Pèche du hareng
Cette pêche se fait surtout sur les côtes d'Ecosse et de Hollande. Ces contrées doivent une partie de leur prospérité à l'arrivée régulière, dans leurs eaux, d'énormes bancs de harengs.
La législation concernant la pêche du hareng a beaucoup varié ; elle fut d'abord réglementée par l'ordonnance de 1G81 qui omit de fixer les époques de pêche. Un arrêté du Conseil de 1687 combla cette lacune en prohibant la pèche et la vente du hareng après le mois de décembre, époque du frai. Un décret du 1 5 vendémiaire an II rendit la pèche absolument libre. A partir de cette époque, tantôt elle fut libre, tantôt soumise à des restrictions plus ou moins nombreuses.
Le décret du 28 mars 1852 abrogea toute la législation antérieure et décida qu'aucun bateau ne peut être expédié plus d'une fois dans le cours d'une année pour la pêche d'Ecosse, les règlements d'administration publique des 4 juillet et 6 septembre 1853 fixent les époques d'ouverture et de clôture de la pêche sur les côtes de France.
Avant le décret de 1852, la question de l'entrée des harengs en France avait donné lieu à de nombreuses discussions. Pendant plusieurs années l'État avait accordé une prime à l'exportation des harengs et une prime à l'armement; de plus les harengs de pèche française étaient seuls admis eu franchise dans nos ports.
Il en résulta une spéculation consistant à armer des bateaux à peu de frais et avec un équipage réduit qui, au lieu de pêcher, achetaient en Ecosse et en Hollande le poisson qui, à certaines époques, afTlue sur les côtes. Ces harengs, introduits en France comme produits de la pêche française, faisaient une concurrence désastreuse aux véritables pêcheurs et imposaient au Trésor de lourdes charges. C'est pour obvier à ces fraudes que le décret de 1852 limite à un seul le nombre des voyages à elfectuer sur les côtes d'Ecosse. L'expérience a prouvé en effet qu'un bateau ne peut pêcher plus que son chargement pendant le séjour du hareng dans ces parages.
Le décret de 1852 fixe à 90 kilos par tonneau la (juantité de sel à délivrer en franchise à chaque bateau pour la salaison à bord; il prescrit h^s justifications que doivent faire les patrons et les armateurs pour l'origine du pois.son et l'emploi du sel.