Personnel
Personnel commissionné . — Chaque manufacture est gérée par un conseil de trois employés supérieurs. Le directeur (8.000 à 12,000 fr.), logé obligatoirement dans l'établissement, a dans ses attributions les rapports avec les autres services, la correspondance et la direction d'ensemble ; il a eu outre la direction et l'ordounancemeut des dépenses pour tous les services de la région qui se rattachent à la direction générale des manufactures de l'Élat. L'ingénieur (5,000 à 7,000 fr.) est plus spécialement chargé de la partie technique, manipulations, entretien des bâtiments et du matériel, hygiène et police des ateliers, études de fabrication et d'outillage ; il doit en outre veiller à la conservation de tous les bâtiments et de l'outillage mécanique de la direction. Le contrôleur (5,000 à 7,000 francs) vérilie la comptabilité, fait les contrôles de toute nature sur les quantités, les présences, l'application des traités et celle des règlements administratifs; les opérations de la caisse des retraites dont il est parlé plus loin rentrent également dans ses attributions.
Le personnel commissionné d'une numufacture comprend en outre un garde-magasin (3,500 à 4,000 fr.) agent comptable en maliéres, un i)remier commis (3,500 à 4,000 fr.) remplissant l'ofTice de chef de bureau aii|)rès du directeur, et deux commis (1,500 à 3,000 fr.) chargés des travaux de bureau (coniplabilité générale, établissement des factures, ordonnancement et contrôle). Dans les manufactures les plus importantes, l'ingénieur est secondé par un sou.s-ingénieur (3.000 à 4,000 fr ) et le personnel des bureaux comprend trois commis.
Le personnel des commis est recruté de la même manière que celui de la culture.
La dépense en traitements pour l'ensemble des manufactures et des services spéciaux s'élève à 800,000 fr. par an.
MANUFACTURES DK I/ÉTAT
Personnel seconthiire. — Le personnel secondaire attaché an service d'entretien ou à celui de la fabrication, se compose d'agents iiayés au mois et dont lavancemenl a lieu |»ar manufacture.
A la tête de chaque nature de fabrication se trouve un chef de section secondé par des agents de surveillance des deux sexes, qui surveillent les mauipulalions et tiennent la comptahilile par ateliers et par fabrication. Ce personnel, dont les gages varient de 800 fr. à l,fiOO fr. pour les femmes et de l.COO fr. à i.OOO fr. pour les hommes, est recruté sur épreuves écrites exigeant une bonne instruction primaire complétée, pour les agents du service d'entretien, par des connaissances dans les arts et métiers. Le personnel ouvrier fournit un certain nombre de ces agents, surtout parmi les femmes : les anciens sous-olliciers y ligurent en grand nombre.
Pour l'ensemble des manufactures le cadre du personnel en question ne compte pas SOO titulaires qui donnent lieu à une dépense de 1,^00,000 fr.
L'administration assure la retraite de ces agents de la même manière que celle des ouvriers. Elle la conipléle généralement par un secours lorsque la rente obtenue est inférieure au tiers des gages moyens des six dernières années.
Personnel ouvrier. — Le personnel ouvrier, composé pour la plus grande part de femmes, 9/10 environ, compte -21,000 personnes, soit en moyenne 1,000 par manufacture. 11 donne lieu à une dépense annuelle de I -1,800, 000 fr. 11 travaille presque en totalité à la tâche et gagne en moyenne, suivant les manufactures, de 2 fr. à 4 fr. par jour pour les femmes, de 3 fr. 50 c. à 5 fr. 50 c. pour les hommes. Il comprend, outre le personnel de fabrication, un certain nombre d'ouvriers d'arts et métiers pour le service d'entretien. Le personnel ouvrier est recrute à mesure des besoins en tenant compte des conditions d'âge, du rang d'inscription et des garanties de toutes sortes présentées par les postulants. Ce persoi.nel est soumis à la fouille.
L'administration distribue des secours dans les cas suivants : appels sous les drapeaux, accouchements d'enfants légitimes, blessures en cours de travail à moins d'imprudence manifeste, situations particulièrement intéressantes par suite de maladies; ces secours ne dépassent généralement pas la moitié du salaire moyen, à moins de blessures graves auquel cas ils peuvent atteindre le salaire total. Les sociétés de secours mutuels et les crèches reçoivent en outre des subventions.
A chaque manufacture est attaché un médecin qui donne une consultation tous les jours, distribue quelques médicaments, soigne les blessés et apporte les conseils d'hygiène permanente ou passagère. Les manipulations du tabac n'entraînent d'ailleurs aucune prescription spéciale.