CLOVIS, CLOTILDE, ISABELLE, SEIGNEURS
clovis. Dame , je viens apprendre ici en vous voyant comment vos couches se sont passées , quel enfant vous avez eu, et si, dame, il est taillé et animé pour vivre.
clotilde. Cher sire, je suis troublée; sur mon àme! tout ce que je sais bien, c'est que j'ai eu un fils (je vous le jure, sire), qui a été baptisé, el auquel on a donné le nom de Clodomire.
clovis. Dame , de grâce , que je le voie , sans en dire davantage.
clotilde. "Volontiers, cher sire, par mon àme! — Isabelle, allez tout de suite le chercher, et apportez-le bien vite ici enimaillotté.
la demoiselle. J'y vais , ma daine, en vérité. — Le voici, Monseigneur, regardez. Par ma foi! regardez-le bien, il vous ressemble.
clovis. Je vous dirai mon sentiment, qui est que je le vois fort malade; il n'en peut ètie autrement, puisqu'il a reçu le baplême au nom de votre Dieu. J'ai peurqu'il ne s'en aille tout droit à la mort, comme fit son frère, sans ressource; je vous dis vrai.
clotilde. 11 peut bien avoir une maladie ; mais, s'il plaît à Dieu , il ne mourra pas. Je crois , sire , qu'il guérira; j'en suis persuadée.
clovis. Mis ainsi, comme le premier, en la puissance de votre Dieu par le baptême que vous lui avez donné, il ne peut éviter de le payer par sa mort, de même que son frère. Càrdez-le-bieu , je vous le laisse. — En avant, seigneurs ! partons d'ici bien vite.
le deuxième sergent. Soit, cher sire, puisque vous le dites.