CÈDRE
colosses du règne végétal. Les auteurs sacrés le citent , en plusieurs passages , comme l'emblème de la domination et de la majesté. Son bois jouissait d’une grande réputation pour les constructions , et l’on sait que Salomon édifia en bois de cèdre le fameux temple de Jérusalem. Il faut croire que dans ces temps déjà si éloignés de nous les cèdres étaient fort abondans sur la chaîne du Liban ; c’est ce qu’attestent les récits des historiens , et les immenses constructions que les souverains de la Judée et de la Phénicie avaient élevées. Mais aujourd’hui cet arbre est tellement diminué dans ces contrées , qu’il n’en existe pas une centaine d’individus , d’après le témoignage de M. Labillardière , qui a parcouru le Liban vers la fin du siècle dernier. Il est très répandu clans différentes parties de l’Asie-Mineure , situées plus au nord que la Palestine et la Cilicie ; Pallas en a aussi vu des forets entières sur la chaîne des monts Durais ; enfin, on le cultive assez facilement dans les jardins d’Europe. Le tronc du cèdre s’élève à plus de 100 pieds, et en offre quelquefois 2.4 et même 3o de circonférence , mesuré à sa base. Il se divise en une multitude de branches dont les ramifications s’étendent horizontalement ; celles du centre sont dressées et presque verticales; les feuilles sont courtes , |Épi liées , éparses sur les jeunes rameaux et persistantes.
‘Le bois de cèdre passait autrefois pour incorruptible ; ce qui, indépendamment des avantages qu’il présentait à cause de ses grandes dimensions, le faisait rechercher pour la bâtisse. Cependant ce bois est blanchâtre , d’un grain peu serré et très analogue à celui des pins et sapins ; aussi les modernes sont-ils loin d’avoir pour lui la même estime que les anciens. C’est plutôt comme arbre d’ornement qu’il a une valeur réelle ; en effet, rien n’est plus magnifique , dans un parc ou un grand jardin , que les cônes ou les dômes de verdure que forment les cèdres. La multiplication et la culture de ces arbres sont extrêmement faciles. On sème, au printemps, les graines bien mûres dans de la terre de bruyère ; l’année suivante, on repique les jeunes plantes dans des pots, et on les laisse ainsi pendant trois ou quatre années avant de les planter.