SCÈNE V
RENIER, GEOFFROY, LIÉNARD, pauvres ; \ITRES PAUVRES BURGUNDES.
(A la porte de l'église.)
le troisième pauvre. Je né sais si je vais trop lard à l'église : peut-être Clotilde, celle belle créature, a-t-elle fait sa distribution; il me faut hâter le pas. Eh ! je crois qu'elle n'est pas en ore partie, puisque je vois Renier et Geoffrov debout là-has. J'espère qu'ils l'attendent ; ils tendent les mains; en voilà qui ne se font jamais faute de prendre. — Seigneurs, je viens me ranger près de vous. Ditesmoi la vérité, s'il vous plaît : Clotilde a-t-elle fait sa distribution? Dieu vous garde!
le premier pauvre. Neniii , nous l'attendons , Liénard; vous arrivez à temps.
le troisième paivre. Que Dieu vous soit miséricordieux et doux, et qu'il vous donne du bien!
le deuxième pauvre. Mets-toi en rang comme uous ; viens ici, ami Liénard.
le troisième pacvre. Volontiers. Çà ! me voici en place. Avez-vous maille ou dénier? Dieu vous protège! dites-le-moi, Renier.
le deuxième pauvre. Ma foi! Liénard, d'aujourd'hui, je n'ai pas ombre de monnaie.
le premier pauvre. Ni moi non plus , Dieu me garde ! on ne m'a rien donné.
le troisième pauvre. Eh ! depuis que noussomnies nés, grâce à Dieu, n'avons-nous pas vécu, tant bien que mal, jusqu'à présent? Eh bien ! Dieu y pourvoira encore : restons eu paix.