LES MÊMES, L'EMPEREUR, CHEVALIERS
deuxième sergent. Sire, que nos dieux , par leur courtoisie, veuillent vous donner lout ce dont vous avez besoin, c'est-à-dire loyal conseil et joie royale, et avec cela vous pourvoir de longue vie!
l'empereur, Fils, j'avais grand désir de vous voir: soyez le bienvenu. Comment avez-vous pu rester si longtemps sans venir ? Je m'en étonne fort, lit comment vous portez-vous?
le fils de l'empereur. Bien, très-cher sire et doux père; je vous remercie de voire demande. — (Ah urgent) Avancé, je veux reclilier ton salut à mon père; car il y a vice et méfait dans ce que tu as d'il.
l'empereur. Beau lils, en quoi a-t-il mal parlé? il a i iès-bien dit, à mon avis. Je veux connaître par 1 :i en quoi il a erré.
le fils de l'empereur. Sire, il a dit dans son discours nos dietix; et c'est une bévue, un mensonge et une bourde. 11 n'y a qu'un Dieu.
L'EMPEREUR. Eh! non pas!... Mais comment donc se nomme, beau fils, ce Dieu dont vous me parlez? Veuille/, me le dire tout de suite
le fils de l'empereur. Mon cher seigneur, n'avezvous pas entendu parler de l'homme saint et juste nui est venu pour un peu de temps dans celle cilé de Rome, homme paisible et sans esprit de clispnle, disciple du vrai Dieu infini, et qui s'appelle Valeniiu? Ni> vous a-l-on pas dii comment il a guéri d'un mal cruel le lils du sage Calon par la puissance et la venu de Jésus-Chrisl Noire-Seigneur, qui dans les cieux a un père suis mère, ol sur la lerre,
une mère sans père ? C'est de lui que nous tenons celle foi, celle croyance et cette loi, qui consistent, à proprement parler, à croire qu'il n'est qu'un seul Dieu, Jésus, Fils de Dieu le Père.
le chevalier. Ce n'est pas une vérité bien claire; car au moins le l'ère devrait être de droit Dieu plutôt que le Fils, s'il élait ainsi qu'il eût en lui cause à devoir èire appelé Dieu.
le f;ls df. l'empereur. Beaux seigneurs, répondez sur-le-champ à celle objection : vous ôles clercs, et ce chevalier n'est que laïque.
premier écolier. Sire, vous avez dit que le Père devrait être appelé Dieu plutôt que le Fils, Supposé qu'il dût èlre Dieu. Pour confondre et anéantir, si je le puis, cel argument, je réponds, sire, qu'il faut qu'il y ail eu d'abord au commencement un principe par qui loules les choses ont été créées et ordonnées en leur place; el quelques anciens sages, docteurs, logiciens el philosophes l'appelèrent premier moment, auteur de lontes créatures; ainsi font vos écritures mêmes, qui le disent pareillement.
le fils de l'empereur. Allendez. C'est vrai, ils ne le nient pas; le philosophe le montre ainsi; mais je veux ici aller plus loin : pourquoi le nommèrent-ils principe, et l'appelérenl-ils premier moment ? c'est que le temps u 'élait pas encore venu pour lui de faire sou apparition cl de demeurer ici-bas sur lerre : c'est pourquoi, quelque recherche qu'ils fissent, ils ne le connurent pas clairement comme nous à celle heure, qui l'appelons une essence en divinité, une majesté. Dans celle unité dont nois parlons, nous établissons une ni ni lé : le Père, le Saint-Esprit el le Fils; cependant ils ne font qu'un Dieu, soyez-en convaincus. Nous niellons de la différence, non quanta l'essence divine, mais quant aux personnes, c'est chose certaine ; Car le Fils, sans en dire davantage, se revêtit de notre humanité pour nous donner gloire dans les cieux : c'est pourquoi nous disons qu'il est homme et Dieu, et que Dieu est homme.
l'empereur. Seigneurs, par les dieux en qui je crois! je ne prise pas mon pouvoir la valeur d'une pomme si je ne fais pas mourir nès-ignominieuseiiient ceux qui tiennent celle loi el la sèment par la cilé. Emprisonnez ces trois individus-ci, el après allez-moi chercher aussi ce Valenlin.
premier sergent. Sire, nous ferons de bon coeur loui ce que vous nous commanderez. — Passes. Vous serez emprisonnés tous trois ensemble.