‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1047 sur 1429 · scène xxviii · texte numérisé non relu

scène xxviii

LE ROI, CHEVALIERS

le premier chevalier. Sire, un peu de calme. L'agitation ne vous avancerait en rien. Dieu, s'il lui plaît, peut nous traiter lous de môme.

le roi. Mes amis, je n'ai pas qu'un sujet d'ennui, non-seulement à cause de ma mère morte si soudainement, sans doute par un juste jugement de Dieu, niais encore à cause de la mort injuste d'Osanne, ma très-chère épouse. Il n'y avait pas d'ici jusqu'à Lausanne une dame plus vertueuse qu'elle : elle jeûnait el ne portait point de l;nge , mais ceignait la corde autant qu'elle le pouvait; elle mettait la paix et la concorde entre les gens, et toujours elle était diligente à repaître et à soutenir les pauvres. J'ai été fou de la mettre à la discréiion de ma mère qui ne l'aima jamais : mainte fois elle l'avait diffamée auprès de moi, et sans doute elle seule, aura causé sa niorl ; ce doul je suis allligé, n'en doutez pas. — Ah, Osanne, ma chère amie! je regrette et regretterai votre mon aillant que je vivrai : c'est bien juste.

le deuxième chevalier. Sire, j'ai tellement hâté les choses que votre mère est couchée dans une bière, là-bas en la chapelle; demain l'on fera son service, et on l'enterrera loul de suite, si vous Voulez.

le roi. Ma foi! je suis si chagrin que cela m'importe peu : qu'elle soil mise en terre, el débarrassez-vous-en bien vile.

le deuxième chevalier. Sire, je ferai de lout mon cœur votre commandement.

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