LI VILAINS
Très mal atrouvelés Soiiés, sire, cou vous avés nos aus pelés! Est-il pour truander très bien alripelés? Alés-vous-en de clii, mauvais vilains puaiis, Car je sai de cherlain que vous estes iruans : Or tost fués-vous-enl, ne soies deluans, Ou vous le comperrés.
LI PELERINS
Trop par estes milans; Or alcndés an peu que j'aie fait mon conte. Or pais, pour Dieu, signeur! Chis clers don je vous
conte En amés et prisiés et honnerés (9i"2) don conte D'Arlois; si vous dirai mont bien de quel aconle : Chieus maistre Adam savoil dis el clians conirou-
ver, Et li quens desirroil un tel home à trouver. Quant acointiés en fu, si li ala rouver Que il léist uns dis pour sou sens esprouver, Maislre Adans, qui en seul très bisn cliiet venir,
(941) Voyez, sur ce nom, le Glossaire de la Chanio» de Roland, p. 181, col. 2, au mot Dcrestant. CJi2) El probablement enrichi aussi : c'est ce que nous donne à penser le passage suivant : Après vi-jou un maistre Adan.
S'asae est passée outre le dao
war.mers,
RllGVUS.
IL PLLLM.N.
Chut ! cbul ! seigneurs, écoulez-moi : j'ai à vous parler... un peu de paiience... j'ai des nouvelles par lesquelles le pire de vous sera amendé! Chut! lotis. Paix! ne m'interrompez pas. Seigneurs , je suis pèlerin, et j'ai fait maint voyage par villes, châteaux, cités, défilés, el j'aurais bien besoin d'avoir du repos, car je n'ai pas irès-hien trouvé ma nourriture partout. 11 y a trente-cinq ans que je ne me suis arrêté, pi j'ai durant ce lemps parcouru bien des lieux et vu bien des saints. J'ai été au Sec-Arbre et jusqu'à Dureslé ; je remercie Dieu qui m'en a donné l'idée et le pouvoir. J'ai été en Famenie, en Syrie et à Tyr; je suis allé dans un pays où l'on est si véridique que l'on y meurt sur l'heure quand on y veut mentir, ce qu'on y voit tous les jours.
le vilain.
Je l'en veux donner le démenti. INous l'écoulons, mais lu nous oflres des vessies pour des lanternes. Vous êtes de ceux qui aiment mieux êlre assis en la taverne que d'aller au moutier.
le pèlerin.
Péché fait qui me frappe, car je suis très-las; j'ai éléà Luserne, en Terre de Labour, en Toscane, en Sicile; je m'en revins par la Pouille où l'on s'enirelint beaucoup d'un clerc net et sublil , gracieux et noble, el qui n'avait son pareil au monde; il fut natif de celte ville; il était appelé ici maître Adam le bossu, et là Adam d'Arras.
le vilain.
Très-mal venu soyez, sire, comme vous avez pelé nos aulx ! Est-il pour gueuser très-bien enlripaillé; Allez-vous- en d'ici, mauvais vilain, car je sais de source certaine que vous n'èles qu'un truand : or fuyez tôt, ne lardez pas, ou vous le paierez.
LE PLLEHI*.
Vous êles trop turbulent; attendez un pen que j'aie Uni mon récit. Or paix, pour (l'amour de) Dieu, seigneur! Ce clerc dont je vous conte était aimé et prisé du comte d'Artois, et je vous dirai bien à quel propos : ce maître Adam savait composer dits et chants, et le comle désirai! trouver un tel homme. Quand il fut en rapport avec lui, il l'alla prier de lui faire un dil pour éprouver son esprit. Maître Adam, qui sut bien venir à bout, en fil un donl on doit très-bien se souvenir; car il esl très-beau à auîr el bon à retenir. Le comle n'aurait pas donné la pièce pour cinq cents livres. A cette heHre maître
De s'en avoir a. i. grain mont. Se l'eme voir de Miraumom Maucious a le remariant, Maisjou n'i lai aparleuaut, \ ni ke doi Diu le père nostre, Ki pour aus die patreaosire.
PEL
rso'nct .sir le theaïre liure.