‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1079 sur 1429 · S. PIERRE · texte numérisé non relu

S. PIERRE

Dame, je le vueil demander :

Dis-nous pourquoy nous a mandez Si losl venir en la maison?

Dis-nous si c'est pour trayson?

« La sainte Vierge leur dit qu'elle ne craint lien, mais (]u'elle va quitter ce monde.

En ceste nuitz, à la tierce heure.

JÉSCS.

Pnx vobis.

l'aix soil a vous Ions, Ma doulce mère, etc.

« Jésus ordonne aux apôtres d'ensevelir le corps de la Vierge dans un lambeau neuf,

(iôG) Ce mystère, qui n'a jamais paru imprimé, n'a de recommandable que sa rareté: On ignore la daie de sa composition et de sa première représentation , en cas qu'il en ail eu , ce que nous n'oserions assurer. Il est cependant certain qu'il fut composé vers le milieu du xv< siècle. Ce qui nous le prouve, esi que la copie manuscrite qui nous en a été communiquée à la Bibliothèque du Roi , et qui en même lemps est la seule don Ion ait connaissance, est suivic .l'un petit poème écrit de la même main, dont

Dictions, des Mystères,

dès que son âme en sera séparée,

veiller jusqu'au troisième jour.

ct il

MVRIE.

Je le gracie mon Créateur, Père, Kilz, et mon Seigneur, Je requières la benisson.

« L'acteur rend compte auv spectateurs do la mort de la sainte Vierge, dont les anges ont enlevé l'âme, et du miracle qui arrivée un Juif 5 son tombeau. Au bout de trois jours, Jésus survient, emporte son corps au ciel, et bénit les apôtres. Le mystère finit par une prière à la Vierge Marie. »

TRIOMPHE DES NORMANDS (Le). — Duverdier (Bibliothèque françoise, p. 512!, indique l'édition suivante:

Le Triumphc des Normands traictant de l'immaculée Conception Nostre-Dame eserit en rimes par personnages par Guillaume Tasserie. — Imprimé à Rouen, in-octavo,

sans date.

Les frères Parfait (Hist. du théâtre français, Paris, lo vol. in-12, 1735, t. Il, p. 261, et 562, ont répété la note de Duverdier.

En marge de l'exemplaire de leur ouvrage, appartenant à la Bibliothèque Sainte- Geneviève (V, 2250), on lit cette note:

Guillaume Tasserie « a composé aussi beaucoup de ballades; je n'ai jamais pu trouver son mystère que manuscrit, et je ne le crois pas imprimé. En tous cas, je* vais l'éditer. » a. j. — M. Achille Jubinal n'a pas encore rempli cet engagement.

TROIS CLERCS (Les). Les Trois Clercs sont tirés du Manuscrit de Saint Benott-sur- Loirc, où ils forment, sous le titre de Second Miracle de saint Nicolas, la seconde partie de ce précieux recueil.

Le manuscrit date du xm* siècle , et rien n'empêche de croire que les drames qu'il nous a conservés sont antérieurs ; on a pensé, en effet, qu'ils pouvaient être reportés jusqu'au xii" et même jusqu'au xi" siècle.

Nous avons indiqué à l'article Saint-Benoit-slr-Loire [Manuscrit de), les différentes éditions des Miracles de saint Nicolas, dont les Trois Clercs font partie.

L'abbé Lebeuf (Remarques envoyées d'Auxerre, 6 décembre 1720 ; Mercure de France, 1729, décembre, p. 2986) a fait, au sujet de ce drame, quelques réflexions parmi lesquelles nous notons la suivante: « Mol nus, docteur deLouvain, dit-il, est fort embarrassé , dans son Traité des Images , d>> dire pourquoi l'on représente auprès de saint Nicolas une cuvette d'où sortent trois

voici le litre] el la date de l'année qu'il fut composé. € S'ensuit une excellente Méditation des tourmens , lamentations , el complaincies que faist la glorieuse Vierge Marie, des peine-, doleurs, Mort et Passion qtie soiilhisi pour nous Nostre Rédempteur, son très-cher Enfant : composé par uug Charlrem de Paris n'aguéres de temps, c'esi assavoir me CCCCLX et huit. > Ce mystère au reste est in-i° cou-tenant 13 feuillets ou 2ii pages à 23 vers chacune v ct peut avoir environ 500 ver*

9TI IftO

jeunes gens... Mais il semble que Molanus n'aurait pas dû hésiter à dire que la représentation des trois jeunes gens tout nus auprès de ce saint vient de ce que souvent on représentait au public réellement et sur le théAtre l'histoire de la résurrection des trois jeunes gens, qui fut l'aile par le saint prélat. Il était naturel qu'ils figurassent ensuite les choses comme ils les avaient vu représenter sur le théâtre. Les traditions populaires avaient un peu varié lù-dessus, puisqu'on certains pays on disait que c'étaient trois enfants dont les chairs avaient été taillées en morceaux et salées... »

Page 1