SCÈNE XXXIX
LEMBERT , LA MERE DE ROI, GODEFROY, SOll
écuyer.
lesibert. Ma dune, que D'eu, le Roi des cieux, vous garde de mal !
la HÈRE. Lenibiu, beau sire, en quel endroit allez-vous el d'où vent .-vous ? Je vous prie de nous le dire, aussi bien que ce qui vous amène.
lembert. Chère dame, je m'en vais auprès du roi mon seigneur lui annoncer la plus grande joie dont son àme puisse être de longtemps touchée, car ma daine esl nouvellement accouebée d'un lils.
la mère. Dis lu vrai, Lembin ? J'en suis charmée, par la foi que je dois à sainte Balhihle ! Pour la joie que j'en ai, il le faut aujourd'hui demeurer avec moi: je veux le donner à souper. Portes-lu des lettres?
11 .11111,11 1. Oui, ma dame; les mailles d'Iiôlel m'en oui donné.
la mère. Sur mon àme! queje suis heureuse! mon cœur est enchanté de ce que lu m'as dit. — Allons,! si le souper esl prêt, Godefroy, je veux qu'il soupe; el apportez-lui de ce bon vin dont je bois.
godefroy. Ma dame, patientez un peu : c'esl comme si c'était fait. Voyez, je meis la table. Allons ! je veux ni'oceuper à le servir.
la mère. Si lu veux le bien servir à mon gré, apporte-lui ici un bon mets. (.1 part à Codefruij.) Approcbe, écoule : mets-lui dans son vin de ce que je l'ai donné à garder, de manière à te qu'il ne s'en aperçoive pas.
godefroy. Volontiers, dame, et de loul mon cœur ; voici la fiole.
la mère. Verse pour l'amour de moi. — Lembin , je veux que vous buviez, el vous direz si ce vin est bon; il vous faut tout boire.
lembert. Chère dame , par saint Magloire! il y a longtemps que je ne bus d'aussi bon vin; je vais boire ce reste, puisque cela vous fait plaisir.
la mère. Voici de la viande qui esl bonne et appétissante; il vous faut en manger, Lemberi. Allons! monlrez-nous que vous vous acquittez bien de cet oflice.
lembert. Je ne ferai pas de difficultés , chère daine; el vous, que ferez- vous! (Ici il mange.) — Ami, vous me donnerez à boire , si vous le voulez bien.
la mIère. Verse ici un plein hanap, car telle est ma volonté.
codefrov. Buvez ; le hanap, Lembin , est plein jusqu'à l'œil.
lembert. Voici de bon vin. Allons , voire main! Je vous jure el vous assure, ma dame, que demain je ferai de vous ma femme par le mariage.
la mère. Oui vraiment, pourvu qu'il n'y ail lignage...— Il est ivre, je le le promets. Mène-le coucher cl mets-le dans un bon lit.
godefroy. Lemberi, il vous faut par plaisir vous venir coucher.
Lembert. O'ii, mon cher ami, m." une et moi.
godefroy. Oui, en vérité; aussi I" „. e^l-ce votie femme. Allons devant.
lembert. Allons, mon ami, 1 avant! — Ma belle , venez aussi vous couc1" heurtez doucement , je chancelle. Qui êtes- us?
godefroy. Allons! mon x ami . couchez-vous dans ce lit , je vous C"" rai. — Avant de m'en aller, je verrai sa conK ace et ses grimaces. Par mon àme! il dort tort en; je vais le dire à ma dame. — Madame, Le .ihin m'a fait rire; cerles, il est bien pris. Il n'.. pas eu plus lot la télé sur le lit qu'il s'esl endormi. Dieu ! comme demain, à ce que je crois , il sera étourdi !
la mère. Allons, paix , el liens-loi coi! je veux aller le visiter. Puisqu'il dort si bien, sans hésiter , je verrai de quelles lettres il esl chargé avant qu'il repasse jamais ma porte. — Je les liens; laissons-le dormir, el emporlons-.'es. — Godefroy , va me chercher mon secrétaire loul de suiie.
godefroy. Dame, volontiers, en vérité. — Maître lion, ne vous tenez plus ici ; mais venez bien vile vers ma dame.
le secrétaire. Allons-y, puisqu'elle m'envoie chercher.