Mode de paiement. Opérations de change
La France devait verser les sommes dues entre les mains du gouvernement allemaud, d'abord à Strasbourg, puis a Berlin. Récépissé était donné par l'agent du gouvernement impérial, après une minutieuse et très longue vérification. Il fallait environ une journée pour compter 800,000 fr.
Les traités avaient délini minutieusement les valeurs i|ui seraient acceptées en paiement et avaient prévu qu'elles ne seraient libératoires pour le gouvernement français que jusqu'à concurrence du produit de leur négociation eu Ihalers ou en llorins d'Allemagne.
C'est ce (jui résulte du g 3 des observations contenues dans le protocole des conventions de Berlin signé le 12 octobre 1871 et ainsi conçu :
Il a élé convenu que les lettres de chaiigo, domiciliées autre pari qu'en Alluiingue, ijue la Franco a remises ou remettra au gouvornemont allemaud uo passcronl ou
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compte ijue pour les sommes l'ormanl le produit net de leurréalisatiou.réductioii faite des frais de recouvrement. Le cours du cliange des valeurs remises, servant de base au calcul à établir entre les deux pays, sera celui du jour de la réalisation par l'Allemagne des lettres de change.
Ce change, l'article 15 de la couventiou de Ferl'ières du II mars 1871 l'avait iixe, eu stipulaut pour le tlialer le cours de 3 fr. 75 c. et pour le florin d'Allemagne le cours de 2 fr. 15 c. Le cours qui a servi à rtgler déiinitivement le compte des florins fut celui de 7 florins pour 4 thalers, soit exactemeut 2 fr. 1428 par florin. Ce fut la base exacte d'évaluation des valeurs acceptées en paiement.
Ces opérations de change furent une des grosses difficultés du moment et occasionnèrent des frais s'élevaut à 87 millions environ. Elles permirent au Trésor français de n'exporter que 512,294,933 fr. de numéraire français et de se procurer une somme de 4,353,365,519 fr. en numéraire et billets de banque allemands, ainsi qu'en lettres de change. Voici quelles étaient les provenances de celte monnaie métallique et de ce change :
Change fourni par les souscripteurs aux deux emprunts de 2 et 3 milliards, en 1871 et en 1ST2 l,773,oOO,ooof
Achats de change sur les places de l'Europe, de mai 1871 a février i«72. . . 805,365,519
Change fourni par un syndicat de banquiers avec lesquels ie" ministère des linances avait traité le 2 juillet i872 . . 700,000,000
Achats directs do change, de juillet 1872 à août 1873 1,075,000,000
Total 4, (53, 365, suc
Les lettres de cliange, à elles seules, entraient dans cette somme pour 4,248,320,374 fr., se subdivisant ainsi qu'il suit :
Valeurs allemandes libératoires . . 2,799,514,184 fr.
Valeurs autres qu'allemandes y compris les Marcs banco, monnaie de compte delà banque de Hambourg. . 1,448,812,130
La plus grosse de ces opérations fut celle des 700 millions concertée avec les banquiers syndiqués par le minisire le 2 juillet 1872. M. Say eu a fait ressortir l'importance dans les termes suivants, que nous empruntons au rapport déjà cité du 5 août 1874 :
« On peut dire que toutes les grandes maisons de l'Europe ont concouru à celte opération ; il sutlit, pour montrer l'étendue et la grandeur de cette aUaire, de faire remarquer que le nombre des mai- .sons qui ont signé le traité ou qui y ont adhéré était de 55 et que plusieurs d'entre elles représentaient des syndicats de banquiers, ce qui portait le nombre des intéressés a un chillre bien plus considérable encore. La concentration des elforts de toutes les maisons de banque de l'Etirope a produit des résultats d'une grandeur inespérée. Toutes les allaires ont été suspendues pendant un temps, et les capitaux de toutes les banques privées et de tous leurs clients ont concouru au succès du placement des emprunts français et du passage des capitaux à l'étranger. C'est la un fait nouveau dans rhistoirc économique de l'Europe et il convient d'y attacher une importance particulière. Ce traité parait avoir eu une grande inlluence sur l'opération totale et sur le maintien du cours du change dans des prix modérés. »
Le prix du cliange, pendant la période du i)aiement des trois derniers milliards, n'a pas dépassé en moyenne le taux de 25 fr. GO c; la priiue tle l'or à la Bourse de Paris a clé, en moyenne, d'environ 12 fr. p. 1,000 fr.
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