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pas èlre aussi bien qu'ils seront ilnns U-nrs chambres. — Cher sire, c'est ici. — En avant, soigneurs, cuirez (nus ici cl menez-vous à lalile.
le premier sergent. Pour être plus agréable au roi , je veux servir.
le deuxième sergent. Moi aussi, cl je veux desservir, quanti il en sera l?mps.
le roi. Tons vous dînerez aujourd'hui à ma table. Uiilà, de l'eau! Holà! Je veux me laveries mains avant de m'asseoir.
le premier sergent. Certainement , sire , vous allez en avoir en abondance.
osanne, sans èlre vue. Beau sire Dieu, miséricorde! comment me tirer de là? quel déguisement prendre? Eli quoi ! le roi d'Aragon lui-même. Je le reconnais très-bien à sa ligure et à sa voix. Celles , je suis iiio le s'il m'envisage. Courons dans ma chambre in'affuhier d'un grand bonnet et me cacher la lèle et la ligure de telle sorte qu'il ne puisse me reconnaître.
le premier sergent. Lavez-vous; sire, que Dieu veuille vous combler de grâces.
le roi. Seigneurs, je veux qu'on fasse venir ici mon hôle cl mou bôlesse pour dîner : il serait ridicule que je ne les eusse pas avec moi. — Pille- Avoine, allons! mets-toi en mesure d'aller les chercher.
pille-avoine. Je ferai tout de suite volre commandement; mais vous n'aurez que la dame.
le roi. Pour |iioi ?
pille-avoine. Parce que c'est une veuve; je vous l'ai dit.
le roi. Peu m'importe; va sans délai, fais-la venir.
riLi.E-A"oiNr. Dame, monseigneur vous prie de dîner il sa table avec lui; venez.
osan.ne. Je viens de déjeuner à l'instant même, et il fuit que je surveille ici. Remerciez-le de ma pari ; je n'irai point.
pille-avoine. Si fait , car, si vous ne veniez pas , il vous en saurait très-mauvais gré ; niais que ce que je vous dis soil secret.
osanne. Sire, j'irai doue, puisqu'il pourrait m'en savoir mauvais gré. Je ne veux pas m'atlirer sa haine : eh bien donc! j'y vais.
LE roi. Allons , mon hôtesse! Je veux que, pour celle Ibis, vous soyez assise devant moi; car, quand e vois nue femme à ma table, j'en suis plus joyeux.
osanne. Sire, je vous prie de vouloir bien me dispenser de m'y asseoir.
LE roi. En vérité , vous serez assise aussi longtemps que nous; ne laites pas de cérémonies. Allons! pensez à manger , et faites bonne mine , dame. Par votre àme! comment vous nommez-vous? dites-le moi.
osanne. Servante, sire, en vérité , attendu que je sers volontiers grands et pelils, libres et serfs; je m'appelle Servante.
le roi. Voilà un noble renom et qui devra de plus en plus vous eue prolilahle. Eli, quoi? daine, Dieu vous protège! pourquoi pleurez-vous?
osanne. Celles , sire , je voudrais mourir quand je me souviens de mon mari , qui est mort : c'est pourquoi j'ai le coeur chagrin, je ne puis nie retenir.
le roi. Dune , je n'en parlerai plus désormais : je vois que vous u'éles pas en joie ; votre chagri i m'affeele, et il ne peut que vous faire du mal. — Allons! apportez-moi de quoi me laver; desservez.
le deuxième sergent. Tout desiiite, cher sire. Ça! tout est prêt : lavez-vous.
le roi. Vous avez bien fait liédir relie eau. Verse, v-ise! Dieu! quelle est bonne! Allons, donnez-en » mon bôlesse. — Lavez-vous, mou bô:esse.
osanne. Sire, bien qu'il n'y ait pas de graisse à mes mains .j'obéirai à votre commandement; mais auparavant je mettrai cei anneau ici devant moi.
le roi. Dame , vous plairait-il de me vendre cet
anneau que je vois ici? M'amie répondez sur-lechamp : si cela vous plaît , je vous rachèterai , et sachez que je vous en donnerai plus qu'il ne vaut.
osanne. Sire , je vous prie, ne veuillez plus le marchander ainsi; car je le garderai pour l'a i our d'un chevalier , qui , en vérité, me l'a douté, sre, et qui est encore dans celle ville. Certes, je ne le vendrai jamais de ma vie.
le roi. Je ne sais pas d'où il lui vint; mais autrefois je le donnai à une dame que j'aimais foi l et qui est passée de ce monde en l'autre Que son àme soil en paradis nourrie de gloire avec les saii Is! car c'était une brave dame : malheureusement ma mère la (il mourir traîtreusement et sans rai on, en lui imputant par haine une action très-honteuse q l't lie n'avait pas commise et en me donnant de faux avis sur son compte. C'est elle qui, je vous le dis lue i, perla neuf mois entiers ces trois lils , et les enfanta tous eu tin 'jour, la bonne et la belle! Certes , quand il me 'souvient d'elle, mon coeur se serre ei se d cure tellement que je suis forcé de pleurer. — Ah , Osanne , irès-chère sœur? ah! mon amie, que de fois je sens pour vous une grande douleur au cœur.
osanne. Ah, sire roi ! je vous défends de pleurer: je ne puis le souffrir. Je veux vous montrer mon visage à découvert , et à vous tous tant que vous êtes. Suis-je Osanne? que vous en semble? dites-le moi.
le roi. Chère amie , puisque je vous vois , je suis délivré de mon aniere douleur. — Mes enfants, voici VOlre mère, elle ne peut être blâmée de personne. Eli Dieu ! elle s'est pàmee d'attendrissement. — Osanne, ma 1res chère amie, je- l'en prie, haisenioi. — Je ne sais si elle m'entend.
le P/REHIER chevalier. Sire, elle ne peut dire un moi, aiitaui.de joie que if attendrissement ; laissez-la par amitié, revenir à elle.
le roi. Je ne puis [dus m'empêcher de la baiser ci de la serrer entre mes bras. — Ma sœur, faiies trêve à votre chagrin cl parlez- moi.
osanne. Ah! mon très-cher seigneurie roi! que j'ai eu sans cause d'à mères peines, et le tout par volre mère , vous le savez.
le roi. Dame, c'est vrai , et vous en avez été tellement vengée que Dieu , qui par ses jugements équitables donne à chacun ce r.u'il mérite , l'a frappée de nioil subite. Son corps devint aussi noir que de l'encre, je vous dis la vérité. Maintenant nous ne nous arrêterons plus ici; unis nous vous emmènerons avec joie en Aragon, noire patrie. Faites prompleinenl venir mes ménestrels pour jouer, et mes clercs pour bien chanter, pendant la roule. Jamais je n'eus une aussi grande joie , personne ne doit en douter.
le deuxième chevalier. Les voici . ils so: t déjà venus. Allons tout droit par ce sentier. — En avant , seigneurs! faites voire métier pour nous ébattre. (Icy les ménestrels jouent, et le jeu s'en va.)
TOMBEAU DE NOTRE-SEIGNEUR (Le).
— Le Hrob Basij, écrit en bohémien, a été publié par Hnnka, dans sonSlarobyla Skladanic, l. 111, p. 82-92, et t. V, p. 198-219, d'après un manuscrit qu'il prétend être du xiii' siècle. Ni l'authenticité, ni la date n'en sont pas certaines; il n'en a point été donné de traduction.
TRÉPASSEMENT DE NOTRE-DAME (Le). — Le Trépas Notre-Dame fut joué en 1501 h Bélhune. (Cf. De Lafons-Méucocq, Extraits de chartes, dans les Met. Itist.., publiés par M. CiîAjiPOLLioN Figeac , t. IV, p. 320 , Coll. drs Doc. iitéd. de illist. de France)
De Beauchamps [Recherches sur les théâtres ; Paris 1735, in-8°, 7 vol., t. 1", 0.225),