‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 53 sur 193 · CORNICHONS · texte numérisé non relu

CORNICHONS

pour garnir les châssis des fenêtres ; chauffées suffisamment sans qu’il y ait décomposition , elles deviennent flexibles ; on peut leur communiquer des formes qu’elles n’auraient pas. Soumises à l’action de la chaleur et de l’eau dans la marmite de Papin , elles se convertissent en une substance gélatineuse ; exposées à l’action du feu, à une haute température , elles se décomposent , donnent naissance à des produits liquides , semblables à ceux que l’on obtient de la décomposition des matières animales , et à un produit solide , formé de charbon, de phosphate et de carbonate de chaux.

L’analyse des cornes des divers animaux a été le sujet des travaux de plusieurs chimistes. Hatcliett, Fourcroy , publièrent les résultats qu’ils obtinrent de l’analyse de la corne de bœuf. L’un reconnut que ces substances contenaient : i°. une grande quantité d’une matière membraneuse , analogue à l’albumine coagulée ; 2°. un peu de gélatine ; 3°. du phosphate de chaux. ( Hatcliett. ) L’autre y trouva de la gélatine colorée et du phosphate de chaux seulement. (Fourcroy.) Une analyse plus détaillée de la corne ne nous semblerait pas inutile.

La corne de bœuf est principalement employée dans les arts à faire différens ouvrages ; on en prépare des plaques de lanternes, et l’on se sert de la râpure comme engrais.

M. Dumont d’Épluche a rendu service aux agriculteurs , en les forçant, par l’exemple , à employer un engrais de la plus grande efficacité, et qui sert pendant plusieurs années. ( Voir les travaux de la Société d’Agriculturè du département de l’Oise.) (A. C.)

CORNICHONS. On nomme ainsi les fruits jeunes et verts d’une variété du concombre cultivé , que l’on confit au vinaigre pour servir d’assaisonnement à diverses sortes de mets. Pour les avoir d’un beau vert, il faut, après les avoir brossés fortement, les laver dans plusieurs eaux, les laisser tremper pendant quelque temps dans la derrière eau, les laisser égoutter , et les tenir immergés dans le vinaigre bouillant à plusieurs reprises. (A. R.)

CORNOUILLER. Cornus mas, L. (Famille des Caprifoliacées , Juss. Tétrandrie Monogynie , L. ) C’est un arbre de moyenne grandeur, qui croît abondamment dans les forêts de l’Europe. Ses branches très nombreuses portent des feuilles opposées , ovales, aiguës , entières, légèrement pubescentes endessous , à nervures convergentes et parallèles. Les fleurs, de couleur jaune, forment des petits bouquets entourés à la base d’un involucre, de quatre folioles jaunâtres. A ces fleurs, qui paraissent dès le mois de février , succèdent des fruits drupa— cés de la grosseur d’une petite cerise , mais ovoïdes allongés , ordinairement d’un rouge vif, d’une saveur aigrelette ; on les mange dans les campagnes , où on les nomme cornes et cor— nouilles. Le bois de ce petit arbre est d’une très grande dureté ; son écorce possède des propriétés astringentes.

On rencontre encore , dans les forêts de l’Europe, une autre espèce du même genre , qui porte le nom de Cornouiller sanguin , Cornus sanguinea , L. Ses fleurs sont blanches et forment une cime étalée au sommet des ramifications de la tige ; elles sont remplacées par de petites drupes globuleuses , pisiformes, ombiliquées , d’une couleur noirâtre à l’époque de leur maturité. On a proposé , il y a quelque temps , à l’Académie des Sciences, un procédé économique pour extraire de ces fruits une huile fixe d’un goût assez agréable , et qui pourrait, dans certains cas , remplacer l’huile d’olive. Déjà des résultats analogues avaient été publiés dans l’Encyclopédie , édition de Genève, vol. IX, p 5o4 , et dans le tome XXXVIII, p. 174 des Annales de Chimie, par M. Margueron, pharmacien. (A. R.)

CORNUES. Les cornues sont des vases distillatoires en verre, en grès , en porcelaine, en platine, en plomb, enfer, etc., et qui sont employés par le pharmacien-chimiste dans quelques-unes de ses opérations.

Les cornues de verre doivent être choisies bien égales dans toutes leurs parties , et exemptes de bulles et d’inégalités saillantes qui peuvent les faire casser. Lorsqu’on s’en sert, il faut les échauffer avec précaution et les laisser refroidir de même ; 011 les place ordinairement dans un bain de sable ; on peut ce-

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pendant les exposer à feu nu, en ayant soin toutefois de ne pas trop élever la température , et d’éviter que le vase soit frappé par un courant d’air. Les cornues tubulées , qui sont inégales dans quelques-unes de leurs parties, se cassent plus souvent que celles qui ne le sont pas. Pour que les cornues de verre puissent supporter une température plus élevée, et pour éviter qu’elles ne se déforment , on les recouvre d’une couche de lut composé d’argile , de sable fin , mêlé de crottin de cheval.

Les cornues en grès peuvent subir un plus haut degré de chaleur que celles de verre ; elles sont cependant susceptibles de se casser, surtout lors de leur refroidissement : on les lute ordinairement pour les rendre plus propres à résister à l’action de la chaleur.

On doit les essayer avec de l’eau , pour reconnaître si elles ne contiendraient point quelques fissures par lesquelles les produits pourraient s’échapper lorsqu’on s’en servirait pour faire une opération.

Les cornues en porcelaine sont plus réfractaires que les précédentes ; elles sont aussi sujettes à se casser. On les enveloppe d’une couche de lut comme les cornues de terre et de verre ; on appelle cette couche de lut chemise .

I es cornues faites avec les divers métaux sont employées à faire diverses opérations ; celles de fonte de fer servent à la distillation du mercure ; celles de plomb , à la préparation de l’acide fluorique. Ces vases, construits en platine, sont employés dans les arts à la concentration de l’acide sulfurique : on pourrait , en les faisant d’une plus petite capacité , s’en servir pour la distillation de cet acide.

Une foule d’appareils usités dans les arts peuvent être coi>sidérés comme des cornues d’une grande dimension.

COROLLE. Les botanistes désignent sous ce nom la plus interne des enveloppes florales. Cet organe est ordinairement composé de plusieurs pièces que l’on nomme pétales , tantôt libres et distinctes , tantôt soudées plus ou moins complètement ensemble. Dans le premier cas , la corolle est dite po-

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ly pétale ; dans le second , la plupart des auteurs considèrent la corolle comme d’une seule pièce , et ils la nomment monopétale.

La corolle se distingue du calice en ce qu’elle affecte des couleurs brillantes et très diversifiées , qu’elle est presque toujours caduque , et qu’elle est produite par le liber de la plante, tandis que le calice est presque toujours foliacé et vert, qu’il est ordinairement persistant ou marcescent, et qu’il est, suivant Linné, la prolongation de l’écorce. Cependant , et ce cas est très fréquent dans les monocotylédons, les enveloppes florales réduites à un seul rang ont un aspect corolloïde ; mais elles ne doivent être considérées alors que comme un appareil calicinal. Un auteur célèbre a voulu trancher la difficulté en considérant l’enveloppe florale des monocotylédons comme résultant de l’intime cohérence de la corolle et du calice , et il a donné le nom de périgone à cet organe composé. Les corolles d’une foule de plantes sont usitées en Médecine ; c’est dans ces parties que réside en plus grande abondance le principe aromatique. pour plus de détails l’article Fleurs. (A. R.)

CORONILLE. Coronilla. Ce genre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie , L. , se compose d’espèces douées de propriétés actives , parmi lesquelles nous mentionnerons : i°. le Coronilla Emerus , vulgairement nomme séné bâtard et faux baguenaudier. Cet arbrisseau croit dans les régions montueuses du midi de l’Europe , et on le cultive pour l’ornement des bosquets ; il a le port du baguenaudier , mais il est glabre dans toutes ses parties ; ses feuilles sont douées de propriétés purgatives. 2°. Le Coronilla varia est une jolie petite plante herbacée , très commune sur le bord des chemins et des champs. Ses fleurs sont disposées en couronne, et nuancées de blanc, de rose et de violet. Elle est nuisible aux bestiaux , qui , par un instinct admirable, n’y touchent jamais. Elle a aussi des qualités délétères pour l’homme, et , selon le professeur Seiler de Wirtemberg, son suc est un poison violent. Deux jeunes filles qui en avaient pris deux cuillerées, croyant que c’était du trèfle d’eau, périrent quatre heures après. (A. R.)

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