‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 236 sur 1429 · SCÈNE LXI1I · texte numérisé non relu

SCÈNE LXI1I

CLOV1S, AURÉLIEN, CHEVALIERS FRANCS, I.'aR- MÉE DES FRANCS; LE ROI DES ALLEMANDS, SEIGNEURS ALLEMANDS, LEUR ARMÉE.

clovis. Seigneurs, à ce que je vois et pressens, il nous faut absolument combattre. D'autres fois déjà nous avons assisté à des batailles, sans être ni morts ni pris : il nous faut encore, pour acquérir de l'honneur, attaquer nos ennemis et venger notre pays de ceux qui l'envahissent à tort.

Ainr.LiEx. Sire, puisqu'ils se tiennent cois, c'est que leurs affaires vont mal. Ils pounont bien nous donner du tracas; mais vous verrez qu'ils feront tant qu'à la fin ils seront battus. Soyez prudent. Envoyez savoir en quel lieu ils se trouvent, atin de les attaquer à l'improviste, et qu'ils ne nous surprennent point.

clovis. C'est bien dit. — Huehon, mon doux ami, Mahomet vous garde 1 Allez aux renseignements, ayez des nouvelles de ces allemands.

" i.'écuïer du nti.iEN. Cher sire, trop tôt vous en aurez ; néanmoins je veux obéir à vos ordres. Je pars, et vous recommande à Mahomet. — Seigneurs, c'est fini, me voici de retour. Je vous le disai» bien, je les ai trouvésquiviennent tout droit ici sans faute pour vous attaquer et vous combattre : c'est leur intention.

ctovis. Allons vite! rangeons-nous (en bataille) sans tarder , et puis après nous marcherons sur eux. Je compte les tenir si pris et si court qu'ils n'échapperont à la mort, qu'en se mettant à ma merci.

LE DEUXIEME CHEVALIER DE CLOVIS. Cher SilC, je

les vois venir ici : serrons tellement nos rangs qu'ils ne puissent nullement pénétrer parmi nous.

LE TROISIÈME CHEVALIER ALLEMAND. Kelldez-VOUS,

rendez-vous sans combattre : c'est le mieux en vé

nie; car nous sommes une si grande qe

DICTIONNAIRE DES MYSTERES. CLO 2Xs

gens qu'on ne peut nous nombrer, et que vous ne pourrez jamais vous débarrasser de nous.

le troisième ciiEVAi.ir.i5- de clovis. Non , non, vous mourrez tous aujourd'hui. — Frappons sur eux sans quartier : ils sont venus ief marchander ce qu'ils n'emporteront pas; ils ne l'achèteront pas moins qu'au prix de leur vie.

le itor allexh.s». J'ai grand'envie rie te tuer,, et je Ke ferai incontinent. Tiens, va, je te ferai change--' ton regard menaçant.

aurélien. Mon cher seigneur, je vous dirai que si nous nous lions seulement sur nos forces, je ne vois pour nous que perte c-t mine. Os gens ne sont nullement las, et ils sont en bien plus grand nombre que nous. Dai:s cette bataille, aucune vaillance humaine ne nous sera de quoique utilité et nous empêchera d'avoir le dessous. J > vous le conseille, veuillez prier d'un cofur humble la vertu divine (je dis le Dieu que la reine ma maîtresse vous prêche si souvent) qu'elle vous délivre de ces guerriers ; et promettez incontinent à ce Dieu que, s'il vous tire honorablement du danger , vous croirez en

lu"'- . .

clovis. Aurélien, que ferez-vous vous-même?

dites-le moi.

aurélien. Par ma foi! je ferai comme vous, si. tant est que je sois vivant après le combat.

clovis. Jésus-Christ, fils du Dieu vivant, qui changez les plus douloureuses extrémités des «sceurs en douces joies; ô vous qui prêtez aide et secours à ceux qui mettent leur espoir et leur confiance eu vous, à ce que dit ma femme, Clotilde; Seigneur, je vous prie humblement de me donner la victoire su>mes ennemis qui m'entourent, et s'il en arrive ainsi sous mes yeux, je vous promets de me l'aire baptiser et de croire en vous. J'ai bien invoque mes dieux; mais il ne m'en est rien apparu de bon ; au contraire ils se sont éloignés de moi. C'est pourquoi je je me déclare contre eux, devant vous, en présence des faits. Mes dieux sont sans puissance, et nul no doit croireen eux, puisqu'ils n'aident ni ne secourent dans le malheur ceux qui les révèrent. C'est pourquoi j'ai le désir de croire en vous, mais livrez-moi mes adversaires et laites que je me tire d'ici à mon honneur.

LE DEUXIÈME CHEVALIER DE CLOVIS. Eli avant, SCJ-

gneurs'.en avant! dès ce moment, ne songeons qu'a fort combattre : allons! Nous avons le dessus, et l'avantage du combat; car j'aperçois là parterre leur roi étendu mort.

LE QUATRIÈME ALLEMAND. Ail! qilO d'ire? que C0I11-

premlre? Eh quoi, nous avons le pire dans celte guerre? Hélas! comme nous serons honnis! Oui vraiment, je prends la fuite.

clovis. En avant, beaux seigneurs! aujourd'hui songez à si bien faire que nous puissions, vous el mai, acquérir encore de l'honneur.

le premier allemand. Sire roi , sans combattre davantage, prêtez-nous une oreille favorable et propice : nous vous supplions, ne laissez pas dans ce combat périr plus de nos hommes; nous nous rendons à vous , nous sommes entièrement à votre merci, cher sire.

clovis. Holà, seigneurs! je mets ces gens-ci sous ma protection : ne combattez plus contre eux; puisqu'ils cèdent à mes volontés et qu'ils me demandent paix et merci, je veux qu'ils les aient.

le deuxième chevalier de clovis. Qu'ils n'aient pas peur , ils les auront, puisque vous le voulez.

clovis. Seigneurs, retirez-vous donc; après avoir ouï mon conseil, je réglerai quel tribut je prendrai sur vous comme mes sujets.

le deuxième allemand. Sire, nous vous le payerons désormais tous les ans tel qu'il sera fixé ; en antité de vérité, nous ne nous y ref -.sero-s en rien.

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