SCÈNE XV
THÉOPHILE, l'ÉVÊQCE, LE PEUPLE.
Théophile à l'évéque. Sire, écoulez-moi, pour l'amour de Dieu! quoi que j'aie fait, je suis ici pour vous apprendre les causes de ma détresse. Je fus pauvre, nu, maigre, glacé. Le diable, assaillant perpétuel de l'homme, fil choir mon àme dans l'abîme de la morl. La dame qui guide ses amis m'a tiré du mauvais chemin, et d'un tel pourvoiement que j'étais attendu en enfer parle diable. Le diable même m'avait fait abandonner Dieu, le l'ère spirituel, cl les œuvres île charité. Il eut de moi une charte sanctionnant tout ce que je viens de dire, scellée à sa requête. J'en fus accablé de repentir,, à en mourir même. La Vierge, mère de Dieu, si bonne, si pure, si éclatante, nie rapporte mon écrit, et je viens vous prier, comme mon père, d'en faire lecture, afin que nul ne soit déçu par ce piège encore ignoré.
l' ÉvÈQi'E, prenant la charte. Ecoulez, pour l'amour lié Dieu, Fils île Marie : gens de bien, vous entendez la vie de Théophile, jouet du démon. Ceci est vrai comme Evangile et mérite un récit. Ecoulez.
« A tous ceux qui verront celte lettre rédigée suivant l'usage, Satan fait savoir que, la fortune ayant tourné naguère, et son évéque n'ayant laissé nul bien à Théophile, celui-ci eu conçut de la colère. Désespéré d'un tel outrage, il s'en vint à Salalin, qui avait la rage au corps, et dit qu'il lui ferait volontiers hommage, si, par sa puissance, il recouvrait son honneur et ses perles. Je l'avais combattu sans relâche durant sa vie sainte, el jamais je n'avais
pris d'avantage sur lui. Aussi, quand il vint mo prier, j'eus grande envie de lui, et connue il se lit mou homme, je lui rendis sa charge. Celle letlro l'ut scellée de l'anneau de son doigt, écrite de son sang, et non d'aucune encre, avant (pie je ne Voulusse m'employer pour lui et que je ne l'eusse fai* rentrer dans ses dignités, t
Ainsi fil ce prud'homme.
La servante de Dieu l'a absolument libéré; la Vierge Marie l'a arraché à son malheur.
Cbanlons ions pour celte nouvelle
Debout donc.
Disons : Te Deum lattdamut.
XIV siècle
Le Jeu du miracle de Théophile. Oi douve dans Da Cange (Glots. inf. Lnt., v Ludus, éd. Hensch. , Paris, Didot, 1 8 '*5 , iii-4°, 6 vol., i. IV, p. 157) cette mention, datée de 138i et tirée d'une ancienne cl'arle : « Comme les habitants de la ville d'Aunay et du pays d'environ eussent entrepris que le dimenche après la Nativité S. Jehan Baptiste, il/ feraient uns Jeux ou commémoration du miracle qui à la requeste de la Vierge Marie fust fait à Théophile ; ouquel jeu avoit un personnage de un qui devoit getter d'un canon »
XVI' siècle.
M. Jubinal, dans son édition des OEuvres de Rutebcuf, t. II, p. 200-357, note B, donne l'indication suivante :
«M. Michelel (du Mans), dans la lettre qu'il voulut bien tn'écrire, m'apprend, mais sans me citer son autorité, qu'un miracle do Théophile fut joué au Mans, sur la place des Jacobins, en l'année 1539. »
THIERRY (Le roi), - Le Roi Thierry est tiré du manuscrit de la Bibliothèque impériale, n°7208. k. B, folio 139, recto, connu sous le nom des Miracles de Notre-Dame, et datant du xiy' siècle.
Ce mystère a été publié , accompagné d'une version française, par MM. Monmerqué et Francisque Michel , dans leur Théâtre français au moyen àcje; P;iris, 1839, gr. in-8*, p. 551-609
PEKSONNAGES.
OSANNE.
ROV TniERRV.
LA MÈRE DC ROY
betiiis, dauioiselle.
renier, charbonnier.
LAC1IARB0.NNIÈRE.
NOTRE-DAME
DIEU
SAINT JEHAN
LE PREMIER ANGE
MICH1EL, deuxième ange.