MARNE
L'État intervient cependant de toutes les manières : par des surtaxes d'entrepôt, par des primes à la construction et à la navigation, sans parler des subventions postales.
.Malgré ces efforts et ces dépenses, la France qui est au 2* rang pour la marine militaire n'arrive, en 1887, qu'au 4® pour la marine marchande avec un tonnage efléctif , c'est-à-dire une puissance de transport de 1,709,511 tonneaux, dépassant à peine la Norwège et possédant 400,000 tonnes de moins que FAllemagne, si peu favorisée au point de vue des ports, du développement des côtes et de la population maritime.
Notre infériorité paraît résulter de deux causes principales :
1° La réglementation excessive de la marine marchande dont le personnel, regardé comme la pépinière des équipages de la flotte, est eu raison des charges qui lui incombent, l'objet d'une protection très onéreuse pour l'armement.
Le rapatriement, la ration réglementaire comprenant le vin, etc., l'obligation d'embarquer des étatsmajors et des équipages en majorité composés de marins français sont des charges très lourdes qui ne sont pas imposées aux autres peuples, aux Anglais par exemple.
2" L'absence de capitaux.
La marine n'est pas assez connue du grand public qui n'engage pas volontiers ses fonds dans des entreprises dont il n'a aucune idée.
Jusqu'à présent l'hypothèque maritime n'a pas donné les résultats qu'on était en droit d'en attendre.
Le Crédit foncier de la marine empruntant à bas prix au moyen d'obligations à lots ou d'autres titres ayant la faveur de l'épargne, est encore à créer. (V. Crédit maritime.)
11 est vrai que le crédit hypothécaire maritime se heurte à une très sérieuse difficulté. En cas de nécessité, le capitaine d'un navire marchand peut emprunter, sans limitation de taux, sur le navire et son chargement, c'est ce qu'on appelle un emprunt à la grosse dont les conditions sont réglées par le titre IX du Code de commerce. Le préteur à la grosse prime toujours le prêteur hypothécaire, ou ne peut donc pas avoir la même confiance dans des obligations gagées sur des navires que dans celles qui ont des immeubles pour garantie.
Il n'en est pas moins certain que des navires assurés par de bonnes compagnies constituent une valeur très réelle, aussi solide que la plupart des propriétés industrielles auxquelles on n'hésite pas à fournir des capitaux.
La dernière cause d'infériorité est l'insuffisance de nos ports.
En résumé le problème du relèvement de la marine marchande se réduit à trois points, latitude [)lus grande laissée par l'État à celte industrie, organisation (lu crédit et amélioration des ports véritablement utiles.
r. Des Essars.
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