LE VENTRE
C'est inoy qui donne aux membres vye, El sans inoy tout membre desvye, Sans moy plaisir ne prend le cœur :
Chef, bras, ïambes mes en vigueur Quanl ie suys remply el noury ; Se ne suys plain, tout est mary...
VIEIL ET DU JEUNE (Le débat du). — On trouve le Débat du Vieil et du Jeune dans les Poésies des xv* et xn' siècles, publiées d'après des éditions gothiques et des manuscrits. (Paris, Silveslre, imprimerie de Crapelet, 1832, gr. in-8", caract. golh.)
Roquefort (Etat, etc. p. 265) et M. 1 abbe Delarue [Essais... p. 189) ont cité une pièce analogue des trouvères anglo-normands, sous le titre de Petil-Plet.
VILLAGEOISE (La). — Les frères Parfait, dans leur Histoire du théâtre français {t. 111, p. 145), ont donné, sous la date de 1536, l'analyse de la Villageoise.
Le litre est ainsi conçu :
D'une pauvre Villageoise, laquelle ajma mieux
avoir lu teste coupée pur son Père, que d'estre violée pur son seigneur : faicte à lu louange et honneur des chastes, et honnestes filles, à quatre personnages (1013).
« Un seigneur de village arrive sur Ib théâtre, accompagné de son valet, et fait entendre à ce dernier qu'il est de complexion amoureuse. Le valet dit qu'il connaît Esglantine, fille du pauvre Crouxmoulu.
LE SEIGNEUR
Son perc est a moy tenu,
C'est ung dos hommes de ma Terre,
Et mon mon subject. Va tosl l'eiiquerre,
Si d'elle on pourroit liner.
Dy luy, s'ellc vient en nia serre,
Qu'après la ferai marier
Si bien, qu'elle pourra porter
Sainliire d'or, robbes fourrées,
El lousiours grant eslat mener.
« Le valet court chez le bonhomme Crouxmoulu, tire en particulier sa fille, et lui dit le sujet de sa commission. Esglantine rejette avec horreur fa proposition, el détend eu valet de se présenter devant elle. Ce dernier, après avoir rendu compte à son maître du mépris qu'on a marqué pour ses présents, retourne encore une fois vers la vertueuse tille, et, voulant l'emmener de force, elle appelle son père, qui jugeant aisément que le seigneur n'a d'autre intention que de déshonorer sa lille, menace le valet do lui décharger sa coignée sur la loto, s'il no se relire. Le valet s'enfuit, et dit au seigneur ce qui vient de se passer. Ce dernier forme sur-le-champ la résolution d'aller lui-même enlever Esglantine, et de maltraiter le père de cette tille
LE SEIGNEUR à SOU Valet.
Tiens, prens ce fer rouge moulu ;' Je porterai mon bram (1044) d'acier; Koy que je doy à saint Richier, Il aura des coups plus de ccnl.j
« Le seigneur et son valet entrent dans la cabane du bonhomme Crouxmoulu.
LE SEIGNEUR
Vilain de rude entendement, Qui le meut d'estre si liardy, D'offcnccr mon commandement .
battu seras présentement :
Tien. (Il frappe le père.)
LE valet se mocquaill de Groux moulu.
Ta coignée n'est pas icy?
LE PERE
Ah! Mon Seigneur, pour Dieu merey.
LE SEIGNEUR
Merey, coquin? Vous y mourrez, De coups aurez le corps noircy.
LE r-ERE.
Mon cher Syrc, vous me tuez.
EsCI.ANTINE.
Ah, mon Seigneur, pour Dieu, luercy.
« Esglantine voyant qu'elle ne peut éviter de suivre le seigneur, se jette à ses pieds
ESGLANTINE.
Seigneur, je vous requiert un don, fout Dieu, qu'il nu soit coulrcdit.
(1015) A Paris, chez Simon Caluarin. De 58 pages. - La Villageoise a élé réimprimée à la lin du
LE btll.1H !-.
Quel don?
ESCLANT1NE.
Eue heure de respit.
LE SEIGNEUR
Cela! el que vous peut-il (aire?
ESGLANTINE.
Je vueil à mon père un petit.
Eu secret couler mon affaire.
LE SEIGNEUR
Point ne vueil vostre gré dentaire,.
Je suis content de l'accorder; Mais gardez devers moy mefl'aire.
« Esglantine se relire dans une chambre avec son père, et le conjure de lui conserver son honneur en lui coupant la tête. Le seigneur écoute cela à la porte.
LE SEIGNEUR
Je suis icy près à rescoute, Mais j'ay de ce que j'oy pitié.
« Quelque répugnance que sente le père à devenir l'homicide de sa tille, il aime cependant mieux commettre ce crime que de la voir déshonorée. Alors le seigneur le voyant prêt d'exécuter la prière de sa filie, ouvre la porte de la chambre et arrête le. coup
ESGLANTINE.
Ah! Mon Seigneur, vous avez tort; Vous rengregez mon desconforl.
J'ay requis en pileux langage Mon père de moy descoller.
Cher Seigneur, vous devez garder Yossubjeciz, par voslre prouesse, Et vous nie voulez me diffamer-, Pour un peu de lolle jeunesse; Parquoy desconforl tant me blesse, Que j'ayme mieux mon teins conclure Maintenant honneur, el sagesse, Qu'eslre addounée à telle ordure.
LE SEIGNEUR
0 vénérable créature, Sur toutes bonnes la régente Je renonce à ma folle cure; Pardonnez-nioy, pucelle génie .
Levez-vous, sus tosl, excellente, En verlu, la source et fontaine, De chasteté la fleur régnante El en vous d'odeur souveraine.
Ma freslc jeunesse humaine
Mais vostre constance certaine M'en fait! avoir compassion.
(Il prent une couronne, on chapeau de peurs, el luy met sur la tète, en disant .)
Or vous aurez pour décoration De chasteté, cette noble couronne.
Sur voslre chef; pour compensation.
Très-haulleinent icy vous en couronne.
le valet aux spectateurs.
Bien va à qui bien s'adonne :
Pttcelleties, regardez-y.
« Lo seigneur assure le père de son amitié, et l'affranchit lui et sa lille de to.i> droits el servitude. Après de grands renii'ïcîments de la part d Esglantine et de so i
xvili' siècle parCaron. — Voy. Collection Cahon. (lui!) Espèce de sabre.
père ,
ADA
le dernier unit
ainsi la moralité :
le père aux spectateurs.
Prenez en gré la simple eslude De ces mou simplement louchez :
La matière est similitude Pour bonnes filles, et sachez Si les molz ne sont bien couchez.
Nous prierons le doux examen, Que nous soyons tous mieux logez En paradis : dites Amen. > VITAL DE BLOIS. — La Notice sur Vital de Blois de l'Histoire littéraire de la France (t. XV, 1820, p. 428) ne lui attribue que le Querolus, ou Aululaire, poëme composé d'aprôs l'ancienne pièce datant du temps de Théodose et d'Honorius, dont l'auteur est resté inconnu. — On a de lui le Geta ou Amphitryon.— Il vécut au xn' siècle.
DAN 1560
YOSACUS ET RHENUS (Dialogue de).
— M. Edelesland Duméril remarque, dans Ermold Niger, le Dialogue de Vosacus et de Rhenus. Assurément il n'y a point là une action dramatique, mais la tendance du moyen âge à tout dramatiser y est fortement marquée. (Cf. Origines latines du théâtre moderne ; Paris, 1849, in-8% p. 3.)
VULCAIN (Le jugement de).— Dans son cours professé à la Faculté des lettres en
1335, M. Magnin signalait le
le Jugement de Vulcain comme une" petite pièce rangée à tort dans les Anthologies parmi les églogAies, et jouée probablement dans les festins par un seul acteur entre les v* et vu' siècles. (Cf. Journ. gén. de l'Instr. publ., 1835, 15 mars, p. 178.)
ADDITIONS ET CORRECTIONS