SCÈNE XVIII
AURÉLIEN, clovis £n Gaule.)
aurélien. Mon cher seigneur, la grâce et l'amour de tous nos dieux soient assez sur vous pour que le monde entier vous fasse honneur en vous confessant pour son roi !
clovis. Ami Aurélien, advienne que pourra, je ne puis pas devenir roi de tout le monde ni en être le seigneur : laissons cela; veuillez me dire, puisque vous venez de Bourgogne, comment vous avez fait mes affaires. Parlez.
aurélien. Volontiers, cher sire, ma foi ! Je me suis introduit auprès de Clotilde sous un déguisement de mendiant, je l'ai longuement entretenue, et lui ai laissé le don de l'anneau et des vêtements de prix. Or, sire, elle a tout accepté; niais sa réponse, dont il faut que je vous fasse part, ne peut être repétée que tout bas. Elle m'a dit qu'il n'est pas permis (bien que ce soit chose possible), oui, qu'il n'est pas permis à une chrétienne de se fourvoyer jusqu'à épouser un païen , et, néanmoins, elle a ajouté qu'elle fera ce que voudra son oncle, qui est un homme d'une grande valeur. En outre, sire, la bonne et la belle vous salue mille fois ; el certainement je crois qu'elle vous chérit fort.
clovis. Aurélien, c'est en dire assez. Pour le moment, silence. Asseyons-nous ici • je vais aviser.