Propriétaires
H est intéressant de savoir, au point de vue Gnancier et liscal, combien dans la population française on compte de propriétaires. D'après .M. de Foville {France économique, ls90, p. 68), la France comptait, en 1789, 4 millions, et actuellement à peu près s millions de propriétaires. Le nombre des propriétaires a doublé pendant que la population n'augmentait que de moitié. D'autre part, le nombre de cotes foncières, qu'il ne faut pas confondre avec le nombre de propriétaires, puisqu'un propriétaire peut être titulaire de plusieurs cotes, ni avec le nombre de propriétés, puisqu'une même cote peut comprendre plusieurs propriétés dans une même commune, a augmenté de près de moitié depuis le commencement de ce siècle. Il y avait 10 millions de cotes en France, en 1S2G, et il yen a aujourd'hui 14 millions et quart, malgré la perte de l'Alsace-Lorraine. Aussi peut-on aflirmer que le morcellement de la propriété, déjà fort avancé dans certaines provinces avant la Révolution , tend à augmenter de plus eu plus, signe évident de bienêtre actuel et d'activité économique, mais symptôme à la fois de ralentissement dans le développement des familles et de malaise social futur.
L'administration des contributions directes a calculé que le rapport entre le nombre des propriétaires et celui des cotes aurait été de 03 p. 100 en iSâl et de 60 p. 100 en 1879. M. de Foville pense iu'il est actuellement de 5ô p. lOO.
Ajoutons que le nombre des propriétaires ruraux parait être de 5 millions, dont les '/^ possèdent moins de 2 hectares et à peine '/j P- 100 possèdent plus de 100 hectares.
V. RAPPORT ENTRE L& POPULATION ET LES DIVERSES BRANCHES DES IMPÔTS ET REVENUS PUBLICS.