RÉMOND, LE PAPE, CARDINAUX
rémond. Très-saint Père, honneur à votre sainte révérence! veuillez ouïr une requête que j'ai à vous faire.
le pape. Si lu l'as en écrit, remels-ia-moi sans parler davantage.
rémond. Oui, je l'ai: lenez , cher sire, et regardez-la.
le pape. Beaux seigneurs, ne me refusez pas vos conseils: voici une affaire importante. Telle est la teneur de cette requête : Le roi de. Hongrie cul autrefois une femme qui est morte. (Dieu ait son âme!) Le roi a fait vœu de n'avoir jamais d'autre épouse, à moins qu'elle ne ressemble à la défunte, de ligure, de corps, de manières. Ou ne peut en trouver une pareille; mais quoi? il a, ce me semble, une fille de la défunte, ressemblant en tous points à sa mère. H me demande la permission de la premlie pour femme : peut-il le faire sans offenser la foi?
le premier cardinal. Quant à moi, je réponds qu'un roi n'élant pas une personne commune, mais un hommeen dehors de la règle, à tel pi.l telle cuiller, il convient de lui accorder une faveur plus qu'à un homme d'un autre étal; el \ous, qu'en dilcsvous?
le deuxième cardinal. On peut lui accorder sa demande pour mieux le dégager de son vœu, mais je demande une autre chose. — Amis, apprenez-lemoi, a-t-il eu de son mariage d'autres enfants que la fillette?
rémond. Nenni, et c'est ce qui chagrine le ututde
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et le inel en grand souci; car, sire, s'il mourait en celélat, sans avoir d'héritier mule de son sang, il s'élèverait entre le peuple et les seigneurs des dillienllés, des tiraillements; des dissensions, des guerres, les pus giandes que vous sachiez.
le deuxième CARDINAL. Je suis donc d'avis, saint Père, c|ue vous lui accordiez sa requête, puisqu'il vous demande voire permission pour ce mariage.
le premier CARDINAL. Vous avez raison, sire, et je pense de même; c'est ce qu'il y a de mieux, à bien considérer, tant pour quil observe son vœu, que pour qu'il fasse son devoir en procréant, s'il plaît à Dieu, des enfants qui gardent et défendent le peuple contre les iusulles et les agressions d'aucun seigneur étranger.
le pipe. Eh bien! que cela soit. Et, sans plus de relard, je veux que l'on expédie et délivre une bulle à ce sujet contenant mon assentiment.
le deuxième urdinal. Sire, votre volonté sera l'aile. — Ami, rends grâces au saint Père, et eu prenant congé remercie-le sans retard.
rémoxd. Saint Père, que Dieu, par sa puissance, vous octroie une vie longue et heureuse, et veuille aussi vous défendre des traits de l'envie !
le pape. Que la bénédiction de Dieu puisse descendre sur loi! je le donne la mienne. Ami, à celle heure, va l'en, aie soin de l'en retourner.
le deuxième cardinal. Allons-nous-en là-bas dans ce recoin, ami, je l'y expédierai et je le livrerai la bulle. Allons! liens, va-l'en.
rémond. Sire, que Dieu vous donne une bonne année! avec votre permission, je m'en irai.