‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 199 sur 1429 · SCÈNE XXIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XXIV

LES MÊMES, LE ROI GONDEBAUT, SES CON- SEILLERS, ytier, conseiller, sergents.

aurélien. Sire roi , que Mahomet, que vous avez servi comme Dieu , vous accorde d'avoir mérité son amour !

le roi gondebaut. Sois le bienvenu. Fais-moi savoir qui tu es, de quel pays, et ce que tu viens chercher ici; ne nie mens pas.

aurélien. Je vous le dirai, Sire : Clovis, le roi de France, roi très-puissant, vous demande de bonne grâce en mariage Clotilde, votre nièce.

gondebaut. Seigneurs, Dieu vous garde de mal! considérez l'intention de Clovis. Mais en quel propos demande-t-il en mariage ma nièce, qu'il ne connut jamais de sa vie? Il a envie de nous courir sus, ce n'est rien autre chose, et loi, lu es venu espionner le pays sous ce prétexte. Je ne sais trop quel homme il est, mais va-t'en et dis-lui que tout ceci n'est, à mon sens , que frivolités et que fourberies.

aurélien. Sire, je dois le répéter : mon cher seigneur, le roi Clovis vous demande par ma bouche en quel lieu il peut épouser Clotilde; et si vous refusez, je vous dis de sa part que bientôt vous l'aurez ici, lui et son armée, pour vous combattre.

gondebaut. Qu'il vienne, je lui résisterai et je vengerai le sang de ceux qui sont tombés sous lui. Son cœur est à tort rempli d'un immense orgueil.

le premier conseiller de gondebaut. Cher sire , je voudrais dire un mot. — Mais, seigneurs, retirezvous un peu jusque là derrière. — S'il vous plaît , écoutez-moi : informez-vous auprès de vos ministres , auprès de vos chambellans , si Clovis n'aurait pas envoyé quelques dons, récemment ou autrefois, par quelques députés, pour trouver l'occasion de mettre à exécution ses desseins contre vous , qui sont de faire de vous son sujet, et de soumettre votre royaume. Tel est mon avis. '

le deuxième conseiller. Eh quoi, l'ignorez-vous, sire? quand Clovis s'irrite, il devient furieux, je puis le dire, comme un lion excité; et il n'est nul homme qui ne le redoute.

gondebaut. Ytier, approche et écoute. Tu es depuis longtemps à moi. Saurais-tu, dis-moi la vérité, que Clovis m'ait envoyé quelque présent? Si tu nie mens, il est en vie : je saurai tout de lui.

le chambellan. Mon cher seigneur, je vous dirai la vérité au sujet de ce vous me demandez, puisque tel est votre ordre. Je vous jure, par mon dieu Mahomet, que je n'ai jamais été nulle part où Clovis vous ait envoyé ou donné quelque chose de la valeur d'un pauvre hareng; et voici déjà plus de vingt ans que, par votre grâce, je suis votre chambellan.

gondebaut. Beaux seigneurs , sachez sans retard si dans mes trésors il y aurait quelque chose du bien de Clovis qui y ait été mis d'une manière quelconque, et rapportez-moi les résultats de votre enquête.

le premier conseiller. Cher sire , vous serez obéi. — Allons-nous-en faire sa volonté; nous ne pouvons y perdre, au contraire.

le chambellan. Vous dites vrai , par tous nos dieux ! Allons-nous-en d'abord regarder tous ensemble au trésor là-derrière.

le deuxième conseiller. Allons, c'est le meilleur parti. (Ils sortent.)

le premier sergent. Mon cher seigneur, vous êtes plongé dans des réflexions fort tristes, à ce qu'il me parait, depuis que vous êtes assis là, cher sire.

gondebaut. Je pense à ce que j'ai oui dire, que Clovis veut venir sur moi; mais, s'il vient , le mal sera pour lui; c'est moi qui te le dis.

CLO

DICTIONNAIRE DES MYSTEItES.

CLO

le deuxième sergent. Non, mon cher seigneur, il n'y viendra pas; n'ayez crainte , et s'il venait, écoutez : il ne l'emportera pas. Car vous aurez tant de barons et de soldats allemands et bourguignons , que, à mon avis , il sera enchanté de pouvoir s'en retourner sain et sauf.

GONDEBAUT. Par Mahomet! tu dis la vérité. N'en parlons plus.

LE premier CONSEILLER. Cher sire , nous voici de retour. Nous venons de fouiller votre trésor : et nous y avons trouvé un anneau d'or où est écrit le nom de Clovis, où son corps est représenté et où son visage est bien sculpté; cet anneau , le voici : regardez, sire.

gqndcbaut. Ah! que dire? je suppose , en vérité, que ma nièce l'y a mis; que faire? la mander ici devant nous, et savoir si elle a mis ou non cet anneau au lieu où vous l'avez pris.

LE CHAMBELLAN. Mon cher seigneur, vous avez bien dit : ainsi soit fait.

gondëbaut. Va me la chercher , va; dis que je la mande.

le i-ni mu i-. sergent. J'y vais

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