SCÈNE LX
CLOVIS, AlllÉl.lKS, CHEVALIERS, IN PRÉVÔT.
AURÉLIEN. Mon cher seigneur, veuillent nos dieux vous envoyer honneur el joie, et vous amener à une noble et haute puissance!
r.i.ovis. En venté, je suis convaincu que vous me voulez beaucoup de bien. Soyez tous les bienvenus; avancez ici pies de moi.
le deuxième chevalier. Mon cher seigneur, quand je vous vois , certainement j'ai le coeur joyeux de vous voir si gai el si éveillé.
CLOVIS. Que me direz-vous de nouveau ici?Qu'avez-vous fait? où avez-vous été? Vous devez avoir quelque chose à me dire.
le deuxième chevalier. La fortune est pourvous, sire, comme si vous étiez le roi Darius; car votre royaume s'étend aujourd'hui jusqu'à la rivière d'Aire, et tout le plat pays s'incline a votre domination.
aurélien. Sire, j'ai garni tous les forts de g^ens d'armes et de peuple pour les garder; vous possédez le château de Melun-sur-Seine, qui, selon moi, est solide et de valeur, et dont j'ai moi-même fait la conquête nouvellement pour vous.
clovis. Aurélien, en vérité, je n'ignore pas qu'en tout temps, vous ne songez qu'à mon bien et mon honneur; aussi ai-je plusde confiance en vous, sachez-le à n'en pas douter, qu'en tout autre qui hante ma cour. Mon amitié est plus profonde que ne peu vent l'exprimer mes paroles.
un prévôt. Cher sire, entendez sans délai les nouvelles que je veux vous dire. Cher sire, le? Saxons et les Allemands sont venus en votre pays. Nous sommes tout stupéfaits de les voir; car ils sonl en très-grand nombre, et ils ne s'appliquent chaque jour qu'à nous faire la guerre, à prendre les gens, à piller le pays; et si vous ne nous secourez bientôt, vous verrez que vous perdrez le pays et les hom mes.
clovis. Seigneurs, il nous faut être diligents à secourir ma terre, et partir bien vite. — Mon ami, tu t'en iras devant, et partout tu commanderas qu'on les combatte vigoureusement, hors des villes.
je prévôt. Sire, je vais faire sur l'heure votre commandement.
clovis. Allons-nous-en sans plus tarder, ne restons plus ici.
le deuxième chevalier. Sire, s'il vous semble bon, nous nous en irons par où est ma dame; nous ne savons pas si nous la revenons jamais.
clovis. Tournez-y vos pas, cela me plait fort
aurélien. Allons-nous-en donc par ici , car je crois que c'est notre mieux.