FOLIE
Je le monslreray le chemin.
Certes aussi droit comme jonc.
« Mais luy dit Mal-Auvise, ne jugeriez- « vous pas à propos de prendre un troisième « avec nous? Il me semble que nous en « aurons plus de plaisir? — Votre pensée « me paraît juste, répond Folie, etj'apper- « cois, eonlinue-t-elle, en lui montrant Ho- « quélerie une personne qui est nostre fait. »
{Adonc Folie , Hoquélerie , et Mal-Advisé s'en vont à la Taverne.)
« Houlene, qui est la maîtresse de ce lieu, vient leur demander ce qu'ils souhaitent. « Faites-nous apporter ce qu'il y a de plus « exquis, répond Folie, et ne vous etnbar- « rassez pas du payement, nous y satisfe- « rons. » fioul en e leur donne tout ce qu'ils demandent ; Mal-Advisé mange beaucoup, et boit de même, aussi bien que sa compagnie. A la (in du repas, Hoquélerie propose de jouer pour se désennuyer; Folie et Mal-Ad-
S MYSTERES. BIE tOft
visé y consentent avec plaisir. Ce dernier joue avec un si grand malheur, qu'il perd, non-seulement l'argent qu'il a sur lui, niais encore beaucoup d'autre, sur sa parole; et ne la pouvant acquitter, ses camarades se jettent sur lui, lui arrachent ses habits, et l'assomment de coups.
{Adonc le baient, et luu déspoultent sa Robe.) « Mal-Advisé honteux de se trouver en cet équipage, s'enfuit, et se va cacher dans un coin. »
SECTION m.
« Bien-Advisé, qui voit le malheur de son compagnon, remercie Dieu do lui avoir inspiré la voie de son salut, et s'abandonne entièrement à l'Humilité, qui, profitant do ce moment favorable, le conduit à Confession. Cette dernière, après l'avoir instruit do la façon dont il doit se préparer, lé confesse, et l'absout. Ensuite elle lui dit, que pour arriver au logis de Bonne-Fin, il doit passer par un chemin (qu'elle lui montre) et qu'en le suivant il trouvera plusieurs femmes qui l'y conduiront. Bien-Advisé chagrin de n'avoir vu encore aucun houimo pendant son voyage, s'écrie :
BIEN-ADVISÉ
Saincte Marie ! et tousiours femmes!
emmes à dextre, et n seneslre!
eau très-doulx Dieu! et que peut-être?
ncques ne vis telles merveilles ; Je ne sçay se je dors ou veilles ; Je ne sçay se c'est songe ou faintie (120) Sui-je au pays de Fenunenie?
« Ne crains rnen, dit Confession ; suis « seulement cette baye. »
{Adonc Bien-Advisé se départ de Confession , et s'en va vers cette haye : Et auprès de cette haye, il trouve Occupacion, laquelle est habillée simplement , faisant des nates.)
« Occupation donne quelques conseils h Bien-Advisé, et lui montre le lieu qu'habile Pénitence qu'il cherche.
{Adonc Bien-Advisé s'en va d'avec Occupacion, et s'en va auprès de Pénitence , qui lient les verges de discipline.)
« Ce spectacle remplit de crainte notre voyageur; sa frayeur redouble lorsque Pénitence lui dit d'un ton lerrible, qu'il faut qu'il soit fouetté. Bien-Advisé semble alors se repentir d'avoir pris ce chemin ; mais comme il n'est plus temps, il prend le parti de faire ses très-humbles remontrances.
BIEN-ADVISÉ
Hélas! et que t'aige meffait?
Saincte Marie ! et que dis-lu?
Je le supplie, change ta colle (130).
Ces verges fussent mieulx séans Certes à ung Maistre d'Escolle, Pour lien chaslier ses enfans.
Tu deveriez avoir honte De battre ung homme parfait.
cinq doigts de long : et depuis on lit des pantoufles si larges par devant, qu'elles excellaient la mesure d'un bon pied, comme témoigne Guillaume Paradin. Borel dit que ea mot signifie à la polonaise , parce
que la Pologne s'appelait autrefois poulaine {Dictionnaire de Trévoux.)
(Iw2!)) Enchantement.
(130) Colère.