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(Le Prêtre prend Apoiin sur son col, et trestous vont chantant entour.)
« Marcien ofrro de l'encens à l'idole, rt Satan, qui y est renfermé, lui ordonne d'exterminer les Chrétiens.
(Icy commence le mystère de sainetc Barbe, Vierge.)
PREMIÈRE JOURNÉE
« Dioscorus, et la reine son épouse, prêts a entreprendre un pèlerinage au temple de Maliom, ordonnent a deux maçons de construire une forte tour, dans laquelle ils renferme Barbe, leur tille, qui refuse de se marier, et l'y laissent sous la garde de trois filles; pendant que ces filles s'occupent à jouer aux cartes, Barbe, pleine de l'esprit du Seigneur, va trouver un saint ermite, qui l'instruit, et lui confère le baptême. D'un autre côté, Lucifer appelle ses sujets, et leur ordonne de monter sur la terre : ces malins esprits, avant de partir, demandent la malédiction de leur maître.
SECONDE JOURNÉE
(Pause : Second Prologue.)
Jésus, que tous devons prier.
Le Filz de la Vierge Marie, Vueillcz Paradis octroyer A ceste belle compagnie Seigneurs, et daines; je vous prie Séez-vous trestous à vostre aise, Et de sainte Barbe la vie Achèverons, ne vous desplaise, etc.
« Au retour de son pèlerinage , Dioscorus apprend que Barbe a embrassé la religion chrétienne; il veut la percer de son épée. Elle se sauve miraculeusement au travers de la muraille : le père ne pouvant prendre la même route, la cherche fort longtemps, et enfin il découvre sa retraite. Dioscorus lui l'ait endurer divers tourments, ensuite de quoi il la remet entre les mains de Marcien, qui, ayant épuisé les supplices les plus barbares, ordonne à ses tyrans d'aller chercher une femme folle propre à séduire l'esprit de Barbe.
(La femme de joie citante aucune chanson, et le diable est avec elle, elle chante et puis boit.)
« L'empereur, après lui avoir déclaré ses intentions, l'exhorte à le bien seconder. l'empereur.
Il la convient par beau langage Luy tourner trestous le courage A faire fornication.
« D'abord que celte femme parait devant Barbe, la sainte commande au diable qui obsède cette misérable de la quitter. (Notiez que la folle femme doit vuider un diable, et
aura grand peur ladite femme, et se mettra derrière
Barbe.)
« Voyez un horrible monstre qui vous « tenait sous sa puissance, dit Barbe à celte « pauvre femme. » Elle se jette ensuite sur l'esprit malin, et prèle à l'étouffer, elle le force à lui demander grâce. Satan, pour avoir la liberté, promet de ne point tenter ceux qui imploreront son assistance.
(Icy se fait lempeste en Enfer.)
« C'est ici que Marcien perdant patience, renvoie Barbe à son père ; sa vue jette ce barbare dans une fureur excessive.
Haro! Mahom, et quille angoisse!
Fy de Mahom, el son pouvoir.
Haro! je crie à pleine \oix;
.Maudit si.il .Mali el .lupin :
Le Dieu Tarvagant, et Ilutlin,
Et tous ceux de la Synagogue (121).
barbe, l'adressant à sa mère.
Pitié deusses avoir de moy.
A une chienne prend-loi garde Qui a un grand tas de chienneaux, Qui naturellement les garde, Et les préserve de tous maux :
Tu es donc pire qu'une lisse.
« Dioscorus, sans égard pour ses plaintes, lui boute la corde au col, et à peine a-t-ello achevé son In maints tuas, Domine, qu'il la frappe sur le col, et lui enlève la tête. Les anges descendent du paradis pour recevoir son âme; après quoi les dénions s'emparent de ses persécuteurs, et les entraînent aux enfers. Et le mystère finit par la canonisation de sainte Barbe, et les guérisons miraculeuses opérées par son intercession. »
BAUTEUCH (Sainte). - Sainte Bauteuch
est tirée du manuscrit des Miracles de Notre- Dame, conservé à la Bibliothèque impériale, n° 7208, A et B, t. XI, f . 173, n* xxxiv.
Celte pièce appartient donc au xivc siècle.
Elle est intitulée : Cy commence un miracle de Nostre Dame el de sainte Bauteuch, femme du roy Clodovcus, qui, pour la rébellion de ses deux enfans, leur ftst cuire les jambes, dont depuis se reverlirent et devindrent religieux.
Elle a été éditée par M. Ed. Frère, précédée d'une légende de la même sainte, extraite d'un manuscrit de la Bibliothèque du roi, coté 10309, 3, 3, provenant du fonds Cangé, et accompagnée d'un fac-similé de la première page du manuscrit, à la suite de l'Essai sur les énervés de Jumiéges, de M. Langlois (Rouen, éd. Frère, 1838, in-8°, p. 97-237). M. Jubinal avait fourni la copi.i revue par M. Leroux de Lincy. « On ignore Je nom du poète auquel nous devons le miracle de Sainte Bauteuch ou des Enervés ; mais, d'après quelques inductions particulières, tirées de celte composition dramatique, il est évident qu'il écrivait sous Philippe de Valois, c'est-à-dire au milieu du xiv' siècle. »
Les chevaliers du roy Clodovcus lui conseillent de se marier pour avoir lignée, mœurs plus réglées, vie meilleure :
Souvent vit jonne homme en desroy Et pèche trop plus par ooltrage Quant n'a femme par mariage; Et l'ait plus d'inconvéniéns
Que un autres hoins et hors et ens...
Le roi y consent et épouse Baulcueh qu'on
(121) On aperçoit aisément l'assemblage monstrueux des divinités qu'adore Dioscorus, que l'on fait ici idolâtre, mahométan el juif tout ensemble.
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D1CTI0NNAIP.E DES MYSTERES.
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lui amène. 11 lui donne suint Cenès pour aumônier, et met à sa disposition, pour ses aumônes, mille livres, dont la nouvelle reine ordonne ainsi la disposition :
Gênais, vous en départirez Aux Cordeliers et Augustins Aux Carmes et aux Jacobins A un chascun couvent cent livres...
Bientôt le roi est pris de l'ardent désir d'un voyage en terre sainte, la reine le lui conseille ; les barons lut demandent pour régent, qui le duc d'Orléans, qui le duc de Normandie; allusion évidente, selon M. Deville, aux deux (ils de Philippe de Valois, sous le règne duquel fut composé ce miracle. La reine implore le secours de Marie. L'aîné des fils du roi est fuit régent sous la tutelle de sa mère.
Cependant les deux fils de Bauteuch se liguent pour conspirer.
l'alnsné.
Je regarde que nous deux sommes Desoresmais assez grans hommes Pour avoir dominacion, Sans plus estre en subjeccion Ne de femme, ne d'oninie né.
Le roi annonce son retour; néanmoins les deux enfans se rebellionuent :
l'ainSné à sa mère.
Dame ne tieng point que m'onneur Soit que vous plus me gouvernez Puisque je suis roy couronnez, Je renonce à vostre conseil ; Et desoresmais user vueil De ma puissance en tous endroits...
Ils sont résolus à empêcher l'arrivée de leur père.
Bauteuch en est instruite.; c'est par elle que le roi Clodoveus est averti. Les barons du royaume s'interposent, mais en vain, la guerre est sur le point d'éclater. Dieu s'irrite.
BAUTECCH.
Tedi ceux qui ont méfiait Fault qu'ils soient pugniz de fait En ce siècle ou en l'autre, lors Qu'en terre porriront les corps
Ce n'est pas double.
En effet le roi est vainqueur, ses deux fils sont pris, sainte Bauteuch demande contre eux le plus affreux supplice, on leur brûle les jambes. Les deux misérables se repentent seulement alors, demandent à Dieu de finir leurs jours dans un monastère. En effet Dieu même les conduit
. . . . En Normandie En un lieu sauvage et désert . . . Avec l'abbé Phillebert..
BENOIT-SUB-LOIBE(ManuscritdeSaint-).
— Les drames du manuscrit de Saint-Renoît-sur-Loire n'étaient pas inconnus à Du ^.ange, qui en désignait le recueil sous le titre de Liber reprœsenlationum historicarum.
L'abbé Lebeuf, dans le Mercure de France, de décembre 1729 {Remarques enrayes
(TAuxerre, p. 2981-2095), signala le Manuscrit de Saint-Benoit-sur-Loire, comme contenant de très-anciennes pièces en latin. L'une, selon le savant abbé, expliquait une image de saint Nicolas incomprise de Moladus [Traité des images). « Cette pièce, remarquait encore le même savant, est de la mesure de quelques anciennes proses, comme le Langue» tib'us in purgatorio; elle est notée en plain-chant syllabique, et, prise totalement, elle est du premier ton, pour amener naturellement et de suite le cantique Te Deum, qui commence mi-sol-la. On chantait en déclamant et en gesticulant. » En 1735 (Mercure de France, avril 1735, Lettre d'un solitaire, p. G98-708), l'abbé Lebeuf revint sur le même sujet pour noter l'emploi évident et indispensable de quelques machines, mais qui ne demandaient pas une grande subtilité; et enfin il formula en ces termes I opinion que les drames de saint Nicolas devaient composer une tétralogie à la manière antique : « Je ne sçai, au reste, » dit-il, «si ces quatre morceaux détachez n'étoient pas des actes différens de la même tragédie. » Ces diverses observations ont été confirmées et répétées depuis par tous les critiques.
Les Bénédictins (Hist. litlér.de la France. I. MI; Paris, 1746, in-4% Avertissement, p. xlviii) ne firent que citer, d'après l'abbé Lebeuf, le Manuscrit de Saint-Benoit-sur- Loire.
Il l'ut, pendant la Révolution, transporté de I abbaye dans la Bibliothèque d'Oiléans, où il resta oublié jusqu'à ce que, en 1834, M. l'abbé La Bouderie, s'associant M. Monmerqué, parvint à en faire accepter l'édition par la Société des bibliophiles français. Le manuscrit parut donc cette même année, mais imprimé en appendice au Saint Nicolas de Jean Bodel. L'édition, tirée seulement à trente et un exemplaires, nous semble devoir être décrite. De format in-8% elle porte pour titre : Li Jus Saint Nicolai par Jehan Bodel ; fuit h Jus, p. 1-84; et après : Pièces jointes ait Jeu de S. Nicolas, p. 83 87; Mysteria et miracula ud scenam ordinata in rœnobiis olim a monachis reprœsentala ex codice membranaceo xin™1 sœculi, in Aureliancnsi bibliotheca servato, desumpta, p. 87-89; 1° Primum miraculum S. Nicolai, p. 89-101; 2* Secundum..., 101-109; 3" Terlium..., 109-11-9; k-Quarlum..., 1)9 131; Herodes sive Magorum Adoratio, 131-145; Mi/sterium, Sirages Jnnocentium, p . 145-135; Mysterium Résurrections D. N. J. C, p. 155-165; Observations sur le mystère de la Résurrection, p. 165-173: Mysterium ApparitionisD.N.J.C, p. 173-187 ; Mysterium Conversionis B. Pauli, p. 187-195 ; Mysterium Resurrectionis B. Lasari, p. 195-213.
En 1838, M. Wright, en Angleterre, reproduisit l'édition des bibliophiles français: Early Mysteries and ot/ier latin poems ofthe twclfth and thirteenth centuries; Anciens mystères et poèmes latins des xif et xnr siècles; Londres, Nichols, 1838, in-8% de xxvm- 135 pages.
Î01 niE DICTIONNAIRE
M. Mngnin -avait rappelé dans son cours professé a la Faculté îles lettres les drames du manuscrit de Saint -Benoît -sur -Loire (Jouni. général de l'instruction public/., 13 septembre 1835, p. 478). M. 0. Leroy en parla vaguement dans sis /Huiles sur les mystères (Paris, 1837, in-8", p. 31) ; et de même, MM. Jubinal [Myst. inéd. du w siècle), et Chabailles el Dessales (Myst. de. saint Crespin, Avant-Propos, p. ix, noie .');.
Le Manuscrit de Saint- Benoit-sur -Loire appartient au xin' siècle, et les drames qu'il contient ne remontent pas plus haut que le xii".
On les trouve dans ce Dictionnaire, sous les litres suivants, qui diffèrent quelque peu de ceux du manuscrit, mais qui nous étaient imposés par la nécessité du classement des matières :
Les Filles dotées (premier miracle de saint Nicolas). — Voy. Filles dotées.
Les Trois clercs (second miracle de saint Nicolas), — Voy. Trois clebcs.
Le Juif volé (troisième miracle de saint Nicolas). — Voy. Juif volé.
Le Fils de Gélron, (quatrième miracle de saint Nicolas). - Voy. Fils de Gétron.
Uérode, ou l'Adoration des Mages. — Voy.
IIÉKOUE.
Le Massacre des Innocents. — Voy. Innocents.
La Iiésurrcction de J.-C. — Voy. Résur-
RECTION.
L'Apparition de N. S. J.-C. — Voy. Apparition.
La Conversion de saint Paul. — Voy.
Saint Paul.
La Résurrrcclion du béat Lazare. — Voy. Lazare.
BERNARD ( Saint). — Dans une liste fort vague de mystères, où se trouvent de nombreuses indications de légendes, très-difficiles à distinguer des drames, de Bcauchamps a mentionné la Vie de saint Bernard. (Recherches sur les théâtres de France ; Paris, 1735, in-8°, 3 vol., t. 1", p. 228.)
BIEN- AVISÉ et MAL-A VISÉ.— Il n'existe pas de manuscrit du Mystère de Bien-Avisé et de Mal- Avisé.
Ce drame a été imprimé à Paris, par Pierre Le Caron, pour Anthoine Vcrard, libraire, demouranl sur le Pont Notre-Dame, â l'image de S. Jehan l'évangéliste. C'est un in-folio de 55 feuillets, ou 110 pages, à deux colonnes, contenant a peu près huit mille vers.
L'exemplaire communiqué aux frères Parfait par la Bibliothèque du Roy, « est, disentils, sur vélin et enrichi de quelques miniatures. » (Ilist. du Th. Fr., 1. 111, p, 86.)
Ces auteurs attribuent à celte pièce la date de 1475; cette date est toute approximative, niais l'édition indique en elfet les dernières années du xve siècle.
Les personnages sont au nombre de cinquante-sept ; outre le Ciel et l'Enfer, on y trouve ces singuliers acteurs. Contrition, Humilité, Tendresse, Oysiveté, Rébellion, sœur d'O.ysivelé , Patience, Chasteté, Jo règne, Je régnerai, -J'ai règne, Sans-Trône, etc. Dictionn. des Mystères.
DES MYSTERES. E1E 2fiS
Quelques-unes des scènes ont été rapprochées par les frères Parfait de scènes analogues de l'Homme juste et de l'IIomme mondain, du mystère en cinq journées de Sainte Barbe et de celui de la Passion par Jehan Michel. De lieauchamps (Recherches sur les théâtres de France; Paris, 173a, in-8% 3 vol., t. 1er, p. 230), et la Bibliothèque du Théâtre français, attribuée au duc de La Vallière (Dresde, 17CM, in-8", 3 vol. , t. 1", p. 3), en ont fait mention.
Parmi les auleurs modernes , M. Sainte- Beuve (Tableau Itist. et cr. de la p. fr. et du théâtre fr. auxvi' siècle; Paris, 1828, in-8°, t. I", p. 217-234) a cité le Bien-Avisé et Mal- Avisé parmi lès moralités qui, par leur intention religieuse , se rapprochaient des mystères.
L'analyse que nous reproduisons ci-dessous , est celle même qu'ont laissée les frères Parfait, dans leur Histoire du Théâtre français (Paris, 15 vol. in-12, t. II, 1735, p. 113-145.
extrait du mystère de bien-advisé et mal-advisé.
PERSONNAGES
dif.u.
SAINCT MICHEL, ange.
GABRIEL, i(l.
RAPHAËL, id.
URIEL, id.
BIEN-ADVISÉ