‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1241 sur 1429 · SCÈNE XV1I · texte numérisé non relu

SCÈNE XV1I

BABION , PECULA , FODIUS , AUTBES DOMESTI- QUES.

babion à Pécula. Lève-loi, ma sœur; fais un suaire pour Fodius mourant. Lève- loi en toute bâte. Fodius expire, il esl mort.

fodius, à part. Eh! un moment de grâce ; cela ne va pas si vile, et je ne suis pas si bas'; si encore aurai-je auparavant deux mois à vous dire, quoiqu'il vous déplaise. Je tirerai la conclusion après vous...

BABION. Debout !

pécula. Qui es-lu?

BABION. Babion.

PÉCULA. Qui, Babion?

bvbio.n. C'est moi ton mari.

PÉCULA., Qui , mon mari|? C'est quelque voleur. Je suis perdue. Au secours! Fodius!

fodius. Et qui esl là ?

PÉCULA. C'esl un voleur.

babion. C'est moi, Babion.

fodius. Non, lu n'est pas Babion, lu es quelque galant et lu laisseras ici sous celle épée tous les os.

baiiion. Arrête, je suis Babion.

fodius. Non pas, c'esl à la lin des fêtes de BaccllUS quej Babion reviendra. Tu es quelque adultère cl tu vas payer ton audace.

— Tarn cilo nos linques. — Dolco vos sero relinqui, Nam modo malo fugam, quaiu inagis arcta pâli.

(«) Fie, doinus et l'ecula; monacbus lit Babio; llete.

Douce eum revoeem non redilurus eat.

0 frater Babio! quantum michi flendns ahibis; llos llelus faciunt gaudia magna michi. (c)

I» Pscula. 'M. B. W.l M. Wright ne lit Tecula au'au vers suivant.

babion. Aie de la lumière et lu,, verras.

fodius. Et quel besoin en ore de lumière? je le sais du fond du cœur : il n'y a ici aucun Babion. Tu né nous échapperas pas, ce n'est pas ainsi que l'on .^e joue de ses servi cors. Tu ne payeras que ton écot.jeneveui pas te faired'autre mal. (17 le frappe.)

babion, blessé. Hélas! hélas! je suis mort.

fodius. C'esl un voleur. Allumez de la lumière! (Feignant félonnement.) 0 douleur! ("est Babion! Et, imbécile, d'où venez-vous ? pauvre sot, quand screz-vons sage '.' Notre ine ne jouera jamais île cithare, notre uœul ne pérorera pas en docteur, et jamais Babioii ne sera raisonnable. Vous êtes bien heureux que nous ne vous ayo s p.s mis a pis.

babion. Et qui frapperail encore, quand il n'y a plus lieu que de gémir?

FODIUS. Pour si peu de chose, gémir! Je suis médecin et docte dans cet art, une blessure si légère sera bientôt guérie.

babion. Il y a de la hardiesse à parler de tout, et c'est ce que, dans ce moment', prouve ce proverbe : • Cilni qui n'a pas le mal, ne saii pas loin ce que souilie le malade. >

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