’Europe , et surtout en Hollande où l’atmosphère est chargée d’humidité, Dusage du genièvre est fort répandu. Par la fermentation et la distillation , on en retire une liqueur alcoolique qui porte le nom de genevrette , ou bien 011 les distille sur de l’eau-de-vie. Cette liqueur forme un article de commerce assez considérable. Elle est éminemment douée des propriétés attribuées aux baies de genièvre , propriétés qui résultent de la composition chimique de ces fruits , dans lesquels abonde une huile volatile particulière.

D’autres espèces de genévriers, ou leurs produits, sont usités en Médecine ; telle est la sabine ( Juniperus Sabina, L. ) ; et le Juniperus oxjcedrus , L. , qui fournit l’huile de cade. V. Huile de cade et Sabine. (A. R.)

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