Origines du théâtre en France
Avant qu'il existât en France des spectacles proprement dits, les membres du clergé organisaient, à l'occasion des fêtes chrétiennes, des simulacres de représentations. Cela se passait dans les églises, considérées alors comme le domicile du peuple, le lieu où tout le inonde avait droit d'asile. On y dramatisait les paraboles du Nouveau Testament et les mystères du culte catholique. A la solennité des prières se mêlaient des chants pathétiques ; tel ce dialogue des vierges sages et des vierges Jolies qui nous a été conservé. Ce fut au milieu des témoignages naïfs du goût populaire pour les « mises en action » de ce genre que l'on vit se développer, par une suite d'améliorations lentes, les premiers essais d'un art théâtral.
Au XIII* siècle, des troupes ambulantes se formèrent, colportant les pièces religieuses ou profanes. 11 y eut aussi les représentations d'entrées de souverains dont la plus ancienne remonte à 1380. On nommait ainsi des pantomimes en plusieurs tableaux espacés le long des rues sur le passage d'un cortège royal. On y substitua plus tard des arcs de triomphe.
Il faut arriver au xv* siècle pour constater l'existence d'une troupe régulière, la première de toutes, celle des Confrères de la Passio?i. Elle avait joué à Saint-Maur devant Charles VI et en avait obtenu les lettres patentes de 1402, ainsi conçues dans leur partie essentielle :
« ChaeiiEs.... donnons et octroyons, do K'râce espécial plaine puissance ot auclorilé royal, coslo Iniz jiour toutes et à tousjours perpétuellomeut... auctorité, conglé et li-
TIlÉATllES ET GONCEUTS iSll
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Deux troupes nouvolles, celle des C/crcs de la basoche et celle des E/i/a/ifs sans souci, dispulèfent bieutiM la laveur du puldic à la précédente et souvent l'emportèrent sur elle par l'attrait d'un répertoire plus mordant et plus satirique. Du reste, il leur eu coûta quelque chose. Plus d'une fois les acteurs expièrent en prison les licences de leur langage et la hardiesse des soties, farces ou moraines qu'ils jouaient au Palais, au Chàtelet ou à la maison de la Trinité. Les Confrères restèrent seuls autorises en 15i8, sous cotidition de s'en tenir aux sujris profanes, licites et honnêtes. Toutefois l'interdiction de représenter des mystères leur porta un coup dont ils ne se relevèrent point. En vain Henri 11 et l'rauçois F'' se monttèrent-ils plus tolérauts : la défense de jouer « avant vespres dites »
et une recrudescence de sévérité de la censure sous Henri 111 les découragea tellement qu'ils consentirent à la location de leur théâtre on faveur d'une troupe rivale et se trouvèrent, après des démêlés interiuinables el des procès sans lin, dépossédés par elle et de leur privilège et du local même où ils l'exploitaient (IG'29).
A cette époque, le mouvement théâtral s'accentue de tous côtés. De nombreuses sociétés viennent de province et de l'étranger. Les noms de Corneille, de Molière, de Lully apparaissent enlin. Nous allons assister à l'avènement de la Coniédie-1" rancai.se et à la fondation de l'Opéra, mais, auparavant, nous consacrerons quelques ligues à l'historique de chacune des salles d'e-sploitation des théâtres subventionnés.