II. BECENSEKENTS ET DÉNOMBREMENTS AU XIX^ SIÈCLE
On \oit, d'après les notes et réserves inscrites à propos de chaque chitlre qui précède, que, avant le xix"-' siècle, les évaluations étaient incertaines et sujettes à caution. Il n'en est pas moins certain que la population de la France a diminué très sensiblement après la guerre de Cent ans, puis à la (in du règne de Louis XIV. Il est probable qu'elle a dû diminuer également pendant les guerres de la Hépublique et de l'Empire, bien que plusieurs publicistes aient .soutenu le contraire sans le prouver.
C'est a partir de 1801 que la population française a été l'objiH de dénombrements réguliers.
POPULATION
Celui de 1801 a donné, à notre avis, des résultats au-dessous de la vérité (27,349,000 habitants), tandis que celui de 1806 parait entaché d'exagération (29,107,000 habitants). En 1811, il n'y a eu qu'une simple évaluation en masse de la population de chaque département, et beaucoup de préfets ont supputé le nombre des habitants de leur département d'après les chiffres du dénombrement de 180G, augmenté de l'excédent des naissances (ou diminué de l'excédent des décès). On ne peut considérer cette opération comme digne de foi.
Le recensement de 1821 a donné des renseignements plus satisfaisants (30,461,000 hab.), mais en 1826, l'administration se contenta, comme en 1811, de calculer l'effectif de la population à l'aide du recensement de 1821 et de la différence entre lus naissances et les décès delà période 1821-1825. Les recensements de 1831 et de 183G otfrent un progrès marqué, le dernier surtout, qui repose sur le bulletin iudividueL
Depuis 1831, les recensements se succèdent en France sans interruption de 5 en 5 ans ; ils se contrôlent les uns les autres et dans les derniers, ceux qui se sont effectués en 1886 et en 1891, la science a pu recueillir un certain nombre de données nouvelles qui ont fait faire un grand pas à la science démographique.
Parmi les renseignements les plus intéressants et les plus certains, figurent sans contredit ceux qui ont rapport à l'accroissement de la population française depuis le commencement du siècle. Voici quels sont les résultats otTiciels fournis par la série des dénombrements avec les accroissements pour 1,000 habitants entre chacun d'eux :
Accrois-
X, ... . sèment
Habitants. ,
annuel
l8ol 37,386,000 6.9
On voit que si les accroissements ont été variables, à cause des guerres, des annexions et pertes de territoire, des épidémies, il se dégage de ce tableau une notion très nette de l'alfaiblissemcnl gradué de l'accroissement de notre population. Cet affaiblissement s'aggrave de plus en plus si l'on jette un coup d'œii autour de la France ; les accroissements de populalion se chiffrent [)ar ôOO,000 habitants par an en .Allemagne, en Angleterre, par 300,000, en Italie, par un niilliou en Russie, alors que la populalion de la Irancc n'augmente que de 60,000 habitants par année et même moins encore, si l'on ne considère que la période quinquennale 1886-1891,