‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 22 sur 1429 · LA VOISINE · texte numérisé non relu

LA VOISINE

Vous avez tort, Rien n'a faicl qu'à autre n'advienne.

« h'évéque païen de Babylone, apprenant avec chagrin les miracles opérés journellement par les deux apôtres, vient avec main forte, et les entraîne au temple du Soleil et de la Lune pour les obliger à les adorer.

(Icy leur monstre nng Temple, oii il y aura deux

Chario s, t'ung tiré à clievaulx, et l'autre à bœufs;

(50) On ne sera peut-être pas fiché d'apprendre la généalogie d'un homme qui joue un assez grand rôle dans ce poème, et dont nous avions souvent occasion de parler dans la suite. Voici de quelle façon il la raconte lui-même un peu plus haut.

Je suis Daru, Bon pendeur, et bon eseorcheur, Kieo bruslant homme, bon tr nclieur De lesles, pour b iller es fours :

Trayner, battre par quareloun Ne double que meilleur s'appere.

J.e Sire granl de mm grant père Fui pendu d'un joly cordeau :

Ma gram'inere fut au

S'esjjallant, et inenantgrant chère ; La superlative sorcière, Doni on oiiyt jamais parler, Pour petits enfans eslrangler.

Mou père fut lout vif bruslé, Kl mou frère fut décollé, El eDfooy son Glz aisné :

Eu lerrela fosse luy fis, El sur le venlre loy saillv.

Mon autre frère fut bouiïlj

et dessus ung Soleil, et sur l'autre une Lune; et dessoubz lesdietz Chariots ung Ethiopien noir et terrible, et derrière deux furieux.)

« Ces deux furieux se retirent à la vue des apôtres, qui ordonnent ensuite aux Ethiopiens de briser les idoles et les chars sur lesquels elles sont posées. Ces deux malins esprits obéissent, et Vétéque, voyant ses dieux en cendre, se jette avec fureur sur saint Simon et son compagnon, et Jeur ôte la vie.

« Cependant Daru, qui est le bourreau banal de ce mystère (50), vient avertir le prince Astragès que saint Barthélémy a converti à la foi chrétienne le roi Polonius son frère; Astragès est charmé lorsqu'il apprend que Polonius s'est rendu ermite et lui a abandonné sa couronne, il demande h Daru comment et où il a appris cette nouvelle.

ASTRAGÈS.

Maulgré Appollo, qui es-tu '!

Qui ainsi me dis en commun?

DARU

Par ma foy, Sire, je suis un Gentil-homme de basse;main (51) Mon frère fut cousin germain A l'oncle du nepveu au frète De la fille à la seur du père De la mère de mon ayelle; El la mienne portoil la voille, Pour mieux la dame contrefaire.

« 11 ajoute qu'il est bourreau. Astragès, pour essayer ce qu'il sait faire, lui ordonne d'aller arrêter saint Barthélémy, à qui il propose ensuite de renoncer à la foi qu'il professe. Le généreux apôtre (£2) répond, sans s'effrayer, que les tourments les plus terribles ne peuvent l'ébranler; sa constance irrite le tyran, qui commande à Daru de le fouetter de toutes ses forces

DARU

Ça, maistre, çà, Et zif, et zef, et zof, et zaf, Et zif, et zof, et zef, et zaf; Et croq, et craq, et maille, et cherge (53) « Astragès, voyant que saint Barthélémy se lit de ce tourraert, ordonne qu'on l'écorche, et enfin lui fait trancher la tète.

Pour ouvrer de faulse monnove, Et pour ce cas-la je venoye Assavoir s'ou avoit méfier Du meilleur minisire au mestipr, etc

(51) Daru dit encore, liv. vu, p. 112, de l'édition d'Alabat.

Je suis genlil homme,

Je dy gentil de basse main.

(52) Au mystère xv de la première journée de la Passion, saint Barthélémy, avant d'être appelé à l'apostolat, est habillé en fils de roi, c'est-à-dire en prince du sang royal. L'auteur des dixains qus l'on lit à la tète du mystère des Actes des apôtres nous en donne une raison, appuyée'selon toutes les apparences, sur les deux mots dont le nom de cet apôtre est composé, Bar qui en hébreu signifie fils, et l'talémée. Il n'en fallait pas davantage à nos anciens pour former une généalogie. Voici 'les trois premiers vers de ce dixaiu de saint Barthélémy.

Extrait du sang royal de Piolémée Du roy ce este à la cour mieulx aymée H-rlholemy me faisanl appeler, elc.

Oi Imitation du bruit des fouets.

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