‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1375 sur 1429 · ROBINS. ROBIN · texte numérisé non relu

ROBINS. ROBIN

ï Fiéî Marion, leure leure va; Eh! Marion, leure leure va; je vais à loi, leure

Je vois à loi, leure leure va; S'irons jeuer dou leure leure va, Dou leure leure va.

leure va ; nous irons jouer eure leure va.

du leure leure va, du

ROBINS

Sîarole?

MARIONS

Dont viens-tu?

ROBINS

Par le saint! j'ai desvestu, Pour che qu'i l'ail froil, nien jupel; S ai pris me cote de burel, El si l'aport des pommes : tien.

Robin, je te connue trop bien Au canler, si con tu venoies; El lu ne me reconnissoies?

ROBINS

Si fis au c.ant el as brebis.

Robin, lu ne ses, dons amis, Et si ne le lien mie à mal :

Par clli vint .j. boni à cheval Qui avoit cauchie une moufle, Et porloit aussi c'iin escoufle Seur sen poing; et trop me pn D'amer; mois poi i conquesta, Cm je ne te ferai nul tort.

Dic.tionn. des Mystères.

Robin !

Marion !

D'où viens-tu?

M \RION

ROBIN

Parle saint! j'ai été mon surtout parce qu'il fait froid, el j'ai pris une cotte de bure. Je l'apporte des pommes : liens.

MARION

Robin, je l'avais reconnu au chant, de loin; mais toi tu n'as pas reconnu nia voix?

ROBIN

Si fait, le chant et les brebis.

Robin, doux ami, mais ne va pas penser à mal : tu ne sais pas? il est venu par ici un homme à cheval, ganté d'une moufle. II portait un milan sur son poing; il m'a prié instamment de l'aimer. Mais il n'a guère réussi, car je ne te ferai nul tort.

noB

ROB

IIOBINS.

Marole, lu m'aroies mort; Mais se g'i fusse à tans venus, Ne jou, ne Gantiers li Teslus, Ne Baudons, mes cousins germains, Diable i eussent mis les mains :

Jà n'en fusl partis sans bataille.

MARIONS

Robin, cous amis, ne te caille; Mais or faisons feste de nous.

ROBINS

Serai-je drois, ou à genous "

Yien, si te sie encoste moi; Si mengerons.

ROBINS

Et jou l'otroi; Je serai clii lés ton cosié.

Mais je ne t'ai rien aporlé :

Si ai fait certes grant outrage.

MARIONS

Ne l'en caul, Robin; encore ai-j« Du froumage chi en mon sain, Et une grani pieclie de pain, El des poumes que m'aporlas

ROBINS

Diex'.! que chis froumagcs est cras Ma seur, mengûe.

marions.

El lu aussi.

ï)-j£Bl lu viens boire, si le di ?

Yés-cbi fontaine en .i. poclion.

ROBINS

Diex! qui ore éust du bacon Te laiien, bien venist à point,

MARIONS

Robinet, nous n'en arons point, Car trop haut peut as quieverons.

Faisons de che que nous avons :

Cb'est assés pour le matinée.

ROBINS

Diex ! que jou ai le panf lie lasse De le tboule de l'autre fois!

Di, Robin, loy que tu mi dois, Chuulas-tu? que Diex le te mire1

ROBINS

•J- Vous l'orrés bien dire, bêle Vousl'orrés bien dire.

MARIONS

Di, Robin, veus-tu plus mengier?

ROBINS

Naic, voir

MARIONS

Dont meirai-je arrier Che pain, che froumage en mon sair Dusqu'à jà que nous arons fain.

ROBINS

Ains e met en le panetière.

MARIONS

El vés-li-chi. Hpbin, quelchiere!

Proie et commande, je ferai.

RORINS.

Marole, cl jou «prouverai Se lu mies loiaus amiele,

ROBIN

Marion, lu seras cause de ma mort : car, si je fusse venu à temps, moi ou Gautier le Têtu, ou Baudon, mon cousin-germain, lous les diables s'en seraient mêlés et il ne serait pas parti sans bataille.

MARION

Robin, doux smi, ne f inquiète pas; mais maintenant faisons fêle entre nous.

ROBIN

Serai-je droit ou à genoux

MARION

Viens, cl l'assieds à côté de moi ; nous mangerons.

ROBIN

Je le veux bien; je me mets à côté de toi. Mais je ne l'ai rien apporté : j'ai fait certainement grand'folie.

MARION

Ne l'en inquiète pas, Robin; j'ai encore le fromage en mon sein, le grand morceau de. nain, et les pommes que lu m'apportas.

ROBIN

Dieu! comme ce fromage est gras! Ma sœur, mange.

MARION

Et toi aussi. Si lu veux boire, dis-le : voici uia fontaine dans un poclion.

ROBIN

Dieu ! qui aurait maintenant au lard de ta grand'mère, n'en serait pas fàcbé.

Robinet, nous n'en aurons point, car il est pendu trop haut aux chevrors; servons-nous de ce que nous avons : c'est assez pour la matinée.

t\OBIN.

Dieu ! que j'ai la panse lassée de la cbole de l'autre foisl

MARION

Dis, Robin, par la foi que lu me dois, as-tu joué à la choie? que Dieu l'en récompense!

ROBIN

Vous l'entendrez bien dire, belle, vous l'entendrez bien dire.

MARION

Dis, Robin, veux-tu plus manger

ROBIN

Non, vraiment.

MARION

Donc je remettrai ce pain, ce tromage en mon sein, jusqu'à ce que nous ayons faim.

ROBIN

Mets-le plutôt dans la panetière.

MARION

Elle voici. Robin, quelle chère! prie et commande, !e le ferai.

ROBIN

Marion, je voudrais une preuve que lu es ma bonne amie, car quant à moi, je suis ton ami. Ber-

1485 ROIt NOTICE SUR

Car lu m'as trouvé amiei.

J- Bergeronnele, Douche baisselele, Donnés-le-inoi, vnsire chapelet, Donnés-le-moi, vosire chapeici.

MARIONS

t Robin, vcns lu que je le merlu* Seur Ion cliief par aiiiourelc?

ROBINS

Oïl, et vous serés m'amiete; Vous avérés ma chainliirclle, H'aumosniere et mon fremalei.

Bergeronnele, Douche baisselele, Donnés-le-moi, vosire chapelet.

MARIONS

Volentiers, nieu doue amîel.

Robin, fai-nous .j. poi de leste.

ROBINS

Vcus-tu des bras ou de le teste?

Je le'di que je sai tout faire.

Ne l'as-tu point oï relraire?

MARIONS

f Robin, par l'aine len pere!

Sès-tu bien aler du piel?

ROBINS

•J- Oïl, par l'aine me mère!

Resgarde comme il me siet, Avant et arrière, bêle, Avant et arrière.

ItOB

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