SCÈNE IV
(Arrive Thomas, velu d'une tunique et d'un manteau de soie , bâton à la main, un bonnet carré sur la tète.) les disciples. Thomas , nous avons vu le Sei-
gneur.
Thomas. Tant que je n'aurai pas vu les trous des
dons sur ses mains, et mis mes doigts sur son côlé,
je ne croirai pas.
[Le Seigneur apparaît , velu d'une robe blanche et d'une etiappe rouge, la tète couronnée de t'amicl et de phylactères , une croix d'or et un étendait dans la main droite, et dans la yauclie, le texte des Evangiles.)
lu seigneur, uu chœur , en entrant. Que la paix soit avec \olls !
le CHOEUR. Soil béni celui qui vient au nom du Seigneur! mais... le Seigneur même est devant nous.
le seigneur. La paix soit avec vous! C'est moi. Soyez sans crainte.
le choeur. Ce jour même est l'œuvre du Seigneur, soyons joyeux et heureux. (Ps. cxvn, 2i.)
le seigneur à Thomas. Thomas, mets ton doigt ici et vois mes mains. (// lui montre ses plaies.) Mets ta main sur les trous. Alléluia! Cesse de douter; sois plein de foi désormais. Alléluia!
tiiomxs touche les cicatrices du Seigneur , puis tombe à ses pieds. 0 mon Seigneur et mon Dieu !
le seigneur. Thomas, tu n'as cru qu'après avoi. vu , heureux ceux qui ne verront pas et croiront. Alléluia! ( Joan. xx , 29.) Tout pouvoir m'est donné dans le ciel et sur la terre. Alléluia! (Mattll. xxviu, 18.) Je ne vous laisserai pas orphelins. Alléluia! [Joan., xiv, 18.) Me voici, je suis venu à vous (lb.), et votre cœur sera réjoui. Alteluia! ( Joan., xvi, 22.) Allez dans tout L'inonde, annoncez l'Evangile à toute créature. Alléluia ! (Marc, xvi, 15.) Celui qui aura ia foi et recevra le baptême, sera sauvé. Alléluia! (Ib., 10.)
Tous les disciples s'approchent et conduisent Jésus au travers du chœur (de l'Eglise) afin que chacun le voie. On chante Saine F esta Oies , etc. (70).
APPARITION (V) DE NOTRE - SEI- GNEUR JÉSUS-CHRIST. — L'apparition a donné lieu en Espagne à un Auto de Pedro Altamira, imprimé à Burgos en 1523. Un
ange ouvre la représentation do ce mystère en en exposant d'avance, dans un prologue assez long, les diverses péripéties. Saint Luc et Cléofas cheminent vers Emmaiis en s'entretenanl do la passion de Jésus-Christ, do sa vie, de sa doctrine, de ses miracles, et du Messie. Le Christ leur apparaît sous la i'ormo d'un pèlerin et prend part à leur
(76) Hvmne de Pâques sur laquelle on peut consulter de Mele.hior Eiillorp, Ordo Romunus , de Martin Gerbert, Monument a vetèrh lilurgiœ ulemamikœ, t. Il, p. 88, deTom Clichton, Ulundator. eccles., et
Li Jus S. Sicotat, p. i.'«i.
dialogue. Etonnés de l'éloquence de cet inconnu, ils l'invitent à venir avec eux. lis le reconnaissent enfin :
cléofas. Bon Jésus, s. luc. Mon bien.
cléofas. Ha j s. ne. Mon maître,
iii oi as. Bon I
s. luc. Mon doux Seigneur.
cléofas. Mon Dieu et ma gloire.
s. luc. Mon bon rédempteur.
cléofas. Mon ferme appui.
s. luc. Mon espérance.
cléofas. 0 douce consolation des désolés.
s. luc. 0 joie des affliges...
(Le Christ les bénit et disparaît.)
ARCHIDIACRE (Miracle de i.'). — Ce mystère, encore inédit, est lire du manuscrit n" 7208, A et B, en deux volumes infolio parvo, de la Bibliothèque impériale, A, troisième moralité, (' 24-34-. Le fragment du texte que nous publions ci-dessous servira a. donner une idée du style, et ap- I ellera, nous l'espérons, de nouveau l'attention du gouvernement et des bibliophiles français, sur le beau recueil de la Bibliothèque impériale, dont la moitié môme n'est pas encore publiée.
Ce mystère date du xiv' siècle.
11 débute ainsi :
(C.y commence un miraclede Nostre-Dame, de l'évesque que t'arcediacre murlrit pour estre évesque apiès sa mort, )