‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 106 sur 1429 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

l'arceducre.

J'ay moult pris à moy conseillier Pour mettre en Testât ou ie tente El toutefuores point m'entente Du tout avoir c'est d'evesque estre....

Ambitieux , aveugle, jaloux de son évoque que la faveur de Dieu a porté à une si haute dignité , l'archidiacre tend des pièges

(88) M'en allez, me rendre.

aulourdu saint pasteur; la nuit ,sur la porto du moustier où l'évoque u coutume d'aller sur le minuit faire ses dévotions , il suspend adroitement une lourde épée : l'épée tombe, le serviteur de Dieu périt, l'archidiacre triomphe et est élu évoque. Mais ni l'ombre des cieux, ni la subtilité de l'esprit n'ont pu cacher le crime à Notre-Dame, elle décrie :

Mes amis, moult me doy doloir Et auoir grant compassion

De la cruelle passion Qu'a souffert mon servant à tort...

En vain saint Etienne, saint Lnrens , Gabriel , saint Michel, essayent de lu distraire...

Nanil, tant que mo fil m'ara Donné de cette mort vaniance, De mon dueil n'aray alleiance.

Ne chantez point.

Dieu entend et exauce les désirs de Notre-Dame. L'enfer se réjouit et attend sa proie. Le coupable se lamente :

Hélas! hélas! je suis dempnez, Puis que la Vierge m'est contraire.

Qui aux autres est débonnaire!

Las! que pourray-ie devenir?

le voy les ennemis venir, Qui en Enfer nie porteront, Qui sanz lin nie tormenteront!

Ne Dieu n'ara de moy mercy !

le ne puis plus demoùrer cy :

Mourir nie fault.

Les anges chantent un rondel en l'honneur de la Vierge, et la représentation est close.

Celte pièce , très-singulière, rappelle vaguement le Théophile; elle en est une faible et barbare imitation. Dans le temps mémo où l'esprit de recherche s'élève dans le monde , celui d'invention disparaît ; l'homme perd la puissance avec la foi.

ARRIVÉE DE L ÉPOUX ( Mystère de l).

— M. Magnin , dans le Journal des Savante , cahier de janvier 18iG, a, selon bous, distingué, à tort, dans le Mystère des Vierges sages et des Vierges folles du manuscrit de Saint-Martial de Limoges , le prologue du drame, comme un drame particulier, sous le titre de Mystère de l'Arrivée de l époux. ( Voyez ?aint-Maktial de Limoges [manuscrit de 1. Vierges sages et Vierges folles [Les]. ASCENSION (V).— On a indiqué à tort un jeu de l'Ascension, dans le De Reformatione monasteriorwn de Busck, édité par Leibnitz [Scrip. BrunstDÎcens ; Hanovre, 1710, in-f», t. Il, p 500). Le passage de Busck, que nous avons consulté avec soin, n'indique qu'un rite pieux, sans aucune trace d'une représentation figurée, ni même dune scène mimique. L'erreur provient très-probablement de la mauvaise leçon d ti sedti Angélus mal coupé par deux virgules. Il ne s'agit que d'une procession jtvee ses cérémonies ordinaires.

Néanmoins on trouve cette mention dans

Du Gange : « Dans le monastère de Saint- Pierre-d'lsle et dans d'autres églises, on faisait une représentation de l'Ascension ; selon l'Ordinaire de ce couvent. Le célébrant, après avoir goûté du nain et du vin, et après le Répons : Non vos derelinquam, montait sur une sorte de hauteur, comme vers les cieux, et là des enfants de chœur, en costume d'anges, chantaient : Yiri galilœi, » etc. ( Cangii Gloss. , v° Festum [Ascensionis]; élit, de Henschell, Paris, Didot , 1814, t. 111, p. 250, col. 3.)

ASSOMPTION ( Mystère de l' ). — M.

l'abbé de Larue, dans ses Essais historiques sur les bardes , les jongleurs et les trouvères normands et anglo-normands ( Gaen , Mancel, 1834,3 vol., 1. 1", p. 165), a fait mention d'un Mystère de l'Assomption, iouéàBayeux en 135i , et a Coutanees en 1411.

ASSOMPTION (Mïst^re de l'). — On ne connaît point de manuscrit du Mystère de l'Assomption. Ce drame date de la première moitié du xvr siècle. Antoine Duverdier, dans sa Bibliothèque française, p. 105, en donna le titre, que les frères Parfait se contentèrent d'abord de reproduire dans le second volume de leur Histoire du Théâtre français, imprimé en 1735; mais dix ans après, dans le troisième volume de ce même ouvrage, ayant eu, durant ce long espace de temps, l'occasion de consulter un exemplaire de l'Assomption, ils en donnèrent une analyse que nous reproduisons ci-dessous. De Beauchamps (Recherches sur les théâtres, Paris, 1735, in-8% 3 vol., 1. 1", p. 221), et la Bibliothèque du Théâtre français (Dresde, 17(53, l'i-8°, 3 vol., t. I", p. 2), en ont fait mention. On ne connaît qu'une édition de ce mystère, imprimée à Paris, in-lG, à l'Escu de France, enseigne d'Alain Lotriati, qui imprimait vers 1518; c'est un petit volume de ISS pages, contenant environ deux mille cinq cents vers.

Le titre est ainsi conçu :

*^/v" — Mystère de l'Assomption. S'ensuyt l'Assomption de la glorieuse vierge Marie, à 38 personnages , dont les noms s'ensuyvent ci-après (89;.... Cy fmisl le trespassement et Assumplion de la glorieuse vierge Marie par personnages, imprimé nouvellement à Paris, en lit rue Neuve-Nostre-Dame, à l'Escu de France.

« Dieu, exauçant les prières de la sainte Vierge, envoie Gabriel lui annoncer que le temps de son couronnement s'approche.

L ange lui apporte en même temps un rameau de palme, qui doit être porté à sa sépulture. Apres son départ, la sainte Vierne se sent incommodée et se met au lit; pendant que Jes vierges pleurent cette triste séparation, Oien ordonne à ses anges de transporter

(89) S'ensuyvent les noms des personnages de ce présent traicté , et premièrement, Dieu le' Père Jliesus, Marie, Tha.nar , vierge; Dina, vierge,'

H h T?'„VlC';se;,Lucifl!l'' SathaD' Asmodeus, Bel ncn, iiihimlus, Zabnlon . parent de Marie; Manas

Ch;r,fhine:nV d.ft1Mîl'je: Gabriel, Michel, Raphaël, «Lerubin: Une!, Jehan, Pierre, Andry, Jacques le

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