‹ Dictionnaire des lieux communs de la conversationChapitre 16 sur 31 · RÉMUNÉRATEUR · texte numérisé non relu

RÉMUNÉRATEUR

tt II est un Dieu juste et rémunérateur qui récompense chacun suivant ses œuvres. »

11 est à regretter que ce Dieu n'ait pas plus de repn sentants ici-bas.

Renchérir.

a La Tie est si chère ; tout renchérit à vue d'oeil. »

(Plainte des ménagères.)

Rencontre.

« A la suite d'une altercation survenue au... hier matin, une rencontre a eu lieu au bois de Boulogne entre MM. . . L'arme chosie était l'épée. »

Généralement, après Tissue du combat, les adversaires ne se sont jamais mieux portés. Ce sont de petites promenades matinales très salutaires.

Rendez-vous. Rendre.

« Daignerez-vous m'accorder un rendez-vous, madame? J'ai tant de choses à vous dire I »

« Apprenez, marquis, que je n'ai jamais refusé un rendezvous d'honneur. »

(( Il a rendu le dernier soupir, après une lente et douloureuse agonie. »

Rendez à César ce qui appartient à César, Pour rendre hommage à la vérité, il convient de dire, etc.

Renier.

« Ce n'est pas sur le bord de la tombe que j'irai renier les principes de toute ma vie. » '

Je vous renie pour mon fils.

(Propos de père en colère.)

Renommée. Les trompettes de la renommée, — Les renommées d'aujourd'hui se font à coups de grosse caisse ou à la quatrième page des journaux.

« Cette nouvelle, portée d'un bout du monde à l'autre sur les ailes de la renommée. »

(Genre classique.) « Soit qu'il ait été mal servi par les trompettes journalières de la renommée, ses succès, etc. »

(Jooy. Guillaume le Franc-parleur.)

Renouveler.

M On vit alors se renouveler ces scènes de carnage, qui rappellent les plus mauvais jours de notre histoire. »

Renouvellement. — C'est pour le renouvellement ou pour le dégagement ?

(Ce qu'on entend au Mont-de-Piété.)

Renseignement.

« Je viens vous demander un renseignement au sujet de... »

En général, les renseignements sont toujours satisfaisants : j*ai été trompé, pourquoi donc un autre ne le serait-il pas ?

Rente. Qu'a fait la rente aujourd'hui ?

Rentier.

«« Le petit rentier a des ressources moindres que l'ouvrier et il est tenu à plus de frais de représentation. »

Qui Vj oblige, et que ne va-t-il vivre à la campagne? D'ailleurs, à quoi est bon dans la société le petit rentier et surtout le gros rentier ?

Rentrée.

« Hier a eu lieu la rentrée solennelle des cours et tribunaux. Gomme d'habitude, elle a été précédée de la messe du Saint-Esprit dite dans la Sainte- Chapelle... Cette année. M. le premier avocat général avait choisi pour sujet, etc.»

Chaque année, môme cliché pour la même solennité.

Renvoyer.

f II ne faut pas renvoyer au lendemain ce qu'on peut faire le jour même. »

Au contraire, peuf-ôtre fera-t-on mieux le lendemain, parce qu'on aura réfléchi ou même s'abstiendra-t-on. ce qui, dans certains cas, ne manque pas de sagesse.

Répandre. La tristesse répandue sur son front.

« Il se répandit en imprécations contre le lâche qui, sans égard pour les larmes d'une femme, etc. »

« Certaines feuilles se plaisent à répandre les bruits les plus erronés au sujet de. . . »

« Certains journaux, depuis quelque temps, se i)laisent à répandre des nouvelles de nature à effrayer les esprits sur la marche des affaires publiques. Le monde des travailleur s'est justement ému. »

(Style de journaliste ; communication de journal officieux

Réparation.

Monsieur, il faudrait faire quelques réparations urgente; — Monsieur, je n'en fais jamais.

(Entre locataire et propriétaire.

« A l'issue de la séance de la Chambre, M. X..., q«i >«^ cru personnellement attaqué par les paroles prononcées pJ M. z. . . dans les bureaux de la commission du. . ., aem'>| demander à ce dernier une réparation parles armes. «Inutii d'ajouter que le lendemain tout est arrangé.

DES LÎEUX COMMUNS 277

Réparer. — Combien d'hommes passent la seconde moitié de leur vie à réparer les fautes de la première ! (Et ! ceux-là sont les sages.)

Reparler. C'est bien, nous en reparlerons. — C'est ce qu'il y a de mieux à répondre à une proposition qui vous déplaît, à une demande intempestive, à une d!emande d'argent, par exemple.

Repasser.

« Alors, je repasserai. »

Tout ce que sait dire le créancier éconduit, mais poli.

tt II repassait dans sa tête les souvenirs de sa jeunesse, et sa vie lui apparut ce qu'elle avait été : inutile aux autres, inutile à lui-même. »

Repasseuse. Les repasseuses, c'est la mort du linge.

(Propos de ménagère.)

Repêcher.

K Grâce à M. . ., le ministère a encore été repêché au moment où il allait tomber. »

N. B. Le ministère est'déjà bien malade depuis longtemps, puisqu^il est à Teau.

Répertoire. C'est une pièce qui restera au répertoire, — Le plus bel éloge que la critique puisse faire d'une pièce ; mais la critique n'est pas infaillible.

Répéter. Répétez donc un peu pour voir.

a Nous ne saurions trop le répéter : les circonstances sont graves, très graves ; il est temps d'aviser. »

(Les Jérémies de la politique.)

Repli. Qui pourra jamais lire dans les replis du cœur humain ?

Replier.

« Nos troupes se sont repliées en bon ordre. > Traduisez par : déroute complète.

Reposer. Se reposer sur ses lauriers. — C'est un mérite bien rare que de savoir se reposer, à propos, sur ses lauriers. Rossini en a donné un bel exemple. D'autres n'y veulent jamais consentir ; ils arrivent à la décrépitude, offrant le triste spectacle des erreurs et des enfantillages de l'esprit. Aussi dit-on d'eux qu'ils ont vécu trop longtemps pour leur gloire.

Représentatif.

« La France ne peut être vraiment grande et heureuse que sous un gouvernement représentatif. »

« Le i^ouvemement représentatif est le seul compatible avec la dignité d'un peuple. »

Représentation.

« La représention nationale est l'expression des vœux du pays. »

Ou du moins d*une partie du pays, car il faut aussi tenir compte des candidats blackboulés à une minorité imposante.

Réprimer. Réprimer l'effervescence populaire. — Il y a toujours quelques têtes de cassées et, quelquefois, ce ne sont pas les plus mauvaises.

Réprimer des troubles. Réprimer les factieux. — A coups de plat de sabre et, au besoin, à coups de pointe.

Reprocher. Il ne faut jamais reprocher les bienfaits qu'on a rendus, — On peut bien, à la rigueur, se les reprocher k soi-même.

Réputation. Jowir d'une mauvaise réputation. — Aussi logique que : Jouir d'une mauvaise santé.

Réquisitoire. Le très remarquable réquisitoire de ravocat général. — Le réquisitoire de Tavocat général est toujours très remarquable ; c'est aussi consacré que le lumineux résumé ou le résumé impartial du président des assises.

Réseau.

« Bientôt un nouveau réseau sillonnera le pays et, facilitant les communications, apportera le bien-être au milieu de ces intelligentes populations. »

Après ce discours d'administrateur de chemin de fer, illico suit un appel de fonds aux actionnaires.

Résignation. La résignation est une vertu chrétienne, — C'est quelquefois le résultat d'un caractère sans énergie.

Résistance. Sans sortir de la résistance légale, nous triompherons de nos ennemis. Faire une résistance désespérée, ^

« L'ennemi, au nombre de 4,000 hommes, a fait une vigoureuse résistance ; mais la brave 6e demi-brigade légère, etc. » , [Extrait d'une lettre du général Chabot, au quartier général \ à Laval.)

Résister.

I « Vous avez résisté aux agents de Tautorité. »

(Echo de la police correctionnelle.)

Respect. Mes respects à madame. Les vieillards commandent k respeet, — Oui, quand ils en sont dignes.

Un bon citoyen doit, avant tout, avoir le respect de la bi. Faire quelque chose par respect pour le monde. Agréez l'hommage de mes respects.

Respecter. Je me respecte trop pour me commettre avec des gens comme vous. Le temps ne respecte rien. Il faut respecter les préjugés des autres si vous voulez qu'on respecte les vôtres. Il faut respecter la vieillesse. — Comme plus haut, si elle est respectable.

Il faut se respecter soi-même si Von veut être respecté.

Respectueux. Je vous prie d'agréer j monsieur, mes respeC" tueuses salutations. Agréez, madame, mes respectueux hommages.

Respirer. Respirer le même air,

« Dieu m'est témoin qu'alors je ne voulais que vous voir, respirer le même air que vous. »

(D'Ennery. L'Honneur de ma Fille. 1836.)

Quand un amoureux dit qu'il veut « respirer le môme air » que la femme aimée, il sous-entend très bien à

3uelle hauteur Tair doit être respirable . . . à la hauteur es lèvres.

« Heureux de l'avoir revue, de respirer Tair qu'elle respire. »

(Ch. Desnoyers, Boulé et Chabot de Bouin. Rita l'Espagnole^ acte II, se. XII.)

« Son visage était penché vers le mien, je respirais sa douce haleine, et je recueillais ses soupirs. »

(M"»" de Genlis. Les Chevaliers du Cygne, cb. xii.)

Ressentir. Ressentir un juste courroux, — Un bas-bleu qui défrise la quarantaine se voit-il abandonné d'un joli petit jeune nomme, qu'aussitôt il se répand en doléances, prétendant ressentir un juste courroux.

Restaurant. On n'en a pas comme ça au restaurant, — Réflexion des bourgeois à table chaque fois que la ménagère a servi un bon potage gras, un de ces bouillons dont les yeux pourraient lutter avec ceux de Junon.

Reste.

u Du plus grand des Romains voilà ce qui nous reste. » (Voltaire. La Mort de César.)

£t les plaisants n'ont pas manqué d'ajouter à ce vers celui-ci : j

« Son gibus, son gilet, sa culotte et sa veste. » !

« Le reste ne vaut pas Thonneur d'être nommé. »

(Corneille. Cinna, acte Y, se. i.)

C'est ce que le peuple traduit par : « Le reste, c'est de la fripouille ».

Restreindre. îl faut savoir restreindre ses désirs si l'on veut être heureux, — Combien serait-on plus heureux si l'on n'avait pas de désirs !

RÉSUMÉ. Résumer. Le résumé lumineux et impartial du président des assises. — Phrase stéréotypée dans les comptes rendus des procès criminels. On n a encore rien trouvé de mieux.

Retenir.

« Vous me retiendrez cette petite avance sur mes appointements à la fin du mois. »

{Style dCemployé.)

Retentissement.

« Cet ouvrage destiné à avoir un grand retentissement dans la presse et parmi le public lettré. »

[Style de journaliste.)

Retour. Juste retour des choses d'ici-has.

Le vers de Molière, Tartuffe, acte V, scène iv, porte : « Juste retour, monsieur, des choses d'ici-bas. »

Retranchement. Poursuivre l'ennemi jusque dans ses derniers retranchements. — La maîtresse délaissée d'un homme marié, laquelle relance son amant jusqu'au domicile conjugal^ poursuit l'ennemi jusque dans ses derniers retranchements.

Retremper. Se retremper dans les eaux du suffrage unvoerseL — Des eaux qui engloutissent nombre d'ambitieui nageurs.

Rétracter. Rétracter sa parole.

« Touché de la grâce céleste, il s'est rétracté à ses derniers moments et a donné l'exemple d'un repentir sincère. » Les esprits forts prétendent que c'est par peur de

rinconnu. Il faut avouer qu'il y a quelque raison pour en avoir peur, de cet inconnu. D'ailleurs, à leurs derniers moments, ces mêmes esprits forts n'agissent pas autrement.

Rétbograde.

K Loin de nous ces esprits rétrogrades, qui prétendent nous ramener aux siècles de Vignorance et de la superstition. » [Orateur dans le* réunions publiques,)

Demandez-lui ce qu'il entend par les « siècles d'ignorance et de superstition », vous aurez beaucoup de chances de lui voir quitter la tribune avant qu'il ait pu s'expliquer. Mais, s'il s'explique, il prophétisera le retour de la dlme, des droits seigneuriaux, du battage des étangs, des corvées, à moins qu'on ne l'envoie, lui, à la Chambre ou, tout au moins, le candidat qu'il patronne. Et, en plein xix* siècle, il trouvera des auditeurs assez naïfs, assez bêtes pour croire à ces inepties et y applaudir.

Réunion. Une réunion nombreuse et choisie, — Ce qui ne veut pas dire grand'chose aujourd'hui, car, en faisant le dénombrement de cette réunion nombreuse et choisie, l'on comptera vingt banqueroutiers en gerbes, quarante banqueroutiers en herbe, trois cen& bourgeois enrichis par l'usure ou l'escroquerie, autant de nobles qui ont battu monnaie avec leurs blasons, deux ou trois cents femmes adultères, cent ou deux cents demoiselles de nom seulement, et une dizaine d'honnêtes ffens à qui l'occasion seule a manqué pour faire faillite à l'honneur et qui regardent d'un œil d'envie les gredins triomphants.

Rêve.

« Ton nom I pour que je le redise dans mes rêves. »

(Fr. Gaillardet et A. Dumas. La Tour de Nesle.)

Béves dorés. — Son image adorée me poursuivait dans mes rêves. Les rêves de grandeur,

« Pauvre jeune homme I je l'ai revu bien souvent dans mes rêves. »

•^ (Ch. Lafoat. La Famille âforonvaJ, acte III, se. v.)

« Ohl j'ai le droit de parler ainsi, moi, que la Providence a placé auprès d'elle depuis son enfance; moi, premier confiaient de ses rêves de bonheur. »

(Mallian, P. Tournemine et Bernard. Le Curé Aférino, acte I, se. vil.)

iâ2 DICÏIORNAIRE

Être le jouet d'un rêve.

« On se croit le jouet d'un rêve « Ou d'une hallucination. »

(A. Pommier. Piuis,)

Réveil. Le réveil du lion. Le réveil d'un peuple longtemps opprimé. Le réveil de la Pologne. Peuple, réveille-toi! Le réveil des mauvaises passions.

« Le peuple est réveillé. Le peuple est souverain. »

(André Chénier. Le Jeu de paume.)

Réveil des nations.

« Le drapeau de l'indépendance italienne salue ces trois couleurs immortelles qui ont toujours brillé comme une aurore divine sur le réveil des nations. »

(E. Wœstyn, H. Crémieax et E. Bourget. La Voie sacrée on le? Etapes de la gloire, acte 1. 1839.)

J'ai connu un philosophe qui, tous les soirs en se couchant, adressait à Dieu cette prière : « Mon Dieu, faites que je ne me réveille plus. »

Révélation.

« Le coupable a demandé à faire des révélations. » En général, la conduite des hommes manque tellement de limpidité qu'il y en a bien peu qui ne soient, sans cesse, sous la crainte que leur inspire quelque révélation.

Revendication. La revendication des droits du peuple. - Finit par des barricades et des coups de fusil.

RÊVER. Rêver à la mort de Louis XVL

RÊVERIE. Perdu dans ses rêveries.

« Il la trouva seule, plongée dans une douce rêverie. »

[Style de roman.)

RÉVOLUTION. Notre immortelle Ré^wlution,

« De l'autre (côté), l'esprit de notre immortelle Révolution, le respect de la conscience humaine, le gouvernement du pays par le pays, la paix. »

{La France du 21 décembre i87i

Ridicule. Le ridicule tue en France. — • Combien de gen> qu'il devrait avoir tués et qui se portent à merveille !

Rieur. Ne pas avoir les rieurs de son côté. — Qu'importe? si Ton a la raison pour soi.

Rigidité.

« La rigidité cadavérique du sujet nous a permis d'affirmer que la mort remontait â plusieurs heures. »

I (Style de docteur.)

SiGUEUR.

Un attentat aussi exécrable appelle sur la tête du coupable toute la rigueur de la loi. »

(Style de procureur de la République.)

Rire. Le rire désarme. Le rire sardonique. Le rire de Voltaire. Il faut bien rire un peu. Les Français aiment à rire. Le rire est contagieux. Le rire est le propre de l'homme. « Mieux est de ris que de larmes escrire, « Pour ce que rire est le propre de l'homme. »

(Rabelais. Gargantua. Aux Lecteurs.)

Ris. Les ris et les jeux.

« Les ris et les jeux reviennent égayer la scène. Momus et la Folie agitent encore leurs grelots. »

(/oumal des Débats 7 Tentôse tn YlII.)

« Parmi les plis de ce magique ouvrage « Erre toujours un essaim de plaisirs, « Les doux attraits et les ardents désirs, u Les ris, les jeux, le charmant badinage. »

(R. Imbert. Le Jugement de PâriSt chant I.) a L'agence des ris et des jeux. »

(Pailleron. L'Age ingrat.) <( Les jeux, les ris et la danse « Sont partout en abondance. »

(Racan. Odes.) « Ame de l'univers, amour, source féconde « Des plaisirs, des ris et des jeux. »

(Destouches. Prologue de la Fausse Agnes.)

loi. Le roi de la création. Le roi martyr (Louis XVI).

« Des mains révolutionnaires, encore fumantes du sang du roi martyr. »

(Chronique indiscrète du xix' siècle.)

« Plusieurs de ses parents les plus chers avaient été proscrits après la mort du roi martyr. »

(V* d'Arlincourt. Les Trois Châteaux, ch. xiy.)

Le roi des animaux. Le roi des airs.

« Pourquoi vis-je sans terreur le rapide roi des airs, l'aigle, frappé de la foudre, tomber à mes pieds? »

(Rallanche. Antigon^..) « Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous

[sommes]. »

(Corneille. Le Cid, acte I, se. i.)

Et le:

« Qui sert bien son roi ne fait que son devoir, »

{Identy acte II, se. i.

Qui semble être la devise des royalistes.

Henri IV a inspiré le vers suivant, un de ces m qu'on doit ranger dans la catégorie des vers solitaires, suivant l'expression de Rivarol, relevée par M. E. Fournier (l'Espnt des autres) :

« Seul roi de qui le pauvre ait gardé la mémoire. » {Gadin de la Brenelleric. Œuvres complètes. 1809.

Barthélémy, dans sa Némésis, a tiré de ce vers une épreuve photographique avec retouche en disant, toujours du même Henri :

« Le seul roi dont le peuple ait gardé la mémoire. »

En citant ce vers, un autre Henri, Henri Rochefort, ne manquait jamais d'ajouter :

« Ce qui est bien flatteur pour les autres. »

Romain.

« Qui nous délivrera des Grecs et des Romains? » (Clément. Epttres, xviii» siècle.)

Berchoux commence par ce vers son épître sur 1« Grecs et les Romains :

« Qui me délivrera, etc... »

Rond. L'argent est rond, il doit rouler. La terre est rmk Amis, buvons à la ronde !

Rose. Rosée. Un teint de lis et de rose.

« Nuages favorables, ne souffrez pas que le soleil brûle e dévore les roses de son teint. »

(Dorât. Imitations de poètes latins. Le HantoaaD.)

« De cutis roseo rubore. »

(Apulée. Métamorphoses^ 1. II.)

Roses et incarnat du teint.

« Quum tu Lydia, Telephi « Gervicem roseam, cerea Telephi « Laudas brachia, vœ ! »

Malédiction ! Lydie, lorsque tu vantes le cou de ros et les bras d'albâtre de Télèphe.

(Horace. Ode XUL)

« Ge ne sont rien que lys et roses que son teint. »

(Corneille. La Yeuve^ acte I, se. t.)

// n'y a pas de rose sans épines. Les roses s'épanouissaient sur son visage.

« La beauté voit j)érir ses traits, « Les roses du teint se flétrissent. »

(Bernis. L'Automne.) « Sur les lis de son sein mollement je repose, « Je baise mille fois ses deux lèvres de rose. »

(CoUetet.)

Roses de la pudeur.

« Ses yeux (de Virginie) étaient fermés, mais la sérénité était encore sur son front ; seulement les pâles violettes de la mort se confondaient sur ses joues avec les roses de la pudeur. »

(Bernardin de Saint-Pierre. Paul et Virginie.)

La rose est la reine des fleurs.

« Qui est-ce qui peut reconnaître dans une rose sèche la reine des fleurs? Pour qu*elle soit à la fois un objet d'amour et de philosophie, il faut la voir lorsque, sortant des fentes d'un rocher humide, elle brille sur sa propre verdure, que le zéphyr la balance sur sa tige hérissée d épines, que l'aurore l'a couverte de pleurs, et qu'elle appelle par son éclat et par ses parfums la main des amants. »

(Bernardin de Saint-Pierre. Études de la nature.)

«t Caroline, plus juste à son heure suprême,

« Â la reine des fleurs rendit son diadème... »

(Luce de Lanmal. Poésies diverses.)

Aller oii va la feuille de rose. — C'est une réminiscence de l'adorable fable d'Antoine Arnault dont voici la fin :

« Je vais où va toute chose, « Où va la feuille de rose « Et la feuille de laurier. »

Les parodistes n'ont pas manqué de trouver une variante pour le dernier vers. Us ont dit :

« Et la feuille de papier. »

'OssiGNOL. Les chants harmonieux du rossignol faisaient résonner le bocage. — Ce qui facilite au premier élégiaque venu l'occasion de raisonner pendant deux ou trois pages. rossignol, ils ont presaue autant abusé de toi que de l'hirondelle, ces pleurnicneurs littéraires I

Chanter comme un rossignol. 11 y a toujours des critiques dramatiques qui croient ne rien pouvoir adresser de plus élogieux à une cantatrice.

« Déjà le rossignol faisait entendre son doux ramage. » « L'air doux et embaumé était imprégné de volupté ; le

calme qui régnait autour de nous n'était interrompu que pai le chant plaintif du rossignol. » '

(M-* Cottin. Claire ctAlbe.)

« Le rossignol, premier chantre de la création^ entonoi des hymnes a rÉternel. »

(Chateaubriand. Le Génie du Christianisme.) « Le rossignol chantait dans un cyprès. »

(Chateaubriand. Le Dernier des Abencerages.)

« Les chants des rossignols, les déserts enchanteurs, « Le murmure des eaux et Témail des prairies. »

(Deshoulières. Stances.)

Roue. La roue de la fortune, — Elle en écrase plus d'un sur son passage.

Rouge. Le rouge de la honte lui monte au visage.

« On a vu quelques meneurs promener le drapeau roi en vociférant la Marseillaise. »

{Style de journal réactionnaire.)

Roulement.

« Le roulement du tonnerre ajoutait encore à la sombre horreur de cette scène. »

{Style de roman.)

Ruine. Ruiner. La ruine de ses illusions.

u Les femmes vous ruineront, mon fils. »

Il s'est ruiné pour les femmes. — Celui qu'une femme

ruine est un imbécile, celui qui ruine une femme est aa

misérable.

Ruisseau. Le doux murmure du ruisseau à travers la pnâris

a Un petit ruisseau coulait son onde transparente, qu serpentait à travers la prairie tout émaillée de fleurs. »

« Nous nous arrêtâmes au bord d'un limpide ruisseau dod le murmure se mêlait aux chants de la fauvette. »

[Genre classique.)

Limpide ruisseau.

« Sa vie modeste et simple avait coulé comme un limpi^ ruisseau. »

{V d'Arlincourt. Les Trois Châteaux, ch. x.;

« Charmant vallon, le plus doux des déserts, « Où souvent seul j'ai cherché la nature, « J'entends déjà ton ruisseau qui murmure. »

(Duels. OtheUo, acte Y, se. n.)

DES LTEUX COMMUNS 287

« Le ruisseau « De son murmure « Embellit un joli berceau. »

(Désaugiers. Chansons.)

iBLE. — Quand les poètes veulent exprimer un nombre infiDi, ils ne manquent pas de le comparer aux sables de la mer.

« Plus nombreux mille fois que les sables des mers. » Baour-Lormian. Veillées poétiques.)

ICEBDOCE. L'exercice de la magistrature doit être un sacerdoce.

« De nos jours, le journalisme, qui devrait être un sacerdoce, n'est plus qu'un commerce, et souvent un» commerce honteux. »

(Style des La Rochefoucauld modernes.) « Je sais que, pour moi, le journalisme a toujours été un saint ministère, la presse un sacerdoce. »

(Jules DaTid. Lucien Spalmaj Ut. III, ch. n. 1835.)

lcké. Fouler aux pieds tout ce qu'il y a de plus sacré au monde.

« Rien n'est sacré pour vous, et !a reconnaissance « N'a jamais enchaîné l'affreuse médisance. »

(Et. Gosse. Le Médisant y acte I, se. xiv.) « Les lois ont voulu frapper ces auteurs infâmes qui se jouent de ce qu'il y a de plus sacré, et dont les pages révoltantes font frémir à la fois la pudeur et la nature, t

(Procès de P.-L. Courier y défense de M» Berville.)

CBEMENT.

« Mort dans la... de son âge, muni des sacrements de l'Éclise. Il a reçu les derniers sacrements avec une piété et une mction qui ont édifié tous les assistants. »

CRiLÈGE. Porter sur l'autel une main sacrilège. « Quoi ! c'est toi, malheureux I dont la main sacrilège <i Dépouilla de trésors nos moutiers révérés ! »

(Ch. Nodier. Poésies diverses.) « Du roi le plus pieux, d'un des plus saints mortels, « Vos sacrilèges mains renversent les autels. »

(Treneuil. Les Tombeaux de Saint-Denis.)

Sage. Le sage sait se contenter de peu. — La sagesse n0 serait donc qu'une question d'appétit?

Le sage est maître de ses passions.

« La mort n'efifraye pas le sage ; il l'allend avec calme, elj sa confiance dans une vie meilleure lui permet d'envisageij sans crainte le moment où son âme, quittant son enveloppe mortelle, ira se réfugier dans lé sein du Tout-Puissant. » « La mort ne surprit point ce sage, il Tattendait. »

(Emile Perrin. Eloge de M. de Cailleux, lu à la se'ance publique annuelle de l'Institut ^ octobre 1878.)

C'était aussi l'avis de La Fontaine : i

a La mort ne surprend point le sage, « Il est toujours prêt à partir. »

{La Mort et le AFourant.)

Sain. Un esprit sain dans un corps sain; et plus souvent en latin : Mens sana in corpore sano.

(Juvénal. Sat. X«.)

C'est aujourd'hui la devise de maint professeur de gymnastique.

Saint. Il ferait damner un saint.

Sainte.

« Les saintes filles (les sœurs de charité), dont le dévouement inaltérable est à la hauteur de tous les sacrifices. »

(Tout le inonde.)

Saisir. Prompt à saisir les côtés faibles d'une œuvre. Saisi d'épouvante et d'horreur. Saisi de respect à la vu^ du vénérable vieillard.

« Gardes, qu'on le saisisse ! »

{Tiré du répertoire classique.)

Saisie.

« Vous ne pouvez pas payer ? Eh bien I assignation, com-! mandement, sommation, saisie et vente ; je ne connais quei ça. »

{Ultima verba de V huissier.) ;

Salade.

« Fatiguez bien la salade pour qu'elle soit bonne. — Elle doit être bonne, car je suis fatigué moi-même. »

Un peu de salade dégraisse les dents. LHnsalata hen salata, molto oillata et poco a>ceto, disent les Italiens.

Salaire. Tôt ou tard le crime reçoit son salaire,

« Tant que le salaire de l'ouvrier ne sera pas suffisamment rémunérateur, les révolutions seront à craindre. »

« Le salaire de remployé est comparativement moindre que celui de l'ouvrier, car l'employé est tenu à certaines dépenses, à certains frais de toilette, dont se passe facilement l'ouvrier. »

Tout travail mérite salaire.

Salàaié.

c( Je ne suis pas un salarié de la police, moi I »

Sàlamâlec. Avez-^ous bientôt fini vos salamakos ? <( Défions-nous de ses salamalecs, j^

(Marmontel. Polymnie, chant lY.)

Salir. On n'est sali que par la houe.

Salivation.

« Docteur, le mercure m'éprouve. — Un peu de salivation, ce n'est rien ; nous allons couper ça avec un peu de chlorate de potasse. »

(Don Juan en traitement)

Salle. Salle bondée de monde. La salle était des plus brillantes.

{Style de reporter.)

Salon.

« Le salon de la marquise de G... est un des rares salons où Ton sache encore causer, et où les hommes les plus éminents de tous les partis puissent se rencontrer comme sur un terrain neutre. »

Ces dames au salon!

(Chez Yéaus publique.)

Salpêtre, C'est un salpêtre que cet enfant !

Salsepareille.

i Oui, mon cher, huit jours entiers d'une félicité sans pareille. — Et maintenant ? — Maintenant, j'en suis à la salsepareille ; ô amour ! amour ! »

Salubrité.

« C'est une mesure de salubrité publique. »

Cri de journaliste soi-disant indigné demandant le balayage de la feuille d'un confrère, sous prétexte de morale.

Salut. Hoi*s de VÈglisepas de salut. Le salut de l'Etat l'exige. Au nom de votre salut étemel, je vous en conjure. Le salut de la patrie en dépend. Salut fraternel. Salut et fraternité.

Salutation.

« Veuillez agréer, monsieur, mes salutations les plus distinguées. »

Salve. Être salué d'une salve d'applaudissements. — Un bruit particulièrement agréable aux oreilles de Facteui auquel il s'adresse, et particulièrement désagréable aus camarades en scène et même aux camarades dans la salle.

Sanctuaire. Le sanctuaire des lois. Le sanctuaire de Thémis.

« I/antre de la chicane sert de vestibule au sanctuaire de Thémis. »

(Mercier. Le Tableau de Paris, 1782.)

Sanctuaire des lettres.

« J'imiterai, dans le sanctuaire des lettres, Tezemple que je reçois du sanctuaire des lois. »

[BëponBe de H. Morellet au discours de réception de M. Lacretelle aîné, 5 mars 1804.)

Sang. Le noble sang qui coule dans ses veines.

« Fière du sang espagnol qui coule dans mes veines. »

(Chateaubriand. Atala.) € Louise, il faut du sang à mon honneur... Il me faut la vie de cet homme. »

(Fr. Soulié. La Closerie des Genêts, acte lY.)

Laver l'outrage dans du sang.

« Il me trouvera seul et prêt à laver dans son sang Toutrage fait à mon ami. »

(Poujol et Haréchalle. A Minuit I acte II, se. x.) j

Le sang de mes ancêtres.

« Et ton sang avait bien raison... C'était le sang de vos ancêtres, madame. »

(D'Enoery et Marc Fournier. Paillasse, actel, se. xi. 1850.)

« Songe, au moins, songe au sang qui coule dans tes veines. «

(Voltaire. Zaïre.)

« Tigre altéré de sang... »

(Voltaire. Zaïre, acte V, se. x.)

« Tigre altéré de sang, qui me défends les larmes. »

(Corneille. Horace, acte IV, se. t.)

« Si l'on doit le nom d'homme à qui n'a rien d'humain, « A ce tigre altéré de tout le sang romain. »

(Idem. Cinna, acte I, se. m.) i

Le sang de la victime crie vengeance. Sentir tout son sang affluer à son cœur. Son sang bout dans ses veines. Tout son sang ne suffira pas pour laver un pareil apont \ Des ruisseaux de sang. Le baptême de sang. Baignant dans son sang.

Le sang de nos frères crie vengeance.

« Yois-tu ce sang^l... il crie yeng^eance. »

(M"* de Genlis. Les Chevalien du Cygne, ch. vu. 1795.) « Le sang de nos braves demande réparation ou vengeance. »

(Ad. d*Ennery. La Prise de Pékin, acte IJ, se. xi. 1861.)

Sang généreux.

« Des femmes, qui toutes n^appartenaient pas à la dernière classe du peuple, demandèrent la farandole sur la place encore teinte d'un sang généreux. »

(Jouy, L'Ermite en provinee, t. IIL)

Sanglant. Subir un affront sanglant. Il resta sanglant et sans vie sur le champ de baiailk. Faire une sanglante injure.

Sangler. Sanglé dans son corset. — 11 existe encore quelques vieux beaux qu'on rencontre sanglés dans leur corset.

Sanglot. Étouffer ses sanglots. Les sanglots l'empêchaient déparier. Le bruit des sanglots.

tt Des sanglots étouffèrent la voix d'Ermance ; bientôt un tremblement convulsif s'empara d'elle. »

(Sophie Gay. Un Mariage sous t Empire.)

Sanguinaire. Ce monstre sanguinaire vomi par l'enfer. — On donne souvent du monstre sanguinaire au hideux FouŒuier-Tinville, qui faisait des calembours et débitait des facéties en envoyant à la mort les victimes de la Révolution.

Santé. Et cette santé, comment va-t-elle ?

(Propos (t abordage.) « Je bois à la sanlé de notre honorable président, à celle de M. le maire, et au maintien de nos glorieuses institutions. » « Je bois à la santé du roi, à celle de son auffuste épouse, à celle de ses enfants et au maintien de nos glorieuses institutions. »

(Toast sous LouiS'Philippe.)

Il ne faut pas jouer avec la santé. La santé est le plus précieux des biens.

« La santé, le plus grand des biens, « « File tous lus jours de ma vie. »

(Berois. EpUre VL)

On n'apprécie la santé que lorsqu'on l'a perdue. u Jamais la santé de l'empereur n'a été meilleure. »

(Refrain chanté par les journaux chaque fois que Napoléon 111 était indisposé.)

« Jamais le roi, le souverain, le président de la Répui blique, le saint-père {ad libitum), n'avait été plus gai et ei( jneiUeur état de santé. »

(Toujours la môme rengaine chaque fois que le sou^ verain d'un Etat préside à une cérémonie quelconquej ou assiste à une soirée quelconque.) j

Saper. Sa'per le trône et V autel. Saper les fondements sm lesquels repose la société, — Il parait qu'il y a des gens qui éprouvent le besoin de s'asseoir sur des décombres.

Sarment. Un feu clair de sarments pétillait dans Vâtre.

(Style de roman : arrÎTée des chasseurs dans une ferme.)

Saturnales. Les honteuses et sanguinaires saturnales de la Révolution. Les saturnales de 93, qui rappellent les plus mauvais jours de notre histoire. (Un des plus beaux clichés politiques connus.)

11 y a plus de deux cents ans, Mézeray faisait dire, dans son Histoire de France, au duc de Biron devant ses juges :

« Je vous ai rétablis, messieurs, sur les fleurs de lis, d'où les saturnales de la ligue vous avaient chassés. »

Saupoudrer. Saupoudrer un discours du sel de la plaisanterie. — Un sel que les Français prodiguent trop souvent sans discernement.

Sauter. Reculer pour mieux sauter. — Un exercice gymnastique auquel s'entendent fort bien certains hommes politiques.

Sauvegarde. Prendre sous sa sauvegarde. Les lois sont la sauvegarde des sociétés.

Savant. Savoir. Savant modeste. Les vrais savants savent qu'ils ne savent rien. (Réédité nombre de fois depuis saint Augustin.)

Une femme en sait toujours assez. — Vieux dicton recueilli par Molière.

« Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés, « Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez. » (Les Femmes savantes, acte II, se. vu.)

Montaigne (Essais, liv. I, ch. xiv) dit la même chose.

Scandale. Scandaleux. Le public est friand de scandale. « Cest grâce au scandale qu*une certaine presse, bat monnaie. »

[Propos de moraliste,)

« Un fait scandaleux s'est produit... Nous l'aurions passé sous silence si quelques-uns de nos confrères n'en avaient déjà parlé. »

(Arrivé dernier au poteau des renseignements.)

Mener une conduite scandaleuse.

Sceau. Le sceau de la mort,

« Le sceau de la mort est déjà empreint dans tous ses traits. »

(M— Cottin, Claire dTAlbe.)

Le sceau du génie.

« J'avais en moi une de ces émotions que nous inspire la présence de ceux que Dieu a marqués du sceau du génie. » (Ferd. Laloue et F. Labrousse. Le Prince Eugène et l'Impératrice Joséphine, acte I, se. yi4

Scène. Avoir VhaUtude de la scène. Avoir une parfaite connaissance de la scène. Scènes bien conduites, scènes à effet.

Scepticisme. Le scepticisme moderne se rit de tout. — Oui, en public et par genre. Mais chez lui, comme il en rabat, le scepticisme moderne qui croit aux tables tournantes et aux spirites /

Sceptre. Le sceptre de la mode. — Tout aussi éphémère qu'un sceptre royal.

Tenir le sceptre de la mode.

Scintiller. Un esprit qui scintille. Un style qui scintille.

Sqntillement. Le scintillement des étoiles.

Scrutateur. Il ne pouvait pas soutenir le regard scrutateur de...

« Son regard scrutateur qui semblait aller chercher la pensée au fond de* l'âme. »

{Style de roman.)

Scruter les consciences.

Scrutin. — Le nouvel oracle de Delphes.

Et maintenant la parole est au scrutin. Assurer Vintégrité du scrutin.

« ^f archons au scrutin en colonne serrée ; et, armés de

nos bulletins de vote, faisons surgir de l'urne les noms des amis de la République et de la liberté. »

(Style de iournaliste, profession de foi d'un candidat, dernier alinéa.)

•Sculpture. La sculpture est un ari grandiose, — Il faut le croire : tous les sculpteurs le disent.

Secours.

« Mourir! non, non, tu ne mourras pas... du secours! du secours I... tu n'es pas blessé... et personne ne m'entend... et personne ne vient... ô mon Dieu ! mon Dieu ! mon Dieu. » (Fr. Cornu et H. Auger. Pauvre Mère.) « Ecoute... on crie au secours... cette voix, c'est celle de Marie!... Les misérables, ils l'enlèvent! Elle est sauvée! elle est sauvée I »

{Idem, idem.)

Secret. Il n'a pas de secrets pour vous. C'est le secret de Polichinelle, Les femmes ne savent pas garder un secret. Ton secret périra avec toi, misérable !

« Trois hommes masqués... et le comte est mort, lui qui, peut-être, avait le secret de'Vnon enfant... oh! n'importe... mort ou vivant, je saurai, moi, s'il était l'assassin. »

(J. Bouchardy. La Sœur du muletier.) « Il n'est point de secrets que le temps ne révèle. »

(Racine. Britannicus, acte IV, se. iv.)

Secrète. Maladies secrètes, — Traitement des maladies secrètes, guérison sans mercure.

(Littérature de pissotière, littérature murale.)

Séculaire. Une allée de chênes séculaires conduisait au château.

{Style de roman.)

Sécurité. Sécurité profonde.

« A quelle autre époque les Français ont-ils joui d'une sécurité plus profonde? »

(Jouy. Guillaume le Franc-parleur.)

Soiis tous les régimes c'est ce qu'ont affirmé les flagorneurs politiques.

Sedan. La houe de Sedan. — Les adversaires de l'Empire l'ont-ils assez remuée, cette boue !

Séduire. Séduire une pauvre jeune fille.

« Quand on assiste à toutes les courses de chevaux, qu'on est du club des Jockeys, qu'on est membre du Casino, on ne doit pas trouver une femme qui vous résiste. On peutimpuné-

ment, fatigué des conquêtes de la ville, venir au village séduire une pauvre ieune fille et rire après de ses larmes, de son désespoir et du déshonneur de sa famille. »

(Pr. Cornu et H. Anger. Pauvre Mire.)

Sein. Pleurer sur le sein d'un ami. Son sein se soulevait, « A ces mots, un profond soupir s'échappa du sein d'Ermance. »

(Sophie Gay. Un Mariage sous V Empire.)

« Ah I daignez enfin verser dans son sein le secret de tous vos malheurs! »

(M-» Cottin. Elisabeth.)

• Chère Elise, que n'es-tu ici? je pourrais pleurer sur ton sein. »

(Idem. Claire d'Albe.)

« Ce secret, il l'a versé dans mon sein en pleurant... »

(Cb. Desnoyers, Boulé et Chabot de Bouin. Bita VEspagnole, acte I, se. X.)

Déposer un secret dans le sein d'un ami.

(1 II sentait depuis longtemps le besoin d'épancher son cœur, et de déposer le secret de sa vie dans le sein de la plus sûre et de la plus tendrfe amie. »

(V. Ducange. Lëonide ou la Vieille de Suresne, 1830.) « Avant de mourir, je déposerai dans ton sein le secret de ma vie. »

(M"* de Genlis. Les Chevaliers du Cygne^ eh. vu.)

« D'où naît votre chagrin ?

« Ne puis-je le calmer? Versez-le dans mon sein. »

(Andrieux. Poésies diverses.)

Au sein de la volupté.

« Le gouvernement de Naples s'endormait au sein des voluptés. »

(Ph. de Ségur, Décade historique, t. I.)

Séjour. Séjour enchanteur. Le séjour des Grâces.

(Genre classique.)

Sel. Sel attique. — Un sel qui s'est évaporé depuis longtemps.

a II faut de sel attique égayer la satire. »

(Ecouchard-Lebrun. Épitres.)

« Il est de sel attique assaisonné partout. »

{Les Femmes savantes, acte III, se. ii.)

Selles. Comment vont les selles ?

(Propos des médicastres qui aiment à fourrer le nez partout.)

Semblable. Traiter les semblables par les semblables.

(Axiome homéopathique.)

Semer. Semer la discorde et la guerre.

(Genre héroïque.)

Sentiment. Sentiment impérieux qui ne laisse place à aucun autre.

« Nul homme (plus ciue saint Bernard) n'a exercé sur son

siècle un empire aussi extraordinaire : entraîné vers la vie

solitaire et religieuse, par un de ses sentiments impérieux

. qui n'en laissent pas d'autres dans l'âme, il alla prendre

sur l'autel toute la puissance de la religion. »

(Garât. Eloge de Suger.)

Nobks sentiments dignement exprimés.

Sentir. Je sens que je Vaime.

« Oh! oui, je sens que je l'aime déjà, cette jeune fille, et la sympathie soudaine qui a rapproché nos cœurs, et... » (Ad. d'Ennery et Ferd. Dugué. Marie de Mancinit acte I, se. v. 1864.)

Une cuisinière est toujours sensible à ces paroles : « Je sens <^ue je vous aime », surtout quand c'est un militaire qui les prononce. Si le militaire est gradé, sa sensibilité s'exagère en raison du grade.

Séparation. Séparation de Vàme et du corps. Cruelle sèparati4)n. Séparés dans ce monde, nous nous retrouverons dans un monde meilleur. i

Séparation étemelle.

« Est^e qu'au moment d'une séparation éternelle, nous pouvions lui cacher la vérité ? »

(Ad. d'Ennery. La Prise de Pékin, acte III, se. t.)

Seriner. Seriner vingt fois la même chose. — 11 arrive quelquefois qu'on n'est pas encore compris. A qui la faute? Au serineur ou au seriné?

Serment. Il ne faut ni parler de coi*de dans la maison d'un pendUy ni serment dans celle de certains hommes d'État.

Fidèle à ses sei^ments. Serments d'amour. Serments d'ivrogne.

Se faire un jeu de ses serments.

« J'ajouterai... que vous ne craignez pas de déchirer un cœur que vous avez rendu sensible, et que vous vous faites un jeu de tous vos serments. »

(Etienne. Une Heure de mariage, se. xtiii. 1S04.)

Service. I

« Vous me rendriez un signalé service en me prêtant... » Cela se dit, s'écrit et se chante. j

Serviteur.

« De Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur. »

Servir. Servir les mauvaises passions. — Un moyen comme un autre de gagner malproprement de l'argent.

Sedl. Il vaut mieux être seul que mal accompagné. — Ce cliché que ne cessent de répéter les pères de famille dont les fils se plaisent dans la mauvaise société, nous vient du théâtre espagnol.

(Fernand de Rojas. La CélesHne, scène de Gélestine et de Sempronio, xv* siècle.)

Sévir. Je vais être obligé de sévir.

(Propos de marchand de soupe.)

Sexe. Ce sexe à qui tu dois ta mère.

(LegouTé.)

Il faut être galant envers le sexe. ^ Le sexe faible, celui qui a sa force dans le ventre ; le sexe fort, celui qui a sa force dans la tête.

La honte de son sexe.

« Quelle honte importune au visage te monte, * Pour un sexe quitté dont tu n'es que la honte? »

(CorneiUe. Clitandre, acte 11, se. tu.)

Sexe enchanteur.

« Sexe enchanteur, tu ris de ma tendresse, « Quand je veux boire à la coupe d'amour. »

(J. Lagarde. La Coupe d^amour, romance.)

Il n'y a plus que les vieux beaux, qui datent du temps de Charles X, qui donnent aujourd'hui aux femmes « du sexe enchanteur ».

SiÊaE. Il y a un siècle qu'on ne vous a vu.

(Propos d'abordage.)

Siège. Le siège de la pensée. Faire le siège de la vertu d'une femme. — Dans ces sièges-là, les capitulations sont loin d'être rares.

Sifflement. Le sifflement du vent dans les cordages. Le sifflement de la vipère.

Signe. Signe de l'honneur (croix d'honneur). — Le signe de rhonneur brille sur sa poitrine.

« Je le sais bien, cette croix qu'on révère, « Pour le Français toujours pleine d'appas, « Gage sacré d'un noble caractère, (t Appartiendrait de droit à vos soldats ; « Mais l'avocat dont la mâle éloquence, « Aux noirs complots du calonfmiateur, « Peut arracher la vertu, l'innocence, « Peut bien porter le signe de l'honneur. »

(Hénissier et A. de Courchamp. Le Passepùrt. 1824)

Silence. La parole est d'argent, mais le silence est d'or. Bien ne troublait le silence de la nuit. Dans le silence du cabinet, SilencCy Polichinelle danse,

« Le silence et la modestie sont la parure des femmes. » (Euripide. Les BéraclideSy acte II, se. ii.)

Avant lui, Sophocle avait exprimé à peu près la même idée dans Ajax furieux, acte II, scène i, en disant :

« Le silence est l'ornement des femmes. »

« Le silence est l'esprit d'un sot. »

(Publius Syrus. Sentences.)

Le chevalier Bonnard y a introduit une légère variante ; il a dit :

« Le silence est l'esprit des sots. »

Sillage. Le navire traçait son sillage phosphorescent,

(Style de roman, scène de la traversée.)

Sillon. Sillonner. Une large cicatrice, glorieux sillon. Les chagrins avaient tracé leurs sillons sur son visage. Des larmes sillonnaient son visage.

Sillon argenté.

« Il fend l'onde, et ses deux côtés « Tracent deux sillons argentés. »

(Perraut. Chasse.)

Simple. Cest simple comme bonjour.

Simplicité. La simplicité sied aux jeunes filles. La simplicité doit être la seule parure d'une fille sage. La simplicité est la plus belle parure des jeunes filles. — C'est ce que ne cessent de répéter les mères de famille économes.

« Son front est couronné de l'herbe des prairies, « Pour prouver que de la beauté « Le premier ornement est la simplicité. »

(Ocmoustier. Lettres ù Emilie.)

Singe. Malin comme un singe. Le singe est de tous les animaux celui qui ressemble le plus à l homme, — Et cela au physi(jue comme au moral ; il y a pourtant des singes qm valent mieux que certains hommes.

On n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces.

Site. Site pittoresque,

« La Suisse est peuplée de sites pittoresques qui font Tadmiration des touristes. »

Situation. Cette femme est dans une situation intéressante. Il n'y a pas une situation dans cette pièce. L'intérêt ne languit pas un instant ; les situations sont bien amenées,,.

Sœurs. Les neuf somrs, La poésie et la peinture sont sœurs.

Soirée. Par une belle soirée d'automne, — Combien de romans commencent ainsi ou encore par : une froide soirée d'automne.

« La duchesse a fait les honneurs de cette soirée avec son amabilité ordinaire. »

{Style de reporter.)

Sol. Fouler le sol sacré de la patrie. Le sol natal,

« Ah ! prenez en échange une vie agitée

« Que loin du sol natal l'orage a transplantée. »

(Dela\igne. Le Paria^ acte I, se. i.)

Inutile de faire admirer la beauté de cette figure : « Un orage qui transplante une vie xigitée » / Pas mal pour un classique !

Soldatesque. Soldatesque effrénée.

« Je n'aurais pas cette pensée qu'un jour peut venir où ce château sera envahi par une soldatesque effrénée. »

(Alph. Arnault. Les Zouaves^ acte I, se. i, 1856.) « Il y a qu'une soldatesque effrénée m'a pris pour M. Delaroche. »

(Decourcelle, R. DesUndcs et A. Rolland. Le Château des Tilleuls, acte V, se. xi. 1853.)

Solde. Vente d'un solde de soieries à des prix très avantageux, — N.B. Sur les prospectus, les prix sont toujours très avantageux... pour le marchand.

Soleil. Avoir des rentes au soleil. — Rien de tel pour réchauffer l'existence.

Le soleil d'Austerlitz, Le soleil luit pour tout le monde.

Qu'en pensent les pauvres diables qui vivent dans les mines ?

Le soleil darde ses rayons.

« D'un côté, le soleil dardait ses rayons brûlants et les flots écumeux se teignaient du pourpre de ses feux. »

(E. Arthaud. Le Garçon de caisse, 1835.)

Solliciter. — Mendier d'une manière convenable, avec phrases et périphrases.

« J'ai l'honneur, monsieur, de solliciter de votre bienveillance le poste de... ou la place de... »

Sollicitude. — Une sollicitude toute maternelle.

SOLVÂBLE.

« Est-il solvable ? »

(Demande de fournisseur à fournisseur.)

Sombre. Le sombre empire de Pluton.

« Rien ne pouvait le distraire de ses sombres pensées. »

« Olivier tomba dans une profonde et sombre rêverie. » (M"" de Genlis. Les Chevaliers du Cygne, ch. xt.)

Sommeil. Le sommeil est l'image de la morU — Pour ceux qui ont le sommeil tranquille ; pour les autres, c'est l'image de l'enfer.

« Sommeil, fils de la nuit et frère de la mort. :»

(T. Gautier. Poésies diverses.)

L'hiver est le sori^m^il de la nature. Goûter quelques heures de sommeil. Sommeil agité par des rêves affreux. Le sommeil de l'innocence .

« Mais son sommeil est encore agité par des rêves pénibles. »

(Ch. Lafont. La Famille Moronval, acte II, se. i.)

Le sommeil a fui sa paupière,

« Cependant le sommeil avait fui ses paupières. »

(V. Ducange. Léonide ou la Vieille de Suresne.)

Goûter les douceurs du sommeil.

« C'est là que ces bonnes gens goûtent les douceurs d'un sommeil tranquille. »

(Ducray-Duminil. Petit-Jacques et Georgette.)

Dernier sommeil de la mort. Dormir du dernier sommeil.

« Du sommeil de la mort, du sommeil que j'envie, « Presque tous maintenant dorment... »

(Hégésippe Morcau. Le Myosotis.)

« dieux ! de quel remède est ma douleur suivie,

« De ne tenir la vie « Que des seules faveurs du frère de la mort. »

(Racan. Odes.)

Somnambule. Somnambule extra-lucide; elle lit le présent, le passé et l'avenir.

(Littérature foraine.)

Son. Sons harmonieux.

« Suis-moi sous ces ormeaui, viens, de ^âce, écouter « Les sons harmonieux que ma flûte respire. »

(André Chenier. Idylles.) « Les sons harmonieux de Torchestre avaient retenti. » (V* d'Arlincoort. Les Trois Châteaux, ch. m.)

Sons belliqueux.

« Une musique militaire fera retentir les airs de ses sons beUiqueux. »

{Rapport du citoyen Dairid sur la cérémonie projetée pour le 40 août 479S.)

Songe. La vie n'est qu'un songe... — Un cauchemar, pour bien des gens.

Ce n'était pas un songe.

« ÀLFBED. — Tout cela n'était pas un songe... mon Dieu! mon Dieu! »

Boulé, Rimbattt et Dapré. Emery le Négociant.)

Sonner. Madame a sonné ? Je crois qu'on a sonné. Qui sonne ainsi, passé minuit, à la grille du parc ? Faire sonner la particule.

Sort. Le sort décidera. Sort infortuné. Depuis le jour qu'elle a uni son sort au mien. A quoi tient le sort des nations ? Le sort est pour bien des gens un bouc émissaire qu'ils rendent responsable de toutes les fautes qu'ils ont commises.

Sortir. Sortez, ou j'appelle.

« Pas un mot de plus, monsieur... Sortez, ou j'appelle. » {D'Ennery. L'Honneur de ma Fille j acte I, se. i. 1835.)

C'est le cri de la femme indignée.

Souffle. Le souffle du zéphir. Le souffla empoisonné de la calomnie. N'avoir plus que le souffle.

Le souffle populaire.

« Au nombre des institutions renversées par le souffle

populaire, on remarqua la chute de rAcadémie française. » (Jay. Discours de réception, 19 juin 4832.)

Souffrance. Souffrir. Avoir un billet en souffrance. Souffrit le martyre. Les allumettes soufrent aussi. — Aimable jeu de mots encore trop fréquent.

Souhait. SouhctU de roi. On adresse régulièrement ce cliché à l'heureux mortel, père déjà d'un garçon, quand madame lui donne une nlle. Cela se dit en serrant fortement la main du papa et en esquissant un sourire aimable.

Souhaiter. Je vous la souhaite bonne et heureuse, ojccompagnée de plusieurs autres.

(Rengaine du l'i* janvier.) « Opto, Domine, et hune natalem, et plurimos alios quàm feiicissimos agas. (Je souhaite, seigneur, que cet anniversaire de votre naissance soit heureux et accompagné de plusieurs autres encore plus heureux). »

(Pline le jeune à Trajan. Lettre LXXXIX.)

Soulier. Le soulier de Corneille. — Il y a deux écoles : l'école qui prétend que Corneille a fait mettre un béquet à son soulier, et l'école qui soutient le contraire : le béquet ne prouverait pas la misère ; il prouverait de l'économie. Je connais plus d'un propriétaire qui fait raccommoder ses souliers. J'en connais même un qui achève les vieux souliers de ses locataires ; mais celui-là est légèrement taxé d'avarice.

Être dans ses petits souliers.

Soumettre. Soumission. Se soumettre à la volonté divine. Faire acte de soumission. — En politique, c'est accepter le mandat impératif.

Soupe. La soupe fait grandir.

u Si tu ne manges pas de soupe, tu ne grandiras pas.» Cela se dit aux enfants qui ne veulent pas manger de soupe.

Soupière. Soupière électorale. — Soupière qui sert à faire bouillir le bouillon électoral. — Gobelet des escamoteurs en fait d'élections. Les adversaires politiques de Napoléon III ont prétendu qu'elle a joué un grand rôle sous l'Empire.

Soupir. Le dernier soupir. — C'est souvent un soupir de satisfaction.

Un profond soupir s'eoçhala de sa poitrine.

Soupirer. Soupirer pour les beaux yeux d'une belle. Qu'avezvous à soupirer ainsi ?

Source.

« Nos renseignements, puisés à une source autorisée, nous permettent de démentir les bruits qu^ont fait courir certains de nos confrères au sujet de... »

(Démenti de journal à journal.)

La source du plaisir. Le travail est une source de richesse.

Sourd. Sourd comme un pot. Rester sourd à la voix de l'honneur. Il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Sourire. Le sourire des Grâces. — Un sourire qui illumine le visage.

«... Et en parlant ainsi un sourire illumina son austère visage. »

(Ferd. Laloue et F. Labrousse. Le Prince Eugène et l'Impératrice Joséphine, acte I, se. yi.)

Soustraire. Rien ne peut le soustraire à ma vengeance. Rien ne peut le soustraire à mon courroux. Rarement le coupable parvient à se soustraire à la vindicte publique.

SouTENABLE. Cc quc VOUS ditcs là n'est pas soutenable.

Soutenir. Soutenir une absurdité.

«... Soutiens-moi, Chatillon. »

(Voltaire. Zaïre^ acte II, se. ni.)

Propos qu'on prête aux ivrognes qui ne tiennent pas sur leurs jambes.

Soutien. Soutien du trône et de l'autel,

« Soutien du trône et des intérêts du peuple, M. de Lally se distingua parmi les fondateurs de notre liberté. »

(De Pongerville. Discours de réception à V Académie française, 29 juin 1830.)

Souvenir. Souvenir impérissable.

« De tels souvenirs ne sVffacent pas du cœur ; ils y restent gravés comme sur Tairai n. »

Dernier souvenir.

a Et s'il me donne une larme, un dernier souvenir, vous le consolerez, madame ; vous le consolerez, ma mère. »

(Dumanoir et À. d*Ennery. Les Drames du cabaret t acte m, se. IV.)

Les souvenirs se pressent en foule.

« Les souvenirs se pressent en foule dans son âme. »

(Chateaubriand. Atala.)

Son souvenir ne me quittera jamais,

« Adieu, Caroline... je vous perds... mais votre souvenir ne me quittera jamais. »

(Léonce et Moléri. La Famille Benneville, acte II, se. vii.)

Soyeux.

« Sa soyeuse chevelure tombait en boucles d'or sur ses épaules d'albâtre. »

Spécialiste. Un de nos plus célèbres spécialistes, — Nombre de ces célèbres spécialistes doivent leur renommée à la littérature qui s'étale le long des murs.

Spécimen.

« Ce bœuf, messieurs, un des plus beaux spécimens de l'espèce, a été primé, etc. »

{Style de comice agricole.)

Spectacle. Spectateur. Le spectacle de la nature. Le spectacle des passions humaines. Avez-vous fini de vous donner en spectacle ? Spectacle touchant des larmes.

« Des témoignages les plus sincères d*attachement pour sa personne et pour la cause du roi venaient souvent lui offrir d'agréables illusions ou le spectacle touchant des larmes que ses malheurs faisaient répandre, etc. »

(M»« Campan. Mémoirea sur la vie privée de Marie-Antoi» nette, 1826.)

Spectacle imposant.

« C'était un spectacle imposant que celui de la rade de Brest. »

(Kug. Sue. La Vigie de Koat-Ven.)

Le spectacle imposant et grandiose de la mer.

Spectre. Agiter, promener le spectre rouge. — C'est-à-dire le spectre de la révolution, le spectre sanglant des révolutions. Allusion à la brochure de Romieu, le Spectre rouge. Sous l'Empire, les journaux officieux, aux époques d'élections^ n'oubliaient jamais de promener dans leurs colonnes le spectre rouge, pour effrayer les électeurs ruraux.

Spéculation. Y a-t-il moyen de faire quelque bonne spéculation?

« La spéculation envahit tout. Autrefois, on mettait vingt

ans à faire fortune ; aujourd'hui, les moins pressés veulent s'enrichir en quatre ans. »

{Bourgeoiriana.)

Spéculer^ Spéculer sur les fonds publics, spéculer sur la crédulité publique,— C* est le grand art de nos modernes financiers.

Spéculateur.

« Tôt ou tard les spéculateurs à la Bourse finissent par sombrer. »

Oui, mais auparavant combien de victimes ont-ils fait sombrer?

Sphère. La sphère des connaissances humaines. Pour être heureux, il faut rester dans sa sphère.

Spiritueux. Les spiritueux sont nuisibles à la santé. Il est plus spiritueux que spirituel.

Splendeur. La splendeur du trône.

« Le soleil qui disparaissait derrière les hautes collines inondait l'horizon de sa splendeur. »

{Gaire descriptif.)

Splendide.

« Votre fête était tout bonnement splendide. »

{Propos de parasite.)

Spontané. Les mouvements du camr sont spontanés, — Ce qui n'empêche pas que souvent on les regrette.

Squelette. Hideux squelette. — L'homme à Tétat de réjouissance.

Maigre comme un squelette, La maigreur d'un squelette.

Stationnaire. L'art est stationnaire : rien de bien saillant cette année encore au Salon,

(Critique d'art, — ouyerture du Salon.)

Stomachique. Cette liqueur apéritive, bienfaisante et stomachique se recommande en outre par.,, etc.

(Littérature de prospectus.)

Store.

« Baissez les stores, on pourrait nous voir. »

(Uq Toyage à Cythère en fiacre.)

Strapontin.

« Pas une place, pas le moindre strapontin. »

(Ce qu'on entend les soirs de premières.)

Subalterne.

o Apprenez que je ne fraye pas avec des subalternes comme vous, nonobstant. »

(De sergent à simple pioupiou.)

SoBia. Subir les coups du sort avec résignation. Puiser dans la religion chrétienne ks forces nécessaires pour subir les coups du sof*t.

Subrepticement. Un adverbe employé uniquement par les . troupiers.

« Que vous manigancez toujours et agissez subrepticement qu'il faudra voir à changer de tactique, ou sinon au bloc. «

Subversif. Discours subversifs — Tels discours subversifs sous tel gouvernement sont fort sages sous tel autre.

SuKUR. La sueur du peuple. — Certains économistes en font souvent sentir tout le mérite.

S*engraisser de la sueur du peuple. Gagner son pain à la sueur de son front.

« Les sueurs de nos frères ont servi vos caprices... Ohî prenez garde, monsieur le comte! »

(?aul Foucher et Alboise. La Salpêtrière, acte III, se. v.) « Nous mangerons du pain arrosé de notre sueur. »

(Ducray-Duminil. Petit-Jdcqties et Georgette.)

Suffire. La moitié de ça suffit .

Suffrage. Heureux si je puis mériter vos suffrages.

(Propos de candidat.)

« Je viens, mes chers concitoyens, briguer vos suffrages : si vous me jugez digne de vous représenter, je m'attacherai à, etc. »

Ce ne sont pas les promesses qui coûtent le plus.

Rien n'est plus précieux que vos suffrages. Nous ne laisserons pas porter la main sur le suffrage universel. Il faut que les suffrages soient eocprimés librement.

Suicide. Le suicide est un erime.

« Mais vous ne savez donc pas que le suicide est le plus grand des crimes? »

(J. Bouchardy. Les Enfants-Trouvés, acte I, se. tii.)

Personne n'a le droit de condamner le suicide, parce que personne ne peut savoir ce qu'un être humain, doué de sa raison, a eu à souffrir avant d'en arriver à ce moyen extrême.

Suite. La suite au jn*ochain numéro.

(Inévitable phrase des romans-feuilletons.)

Suivre. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. — Encore une erreur proverbiale ; les jours se suivent et se ressemblent presque tous, surtout pour les malheureux. 11 n'y a guère que la maladie et la mort qui fassent diversion.

Suppôt. Suppôt de Satan. Suppôt de Thémis.

Suppression.

« Un journal est une propriété dont la suppression ne doit pas être laissée à l'arbitraire d'un gouvernement. »

(Opinion des directeurs de journaux.)

Succéder. Succéder sans remplacer.

« Recevez mes regrets, vous à qui j'ai succédé (à la députation) sans pouvoir vous remplacer. »

(Emile de Girardin, au tombeau d'A. Thiers, 3 sept. 1878.)

« Si vous avez pu donner sa place, je sais mieux que personne, messieurs, que vous ne l'avez pas remplacé. »

(Maxime du Camp. Discours de réception à l'Académie française, Sl3 décembre 1880.)

Succès.

« Dès le premier acte, le succès de la pièce était assuré. » [Style de feuilleton théâtral.)

Véritable succès.

« En somme, belle et bonne soirée, et TÂmbigu tient un véritable succès. »

(Les Soirées parisiennes, — Événement du 13 mai 1878.) « En résumé, grande et légitime réussite. L'Ambigu tient sa pièce d'été, w

(Ch. Monselet. L'Événement du 13 mai 1878.)

Succomber.

« Entourées de séductions, comment ne voulez-vous pas que ces pauvres filles finissent par succomber un jour ou l'autre? »

[Propos de MM. les moralistes.)

Tablier.

« Rendez votre tablier, Françoise. — Avec bien du plaisir, madame ; j'en ai assez de votre baraque. »

(De ménagère à cuisinière.)

Le « Rendez votre tablier » est une expression relevée à Tusage des bourgeois de haute volée. Dans la petite bourgeoisie, madame dit à sa bonne à tout faire i « Marie, fichez -moi le camp ! »

Tache. C'est une tâche au-desstis de mes forces,

(Propos de paresseux.)

Tacher.

« Ah ! mon Dieu, voilà ma robe perdue. — Ce n'est rien,j ça ne tache pas. »

« Et tâchez voir d'obéir un peu pour voir. »

[Style de troupier,)

Taille. Taille élégante. Sa taille de guêpe. Sa taille qui tiendrait entre les dix doigts. Taille souple comme un roseau. ^

(Style de roman.)

Que de souffrances endurent nos élégantes dans Tespoir de s'entendre dire qu'elles ont des tailles de guêpe, ce qui est le comble du ridicule ! Regardez si la Vénus de Milo a une taille de guêpe. Et la Vénus de Milo vous vaut bien, mesdames.

« Sa taille égale en souplesse « Le jeune et tendre roseau. »

(Marmontel. Pétrarque partant pour Vaucluse. Chanson.^

Taille svelte.

« Ils ont choisi , pour exécuter ce complot affreux , une femme qui joint à une taille svelte, à des traits réguliei's, des grâces peu communes et Taudace du crîme. »

[Rapport du comité de sûreté générale ^ relatif à l'assassinat de Marat, 16 juillet 1793.)

« Sa taille, faite en guêpe, était à tenir dans la main d'une fille de douze ans. »

(A. de Vigny. Stello.)

Talent. Le vrai talent est modeste. — Cette vérité nous vient de l'Inde. Un demi-siècle avant Jésus-Christ, Calidasa, l'auteur de la Reconnaissance de Sacountala Ta ainsi formulée dans un autre de ses drames moins connu, le Héros et la Nymphe.

« La modestie convient au mérite : elle fut toujours l'ornement de la valeur. »

(Acte I, scène de Pourouva et de Manava, Trad. de l'anglais par Langlois.)

Tarpéienne. La roche Tarpéienne est près du Capitole.—PouT les députés, la roche Tapéienne c'est l'invalidation sans

espoir de retour ; pour les filles galantes, c'est la hotte à chiffons, c'est l'hôpital, c'est la loge de portière.

« Je n*avais pas besoin de cette leçon pour savoir qu'il y a peu de distance du Capitole à la roche Tarpéienne. »

(Mirabeau. Discours à l'Assemblée nationale.)

Taureau. Fort comme un taureau. Il faut prendre le taureau par les cornes,., et les maris de front.

Tempérer. L'âge tempère les passions, — C'est une question de tempérament. Chez les tempéraments nerveux, l'âge augmente au contraire les passions. En grande partie, les attentats à la pudeur sont commis par des vieillards.

Temple. Temple de Cornus,

« Le père de ce fidèle desservant du temple de Cornus était I né d'une famille plébéienne de Lyon. »

{Chronique indiscrète du xix' siècle.)

« Des temples plus brillants (des tripots) ont été ouverts à la fortune. »

(Jouy. Guillaume le Franc^arleur.)

Les classiques égrillards ont découvert le temple de l'Amour où l'encens est offert à la postérité.

Temple de Plutus,

« Les actions gagnent déjà ; il y a dans ma cour une bantjue, un agiot; on dirait du temple de Plutus. »

(Scribe et Bavard. Les Actionnaires, se. xix. 1829.)

Le temple des Arts,

u En portant ses tributs au temple des Arts, il ne cherchera pas à renverser ses concurrents dans sa route. »

(La Harpe. Discours de réception à l'Académie française.)

Temporel. •

« Le pouvoir temporel du pape, monsieur, est un nonsens... Croyez- vous que nous ayons fait 89 pour, etc. » [Propos de boutiquier démocrate.)

Une question qui peut se flatter d'avoir fait couler des flots d'encre, que cette question du pouvoir temporel ! Pourquoi le pape se dessaisirait-il du pouvoir temporel ? Chacun ne tient-il pas à ce qu'il a. Demandez au premier épicier venu de vous abandonner l'héritage de son arrière- grand -père, vous verrez comme vous serez reçu. Il me semble que le pape vaut bien le premier épicier venu.

Temps. Le temps c'est de Vargent,

(Axiome anglais.)

Faire perdre un temps précieux. La faux du tempsl Cela se perd dans la nuit des temps, Au temps heurem de ma jeunesse. Le temps des amours devrait durer tou' jours. Quel temps fait-il aujourd'hui ? — 11 n*y a riep qu'on regrette plus que le temps perdu et rien que l'on gaspille avec plus de facilité. Il n'y a guère que le^ filles galantes qui n'aiment pas à perdre leur temps avec des gens dont elles ne peuvent rien tirer, parcej que, pour elles, le temps c'est de l'argent.

« Le temps ne fait rien à l'afifaire. » |

(Molière. Le Misanthrope, acte I, se. ii.)

temps ! ô mœurs ! (0 tompora ! ô mores l) — Exclamation cicéronienne à l'usage de tous les Gérontes, de! tous les moralistes de carton.

« temps ! ô siècle I ô mœurs I »

(Destouches. L'Homme singulier, acte IV, se. ii.)

« Autre temps, autres mœurs, madame. »

(Decoureelle, R. Deslandes et A. Rolland. Le Château des\ Tilleult.)

Le temps ne respecte rien.

« Le temps est un ouvrier qui ne respecte rien. »

(Cratèa. Fragments.)

Le temps est un grand maître. — Pour dire que le temps console de tout; pour dire encore qu'il amène bien des changements. Les farceurs ont adopté la variante suivante : Le temps est un grand maigre.

n Le temps est un grand mattre, il règle bien des choses. »

(Corneille. Sertorius, acte II, se. iv.) « Le temps est un grand maître; il commande à l'amour. (Fabre d'Eglantine. Le Présomptueux, acte III, se, vi.)

« Le temps est un grand maître,

« Et le plus obstiné finit par s'y soumettre. »

(Laya. L'Ami des Lois, acte IV, se. lu.)

a Le temps est un maître qui enseigne toutes choses. »

(Eschyle. Prométhée enchaîné, acte V, se. i.)

Tenailles.

« Ce discours lui déchirait le cœur comme avec des tenailles. »

A la Chambre, le discours d'un rapporteur, qui con dut à l'invalidation d'un de ses collègues, déchire le cœur de ce collègue comme avec des tenailles.

Pénèbres. Les ténèbres de Vignorance. L'empire des ténèbres. Le sombre empire des ténèbres.

{Style classigue.)

« Indigne superstition, qui semble vouloir replonger la France élans les ténèbres de l'ignorance et les horreurs du fanatisme. »

(E. Arthaud. Le Garçon de caisse.)

« L'aspect de ces climats, depuis longtemps célèbres, h Déjà de l'ignorance éclaircit les ténèbres. »

(Ancelot. Louis IX.)

Tenir. Nous tiendrons nos lecteurs au courant.

(Cliché de journaliste.)

Tenture.

« D'épaisses tentures de velours tapissaient cette chambre où tout semblait inviter à l'amour. »

[Style de roman.)

Chez les filles galantes, les tentures ont, entre autres avantages, celui de pouvoir dérober la vue de Tamant de la première heure, si l'amant de la seconde heure arrive trop à Timproviste, et ainsi de suite autant d<" fois qu'elles comptent d'amants dans une journée.

Terme. Être arrivé au terme de la vie, La mort met un terme à nos maux. Monsieur, je viens pour le term£.

(Antienne trimestrielle de MM. les concierges.)

« Quand on ne peut payer son terme (( Il faut avoir une maison à soi. »

(Georges Duval. Monsieur Vautour.)

Terpsichore. Le temple de Terpsichore.

« La petite Héberti qui, après avoir brillé quelques jours parmi les fringantes élèves de Terpsichore, etc. »

{Les Deux Cours et les Nuits de Saint-Cloud. Londres, 1852.)

« Etranger aux jeux de Terpsichore, notre spéculateur dirigea ses premières attaques, etc. »

^Chronique indiscrète du xix* siècle.)

Terrain. Terrain glissant. — Le terrain de la Bourse est un terrain mouvant. C'est ce que Casimir a dit en vers : a Sur le terrain mouvant du tiers consolidé. »

{L'École des Vieillards, acte I, se. i.)

Terre. La terre, notre mère commune. Remuer ciel et terre. Que la terre lui soit légère.

(Les derniers mots d'une oraison funèbre.)

3!î DICTIONNAIRE

« Nec illi

« Terra gravis fueris. »

(Martial.)

Terreur.

« Un drame épouvantable vient de jeter la terreur dans la commune de... »

(Style de journaliste.)

TÊTE. C'était une noble tête de vieillard.

(Fr. Gaillardet et A. Dumas. La Tour de Nesle, acte III, se. a.)

Quelques-uns poursuivent la tirade et ajoutent: « Que 1 assassin a revu bien souvent dans ses rêves. »

Théâtre. Le théâtre du monde. Être appelé à jouer un grand rôle sur le théâtre du monde.

« Aussi voit-on rarement qu'il cherche à monter sur le théâtre du monde. »

(Saint-EYremond. Œuvres diverses.)

Tiède.

« L'eau est-elle bonne ? — Tiède, mon cher. » N. B. A entendre les baigneurs, l'eau est toujouK tiède, surtout lorsqu'ils grelottent; amour-propre de baigneur.

Tien. Il ne faut pas confondre le tien avec le mien. — Siir ce chapitre-là les hommes ne plaisantent pas. Les tribunaux n*ont pas été, en partie, institués pour autre chose.

Tiers. Se moquer du tiers comme du quart. — C'est faire preuve de philosophie ; mais encore faut-il avoir une position indépendante pour se payer ce luxe-là.

Tiers état. — C'est au tiers état gue nous sommes redevables de notre glorieuse Révolution. Oui, messieurs les bourgeois, qui avez trouvé le moyen de remplacer les privilèges de la noblesse par le privilège de la pièce de cent sous.

Tige.

« La belle Eléonore, semblable à une fleur tristement pei** chée sur sa tige. »

{Sfyle de roman.)

Tilbury.

« Le vicomte monta dans un élégant tilbury et lança ïoj cheval dans la direction des Champs-Elysées. »

(Style de roman.)

Quand le romancier, par extraordinaire, roule voiture, il n'est pas rare qu'il ne trouve le moyen d'ajouter le nom du fabricant à qui il la doit .

Timbre. Le timbre de sa voix d'une pureté remarquable. — Pour l'amoureux, le timbre de la voix de celle qu'il aime est toujours d'une pureté remarquable. Les dîiettanti sont plus difficiles, quand il s'agit d'une chanteuse.

Tirer. Tirer le diable par la queue. — Il faut que cette queue soit joliment solide pour résister à toutes les attaques.

Toiles. Les toiles se touchent, — Quand on n'a plus d'argent, les toiles se touchent.

La toile ou mes quatre sous,

(Cri des voyous lorsque la toile tarde à se lever au théâtre.)

Tombe.

« Avant que la tombe se referme à jamais sur celui qui fut notre ami, permettez-moi de venir lui dire un dernier adieu. »

Déposer des fleurs sur la tombe de quelqu'un, — 11 y a des gens qui seraient si heureux d'entendre de leur vivant les stupides éloges dont on sature leur cadavre

« Fais que sur ma tombe paisible « Les humains jetlent quelques fleurs; « Dis leur que mon ombre sensible « Bénit qui lui donne des pleurs. »

(M™* de Montaoclos. Œuvres diverses. 1790.)

Tombeau. Descendre au tombeau,

« Pour la seconde fois, le major pensa descendre au tombeau. »

{V. Ducange. Léonide ou la Vieille de Suresne.)

La paix du tombeau,

« Cette paix de la tombe où quelquefois j'aspire. »

(Jouy. Sq/lla, acte V, se. viii.)

Tomber. Tomber éploré aux genoux de...

« Elle veut parler : des sanglots éloufiFent sa voix ; pâle, les cheveux en désordre, elle tombe éplorée aux genoux de son père et ne fait entendre que des paroles entrecoupées de larmes. »

(Le D»" Véron. Cinq cents mille francs de rente.)

Ton. Avoir le ton du grand monde. Un petit verre d'eau-devie à jeun^ ça donne du ton. Le ton fait la chanson.

Tonique.

« Le meilleur tonique est sans contredit le vin de quinquina de... Dépôt dans toutes les principales pharmacies. »

Il y a environ une cinquantaine de préparations au quinquina qui ont, chacune, la prétention d'être le meilleur tonique, d'après les prospectus.

Tonneau. Toujours du même tonneau. — En effet, pourquoi changer quand il est bon ?

Torrent. Torrentiel. Le torrent populaire auquel rien ne résiste. Un torrent de plaisirs.

« Que de torrents de plaisir et de flammes

« Le tendre Hymen va verser dans vos âmes I »

(Verger. Epithalames. i750.)

Le torrent des passions.

« Hélas ! Passepoil ne vous écrira plus, Oreste a perdu son Pylade, le coquinasse a cédé au torrent tumultueux de ses passions. »

(Anîcet-Boorgeois et Paul FéTal. Le Bossu, acte I. 1862.) « Jeune et tendre fleur qui va être exposée au vent impétueux du monde, au torrent des passions. »

(Aug. Ricard. La Grisette. i829.)

Torrent de lumières. — Qui ne connaît la belle chute de rOde de Lefranc de Pompignan sur la mort de J.-B. Rousseau et insérée dans tous les traités de littérature ?

« Le Dieu poursuivant sa carrière « Versait des torrents de lumière « Sur ses obscurs blasphémateurs. »

u Messieurs, Franklin est mort... Il est retourné au sein de la Divinité, le génie qui affranchit l'Amérique et versa sur l'Europe des torrents de lumières. »

(Mirabeau. Discours à l'Assemblée nationale.)

Torrent de larmes.

« Et comme il vit que ces paroles lui faisaient répandre un torrent de larmes, il ajouta doucement... »

(Aimé Martin. Essai sur la vie et les ouvrages de Bernardin de Saint-Pierre.)

Torsade. Ses cheveux ramenés en torsade.

(Style de roman, concurrence à MM. les perruquiers.)

Tort. Tous lès torts sont de son côté.

« Apprenez que je n'ai jamais fait tort d'un sou à personne. »

Que de fois celui qui s'exprime ainsi est un gredin qui a volé tout ce qu'il possède !

« Quand tout le monde a tort, tout le monde a raison. » (La Chaussée. La Gouvernante^ acte I, se. m.)

Toupet. Avoir un fameux toupet. — Il n'y a rien de politique dans cette expressiou, il n'y a aucune allusion au légendaire toupet du roi Louis-Philippe. Cela veut dire avoir beaucoup d'aplomb, beaucoup aimpudence. On le voit, l'allusion est impossible.

Tour. Elle est faite au tour. — Quand elles sont habillées, toutes les femmes semblent faites au tour.

Tourbillon. Le tourbillon des plaisirs.

« Je vous ai vue dans le tourbillon du monde et des plaisirs, recherchée, adulée, »

{M— Cottin. Claire d'Albe.)

Tourmente. Tourmente révolutionnaire.

« Vers la fin du siècle dernier, quand la tourmente révolutionnaire s'était apaisée. »

(M"»» Ancelot. Salons de Paris.) « Ne vois-tu pas que la France échappe enfin à la tourmente révolutionnaire, et que le calme va enfin renaître sur les abîmes refermés ? »

(Ferd. Laloue et F. Labrousse. Le Prince Eugène et l'Impératrice Joséphine^ acte I, se. vi. 1842.) « Après la tourmente révolutionnaire, le premier soin d'une autorité qui voulait rétablir l'ordre, etc. »

{Discours de rentrée ^ononcépar M. ViTien, proc. génér. Cour royale d'Amiens, 5 nov. 4850.)

« Ce qui doit nous préoccuper... c'est d'organiser les forces conservatrices sur le terrain où se réfugieront les Français après la tourmente révolutionnaire. »

{Gazette de France, 7 janyier 1879.)

Toux. Yoilà une vilaine toux. Voilà une toux qui sent le sapin.

Tradition. C'est un des derniers acteurs qui aient conservé la tradition. — Est-ce qu'ils savent eux-mêmes ce que c'est que la tradition, ceux qui parlent de sa conservation?

Trafic. TJn honteux trafic. Quel diable de trafic faites-vous là?

Trafiquer. Trafiquer de sa plume. Trafiquer de son honneur. — Voilà ce que c'est que d'avoir des besoins.

Tragédie. La tragédie est un genre démodé, — Elle avait du bon pourtant, au point de vue somnifère.

Tragédienne. Notre grande tragédienne (Rachel). Il n'y a plus de grande tragédienne. — Et qui s'en plaint?

Trahison. Sont-ils vaincus, les Français crient à la trahison.

Trait. Traits gravés au fond du cœur.

« Mais son image, les traits charmants que je portais au fond du cœur, y subsistaient toujours. »

(L'abbé Prévost. Manon Lescaut.)

« Imprimez dans mon âme, en traits ineffaçables, « L'amour de votre Fils, le zèle de sa loi. »

(€** de Marcellus. Paraphrase du Stabat mater.)

Les traits de la calomnie.

t N'aviez-vous pas assez d'armes contre une pauvre orpheline, sans user contre elle des traits de la calomnie? »

(Népomucène Lemercier. Les Deux Filles spectres. acte II, se. IV.)

Traite. Veuillez réserver bon accueil à ma traite.

{Style de négociant.)

Que de fois cette simple ligne a causé des émotions bien autrement formidaoles que la lecture d'un roman prétendu très émouvant.

Transfigurer. L'amour l'avait transfiguré. — C'est le propre de l'amour de transflgurer celui qui est aimé aux yeux de celui qui aime. D'autrefois, l'amour, que la jalousie accompagne, défigure à coups d'ongles féminins l'objet aimé au lieu de le transfigurer.

Transiger. Mon fils, ne transigez jamais avec l'honneur.

(Père de la vieille roche.)

Transition. Un bon musicien doit ménager les transitions.

Transport. Amouretuc transport, voluptueux transport.

« M. de Guiboles se leva et présenta la main à Rosine pour la conduire dans une espèce de boudoir où le souper était servi, et dont les ornements semblaient inviter aux plus voluptueux transports. »

(Mars et Rabaa, Les Cuisinières, 1837.)

tt Glaire partageait mes transports. »

(M— Cottin. Claire d'Albe.)

« J'ai soumis son amour, il fait ce que je veux ; « II m'a sacrifié ses transports amoureux. »

(Voltaire. Zaïre, acte V, se. iii.)

Travail. Labor omnia vincit improbus (un travail assidu vient à bout de tout), a dit Virgile (Geqrgiques, liv. I), qui tenait cette maxime du poète comique grec, Ménandre :

« Le travail et rapplication viennent à bout de tout. »

(Fragment du Dyseole.)

Le travail c'est la liberté, — Refrain d'une chanson, paroles et musique de M. Laurent de Rillé, le Chant des travailleurs [iSiti],

Treize.

« Nous sommes treize à table. — Faites monter le fils du concierge. »

(Propos de bourgeois superstitieux.)

Trésor. Des trésors de tendresse. Des trésors d'érudition. « Ce puissant encouragement qu'il (Henrion de Pansey) accordait aux plus jeunes (avocats), versant pour eux tous les trésors de son immense érudition avec une sûreté de mémoire et une précision dans les dates qu'il a conservées jusqu'au dernier moment. »

(Dupin aÎQé. Discours prononcé à l'ouverture de la conférence de la bibliothèque des avocats, 4** déc. 48i9.)

Tresse. Tresses blondes. — Maintes brunes se couronnent de tresses blondes, parce que le blond est une couleur à la mode.

Tresses ondoyantes.

« Que fais-tu ? (Zéphyr) tu badines avec ses cheveux, tu fais voler leurs tresses ondoyantes? »

(Dorât. Imitations de poètes latins, Théod. de Bèze.)

Tribunal. Le tribunal de Dieu. Le tribunal de l'opinion publique.

« Cette immoralité effrayante qui avait déjà traduit Bastide devant le tribunal de l'opinion publique. »

[Procès des assassins de Fualdès, plaidoirie de M» Tajan.)

Iribct. Payer le tribut à la nature.

a II est juste que je sois le premier à acquitter le tribut que nous devons tous, tôt ou tard, payer à la nature. »

(Armand Charlemagne. Les Trois B... ou Aventures et Mémoires d'un Boiteux, d'un Borgne et d'un Bossu, 4809.)

« Le riche et gros brasseur de la rue Saint-Antoine ne tarda pas à payer le grand tribut à la nature. »

(V. Dacange. Léonide ou la Vieille de Suresne.)

Tricolore. Le drapeau tricolore a fait le tour du monde.

(Lamartine.)

Ce à quoi les révolutionnaires répondent : « C'est précisément pour cela que c'est au tour du drapeau rouge d'exécuter le même voyage. »

Triste. Triste comme un bonnet de nuit.

Tristesse. Tristesse de l'âme. La tristesse répandue sur tous ses traits.

Tristesse indicible,

« Alors, une indicible tristesse s'empara de son âme. » (M"»« Àncelot. Les Salons de Paris.)

Tromper. Tromper (espérance. Je suis un malin, twoï, on ne me trompe pas facilement. — Rien, au contraire, qui se laisse tromper plus souvent qu'un homme qui a la prétention de ne jamais être trompé.

Trouver. Trouver à qui parler.

« Traître I tu trouveras en nous à qui parler 1 »

(Molière. Les Fâcheux, acte III, se. vi.)

Ulcération.

« Docteur, je crois que j'ai là une petite ulcération ? — C'est un chancre, un chancre induré, monsieur. »

(Ce qu'on entend chez un médecin spécialiste.)

Ulcérer. L'âme ulcérée.

Unanime. Des applaudissements unanimes ont salué l'orateur en descendant de la tribune. L'orateur a quitté la tribune au milieu d'unanimes applaudissements. — C'est souvent la joie de le voir partir qui se manifeste par des applaudissements.

Uni. Unis comme les deux doigts de la main.

Union. L'union fait la force, et l'amitié la soutient. Buvons à l'union des peuples. Jamais union ne fut mieiuB assortie. Notre union, contractée sous de si heureux auspices^ fut longtemps sans nuages.

Universel. Il n'y a pas d'homme universel. Il n'y a pas de remède universel. — Ce n'est cependant pas ce que prétendent un tas de prospectus pharmaceutiques.

Université. Almaparens, — A une distribution de prix, le ministre ou le professeur qui, dans son discours, prononce « aima pareus », doit avoir la voix légèrement émue et tremblante.

Urne. Urne funéraire. Aller pleurer sur l'urne où reposent les cendres de...

{Style classique.) <£. Sous l'ombre des cyprès et des peupliers repose son urne

(M- Cottin. Claire d'Albe.) « Et montrant l'urne de mon père : — Sous cette tombe saturée, lui ai-je dit, repose la cendre du meilleur des pères.»

{Idem, idem.)

User. Il faut user, mais pas abuser. — Faites comprendre cela aux mendiants de toutes les classes qui passent leur vie à harceler ceux qui ont eu la faiblesse de leur rendre un service.

En usez-vous ? — Demande que se croit obligé de faire un bon bourgeois cbaque fois qu'il ouvre sa tabatière devant quelqu'un.

Utile. Joindre Vutile à l'agréable.

« Omne tulit punctum, qui miscuit utile dulci. »

(Horace. Art poétique.)

Pour une femme galante et sensible, c'est avoir à la fois un entreteneur et un amant de cœur.

Vjuncre.

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

(GorneUle. le Cid, acte II, se. i.)

Imitation des Ikmns de Sophocle :

« Ce n'est pas sans travaux qu'on arrive à la gloire. » Et Granval, dans son poème de Cartouche, chant I : « Plus grands sont les périls et plus grande est la gloire. »

Valeur.

u La valeur n'attend pas le nombre des années. »

(Corneille. Le Cid, acte II, se. i.)

Faire des prodiges de valeur. Avoir de bonnes valeurs en portefeuille, — Elles sont toujours bonnes tant qu'on n*a pas besoin de s'en défaire. Mais, le jour où l'on est forcé de les vendre, pourquoi donc sont-elles toujours en baisse ? C'est peut-être une affaire de chance personnelle.

Vallée. Vallée de misère. Vallée de larmes.

« Mon passage sur cette vallée de larmes, qu'on appelle le monde, n'a été marqué que par des infortunes. »

(Arm. Charlemagne. Les Trois B... 4809.) « Remerciez donc la bonté divine, ma fille, qui vous retire si vite de cette vallée de misère. »

(Chateaubriand. Atala.) « Il (Filleron) avait connu tous les maux qui pèsent sur l'humanité, et rien de ce qui vient quelquefois nous consoler dans cette vallée de larmes. »

[Procès de Filleron, défense de M« Ledru.)

Vapeur. Le règne de la vapeur.

« Si Napoléon le"- n'avait pas méconnu la vapeur, l'Angleterre, monsieur, serait une province française. »

{Propos de Chauvin.)

Vapeurs.

« Docteur, qu'a donc ma femme? — Ce n'est rien... des vapeurs. »

Varier. Il faut savoir varier ses plaisirs. — Heureux ceux qui peuvent varier leurs plaisirs 1 il y en a tant qui n'ont que la désolation de varier leurs peines !

Va-t'en. Va-fen voir s'ils viennent ! — C'est le synonyme de : « Le bon billet qu'a Lachâtre », de : « Compte làdessus et bois de l'eau ». Autant dire : « Il n'en est rien, c'est un leurre, quelle bonne plaisanterie! »

Va-fen voir sHls viennent! est le titre et le refrain d'une chanson populaire dont, seul, le refrain a survécu :

« Une fille de quinze ans,

« D'Agnès la pareille,

« Qui pense que les enfants

« Se font par l'oreille .

« Va-t-en voir s'ils viennent, Jean î

« Va-t'en voir s'ils viennent I »

DES LIEUX COMMUNS 32i

Vaudeville. Le Français, né malin, ci*éa le vaudeville,

(Boileau.)

Vbau. Adorateur du veau d'or. — Le veau d*or, un dieu à la portée de toutes les intelligences, un dieu qui se manifeste sous les espèces... sonores, métalliques et ayant cours.

(( Sous ces vastes lambris où Theureuse richesse « Etale ses écrins au milieu des flatteurs, « J'ai vu des courtisans, pour la moindre largesse, « Se faire du veau d'or les vils adorateurs. »

(Audooit. AlbumrAlmanach des Demoiselles, 1848.)

Velours ► Des yeux de velours. Sa chevelure inondait ses épaules comme un riche manteau de velours. Le velours de ses grands yeux.

« Une pâleur mortelle s'étendit sur son visage, faisant ressortir le velours noir de ses grands yeux. »

(A Hattey. La Revanche de Clodion. — France du 13 juin 1878.)

Velouté. Ses joues avaient la fraîcheur et le velouté de la pèche.

Vengeance. Son sang crie vengeance. Vengeance ! vengeance ! on égorge nos frères !

(Le signal de bien des révolutions.

L'heure de la vengeance a sonné. Tremblez et craignez ma vengeance ! — 11 n'y a que les hommes vraiment forts et vraiment supérieurs qui dédaignent la vengeance. Aussi les compte-t-on. — Les femmes savourent leur vengeance, parce qu'au fond de toute vengeance féminine il y a une pointe de coquetterie, et rien ne leur plaît autant que la coquetterie. Enlever un amant à une amie dont elle a à se plaindre, est la vengeance préférée d'une femme. Et quelle femme n'a pas ou ne croit pas avoir à se plaindre d'une amie?

La vengeance céleste.

« N'avez-vous pas cru voir, comme nous, la vengeance céleste peser sur sa tête ? »

[Procès Castaing, 18SS. Réquisitoire de l'av. gén. de Broë.)

« Ceux-là du moins n'avaient immolé qu'une victime, et la vengeance avait armé leur hras. »

[Procès Lelièvre. Réquisitoire de l'av. gén. Y. de Saint- Bonnet.)

« Son sang criera vengeance, et je ne l'aurai pas. »

(Corneille. Le Cid, acte III, se. lu.)

3ti DICTIONNAIRE

La vengeance se mange froide. — C'est-à-dire qu'il est doux de se venger longtemps après l'offense.

La vengeance est le plaisir des dieux. » Ce n'est que pour les dieux qu'est faite la Tengeance. » (Romagnési. Samsonj acte 111, se. m.}

<« C'est le plaisir des dieux et le bonheur des femmes. » (C. Delavigne. Les Comédiens^ acte II, se. t.)

Vbnix. Paroles qui distillent le venin. In caudà venenum. — Combien d'hommes les filles d'Eve n'ont-elles pas, avec raison, comparés à des serpents? 11 est vrai ^e, de leur côté, les fils d'Adam r envoient la comparaison à l'adresse de bien des femmes. Les deux sexes, sous ce rapport, ont également raison tous deux.

Vent.

« Autant en emporte ly vens. »

(Villon.)

Les vents jouent un grand rôle dans VIphigénie en Aulide, de Racine. Les vieux habitués de la Comédie- Française ne peuvent réprimer un sourire à l'audition des deux vers suivants, auxquels on donne une interprétation équivoque :

« Avez-vous, dans les airs, entendu quelque bruit? « Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit? »

(Acte I, se. I.)

Vénus. Prêtresse de Vénus. — Une prêtresse qui rend ses oracles sous un ciel... de lit.

Verdict. Nous attendons avec confiance le 'verdict dujuru.

(Propos d'aTocat)

Dans ces moments-là, l'avocat est certainement plu? à son aise que l'accusé.

Vérité. Pour rendre hommage à la vérité,

« Vous jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité? — Je le jure. »

Il n'y a que la vérité qui fâche. — Le mensonge fâche bien davantajsre. Traitez un honnête homme de voleur, vous verrez s'il rira.

Prendre la vérité pour guide.

« Ici-bas, le seul honneur solide

" C'est de prendre la vérité pour guide. »

(Boilcau. Satire XL)

La vérité toute nue.

« J*ose, j'ose espérer qu'un jour la vérité

« Paraîtra toute nue à la postérité. »

(Corneille. Clitandre, acte IV, se. vii.)

La vérité sort de la bouche de l'innocence.

« On a bien raison de dire que la vérité sort de la bouche des enfants ! »

(Destouches. La Fausse Agnès ^ acte 111, se. ui.)

Vermeil. L'aube vermeille. Les lèvres vermeilles, « Et ces belles lèvres vermeilles ? »

(F. Villon.)

« Sentant son sein pressé par la bouche vermeille « De l'enfant qui s'éveille. »

(C. Delavigne. Danaé, cantate.) « De sa divine main elle me cueillerait, « Et, me cueillant, elle me baiserait M De sa bouche vermeille. »

(Segrais. Eglogues.)

Liqueur vermeille, — Chez les poètes, c'est une rime fatale à treille et à bouteille.

Vernis. Le vernis du monde. Le vernis de la civilisation. — N*est plus qu'un cirage bien terne, à présent.

Versificateur. C'est un versificateur, ce n'est pas un poète. — Un versificateur est à un poète ce qu'un gâte-sauce est à un cordon-bleu. L'un s'adresse à l'esprit, l'autre à Testomae, et tous deux au goût.

Version. Notre version est la seule exacte, la seule conforme à la vérité,

(Prétention des feuilles publiques.)

Vertu. — La vertu n'est souvent qu'une question de position ou de tempérament.

« Voilà ce que je crois, « Et comment la vertu ne perd jamais ses droits. >*

(Fabre d'Eglantine. Le Philinte de Molière, acte III, se yiii.)

Aroms de la vertu, parfum de la vertu, — Il ne porte pas souvent à la tête.

« Je voudrais enfin vous retracer la vie si pure, si pleine de bonnes œuvres et de belles actions de M. Billecoq, mort après avoir fourni une noble carrière, laissant parmi nous un parfum de vertu. »

(Dupin aîné. Conférence de la bibl. des avocats, l" décembre 1829.)

« Non, non; de nos aïeux on a beau faire cas, « La naissance n'est rien où la vertu n'est pas. »

(T. Corneille. Le Festin de Pierre, acte IV, se. v.)

La vertu trouve toujours sa récompense. — Monnaie courante de la phrase d'Euripide :

« Les bons trouvent à la fin le prix de leur vertu, et les méchants le juste châtiment dû à leurs crimes. »

[Les Bacchantes, acte I, se. it.)

C'était également Topinion de saint Augustin, de dvitate Dei :

« Dieu récompense en cette vie les vertus purement humaines. »

C'est aussi l'avis des dramaturges modernes qui ne manquent jamais, à la fin de la pièce, de faire triom-

Fher la vertu et de punir le vice dans la personne de affreux traître.

« Ça veut dire que la vertu est toujours récompensée. » (A. d'Ennery et G. Lemoine. La Grâce de Dieu, acte V, se. IX. 1841.)

Sentier de la vertu,

« Mais lorsque le coupable a eu, dès ses premiers anst pour le guider dans le sentier de la vertu, les exemples elles préceptes de ses proches... »

(Causes criminelles célèb. du xix» siècle, 1828. Procès CastaÎDg.)

« Rien ne peut compromettre,

« Rien ne peut alarmer un cœur honnête et pur « Qui suit de la vertu le sentier toujours sûr. »

(Desforges. Tom Jones, acte II, se. v.) « Faut d'ia vertu, pas trop n'en faut. »

(Monvel. L'Erreur d'un moment, op. com., 1773.)

Vertueux.

« Ici repose M«ne z... Elle fut bonne mère, épouse fidèle et vertueuse, regrettée de sa famille et de ses amis. »

(Modèle d*épitaphe pour femme modèle.) « Quand on fut toujours vertueux, « On aime à voir lever l'aurore. »

A prétendu Dejaure en un distique de son opéracomique de Montano et Stéphanie /dlsiitiue resté fameux, et que manquent rarement de citer les joueurs qui rentrent au point du jour.

Verve. Verve endiablée. — Une verve à laquelle rien ne résiste.

Jamais il ne fut plus en verve. Jamais sa verve n'eut plus d'éclat. — La verve est à la blague ce qu'un dessin humoristique est à une charge.

Vessie. Prendre des vessies pour des lanternes, — C'est le lot, de la moitié du genre humain. De temps en temps, on voit des réjouissances publiques avec accompagnement d'illuminations, qui n'ont d'autre but que de faire prendre des vessies pour des lanternes.

Veuve. Sa veuve inconsolable lui a fait ériger ce monument.

(Modèle d'épitaphe, genre vaniteux.)

Sur le marbre, les veuves sont toujours inconsolables. Dans la vie, ce n'est pas tout à fait la même chose.

Viable. L'expertise a démontré que Venfant était né viable.

(Propos de cour d'assises.)

Vibrer. Savoir faire vibrer la corde sensible, — La corde sensible uar excellence c'est la vanité ; il n'est pas difficile de la faire vibrer.

VicissïTDDE. Avoir connu les vicissitudes de la fortune, — On a beau avoir connu les vicissitudes de la fortune, rien ne s'oublie vite comme le malheur. On ne peut jamais croire qu'on a manqué de tout quand on ne manque plus de rien, et, quand on ne manque plus de rien, on ne s'imagine jamais qu'un jour on pourra manquer de quelque chose.

Victime. Nobk et pure victime. Victime de ses passions. Victime des fureurs populaires. — Dans la vie, on est toujours victime de quelqu'un ou de quelque chose.

Victoire. Enfant chéri de la victoire. Longtemps la victoire lui fut fidèle. Grisé par la victoire. Chanter victmre. Que la victoire marche sous nos drapeaux! La modération, après la victoire, est la plus belle vertu d'un chef d'armée. Voler à la victoire.

« Le voyez-vous comme il (le prince de Condé) vole ou à la victoire ou à la mort ! »

(Bossuet. Oraison, funèbre du prince de Condé, 1687.)

Un jour, Victor Hugo écrivit ceci au poète Charles Bataille qui lui avait envoyé un volume de poésie : « Votre nom devrait être Victoire. » Bataille répondit : c( Victoire, c'est le nom de ma cuisinière. »

ViCTUÂiLLE. Se bourrer de victuaille. — Quelle belle occasion pour un philosophe de placer à la suite un : « tandis qu*il y a tant de gens qui peuvent, à peine, manger du pain sec ! »

Vidangeur. Tout n*est pas rose dans le métier de vidangeur.

Vide. Le vide attire. Le vide de mon cœur. Sa mort laisse un grand vide dans le monde scientifique. — Il n*y a rien comme certaines femmes pour faire le vide dans les

. porte-monnaie, après quoi rien n'effraye plus ces femmes que le vide.

Vie. La vie n'a qu'un temps. Je donnerais ma vie pour elle. La vie future, La vie est semée d'écueils. Mener une vie de saint. Faire le sacrifice de sa vie. Un chien en vie vaut mieux qu'un évéque mort. — Qu'est-ce que la vie? Uu courant électrique qui fonctionne tout le temps qu'il est imprégné de fluide.

« Je ne lui aijpas pardonné, entends-tu bien? J'aurai sa vie ou il aura la mienne. »

(Roland Bauchery et Louis Cordiez. Beavanarehaity acte II,

se. II.)

La vie ne vaut pas la peine qu'on la dispute, « Demeurons immobile, spectateur indifférent d'une existence à demi-passée ; qu'on s'en empare, qu'on la déchire, on n'en prolongera pas la durée 1 Vaut-il la peine de la disputer?»

(Benjamin Constant. Adolphe, ch. yi.)

La vie est une lutte. — On trouve dans le Livre de Job, ch. VII :

« La vie de l'homme sur terre ressemble à un combat. » A quoi u'a-t-on pas comparé la vie ?

« La vie est un néant... le monde est un désert. »

(L. Arnault. Pierre de Porto^ acte V, se a.)

« Notre vie est une lutte continuelle pour atteindre au bonheur. »

(Euripide. Les Suppliantes.)

« La vie est un voyage. »

(Ménandre. Frag. des Fêtes de Vulcain.]

'. « La vie est courte. »

(Ampbis. Fragment de L'Empire des femmes.]

« La vie coule comme un torrent. »

(Sénëque. Bereule furieux, acte II, se. i)

« La vie n'est qu'une tarce et le monde une mauvaise plaisanterie. »

(Traduit des Puppet^Shaws de Swift par Ch. Magnin- Hist. des Marionnettes, 1862.)

La vie est un passage.

« Et si la vie est un passage, « Sur ce passage « Au moins semons des fleurs. »

(Honcrir. Couplets détachés.)

Vieillard. L'illustre vieillard (M. Thiers).

[Style des républicains.)

Le sinistre vieillard (le même M. Thiers).

[Style des bonapartistes.)

Vif-argent. Cet enfant a du vif-argent dans les veines. — C'est souvent la faute du père.

Vilain.

« Le temps des vilains n'est plus. Grâce à notre immortelle Révolution, un homme en vaut un autre, monsieur le comte! w

[Style de théâtre.)

Vin. Le vin est le lait des vieillards. — Un bruit que les vieux ivrognes font courir.

A bon vin pas d'enseigne. — Vieux proverbe à la faveur duquel les cabaretiers ont souvent servi de la piquette. L'habitude de signaler rentrée des cabarets, soit par une branche de sapin, soit par une pomme de pin, date de très loin. L'enseigne des cabarets chez les Romains était une branche de lierre. C'est Publius Syrus qui, le p/emier, a dit dans ses Sentences :

« Au vin qui peut se vendre, la branche de lierre est inutile. »

De là notre dicton : A bon vin pas d'enseigne.

Violence. La violence ne prouve rien. Savoir maîtriser la violence de son caractère. La violence des passions. Savoir

faire violence à ses passions.

Violette. Humble comme la violette. Se cacher comme la violette.

« Elle a pris place au banc des danseuses, elle y a choisi l'endroit le moms en évidence, et là, se cachant parmi sefe compagnes, comme la violette sous l'herbe... »

(V«« d'Ariiocourt. Les Trois Châteaux, ch. m.)

Les violettes de la mort.

(Style des poètes du premier Empire,)

« El l'anffe du départ sur ses lèvres muettes u Répanaait de la mort les pâles violettes. »

(Campenon. Poésiei.)

Violoncelle. S'amuser comme un rat dans un vioUmceUe. « Le violoncelle est un instrument qui porte à l'âme.— Vous avez raison, c'est celui qui se rapproche le plus de la voix humaine. »

Le roi du violoncelle.

Vipère. Elle a une langue de vipère. Je f écraserai comme une vipère.

Visage. Faire bon visage.

« Eh quoi I vous changez de visage ! — Ce n'est rien, la chaleur. —Mais elle se trouve mal; holàl quelqu'un! »

Visible. Madame est-elle visible ? C'est visible à l'œil nu.

Vision. Vision céleste. Être le jouet d'une vision. — Les politiciens de bonne foi sont souvent le jouet de visions qu'ils veulent faire partager à toute une nation.

Vive. Vive l'Empereur ! (4808). Vive le Roi ! (48U). Vive la CharUl (1815). Vive te Bot/ (1830). Vive la Bépubliquel (4848). Vive l'Empereur! (485Î). Vive la République!

Il faut que tout le monde vive. — C'est surtout la pensée des scélérats que le jury vient de condamner à mort pour crime d'homicide. Pensée tardive.

Vivre.

« Nous n'avoDS qu'un temps à vivre, « Amis, passons-le gaiement. »

(Refrain de la chanson Jouissons du temps présent, de Luce de Bonne val.) j

Vœu. Nous faisons des vœux pour son bonheur.

« Je formais des vœux sincères pour le bonheur du peuple, de ma patrie et de mon souverain. » I

(Urne de Genlifl. Les Chevaliers du Cygne, ch. n.)

Combler les vœux. \

« Cet heureux jour comble | ^^| J vœux ;

« Plus de soucis, plus de tristesse, 1

« Livrons-nous tous à l'allégresse, I

« Et célébrons d'aussi doux nœuds. »

(Etienne. Une Heure de mariage, se xxiii. 1804.)

« Oh! je VOUS aime, je vous le jure! et sans cela, croyezmoi, je n'aurais pas obéi au dernier vœu de mon père qui désirait notre union. »

(Paul Foucher et Alboise. La Salpêtrière, acte I, se. ii. 1842.)

Vœu le plus cher, « C'est mon vœu le plus cher, et c'est aussi ma plus douce espérance. »

(Circulaire de Pache, maire de Paris, relativement aux subsistances, 26 août 1793.)

Voguer. Vogue la galère. — C'est une variante du : « sort en est jeté, aleajacta est ».

« Et la groisse cogneuse, poussent hardiment oultre, et vogue la galée, puis que la panse est pleine. »

(Rabelais. Gargantua.)

Voite. Suivre la bonne voie. Les voies de Dieu sont impénétrables,

« mon Dieu I à mon Dieu I que vos voies sont profondes et infinies l »

(Ch. Lafont. JSa Famille Aforonval, acte V, se. it.)

Les voies légales. Poursuivre par toutes les voies légales. — Phrase que fait entendre le créancier qui se tâche.

Voila. Qarçon!,,. et mon bifteck^ — Voilà! monsieur, voilà !

(Ce qu'on entend dans les cafés.)

Voile. Le voile de V anonyme. Déchirer le voile de l'anonyme. Les voiles de la nuit. Le voile de la religion. Soulever un coin du voile qui nous cache ^la nature. Voile de tristesse.

« L'étranger le contemple avec attendrissement, l'interroge et, satisfait de ses réponses, laisse échapper un éclair de joie à travers le voile de tristesse qui couvre son front. »

(De Pongerville. Discours de réception à l'Académie française, 29 juin 4850.)

Déchirer le voile qui cache la vérité.

« Lorsque vous venez de déchirer le voile qui me cachait la vérité. »

(Poujol et Maréchalle. A Minuit, acte II, se. xt.)

Jeter un voile sur le passé.

« Sur le passé jetez un voile épais. »

(Béranger. La Sainte- Alliance.)

Voir. Voyons voir, que je voie un peu!

« Que ressentez-vous, madame? — Des langueurs, des malaises ; il faut vous aire que depuis deux mois je ne vois plus. »

Il est si bête, qu'on lui ferait voir la lune en plein midi. — Cela dépend de quelle lune on entend parler.

Voix. Obéir à la voiœ de Vhonneur. Nous avons rarement entendu une voiœ d'un timbre plus pur et plus sympathique. La voix du sang. C'est la voix du sang qui parle. c( La voix du sang ne parle à Tenfantque jusqu'à Tâge de huit à dix ans. »

(Ducray-Duminil. Petit-Jacques et Georgeite.)

« Fort bien, vous niez la voix du sang, jeune homme. »

{IdeiHt idem.)

La voix de l'innocence.

« La voix de l'innocence serait souvent étouffée, s'il n'existait pas des moyens de comprimer une malveillance malheureusement trop facile. »

{Procès de Contrafatto, 4827. Défense de M» Saunière.)

La voix de la nature.

« Et je démens pour vous la voix de la nature, n

(Corneille. Don Sanche d'Aragon^ acte V, se. y.) « Le désir de briller, l'amour de la parure, (( Font taire dans un cœur la voix de la nature. »

(Etienne. Les Deux Gendres, acte I, k^ i.)

La voix du peuple, c'est la voix de Dieu. — Une vieille, très vieille pensée qui, de nos jours, sert, de devise aux

S artisans du suffrage universel, qui croient encore à )ieu.

« C'est une pensée qu'Hésiode eut, dit-on, le premier, qu'Aristide développa en défendant Périclès, et qu Aristote formula en sentence. »

(Quittard.)

Elle a été consignée dans le Trésor des Sentences de Gab. Meurier, xvi® siècle.

Voix lamentable. — Voix qu'on entend dans les romans genre Anne Radcliffe.

« Nous entendîmes une voix lamentable qui semblait sortir du fond de la grotte. »

Vol. Le commerce est un vol organisé.

(Napoléon !•'.)

« Monsieur le commissaire, je viens me plaindre d'un vol. »

(Ce qu'on entend dans les bureaux des commissaires.)

DES LIELX COMMUNS 331

Volant. Les bons mots se croisaient, renvoyés comme les volants par les raquettes.

Voleur. Les pauvres ne craignent pas les voleurs. « Cantabit vacuus coram latrone viator. »

(Ju^énaL SaU X.)

« Le voyageur sans le sou se moque du voleur. »

Volcan. Danser sur un volcan.

(t Ce n'était plus comme en 1829» lorsque Paris dansait sur un volcan. >»

(J. Abbot. La Princesse Mathilde, Londres, 1866.)

« Nous habitons sur des volcans, nous marchons sur des abîmes. »

(Benjamin Constant. De la Beligion dans ses sources, ses formes et ses développements.)

Les épiciers disent tout simplement : « Où allonsnous? » en levant les main» au ciel.

Mon cœur, comme un volcan, lance des laves d'amour.

(Style romantique.)

Volée. Mes illusions partirent comme une volée d'oiseaux.

(Style de roman.)

Volonté. Les dernières volontés,

tt Et moi» Sire, afin de remplir la dernière volonté de mon père. . . je dois remettre entre les mains de Votre Majesté un coffret d'ivoire. »

(Ad. d'Ennery et Ferd. Dugué. Marie de Mandmy acte IV, se. xiu.)

Voltiger. Voltiger au caprice du vent,

c< Frêles comme la feuille errante dans nos champs, « Us voltigent comme elle au caprice des vents. »

(J.-L. Laya. £pttre à tm jeune cultivateur.)

VouTE. La voûte azurée.

(Style académique.)

La voûte azurée resplendissait d'étoiles. La voûte céleste.

« J'escalade un mur. j'arrive dans un bosquet, je la trouve, et là, sous la voûte céleste, au milieu de la nuit, nous nous jurons un éternel amour. »

(Etienne. Une Heure de mariage^ se. v. 1804.)

La voûte éthérée. — Toujours le ciel, dans le langage des poètes.

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