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Colonies Jrayiiuises et Protectorats

Le système mouétaire est le même que celui de la métropule, en .\lgi?rie, au Sénégal, eu Guyane, ainsi qu'à la Guadeloupe et à la Martinique (D. 23 avril 185ô),à Mayotle et à >ossi-Bé(/>. 27 aoiitli^SS); mais ici avec pouvoir libératoire aussi absolu pour les pièces divisionnaires que pour les écus de ô fr., à la Réunion (D. 2 avril IST'J), en i\ouvelle-Galédonie, à Taïti {D. 9 mars 1880) et à Saint-Pierre et Miquelon pour les services métropolitains seulement.

En Cochincliine, d'après le décret du 5 juillet IsSl, l'unité est la piastre (j fr. 20 c), subtlivisée en centièmes donnant les pièces de 50, 20 et 10 centièmes d'argent, 1 centième de cuivre et les sapeques de zinc do YoT de piastre. De môme en Aunam. au Tonkin et au Cambodge, où la '/. piastre équivaut à l'ancien kouara de lOmaces ou ligatures de GO sapeques cliaque. Dans nos possessions de l'Inde iD. 13 scpteiiibre 1881 , la seule monnaie qui ait cours légal est la roupie, monnaie étrangère dont la valeur commerciale est réglée par le cours du change et a été longtemps fixée à 2 fr. iO c. dans les transactions oflicielles ; elle se divise en 8 fanons ou IG aunas; le fanon se subdivise en 24 cash et l'anna en 12 pices. Enfin, à Tunis, la piastre de 0 fr. 62 c. est l'unité de compte et il y a des monnaies d'or et d'argent sur cette base avec division décimale (D. 30 mai 1878).

Des bons de caisse garantis par une réserve en numéraire chez les trésoriers ont cours légal dans plusieurs de nos colonies. Dans celles où les monnaies étrangères ont cours, et c'est le plus grand nombre, ce cours est fixé annuellenienl au mois de novembre par l'administration des (inances et d'après le cours commercial. M'. Colonies.)

9. Étalon monétaire. Bapport de la valeur de l'or et de l'argent.

La loi doit-elle établir un rapport de valeur monétaire entre l'or et l'argent avec pouvoir libératoire absolu pour les deux métaux, ou ne doit-elle accorder ce pouvoir qu'a l'un d'eux, l'autre subissant dans son emploi monétaire les elfets naturels des variations de sa valeur commerciale ï Cette question de Veta/o/i unique et du double étalon a été et est

encore le sujet de nombreuses et sérieuses discussions. Quant au triple étalon qui a existé en Italie jus(|u'cn 1781), le cuivre y ayant eu pouvoir libératoire dans un rapport tie 1 à 120 avec l'argent, on n'en parle plus nulle part. Les partisans du double étalon, appelés aussi bimélallisfcs, allèguent que les deux métaux ont toujours été dans les diverses parties du monde à peu près également recherchés; que, si le rapport légal ne peut empêcher tout mouvement de hausse ou de baisse momentané, il joue le rOle de parachute ou de pendule compensateur et reste comme une moyenne vers huiuelle la loi de l'ollVe et de la- demande ramène la valeur commerciale des deux monnaies ; enlin que les inconvénients de la disette de l'un peuvent être ainsi atténués par le secours de l'autre. Leurs adversaires, partisans d'un étalon unique, ou monoiuctalfistes, répondent que ce rapport légal ne fait que gêner la loi de l'oll'rc et de la demande ; (|u'il complique les éléments du change utiles aux changeurs seulement; (|ue, donner pouvoir libératoire absolu à un métal iiuelconque, c'est déjà apporter assez de trouble à une valeur naturelle sans songer à l'étendre à plusieurs ; qu'en fait l'équilibre ne se rétablit jamais et que les créanciers, seuls contraints en l'espèce, subissent tous les frais de ces variations. Quehiues monométallistes sont pour l'étalon d'argent au lieu de l'étalon d'or ou aussi pour le passage alternatif de l'un à l'autre, suivant les périodes de plus ou moins de fixité de valeur commerciale de chacun d'eux. Beaucoup de monométallistes sont d'avis qu'on doit donner au métal non étalon uu pouvoir libératoire, sinon absolu, du moins un peu plus grand.

Le meilleur système théorifiue serait celui que J.-B. Say a préconisé et qui consisterait à frapper des monnaies d'or et d'argent n'ayant d'autre détermination que le poids et le titre et d'autre valeur (|ue la valeur commerciale courante; mais la difficulté de calculer rapidement exigée par la généralité des opérations rendra toujours ce système impraticable.

Pour essayer de diminuer les variations de valeur des monnaies, M. deMolinari a proposé d'eu limiter la fabrication et d'accorder la faculté de pouvoir les convertir toutes, les unes contre les autres, ce qui serait ruineux pour l'État. D'autre part, M. Léon Walras a proposé la création d'un billon d'argent régulateur qu'on lancerait dans la circulation ou (ju'on en retirerait en raison du plus ou moins de variations d'un certain nombre de marchandises, celles qui varient le moins. Mais ce sont là des combinaisons trop compliquées pour pouvoir être réalisées. Les allaires commerciales sont si nombreuses et si rapides qu'elles nécessitent un système de monnaie qui ne demande à ceux qui eu usent ni calculs ni même de réilexion.

Cette question de l'étalon monétaire a été la première pierre d'achopiiement de toutes les tentatives faites pour arriver à une unification monétaire universelle ou internationale. Tandis qu'en 1857, une commission réunie dans ce but et présidée par M. Magne avait repoussé à la pres(iue unanimité le projet d'unification de M. de l'arieu. le premier et le plus ardent défenseur de l'étalon unique d'or, celle de 18C7 n'eut plus ([ue G membres sur y favorables au double étalon, et cette même année les délégués des 10 États européens et de l'Amérique du Nord réuuis à Taris ne se sé[)arèrent qu'après avoir tous, sauf les Hollandais, témoigné leur préférence pour l'étalon unique d'or. Le mouvement

MONNAIES

d'imifleatiôn monétaire avait toutefois fait de sérieux progrès, lorsque la guerre de 1S70 vint tout arrêter. Beaucoup de pays semblaient goûter fort l'idée de la création d'une pièce de 25 fr. comme pivot d'un système monétaire universel; mais la plupart s'en tinrent à des imitations de la pièce de 20 fr. du sytème français. (F. injrà, Union latine, chap. IV.)

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