‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 208 sur 1429 · CLOVIS, CLOTILDE · texte numérisé non relu

CLOVIS, CLOTILDE

clotilde. Mon cher seigneur, à l'avenir, je ne suis plus que votre servante. Mais , cher sire, je vous prie en ce moment , de m'octroyer un don , d entendre ma demande et d'être assez gracieux pour me l'accorder , avant que je vous serve comme une femme est tenue de le faire envers son mari sans commettre le mal, à son plaisir. , , . . .

clovis. Demandez , Clotilde : je le ferai sans lie-

si ter

CLOTiiDF.. Sire, je vous exposerai donc ma renuête : ce n'est point de l'or que je souhaite mais en premier lieu je vous prie de croire en Dieu le Père qui règne sans fin au ciel dans la gloire , qui vous créa, qui lit tout et qui jamais ne commit le mal. \pres, Sire, ne laissez pas Jesus-Christ ; mais confessez-le pour vrai Dieu, fils de Dieu le Père, qui voulut naître ici-bas d'une vierge, qui y fut envoyé du Père pour nous ramener à Dieu , et qui nous a, c'est chose véritable, rachetés par sa sainte mort. En outre, je vous prie de croire aussi au Saint- Esprit, qui illumine tous les justes et les oonhrnie dans là grâce divine; et que ces tro,s , le Père . e Fils et le Saint-Esprit, ayez-en la foi, sont une sale personne suprême, une seule essence une divirul •. «ne puissance éternelle. Voila ce f ^ cro r, fermement ; délaissez vos idoles et cessez ^ ! >

CLO

DICTIONNAIUE DES M .'STERES.

adorer, car ce soin des choses vaines cl trompeuses ; mais , Sire , faites rétablir les saintes églises que vous avez brûlées el abattues, et soyez lils et membre de Dieu. Km second lieu, je vous prie de demander ma pari légale de la succession de nus père et

mère, tombés sous les coups cruels de mon oncle ,

c|ui se rendit coupable au point de tuer mon peu' et de noyer ma mère pour avoir le royaume <lc Bourgogne; je vous dis vrai. Dieu veuille que je voie l'heure OÙ j ! serai vengée de leur mort , el cela bientôt !

CLOvts. Clotilde , soyez attentive à ma réponse. Votre première demande est une chose trop difficile à l'aire, et quoique j'adore votre Dieu comme chrétien, je ne puis rien. La seconde, an contraire, sera exécutée. Oui, je vous vengerai bientôt de Gondebaut, et je vous le mènerai si bien, qu'il viendra demander merci, qu'il le veuille ou non.

CLOTILDE. Auparavant je vous prie, cher sire , de l'aire ce que je vous conseille : renoncez à vos idoles el veuille/, croire en Dieu et l'aimer; c'est lui qui lit le ciel , l'air, la terre et la mer, les femmes et les hommes.

clovis. Je ne fais pas plus de cas de ce que vous me dites que de deux pommes.

SCuNE XXXV.

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