SCÈNE XI
LE ROI, LA FILLE DU ROI, LES -MÊMES que
précédemment.
le comte. Sire, en venu de sa puissance, le saint Père vous donne, par celle lellre. permission et licence de prendre voire fille pour femme.
le roi. Puisque c'est une chose qui peut se faire avec le gré de l'Eglise, elle sera épousée par moi. je vous le promets. Je la vois venir. -Ici, jeune lille! parlez-moi : je suis pressé par tous les barons de ce pays de vous épouser; et cela sera fait.
la fille. Père, s'il plaît à Dieu, jamais il n'arri-
vera que nous engagions notre foi l'un a l'autre. Ne siiis-je pas née de vous autrefois? El si vous n'êtes pas mon père, comment avez- vous épousé ma mère? Ceries, vous devez savoir que vous ne pou vez avoir la fille et la nure.
le roi. H faut que cela ail lieu, belle amie, je vous le dis brièvement sans détour; et vous èles une solle de vous refuser à faire une chose que je veux.
la fille. Pour Dieu, mon doux père, gardez-vous de faire une chose dont votre ùme souffrirait après la mort. Vous aurez peu de satisfaction avec moi, si à la fin vous en dites : « Hélas! » el je liens que vous n'en serez pas quille, si vous menez ce que vous dites à exécution. Comment faut-il que je m'unisse avec vous? Comment serez-vous assez osé pour être mon époux! Dites-moi la vérité.
le roi. Toul cela est inutile ; je veux vous avoir Et ne cherchez plus à nie contredire; car personne ne pourrait me retirer de celte détermination.
la fille. Père, puisque je ne puis nullement détourner ce mariage, il faul bien que j'aille faire toilelle.
le roi. Vous dites vrai; allez vile. Vous avez robes el bijoux des plus riches et des plus beaux : faites eu sorte d'être parée, el revenez vite ici vers moi.
lv fille. Volontiers, sire, par nia foi!