ROBINS. ROBIN
ï Fiéî Marion, leure leure va; Eh! Marion, leure leure va; je vais à loi, leure
Je vois à loi, leure leure va; S'irons jeuer dou leure leure va, Dou leure leure va.
leure va ; nous irons jouer eure leure va.
du leure leure va, du
ROBINS
Sîarole?
MARIONS
Dont viens-tu?
ROBINS
Par le saint! j'ai desvestu, Pour che qu'i l'ail froil, nien jupel; S ai pris me cote de burel, El si l'aport des pommes : tien.
Robin, je te connue trop bien Au canler, si con tu venoies; El lu ne me reconnissoies?
ROBINS
Si fis au c.ant el as brebis.
Robin, lu ne ses, dons amis, Et si ne le lien mie à mal :
Par clli vint .j. boni à cheval Qui avoit cauchie une moufle, Et porloit aussi c'iin escoufle Seur sen poing; et trop me pn D'amer; mois poi i conquesta, Cm je ne te ferai nul tort.
Dic.tionn. des Mystères.
Robin !
Marion !
D'où viens-tu?
M \RION
ROBIN
Parle saint! j'ai été mon surtout parce qu'il fait froid, el j'ai pris une cotte de bure. Je l'apporte des pommes : liens.
MARION
Robin, je l'avais reconnu au chant, de loin; mais toi tu n'as pas reconnu nia voix?
ROBIN
Si fait, le chant et les brebis.
Robin, doux ami, mais ne va pas penser à mal : tu ne sais pas? il est venu par ici un homme à cheval, ganté d'une moufle. II portait un milan sur son poing; il m'a prié instamment de l'aimer. Mais il n'a guère réussi, car je ne te ferai nul tort.
noB
ROB
IIOBINS.
Marole, lu m'aroies mort; Mais se g'i fusse à tans venus, Ne jou, ne Gantiers li Teslus, Ne Baudons, mes cousins germains, Diable i eussent mis les mains :
Jà n'en fusl partis sans bataille.
MARIONS
Robin, cous amis, ne te caille; Mais or faisons feste de nous.
ROBINS
Serai-je drois, ou à genous "
Yien, si te sie encoste moi; Si mengerons.
ROBINS
Et jou l'otroi; Je serai clii lés ton cosié.
Mais je ne t'ai rien aporlé :
Si ai fait certes grant outrage.
MARIONS
Ne l'en caul, Robin; encore ai-j« Du froumage chi en mon sain, Et une grani pieclie de pain, El des poumes que m'aporlas
ROBINS
Diex'.! que chis froumagcs est cras Ma seur, mengûe.
marions.
El lu aussi.
ï)-j£Bl lu viens boire, si le di ?
Yés-cbi fontaine en .i. poclion.
ROBINS
Diex! qui ore éust du bacon Te laiien, bien venist à point,
MARIONS
Robinet, nous n'en arons point, Car trop haut peut as quieverons.
Faisons de che que nous avons :
Cb'est assés pour le matinée.
ROBINS
Diex ! que jou ai le panf lie lasse De le tboule de l'autre fois!
Di, Robin, loy que tu mi dois, Chuulas-tu? que Diex le te mire1
ROBINS
•J- Vous l'orrés bien dire, bêle Vousl'orrés bien dire.
MARIONS
Di, Robin, veus-tu plus mengier?
ROBINS
Naic, voir
MARIONS
Dont meirai-je arrier Che pain, che froumage en mon sair Dusqu'à jà que nous arons fain.
ROBINS
Ains e met en le panetière.
MARIONS
El vés-li-chi. Hpbin, quelchiere!
Proie et commande, je ferai.
RORINS.
Marole, cl jou «prouverai Se lu mies loiaus amiele,
ROBIN
Marion, lu seras cause de ma mort : car, si je fusse venu à temps, moi ou Gautier le Têtu, ou Baudon, mon cousin-germain, lous les diables s'en seraient mêlés et il ne serait pas parti sans bataille.
MARION
Robin, doux smi, ne f inquiète pas; mais maintenant faisons fêle entre nous.
ROBIN
Serai-je droit ou à genoux
MARION
Viens, cl l'assieds à côté de moi ; nous mangerons.
ROBIN
Je le veux bien; je me mets à côté de toi. Mais je ne l'ai rien apporté : j'ai fait certainement grand'folie.
MARION
Ne l'en inquiète pas, Robin; j'ai encore le fromage en mon sein, le grand morceau de. nain, et les pommes que lu m'apportas.
ROBIN
Dieu! comme ce fromage est gras! Ma sœur, mange.
MARION
Et toi aussi. Si lu veux boire, dis-le : voici uia fontaine dans un poclion.
ROBIN
Dieu ! qui aurait maintenant au lard de ta grand'mère, n'en serait pas fàcbé.
Robinet, nous n'en aurons point, car il est pendu trop haut aux chevrors; servons-nous de ce que nous avons : c'est assez pour la matinée.
t\OBIN.
Dieu ! que j'ai la panse lassée de la cbole de l'autre foisl
MARION
Dis, Robin, par la foi que lu me dois, as-tu joué à la choie? que Dieu l'en récompense!
ROBIN
Vous l'entendrez bien dire, belle, vous l'entendrez bien dire.
MARION
Dis, Robin, veux-tu plus manger
ROBIN
Non, vraiment.
MARION
Donc je remettrai ce pain, ce tromage en mon sein, jusqu'à ce que nous ayons faim.
ROBIN
Mets-le plutôt dans la panetière.
MARION
Elle voici. Robin, quelle chère! prie et commande, !e le ferai.
ROBIN
Marion, je voudrais une preuve que lu es ma bonne amie, car quant à moi, je suis ton ami. Ber-
1485 ROIt NOTICE SUR
Car lu m'as trouvé amiei.
J- Bergeronnele, Douche baisselele, Donnés-le-inoi, vnsire chapelet, Donnés-le-moi, vosire chapeici.
MARIONS
t Robin, vcns lu que je le merlu* Seur Ion cliief par aiiiourelc?
ROBINS
Oïl, et vous serés m'amiete; Vous avérés ma chainliirclle, H'aumosniere et mon fremalei.
Bergeronnele, Douche baisselele, Donnés-le-moi, vosire chapelet.
MARIONS
Volentiers, nieu doue amîel.
Robin, fai-nous .j. poi de leste.
ROBINS
Vcus-tu des bras ou de le teste?
Je le'di que je sai tout faire.
Ne l'as-tu point oï relraire?
MARIONS
f Robin, par l'aine len pere!
Sès-tu bien aler du piel?
ROBINS
•J- Oïl, par l'aine me mère!
Resgarde comme il me siet, Avant et arrière, bêle, Avant et arrière.
ItOB