SCÈNE XLVIII
LES MÊMES, LE HÉRAUT d' ARMES.
le roi. Seigneurs, il tant se tenir prêts à défendre le pays contre les Sarrasins qui veulent le conquérir si l'on n'y apporte remède el secours. J'ordonne de faire proclamation par les carrefours que nul ne se dispense de venir sur-le-champ après moi; je pailede ceux qui seront en âge el qui pourront porter les armes. Allez nie chercher loin de suile Pille-Avoine, qui esl chargé de fa ire de ces missions.
le deuxième sergent. Sire, nie voilà en route; je ne m'arrêterai pas que je ne l'amène. Je le vois làbas. — Holà, Pille-Avoine! le roi vous mande d'aller partout crier sur-le-champ que tous ceux qui pourront porter les armes se rendent à l'armée sans retard.
pille-avoine. Sire, je le ferai lout de suile, n'en douiez nullement. — Petits et grands, écoutez : Le roi vous fait savoir que les Sarrasins sonl venus en force sur sa terre : il commande à Ions, faibles cl forts, de marcher immédiatement et sans retard ; car sou intention esl de livrer bataille pour en débarrasser le pays. Et celui qui différera de le suivre après que celle proclamation aura élé faite, sera à la merci du roi : mellez-vous donc tous en mesure sur-le-champ.
le deuxième sergent. Sire, quand il vous plaira, allons-nous-en, la proclamation est l'aile.
le roi. Seigneurs, pour que dans celte occasion Dieu veuille me rendre victorieux à son honneur et à sa gloire, je lui fais le vumi cl la promesse, s'il me donne la victoire, d'aller en pèlerinage au Saint-Sépulcre.
LE PREMIER CHEVALIER. Sire , mettons-nous en
route pour aller, si nous le pouvons, à Valence; car j'ai l'idée que Dieu nous donnera la victoire, el Mêlera complètement les païens.
le roi. s'il plaît à Dieu, nous en viendrons à boni. Holà! allons -nous-cu sans délai, et sans uns effrayer de rien : c'est ce que nous a\ons de mieux à faire.
le deuxième chevalier. Allons, et que Dieu nous conduise dans ce voyage!