‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1049 sur 1429 · SCÈNE XXX · texte numérisé non relu

SCÈNE XXX

OSANNE.

osanne. Ah Dieu! comme je tremblel que j'ai jten r de sombrer dans relli' nier prouinde! Faui-il donc que j'y meure, Itien pour conduire ce bateau. El quand même j'aurais quelque cbose, à quoi bon?

par ma foi ! Ali ! ma vie esi bien aventurée. Eli , lemme, pauvre créature ! le monde le fuil avec ions ses liions, la Foi lune le nuit aillant qu'elle peul, la mer se gonfle ion ire loi; il n'esiricn qui ne veuille te nuire. J'aurais grand besoin de pain, hélas! Famine me presse si fini, pour se ventre.- de moi, que je crains qu'il ne me faille manger mes mains par nécessité. Ali, Mère de Pieu, benne Vierge qui èlcs prèle à toute misère, qui secouiez de près ri de loin ceux qui espèrenl en vous, Daine, puisque j'ai confiance, ne m'abandonnez pas entièrement; veuillez, prier pour moi voue doux Fils qu'il nie console; aussi liieu sait-il que je ne sais pas plongée avec justice dans ces maux affreux. Ali! n'ai-je plus que la mort à iillen Ire? Devais-je la recevoir de la main même de la mère de mou mari. Ali, Thierry, bon loi d'Aragon ! combien est loin l'amour que vous aviez pour moi! Votre mère n'est- elle pas assez vengée de moi, depuis que l'on m'a mise par ses ordiesen un danger pareil. Adieu, tous roux que j'ai aimés, nous ne nous voirons plus ; car, certes, je ne sais ni ne vois de quel côté un secours me viendrait, et qui m'arrachera à la mort. Oh ! comme mon cœur esi serré île douleur. {Ici elle se lail un peu.) Eb, beau sire Dieu ! je vois 1 1 terre, où ce bateau va lout droit comme s'il y était attiré. Ali, sire Dieu ! je vous remercie , puisque je suis venue à ce port. Je \eux descendre bien vile d'ici. — Douce Mère de Dieu, en quelle terre suis-je maintenant.? celles, je ne sais. Comment éprouver de la haine pour celle qui m'a trahie ainsi? Ali! je suis ici aussi ébahie qu'une hète, el il n'y a pas à s'en étonner. Mais que Dieu veuille me diriger ! Puisque je suis dans un pays étranger, il faut que je change d'allures comme de position, car si je puis eue chambrière el avoir pour maître un prud'homme, ce sera assez pour ma vie.

Page 1