La fabrication en France
La mise en œuvre et la fabrication des tabacs ont lieu dans les manufactures de l'État.
Ces établissements, au nombre de 20, organisés et administrés ainsi qu'il a été expliqué à l'article }Ia/ai factures de l'État, fabriquent annuellement environ 36 millions de kilogrammes de tabacs d'espèces diverses.
Voici le détail, par espèces de tabacs, des fabrications effectuées en 1892:
Poudres à priser 5,312,790 kihjgr.
Rôles 734,183 —
Carottes 5i.t,350 —
Scaferlatis à fumer ' 25,296,790 —
Cigares 3,2i'5,iii7 —
Cigarettes i,oiO.;;90 —
36,U4,:'lu kiluur.
Chaque manufacture ne produit p;is de toutes les qualités de tabacs.
Ainsi, les poudres à priser ne se fabriquent qu'à Chàteauroux , Dijon, Morlaix, Paris-Gros-Caillou, Pantin et Toulouse ;
Les rôles à mâcher, à Bordeaux, Chàteauroux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Morlaix et Paris- Gros-Caillou ; les carottes à Morlaix seulement ;
Les cigarettes, au Mans, à .Marseille, à .Nancy, à A'antes, à Paris-Cros-Caillou, à Pantin et à Toulouse ;
Aucuue fabrication de scaferlatis à fumer n'a lieu dans les manufactures de Chàteauroux et d'Orléans ;
Enlin, à la manufacture de Reuilly il n'est fabriqué exclusivement que des cigares supérieurs, c'est-à-dire d'un prix au-dessus de 10 cent.
En dehors des 20 établissements où se fabriquent les tabacs, l'administration des manufactures de l'État possède à Limoges un atelier de construction et de réparation de machines et d'outils.
Le nombre de coutrenuiitres, ouvriers, ouvrières, concierges et garçons de bureau occupés dans ces 21 établissements, en 1892, a été de 17,045, dont 1,664 hommes et 15,381 femmes ayant donné lieu, pour ladite année, à une dépense en gages et salaires de 15,478,103 fr. représentant par jour un taux moyen de 4 fr. 92 c. pour les lionunes et de 2 fr. 89 c. pour les femmes.
1. iiii désigne, sous l'apiiolialion de scaferlatis, les tabacs à Cunior liacliés.
L'étymologie do co mol singulier parait, d'après nous, voiiir'du vciT)e italion scarpellare (cisailler), dont lo |)arlici|ic passé scarpellalo, scurpellati, et par corruj)tion scaferlati aurait, à l'origine, servi à dénommer les tabacs liacliés.
D'aiitios iirélendent que l'invention du iirocédô de liacliago fiu tabac est du à un Italien a|p[ielé Sca/'eWaft ([iii aurait doinié Sun nom an tabac liaclié.
TABACS