‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1186 sur 1429 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

MAITRE HENRI, KlyllER, WALES, LE MOINE UAISTRE IIENRIS.

Par foy! dont lo-jou c'on i maint Walet sius qu'il voist empirant.

Or cllà, sus, Walet! passe avant : 1 Je cuit plus sol de li n'i a.

WALÉS.

Sains Acaires que Diex kia.

Donne nie assés de poi piles (785),

(784) Sainl Macaire, disciple de saint Antoine.

(785) Pois piles : pois écrasés, purée. Celte expression, qui semble devoir être prise dans le sens naturel dans le vers 512 du Jeu Adam, a diverses significations chez nos vieux écrivains. On appelait ainsi les farces et les soties à cause du mélange de folies et de choses sérieuses qui s'y rencontrait. Ou donnait aussi ce nom au lieu où ces pièces burlesques étaient représentes, comme dans ce passage des Aventures du baron de Fœnesle, liv. III, chap. 10 : < Nous estions à la comédie aux poids pilez, un Parisien bcstu de biolet se leboit à lotis coups et m'empescboii l,i bué des youurs, > etc. (T. II. p. 51 de l'édition de muCi xxxô 0,i lil aussi dans le Moyen de parvenir, sous le r." xxx, t. I, p. I5»>, de l'édition de

MAITRE HENRI

Par (ma) foi! je suis d'avis alors qu'on 'y mène Walet avant qu'il aille en empirant.

R1QLTER.

Or ça! sus, Walet! passe avant : je crois qu'il n'y a pas plus fou que loi.

WAI Es.

Saint Acaire, donne-moi mon saoul de pois piles, c'est moi qui suis appelé fou. Je suis très-joyeux «!e

1757. c Vous m'avez empêché île faire le comte de madame des Manigances, que vous avez nommée reine des pois piles, parce qu'à la tour elle étoit bien (dus chichement habillée que les autres. » Mcolas Joubcrl, sieur d'Angoulevent, prince des sots, prenait le litre ti'arcliipuêle des pois piles. Un passage d'une lettre de Malherbe à Peiresc, du 21 mars 1607, donne le véritable sens de ce mot, qui s'élail pour ainsi dire perdu comme celui de beaucoup d'expressions populaires : < C'est assez, monsieur ; il faut finir mes fâcheux discours, qui sont plutôt pois piles, c'est-à-dire une purée, un salmigondis. qu'une lettre- > (Lettre de Malherbe à Peiresc; Paris, Biaise, 18-2-2, in-8" p, 2i.) [M. Fr. Michel.]

*2.fi

ada

ADA

Car je sni, voi, 1111 sol clamés; Si su i moult lié que je vous voi, El si l'apori, si cou je croi, Biau nié. .j. bou froumage cras :

Ton mainl/jjian le mengeras ; Aulre fesle ne le sai l'aire.

MVISTRE 1IENRIS.

Walel! foy que dois saint Aeaire!

Que vauroies-lu avoir mis,

Et tu fusses mais à lundis

Si lions meiiestreus cou tes pere ?

WALÉS.

Biau nié, aus^i bon vielere Vauroie ore eslrc comme il lu, Et on m'éust ore pendu, Ou on m'éusl caupé le leste.

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