LE VILAIN
Comment, sire vilain? Gaulelos le Têtu.
LE PÈLERIN
Un peu de patience, bel ami, car on m'a dit bien des fois en parlant de voire ville , qu'en l'honneur du clerc que Dieu a voulu prendre, il me fallait ici dire el apprendre ses dits; et je ne me suis arrête que pour cela ici.
Fuyez! ou vous serez battu, car le diable seul a pu vous donner ce conseil. Je vous ai tantôt trop bien traité, car je ne vous ai pas chagriné, el ces saints ne sont pas enfoncés; ils ont vu maint roi en France.
Hé! vrai Dieu, qui me foui lorl.
CUIOT.
Warnier, as-tu ouï le discours nous dit des bourdes absurdes.
LE 1*1-1 ERIN
envoyez souffrance à tous ceux
de ce paysan ; il
WARNIER
Oui. Donne-lui un soufflet ; je sais bien que c'est îi.' mauvais homme.
GUIOT
Tenez, maintenant allez au logis, el ne venei plus ici, vilain.
ROGAUT.
Qu'est-ce? messire saint Guillain, Warnier, puisset-il vous faire danser! Pourquoi faites-vous s'en aller cet homme qui ne vous fait aucun mal?
Rogaut, il s'en faut de peu que je ne cieve, tant sa parole m'ennuie.
ROGAUT.
Taisez-vous, Warnier, il parle de maître Adam, clerc honorable, gai, large, donneur, plein de loules vertus, el qui doit exciter la pitié de tout le momie, car (il) avait mainte belle grâce, et par- dessus tons (il) savait l'aire de beaux dits, cl élaii parfait chanteur.
WARNIER
Savait il donc encbanler les gens? or prisé-je bien moins son affaire.
ROGAUT.
Nenni, mais (il) savait chansons faire, jeux-partis et motels entés; il en lit en grande abondance, el ballades, je ne sais combien.
la Bibliothèque royale, fonds de Cangé, n« 07, p. TiG" et suivantes,
PEL
PEL
WARMERS.
Je te pri dont que tu m'en cantes Une qui soit auques commune.
ROGAUS.
Volentiers voir; j'ou en sai une Qu'il fist, que je te canterai.
WARMERS.
Or di, et je t'escouierai, Et tous nos estris abatons.
ROGAUS.
Il D'est si bonne vi-an-de que matons (9ii).
Est ceste bonne, Warnier frère, Di?
WARMERS.
Doit-on tele canchon prisier?
• J'en apris ier
L'ne qui en vaut les quarante.
ROGAUS.
Par amours, Warnier, or le cante.
WARMERS.
Volentiers, foi que doi m'amie.
Se je n'i a - - loie, je n'I roie mie
De tel chant se doit-on vanter.
ROGAUS.
Par foi! il l'avient à chanter
Aussi bien qu'il fait lumer l'ours (94.">).
WARMERS.
Mais c'esles vous qui estes l'ours, Uns grans caitis loufé waigne.
ROGAUS.
Par foi! or ai-je grant engaigne (946). De vo grande mélancolie; Je feroie nui mais grant folie Se je m'en sens metoie au vostre.
Biaus preudons, mes consaus vous loe Que chi ne faites plus de noise.
LI PELERINS
Loés-vous dont que je m'en voise?
ROGAUS.
Oïl, voir.
LI PELERINS
El je m'en irai.
Ne plus parole n'i dirai ; Car je n'ai mestier c'on me fiere.
ceios.
Hé, Diex ! je ne mengai puis liercbe, Et s'est jà plus nonne de jour Et si ne puis avoir séjour Si je ne boi, ou dore, ou masque.
Je m'en vois, j'ai faite me lasque , Ne je n'ai chi plus riens que faire.
WA?MEP..
Je te prie donc de m'en chanter une qui soi', quelque peu-commune.
ROGAïT.
Volontiers vraiment; j'en sais une qu'il Et, q-ie je le chanterai.
WARNIER
Or dis, et je l'écouterai, et finissons tous i'.os débats.
ROGAUT.
Il n'est si bonne vi-cn-de que matons (941). Celle-ci est-elle bonne, ami Warnier, dis?
Doit-on priser telle chanson? J'en appris hier
une qui eu \aut les quarante.
ROGAUT.
Pour amour (pour moi), Warnier, maintenant chante-la.